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jeudi 20 juillet 2017

Journée d'emplettes à Paris

Je me suis réveillée à 6h30, complètement ensuquée parce qu'il fait une chaleur à crever et que je me suis couchée trop tard. L'idée, c'était d'aller courir au parc Montsouris, mais là, non. Déjà trop chaud et moite le matin.
Du coup, j'ai traîné, mangé du gâteau aux amandes d'abricot, pris un petit café. En fait de course de fond aux aurores, la crise de mollasserie aigue guettait avec son assortiment habituel: shopping à la con sur le net, baffrage de ce qui restait de gâteau et évidemment, le sentiment d'être une moins que rien.


Alors j'ai réagi.

J'ai décidé d'aller à l'école bosser encore un peu, ranger le fouillis qui encombre quatre tables, m'avancer dans mes photocopies de rentrée. C'est bon ça, contre la culpabilité, d'aller à l'école pendant les vacances. Surtout à vélo. Hop! Digéré le gâteau!

Sauf que je n'ai pas fait le quart de ce que j'avais prévu, à cause des travaux pharaoniques qui vont nous gâcher la vie toute l'année prochaine et qui avaient déjà commencé. Les gars étaient en train de défoncer la porte d'accès au préau quand je suis arrivée et ils avaient bouclé l'accès à la photocopieuse à cause de la poussière. J'ai donc rangé mollement mes feuilles, collé en hauteur mes cartons de classeurs neufs et téléphoné à la dame du Bon Coin qui proposait un pantalon intéressant à 5 euros. Non pas que je sois devenue fashionata au point de ne penser qu'à ça, même à l'école. Que non pas. Il s'agissait de me trouver une tenue avantageuse pour éviter de devenir la proie des tiques lors de mon prochain séjour en Alsace. Il semble que le coin où nous projetons d'aller nous détendre en soit infesté et dans ce cas, un pantalon clair est recommandé de préférence à un foncé. Pour repérer la bestioles suceuse, tout simplement. 

Là, je vous fait la grâce de l'illustration. Une grosse tique, c'est moche.

Comme cette dame me proposait un rendez-vous au métro Cadet au minimum à 14h, j'avais  trois heures à tuer d'ici là. Que faire?
Sur ces entrefaites, une petite faim m'est venue.
La boulangerie de la rue Dupleix fait de bons croissants, alors je me suis laissée tenter.


J'étais en train de me pourlécher quand il s'est mis à pleuvoir dru et j'ai foncé sous le métro aérien pour m'abriter. C'était jour de marché. Tiens? Pourquoi pas acheter quelques fruits? En fait non. Tout était atrocement cher.


C'est comme ça que je me suis trouvée à la Motte Picquet. Allez, c'est direct jusqu'à Sèvres Babylone: direction la Grande Epicerie du Bon Marché. J'adore traînasser dans les rayons de cet endroit-là. C'est prohibitif aussi, mais qu'est-ce que c'est beau!


Et puis il y a de tout et du bon. Du coup, j'ai acheté du glucose. Chez Michalak (voir mes dernières expériences), ils disent qu'avec ça, la chantilly tient mieux. Je vais tester.

Et là, devinez un peu ce qui m'est tombé dessus?
Je vous le donne en mille.
J'ai eu faim!
Après tout, il était presque midi.
J'ai été très raisonnable en me contentant d'un peu de sublime jambon italien et du pain. Je suis allée grignoter au un square voisin dans un nuage de pigeons goulus.


Après quoi, je me suis fait délester de quelques sous par une dame qui m'a expliqué qu'elle avait faim et honte de demander. Le ton était inhabituel et je venais de manger, alors j'ai donné.
L'heure tournait, le temps n'était pas terrible: direction Detou/Simon. Encore un coin à boustifaille. Chez le premier, ils ont tout pour la pâtisserie. Chez le deuxième, c'est juste à côté, tous les ustensiles imaginables.


 Et hop! Un coup de métro jusqu'à Etienne Marcel! Notez bien que petit à petit, je me rapprochais de Cadet et de mon pantalon anti-tiques. Qu'on n'aille pas me prendre pour une écervelée obsédée de bouffe quand même!
Alors évidemment, chez Detou, je suis restée un petit peu. C'est la caverne d'Ali Baba, cet endroit.


Je venais pour du yuzu et du gélifiant thermoréversif, je suis repartie avec de l'hibiscus, des pignons et des épices à pain d'épice en masse. On vend en demi-gros, chez Detou. Pour le yuzu, j'irai chez Tang.

13h15, allez, Direction Cadet au pif. Je fais souvent ça, pas vous? Quand il y en a, je me repère au soleil. Là, c'était direction ouest, nord-ouest.
Ça circule dur dans ce quartier-là. On sent tout de suite que le coeur de Paris bat par-là. Il y avait les Halles, les vraies, autrefois.


 Il en reste quelque-chose: ça grouille de monde et ça traverse n'importe comment, ça s'invective, ça se faufile, ça klaxonne. A vélo, c'est assez rigolo, mais mieux vaut ne pas rêvasser.
Je comptais me perdre un petit peu. J'avais le temps.
Et bien non. A 13h30 tapantes, je me garais et devinez quoi?
J'ai eu faim.
Envie de sucré, pas du jambon qui me restait avec le pain.
Alors je me suis pris un petit café avec un flan devant une boulangerie qui faisait terrassette sur la rue piétonne.


 On s'est un peu tassés avec les autres gens qui étaient réfugiés là et il s'est mis à pleuvoir à nouveau. Je dégaine le parapluie, vu que leur espèce de toile n'abritait pas de grand-chose. Les passants se sont mis à cavaler sur les pavés et nous, on s'est encore plus tassés pour éviter les gouttes. On a bien rigolé.
J'ai récupéré le pantalon dans le coin de la porte cochère où la vendeuse s'était abritée en attendant que je finisse mon flan caféiné. Pourtant, je n'étais pas en retard. Toute gentille cette vendeuse. Elle a bien essayé de me refiler un autre pantalon bleu foncé, mais mon histoire de tiques l'a calmée illico.
Cette fois, je me suis décidée à rentrer à la maison. Avec tout ce que j'avais mangé, la sieste s'imposait.

De Cadet jusqu'au secteur Montsouris à vélo, rien de tel pour faire passer le flan et le reste. Allez! En tâchant de se faire respecter par les voitures pressées dans les rues étroites pleines de travaux. L'idée, c'est d'empêcher les gros salauds de doubler en te passant à 10 centimètres des mollets. Pas compliqué: il suffit de pédaler à fond au milieu de la rue. La vitesse moyenne est en gros la même que celle des voitures qui elles, restent bloquées pendant que moi, je contourne (ça c'est agréable!) et les gens n'ont même plus l'idée d'essayer de doubler. Ça dansait un peu sur les pavés du Louvre, le Boulevard Raspail vous avait des allures des cartes postales des années cinquante tellement il était vide et rue René Coty, j'ai failli m'énerver contre un abruti qui n'a rien eu de mieux à faire que me doubler en mode queue de poisson pour piler devant moi et me reculer dessus pour se garer. Heureusement qu'ils ne sont pas tous comme ça.
Je suis rentrée chez moi en nage.
Douche  follement agréable.
Comme j'étais toute seule, je me suis payée de luxe de déambuler dans le plus simple appareil avant de me glisser avec volupté entre mes draps frais pour la sieste.
Ça n'a pas duré longtemps. Un fanatique de la chignole m'a réveillée en sursaut.
Alors je me suis rhabillée.
Je suis ressortie pour aller rue Mouton Duvernet chercher un colis.
De re-retour à la maison, je me suis souvenue que mon chéripounet m'avait priée de nettoyer la caisse des chats, ce que j'ai fait. Et de fil en aiguille, la caisse des chats, ça mène à tout, j'ai fait le ménage à fond.

Et voilà comment un matin mou se transforme en journée de fou.



samedi 22 octobre 2016

Grosse maladroite

Je suis bien embêtée. 

En voulant faire le ménage, j'ai bêtement effacé les derniers commentaires.

Que ceux qui m'avaient gentiment écrit et soutenue pour la reprise de mon blog veuillent bien m'excuser.

C'est irrattrapable. 

Je me sens extrêmement idiote, ce soir...


lundi 13 janvier 2014

La mémoire ambiguë de la Shoah

La guerre a pris fin voilà bientôt soixante-dix ans et la Shoah avec. On pourrait croire qu'avec le temps, les hommes auraient plutôt envie de laisser cette page atroce de notre histoire se tourner doucement. Les Juifs surtout.
C'est exactement l'inverse qui se produit.

Si un imprudent ose émettre publiquement une critique à l'encontre de l'état d'Israël, ou d'un Juif, ou de la communauté. S'il ose en rire, ou s'il lâche un mot imprudent laissant entendre que peut-être, il nourrirait des pensées coupables, on lui décoche illico un coup de Shoah dans les dents.
Car il est bien considéré qu'il est instamment soupçonné d'appartenir à l'ordre noir des antisémites et sans plus attendre, l'affreux est obligé de faire profil bas, paralysé qu'il est par la terrible évocation. Ses propos, même parfaitement anodins sont immédiatement considérés avec la sévérité d'un tribunal et c'est tout juste si on ne le traite pas de nazi.

La Shoah est devenue le prétexte à tous les excès. Au lieu d'en faire un souvenir, un hommage aux morts, un moment solennel, on s'en patafiole à tout va.
Les Juifs qui jouent à ça pour clouer le bec de qui n'est pas d'accord avec eux sont méprisables: ils dévoient la mémoire des assassinés. Et que dire de ceux qui entrent dans leur jeu et les encouragent à se voiler de ce drapeau sanglant  pour s'envelopper d'un rempart d'impunité?
Un avocat très médiatique, par exemple, peut tout se permettre: jeter un verre d'eau au visage, invectiver, aboyer des opinions plus que tendancieuses d'un ton sans appel. Pourquoi? Parce que ses parents ont été persécutés, puis ont été d'héroïques chasseurs de nazis. Mais lui, il n'est rien. Il n'a rien subi, rien créé. Tout juste peut-il se glorifier d'avoir fait son service militaire dans l'armée israëlienne. Seulement il se permet tout au nom de la Shoah et on le laisse faire.
Si Roger Cukierman s'était appelé Roger Durand ou même peut-être Mohamed Ben Larbi, je doute que cette sombre affaire de quenelle aurait pris de telles proportions. Seulement là, il s'agissait d'une référence à la Shoah directe:" salut nazi inversé". A se demander si une psychose étrange n'est pas en train de s'emparer de certains Juifs, persécutés depuis des siècles, dans un monde où on les laisse tranquille: auraient-ils besoin de se victimiser pour se sentir pleinement investis de leur identité? Alors, la Shoah devient une machine morbide à s'installer dans le rôle et du coup, à se sentir Juif, puisqu'environné d'antisémites passés et présents, réels ou fantasmés.

Le loi Gayssot n'arrange pas les choses: depuis 1990 tout acte raciste, antisémite ou xénophobe tombe sous le coup de la 90-615. Les juges sanctionnaient bien évidemment ces dérives auparavant, mais à partir du moment où cette loi a été promulguée, l'hystérie a gagné d'un cran. Et la Shoah, brandie pour un oui ou pour un non, est devenue l'instrument de quelques esprits malsains qui, en son nom, donne à un ministre le droit de museler a priori, divise, attise et bafoue les libertés élémentaires.

Les victimes des chambres à gaz doivent se retourner dans leur tombeau...


vendredi 10 janvier 2014

Bien sûr qu'elle m'intéresse, la vie privée du président!

Les médias et les politiques se détournent pudiquement, protestant tous de leur respect pour la vie privée de François Hollande.
Le magazine Closer vient en effet de livrer sur un plateau ce qui semblait relever du secret de polichinelle depuis déjà un moment: Hollande  file le parfait amour avec Julie Gayet, actrice de son état.



C'est vrai qu'en général, je m'intéresse assez peu aux batifolages des présidents, même si parfois, comme tout le monde, je dresse l'oreille. Respect de la vie privée...mouai. Bon. Admettons qu'on n'insiste pas, mais s'ils sont assez bêtas pour se faire repérer, qu'ils ne s'étonnent pas qu'on ricane un peu. Ce sont des personnages publics: il est pardonnable que la plèbe s'intéresse à leurs affaires, fussent-elles privées.
D'ailleurs la plèbe est bonne fille. En France, elle n'exige pas de mise à mort politique comme aux Amériques.


Dans le cas de monsieur Hollande, c'est différent. Il n'est pas marié ni pacsé et il a une maîtresse officielle: la douce Valérie. Passe encore.


Mais Madame Trierweiler est logée, nourrie, blanchie, servie (entre autres par Monsieur Biancone, ami intime du couple) à nos frais à l'Elysée sans aucun droit ni titre. Cette situation a amené Xavier Kemlin à l'attaquer en justice pour détournement de fonds publics. *
La justice  (la vraie, pas le conseil d'état) a classé l'affaire. Kemlin a fait appel.
Régulariser la situation et reconnaître l'état de concubinage notoire obligerait la belle Valérie et notre cher François à payer l'ISF, ce que ni l'un ni l'autre ne souhaite.

Tout ce magma pas franc fait que je m'intéresse vivement à la vie privée de François Hollande. Passons sur le détail de ses galipettes, mais pas sur sa façon de considérer ses engagements familiaux, sa manière de disposer de l'argent public ou de louvoyer avec le fisc**.

Maintenant qu'une deuxième maîtresse apparaît, je m'interroge: Que devient le statut de première dame de Madame Trierweiler? Comment l'Elysée va-t-elle désormais justifier son occupation des lieux et les frais que cela entraîne? Va-t-on créer le statut de deuxième dame, permettant ainsi  à une éventuelle conquête de bénéficier des mêmes privilèges que Madame Trierweiler? Car je ne crois pas que l'obligation de monogamie s'applique aux couples non mariés qui ne vivent pas en concubinage notoire.

On me dira que j'ai mauvais esprit.
Dans la mesure où je paye des impôts, j'estime avoir le droit de considérer la manière dont on les dépense. En prime, je m'arroge celui de dire ce que je pense, tant que je peux encore le faire sans qu'un plumitif me discute encore cette liberté.

Les manières sont les manières, dans les affaires de coeur comme dans les autres, et celles de monsieur Hollande sont décidément torves.

*
 Code Pénal 


Article 432-15 : "Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, un comptable public, un dépositaire public ou l’un de ses subordonnés, de détruire, détourner ou soustraire un acte ou un titre, ou des fonds publics ou privés, […] est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende... La tentative de délit, prévu à l’alinéa qui précède, est punie des mêmes peines." 
Article 432-16 : "Lorsque la destruction, le détournement ou la soustraction par un tiers des biens visés à l'article 432-15 résulte de la négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, d'un comptable public ou d'un dépositaire public, celle-ci est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende."


**
Comme chaque président au début de son mandat, François Hollande a remis au Conseil constitutionnel une déclaration de son patrimoine publiée vendredi 11 mai 2012 au Journal officiel.
Il déclare 1170 000€ de patrimoine se répartissant ainsi : assurance-vie 3 550 €, 3 Comptes courants 8259,58 €, divers meubles 15 000 €, une villa de 130m² sur 1500m² à Mougins déclarée pour 800 000 €, des parts de 2 appartements à Cannes l'un de 54m² et l'autre de 80m² déclarées respectivement pour 230 000 € et 140 000 €...

vendredi 5 juillet 2013

Hommage à ceux que j'aime

J'ai deux grandes filles. L'une a 21 ans et l'autre 18 ans.
Grandes, pourtant elles seront toujours mes bébés.
Il paraît que je ne leur fais pas assez de démonstrations d'affection.
Je n'y peux rien: je ne suis pas douée pour les mignonneries. Un reste d'héritage nordique, peut-être.

Pourtant, Dieu sait si je les aime.

Après des années difficiles, nous sommes en train de nous retrouver.

Ce soir, je baigne dans un sentiment rare. Un genre de convergence miraculeuse.

L'été est enfin là.

Ma fille aînée vient d'obtenir sa licence de droit et elle a plein de projets.
Ma fille cadette vient d'obtenir son bac S avec une moyenne générale démente: 19,19/20. Elle frétille à l'idée de commencer une nouvelle vie.
Ce soir, elles plaisantaient ensemble au lieu de s'engueuler, comme parfois. C'était joyeux et pas forcé.

Je suis en vacances.



Le toit de ma maison est réparé. Encore un an comme ça et il nous tombait sur la tête.
Il ne tombera plus.
C'est grâce à ma maman qui nous a aidées. Sans elle, je ne sais pas ce que j'aurais fait.
Elle emmène les filles en Italie avec elle, encore cette année.
Elle m'a été d'un grand secours, alors que je m'enfournais des tombereaux de vache enragée.
C'est une maman extraordinaire.
Rien de tels que les moments difficiles pour révéler les gens. Surtout les proches qu'on croit connaître.

 Mon jardin est plein de roses et de framboises.
Les palombes s'empiffrent de cerises trop mûres.



J'ai un amoureux précieux. Un trésor d'homme que chaque jour me révèle plus précieux encore.
Etonnante impression de l'avoir longtemps attendu, pour l'avoir enfin trouvé.
Et pourtant, nous avons bien failli nous croiser.
Il s'en est fallu de si peu.



Son petit garçon lui ressemble.

Les chats dorment tout mélangés sur le canapé.



Nos vies s'entremêlent.




samedi 15 juin 2013

A propos de la retraite des fonctionnaires

Une fois de plus, ce que j'entends sur les ondes sur le sujet ne me satisfait pas. Niveau d'analyse zéro et niveau de débat, moins zéro.
Décidément, je commence à me dire que les Grecs ont eu raison de balancer un bon coup de serpillière dans tout ce fourbi pour repartir à zéro. On me répondra que j'exagère et que je manque de mesure. On aura sans doute raison.

Jusqu'à maintenant, les gens dégoisaient volontiers sur le compte des fonctionnaires, perçus comme des feignants privilégiés, grassement payés à ne rien faire et planqués derrière leur statut de parasite indéboulonnable. On me dira encore que j'exagère. Peut-être, mais pas tant que ça.


J'en veux pour preuve ce que trame notre gouvernement avec son projet de réforme des retraites des fonctionnaires. Eux non plus semblent ne pas se faire une idée bien précise de la réalité et ça, c'est plus grave. Car ils avalisent les fantasmes des gens et les attisent encore.
Les fonctionnaires avaient bien besoin de ça.
Je veux parler de l'immense majorité d'entre eux: ceux qui bossent, gagnent peu et ne touchent aucune prime.

Comme pour la réforme du père Peillon, je précise d'emblée que je ne suis pas contre un changement.
La société évolue et il est nécessaire de s'adapter.
Qu'on ne vienne pas me taxer d'immobilisme morbide.

Oui, mais je ne suis pas sûre qu'aligner en bloc le régime des retraites des fonctionnaires sur les autres soit la solution idéale.
Pourquoi?
Parce que telle qu'elle est envisagée, je la trouve injuste.

Je sais, je sais. Avant toute discussion, on m'enverra dans les dents qu'un fonctionnaire bénéficie DU privilège qui justifie tout le reste: la sécurité de l'emploi.
D'accord.
C'est vrai que c'est une immense facilité, surtout en ce moment.
Pour autant, je ne crois pas très juste de faire payer le prix fort, comme s'il fallait expier.

Moi, je suis prof des écoles, c'est ainsi que s'intitule ma fonction désormais, puisque le statut d'instituteur a été revalorisé en 1990 (si ma mémoire est bonne).

Donc en principe, même salaire qu'un prof certifié puisque même statut. En principe, car de fait, ce n'est pas le cas. Si le niveau de recrutement est le même (licence jusqu'à 2011 ou 2012, je ne sais plus et j'ai la flemme de vérifier, depuis, il faut un master 2), un flou total plane toujours sur des ajustements de taille. Car un prof certifié a accès  des primes et des heures supplémentaires dont un enseignant de primaire ne voit jamais la couleur et l'épineuse question des services de surveillance de récréation n'a jamais été clairement tranchée.

Résumé du bénéfice chèrement acquis: un salaire de 2150€* nets pour 20 ans d'ancienneté sans aucune prime, plus de logement de fonction auquel avaient droit les instituteurs, plus de départ à la retraite à 55 ans comme les instituteurs pour cause de pénibilité. Il faut croire que le métier est devenu plus facile.
En début de carrière, un prof gagne tout juste plus du SMIC et il progresse très lentement. Les trois premiers mois, il est payé avec un lance-pierre: l'administration prend son temps pour lancer la machine. Son salaire suivra une pente doucement ascendante sans aucune surprise, aucun à-coup.
Il est, comme dans le privé, pratiquement impossible désormais de toucher sa retraite à taux plein.

Contrairement aux profs du secondaire dont les affectations sont nationales, la nomination d'un prof des écoles est académique.
Lorsqu'il a la très mauvaise idée de passer le concours dans un département déficitaire, comme la Seine-Saint-Denis, il est de fait, condamné à y rester quasiment toute sa carrière. Sauf bien sûr, s'il magouille. Soit il se pacse avec un(e) collègue complaisant(e) qui travaille dans la province convoitée et il-elle fait jouer le rapprochement de conjoint, soit il-elle joue plus ou moins sincèrement la dépression aigue pour obtenir un dossier médical susceptible de pourfendre les rigueurs administratives. A ce moment-là, il-elle a quelques chances d'obtenir sa mutation.
Cette année, 175 demandes ont été accordées sur 2788. Encore ces demandes étaient-elles presque toutes étayées par un dossier social ou médical maousse costaud.
Sinon, sans magouille d'aucune sorte, un prof des écoles qui a envie de changer d'air peut espérer (j'ai bien dit espérer) avoir cette chance après vingt-trois ans de service.

Pour compléter le tableau, il faut savoir que le cumul d'emploi est ultra réglementé. Un fonctionnaire ne peut pas arrondir ses fins de mois comme il le souhaite.

L'évolution professionnelle ne dépend pas du mérite personnel, mais d'un calcul lié aux années d'ancienneté fait par l'administration. Quant aux perspectives autres que prof, elles se limitent à: inspecteur, chef d'établissement et...c'est tout. C'est assez décourageant.

J'oubliais: si vous avez travaillé dans le privé, le temps cumulé est pris en compte dans le calcul de l'âge de départ à la retraite, mais les salaires restent du domaine du privé. Car les caisses de retraite de la fonction publique sont hermétiques aux autres systèmes. Par conséquent, vous êtes marrons.
C'est ainsi qu une fois dans la fonction publique, on est condamné à y rester, sous peine de ne pas toucher de retraite du tout. Sauf une retraite privée amputée, puisque les années cotisées seront forcément réduites. Dans le privé, on peut changer d'employeur comme on veut: ça n'a pas d'influence sur le cumul des points de retraite.

Détails en cadeau
On croit rêver...

- Je n'ai jamais vu la couleur d'un médecin du travail, sauf à demander expressément un rendez-vous.
- Je n'ai jamais vu non plus la moindre prise en compte des heures supplémentaires, pourtant abondantes et souvent imposées par l'inspecteur.
- En cas de grève, les journées entières sont retenues sur le salaire, quand bien même le gréviste n'est en service qu'une demi-journée (ce qui n'est pas le cas dans le privé).
- Les inspecteurs sont en situation de toute puissance absolue. Ils ont le pouvoir de broyer les gens et il n'existe quasiment pas de contre-pouvoir. Il est rare de tomber sur ce genre de monstre, mais ça existe. - Ainsi, je connais une inspectrice qui diffame et persécute, qui ne prend jamais la peine de s'interposer si une famille est agressive ou irrespectueuse, et personne ne peut rien faire.
Pas de délégué du personnel pour intervenir.

Et bien d'autres choses encore...


Alors la sécurité de l'emploi, je ne crois pas qu'on la vole.
Le régime de retraite indexé sur les six derniers mois non plus.

* A statut égal et ancienneté équivalente, un prof allemand gagne autour de 4500 euros mensuels.





samedi 8 juin 2013

Remise des prix de fin d'année: grandeur et décadence.

Hier matin, c'était la remise des prix.

Les classes de CM2 étaient invitées par fournées au centre culturel et là, l'adjointe chargée des écoles remettait aux enfants un livre qu'ils avaient préalablement choisi dans une liste. Une bonne partie du personnel dudit centre était également mobilisée pour piloter tout ce monde et animer.


Rien à voir avec les cérémonies d'antan, où les enfants habillés en dimanche assistaient à une cérémonie en grande pompe, accompagnés de leur famille. Le triomphe des plus méritants éclatait devant les notables réunis et les journaux rendaient compte de l'événement.


Ça, c'était au temps de l'école à l'ancienne, celle des tableaux d'honneur, de l'examen d'entrée en sixième, des classements et du triomphe de l'orthographe.
C'était aussi l'époque bénie où l'école française faisait des étincelles.



Cette remise des prix-là n'avait qu'un lointain rapport avec celle d'autrefois. Les parents n'étaient pas invités, tout le monde recevait un prix, cancre ou bon élève. C'était une affaire plus égalitariste. Admettons. Les temps ont changé. Les gosses étaient tout de même émus et contents.
De plus, on leur a donné un bouquin à lire, c'est toujours ça de pris sur l'empire des jeux vidéos.

Voilà longtemps que je n'avais pas eu l'honneur de les accompagner et je dois dire que ce qui nous a été servi, en fait de cérémonie de remise des prix, m'a laissée sans voix.
Même la garderie la plus cracra d'un club de vacances au rabais n'aurait pas osé.
Ce qui s'est passé hier matin témoigne, à mon sens, de la médiocrité abyssale dans laquelle est tombée l'école. Sinon, personne n'oserait envisager qualifier de "remise des prix" une bouffonnerie aussi consternante que celle où nous sommes allés nous fourvoyer hier.

De retour chez moi, j'étais complètement sur les nerfs. Car mes élèves, rendus fous furieux par leur cérémonie de remise des prix, n'avaient pas réussi à se calmer de toute la journée.
J'ai donc décidé d'écrire ma façon de penser à l'adjointe responsable des réjouissances et de faire savoir au monde ce qu'est, aujourd'hui, une remise des prix.



                                                            "Madame,


            La séance de remise des prix à laquelle j’ai assisté ce matin me semble mériter un compte-rendu. En effet, si le principe d’un tel événement est bienvenu, la façon dont il s’est déroulé m’est apparue totalement inappropriée.

            Voici pourquoi.

            La remise des prix en elle-même s’est déroulée de la meilleure façon possible : les enfants ont été reçus dans une ambiance intimiste, avec un discours bienveillant et sobre. Ils étaient à la fois contents et impressionnés ; pour certains, soudain conscients de franchir une étape importante de leur vie.
            Malheureusement, tout le bénéfice de ce moment, sommes toutes assez court, a été gâché par ce qui a suivi.

            Je ne vois pas quel était le bénéfice de les faire à nouveau attendre pour leur passer un court-métrage décalé par rapport à leur âge et, à mon avis, sans le moindre intérêt cinématographique. Admettons que cet avis soit subjectif et que mon manque d’expérience en la matière m’ait trahie.

            Le pire était cependant à venir.

            Nous avions du travail et j’espérais être libérée de ce qui commençait à ressembler à un piège. C’est alors qu’une personne  dont la fonction tenait du clown, du chauffeur de salle et de l’animateur de centre de loisir est venue occuper la salle, proposant aux enfants des jeux étranges. Elle a commencé par les exciter en jouant à les fixer en riboulant, à leur crier dans le dos pour leur faire peur et, quand la salle toute entière a été bien agitée, elle leur a hurlé dans le brouhaha les règles d’un jeu totalement hors de propos: se passer une peluche en musique. A l’arrêt de la musique, celui qui tenait la peluche à la main devait venir faire face à l’assemblée au comble de l’énervement. Les heureux élus, plus gênés qu’autre chose, avaient ensuite pour mission de venir à leur tour se planter devant leurs camarades pour tenter de les faire rire.
            Comme cela ne suffisait pas, un deuxième jeu a été proposé : un groupe d’enfants est venu se placer sur la scène, obéissant aux consignes de l’animatrice-clown. Devant leurs camarades, ils sautillaient rapidement de part et d’autre d’une corde, risquant une élimination en cas de mauvaise réaction.

            Ce genre d’activité, très sympathique en plein air, l’est moins pour une foule d’enfants confinés, assis sur des sièges, associés à une remise des prix qu’on imagine un peu solennelle. Leur état de surexcitation était tel, qu’une autre personne est intervenue pour demander le silence … impossible à rétablir.
            J’ai essayé de lui expliquer ce que je pensais de cette animation et cette dame m’a répondu qu’il « fallait bien les occuper ». Les occuper à quoi ? Puisque après ce spectacle déprimant, à 10h30 (nous étions convoqués pour 8h30), on nous a invités à rentrer dans notre école.
            D’ailleurs, quand bien même une attente aurait été nécessaire, les livres qu’on venait de leur offrir suffisait largement à les occuper puisque les enfants n’avaient qu’une envie : les lire.

            Ma collègue et moi-même, parties avec une classe d’élèves raisonnablement sereins, sommes revenues après plus d’une heure de temps perdu, escortées de petits fauves impossibles à calmer. Envolée la curiosité pour le beau cadeau ! Disparue cette belle sensation un peu douce-amère de changer de monde et de grandir ! Ils étaient comme fous et la fête a été définitivement gâchée.

            De plus, nous avons perdu une journée de précieux travail, car cette fébrilité pénible les a poursuivis toute la journée.

            Ne m’en veuillez pas d’être un peu directe. J’ai conscience des efforts consentis par la mairie pour accompagner les élèves dans ce passage. Cependant, je pense très sincèrement qu’organiser les choses de cette façon gâche tout.
            Il faudrait réfléchir à d’autres pistes.
            Pourquoi ne pas expliquer, après la remise des livres, comment se passe la rentrée au collège ? Pourquoi ne pas faire visionner un film qui montre comment se passe la journée d’un collégien ? Ou encore  filmer les locaux et l’équipe du collège du secteur, que les enfants ne découvriront qu’à la rentrée ?
            Ainsi, cette remise des prix prendrait du sens et contribuerait à les rassurer.


            Je vous remercie de l’attention que vous aurez accordée à mon courrier et je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments très respectueux."



           


                                                           




mardi 28 mai 2013

Pluie d'emmerdes

Depuis dimanche, plus d'accès au serveur!
Free, pour vous servir.
En décembre dernier, déjà, c'était la panne collective de tout le secteur et maintenant, c'est rien que pour moi.
Déjà que le débit est aussi faible que si j'étais branchée du fin fond de la Lozère...

J'ai fini par me brancher sur la wifi, mais c'est lent, aléatoire. Pas confortable.
Enfin, c'est déjà ça.

Par-dessus le marché, ma toiture est en train de tomber en ruine. Des années qu'elle avait l'air fatiguée, mais cet hiver, il s'est passé quelque chose. Après la dernière neige, les tuiles ont commencé à partir en mille-feuille et là, avec les alternances de pluie et de soleil, elles éclatent en pétillant. L'eau commence à s'infiltrer. Et des capricornes ont décidé de s'y installer sans l'ombre d'une autorisation. On va expulser le campement fissa. Une veine, ils ne sont pas dans la place depuis bien longtemps.
La surface est énorme.
Il faut rénover.
Vite.

Heureusement que ma maman est là. Elle m'aide à payer.

Sinon bonnes gens, il aurait fallu que je me vende comme esclave aux Barbaresques. Et encore, vu mon grand âge, pas sûre que ça aurait suffi.









lundi 13 mai 2013

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme en vacances

Samedi soir, j'étais au Cabaret Sauvage en train de me trémousser devant la Caravane Passe. 



Ils étaient particulièrement déjantés.



En sortant, il pleuvait et j'ai eu froid.
Quand je suis rentrée chez moi, j'avais faim et sommeil. J'ai attaqué mon dernier pot de rillettes et je suis allée dormir du sommeil du juste (non sans m'être démaquillée et lavé ce qu'il faut).

Ce matin, habillée de bric et de broc, j'attaque la fin du cake au pruneaux un peu rassis et je découvre le dernier Courrier International en buvant mon thé. Je ne bois jamais de café en petit-déjeunant: l'envie me vient plus tard dans la matinée.
A moitié coiffée, je fonce au marché. Il me faut des tomates pour le potager et JAMAIS  je n'irai les acheter dans les grands enseignes. Je vous expliquerai pourquoi dans un prochain billet.

En fait de tomates, j'ai acheté aussi des fruits, des saucisses aux herbes, des petites dorades roses, des aubergines et des poivrons rouges pointus. Et puis aussi des épinards tout frais et des carottes en botte.
Il faisait un soleil piquant et venteux.

C'est un marché où viennent les maraîchers.


On s'en tire à deux fois moins cher qu'en grande surface et c'est bien plus frais.
Si j'étais quelqu'un de bien, je n'achèterais presque plus rien en grande surface. C'est une arnaque de plus en plus grossière, mais hélas, c'est pratique.

En passant près de la bonne boulangerie, j'ai fait une réserve de pain. Le congélateur commençait à se vider et le manque de pain m'angoisse.

De retour chez moi, je me suis mitonné un café noir et puis j'ai rangé.
Ensuite, il a fait faim et nous avons déjeuné de pain frais, fromages et salade. Modeste mais efficace. Et bon.

Alors, je me suis occupée des tomates et des bébés salades que j'avais pris en plus.
Mon potager est prêt: tout y est.
Tomates, salades, haricots qui ont bien germé et les panais qui se décident enfin à montrer le bout de leurs feuilles.

J'ai réservé un plan de tomate pour un coin où se nichent les limaces. Elles n'aiment pas l'odeur toxique des feuilles de tomates. Maudites soient les limaces.

 Après ça, j'ai eu un coup de mou et je suis allée m'allonger le temps d'une petite sieste.

Le temps de me faire un thé aux fleurs de lotus royal et j'ai attaqué le boulot à la cuisine.
Vidage des daurades.

Nettoyage dans une ahurissante quantité d'eau des épinards.

Celui-ci date de l'an dernier. Il n'existe plus.
Préparation des poivrons pointus et aubergines en vue d'un passage au grill. Ensuite, j'en ferai de l'ajvar. Qu'est-ce que l'ajvar?
Une fondue aillée de poivron et d'aubergine à damner tous les saints. Je donnerai la recette un de ces jours.



Avec tout ça, je n'ai pas eu le temps de continuer le décollage du papier peint de mon salon, qui est horrible (le papier peint, pas le salon). Trop laid pour mériter une photo.

Je me suis offert une pause-causette avec une vieille amie et ensuite, vint le moment de préparer les daurades.

La suite de la soirée offre un intérêt limité. Je crains de lasser.

Là, il est presque une heure et il est temps d'aller dormir. Même heure qu'hier. Les vingt-quatre heures sont bouclées.

Nourrissage des chats qui attendent sagement sur mon bureau.
Retour à la salle de bain.

Stefan Zweig m'attend.

Une vieille connaissance.



mardi 30 avril 2013

Acte contre nature

Il est beaucoup question de nature, ici, en ce moment.
C'est la saison qui veut ça. Bourgeonnements, sève qui pète sous les écorces, hormones à pleins tubes.

Ceci explique qu'après six mois de solitudes glacées, je passe l'essentiel de mon temps à béer devant mes plantules ou à fourcheter du compost.

Il se trouve que je viens de me livrer à un acte que la morale réprouve: je n'ai pas laissé la loi de la nature s'imposer dans mon jardin. 


J'AI DÉMOLI LE DÉBUT D'UN NID DE PIES.

Les écolos me voueront aux gémonies, tant pis. De toute façon, un jardin n'a rien d'un espace naturel.

Désormais, tout le monde sait qu'un cerisier géant trône au beau milieu des mes trois cents mètres carrés. Il est l'objet de la convoitise féroce de tous les volatiles frugivores du secteur, qui y réservent leur place dès l'apparition des micro fruits. Par ailleurs, j'ai pris soin de border mon empire d'arbustes à petits fruits variés, parce que j'aime bien les oiseaux et je voulais leur offrir refuge et nourriture.
A ma grande satisfaction, toutes sortes de passereaux y baguenaudent ou s'y abritent: moineaux, mésanges charbonnières, bleues et à longue queue, merles, rouges-gorges, rouges-queues, un troglodythe mignon, un roitelet (que mon salopard de chat a tué il y a peu). Parfois d'autres que je ne connais pas.

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          Alors? Qui est capable de dire qui est quoi?
Toujours est-il que l'an dernier, j'étais réveillée aux aurores par des pies jacassantes, perchées sur le cerisier convoité. Elles faisaient savoir au voisinage qu'elles entendaient se le réserver. 



Moi, je n'en pouvais plus et j'ai eu beau leur lancer des patates à cinq heures du matin, sous l'oeil goguenard de mon chat, j'en ai eu pour mes frais.
Ensuite, elles ont tenté de s'en prendre à la nichée de mésanges à longue queue - des petits bouchons de duvet tout mignons - qui prenait le soleil au fond du jardin. Leurs minuscules parents les défendaient courageusement en criant si bien, que je me suis dérangée.

Je n'aime pas qu'on trouble ma paix ni celle de mes locataires. Surtout qu'ils m'avalent force chenilles et pucerons.

Aussi, quand par hasard, j'ai découvert qu'un couple de pies avait entrepris de bâtir un nid en haut du cerisier de la discorde, j'ai vu rouge.
Au diable la magie sacrée de la Nature, la chaîne alimentaire et tout le bazar.

J'ai commencé par balancer quelques pierres dans l'édifice naissant. Raté. C'est haut, un nid de pies.
Alors j'ai pris rageusement l'échelle et le grand manche téléscopique. Je me suis installée dans le cerisier et à coups  de manche, j'ai si bien fourragé dans les fondations du nid que tout a été dérangé.
Maintenant, la guerre est ouverte. 
La pie revient et je la guette. Dès que je la vois, je lui lance un "pchhhhht!" féroce et elle s'en va...pour revenir quelques temps après.
J'espère qu'elle finira pas se décourager. Pas de chance pour elle, je suis en vacances et je vais lui pourrir la vie pendant quinze jours.





jeudi 25 avril 2013

Retour à la nature

Il était temps que cet hiver de plomb finisse. Les éléments finissaient par trop bien coller à la maussaderie politique ambiante. Encore un peu et cette brouillasse glacée aurait fini par me porter au moral.
Je commence à entrevoir pourquoi les natifs de pays froids picolent.


Il se trouve que je possède un jardin un peu indiscipliné. C'est ma faute: je lui ai trop laissé la bride sur le cou ces dernières années et il est devenu insolent.
Du genre à dormir tous les matins jusqu'à pas d'heure et à vider le placard en douce sans nettoyer les miettes.


Déjà l'an dernier, j'avais entrepris de lui serrer la vis: taille des arbres et désherbage superficiel.
Ça n'a pas suffi.
Le bougre a tenté de faire la forte-tête dès que le soleil est revenu: mauvaises herbes, invasion de lierre, ronces,  racines de cerisier affleurantes un peu partout...
Et puis j'avais repéré des plantes en détresse, mal installées dans des sales coins. Il fallait agir.

Alors depuis pas loin de deux semaines, j'ai laissé le monde s'agiter derrière les portes de mon jardin pour lui refaire une vraie beauté.

J'ai tenté autant que j'ai pu, de sauver les violettes du désherbage. Va falloir aussi débarrasser les tulipes des herbes indiscrètes: elles en ont assez de se faire chatouiller.
J'en ai arraché, des racines! J'ai bêché des mètres carrés à en avoir le dos meurtri! Des seaux entiers de saloperies de saletés de mauvaises herbes de sa mère de végétaux envahisseurs ont rejoint mon tas de compost. J'ai curé mon bassin, apprêté mon futur potager, semé du lin bleu et des cosmos, refait entièrement ma rocaille...

Mes aspérules  enfin libres de se répandre.
La rocaille toute neuve.
Des heures et des heures de travail, au soleil, parfois pieds nus sur la terre tiède, les ongles noirs et le dos meurtri. Quel bonheur!

Bleuets débarrassés de leur bataillon de pissenlits
Géraniums déplacés, réinstallés en bonne place.
Le premier qui OSE prétendre y voir une mauvaise herbe est prié de venir me le dire en face, si c'est un homme.

J'aime autant vous dire qu'à ce régime, je me suis mise à dormir comme un chat, à me refaire une musculature et à presque oublier les sournoiseries tortueuses de notre gouvernement de vitreux.

Et demain soir, je suis en vacances!!!