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jeudi 4 janvier 2018

Les aventures de la sarma. Suite, fin et la recette

Seule dans la cuisine, face à ma cuvette de farce à sarma, à ma montagne de feuilles de chou fermenté rincées et égouttée et me voilà dans l'état d'esprit d'un gars qui va sauter en parachute pour la première fois. Ayde Jano!

Une de mes vieilles amies, Nadezda (son blog, c'est par ici ---> 👉) m'avait prévenue que les femmes allait guetter ma manière de replier les feuilles autour de la farce.
Je m'étais donc informée des différents styles de pliage en usage outre Danube. J'ai finalement opté pour le niveau 1: petit pliage des deux côtés latéraux, avant l'enroulage de la feuille sur elle-même, façon nem. Le système de pliage en biais, avec un petit doigt dans le derrière de la sarma pour bloquer le bazar, ce sera pour la prochaine fois, au niveau d'expertise 2.

Je n'ai pas rougi de mon premier plateau. C'était bien parti. Mon gentil mari n'allait pas être forcé de me répudier comme une pesteuse.


Est alors venu le moment de garnir le fond de mon chaudron d'une couche moelleuse de feuilles impropres au roulage, agrémentées de quelques lardons dodus. L'idée, c'est de ne rien laisser perdre et d'aménager un coussin amortisseur de sarma. Car la sarma supporte l'empilement haut la main (dixit ma belle-soeur qui avait raison), mais pas les soubresauts. En cas de mauvais traitements, la sarma se délite et va même jusqu'à éclater et de mémoire de Serbe, personne n'a jamais osé servir des sarma éclatées.

Une fois le coussin en place, les sarmas s'installent, bien calées les unes contre les autres. Il est permis de combler les interstices avec des lardons et de poser délicatement quelques feuilles de laurier pour parfumer subtilement. Dans ce chaudron-là, j'en ai empilé quatre épaisseurs.


On recolle une couche de feuilles déchirées ou moches sur le dessus et là, un saupoudrage léger de poivre et de paprika doux est bienvenu. Reste à recouvrir d'eau, à couvrir et à mettre sur le feu.


J'en ai fait encore un gros faitout et une cocotte pleine à ras-bord. Une invasion de sarma!!
J'y ai tout de même passé deux bonne heures.

Ensuite, pour la cuisson, j'ai fait un pari risqué.
Je savais qu'il fallait faire cuire les sarma très très doucement et très longtemps.
Très longtemps comment? Là, l'information se diluait.
Ma fille, débrouille-toi.

D'autre part, mes informateurs étaient unanimes sur la question du réchauffement-bonificateur de sarma. Pour une fois que les Serbes sont d'accord sur quelque chose, l'information méritait toute mon attention.

Nous étions mercredi. Je les ai chauffées environ trois heures à bouillons à peine frémissants. Ensuite, j'ai collé mes chaudronnées de sarma sur le balcon. Mon frigo a ses limites.
Le lendemain, jeudi soir après ma journée, je leur ai redonné un coup de jus d'une heure, histoire de ne pas faire perdre son fumet balkanique à la maison (en vérité, ça sent très bon: un peu comme la choucroute, mais en plus épicé). Retour sur le balcon.
Vendredi je les ai laissées tranquilles, au frais.
Samedi, je les ai fait recuire une petite heure.

Dimanche, le grand jour, elles ont rerecuit tout doucement encore une heure avant d'être servies.

Nous avions mis la nappe blanche, versé le vin, disposé sur la table des mets choisis, les convives étaient prêts à recevoir les sarma (et à rendre leur verdict). Imaginez un peu ce que ça fait, pour une pauvre Française, d'être dans cette situation. D'accord, ils étaient déjà aux trois-quarts gavés de burek (feuilleté au fromage bien crapuleux) et d'ajvar (confit de poivrons), mais les sarma, ils les attendaient!

Elles n'étaient pas éclatées,
pas débraillées,
 moelleuses,
goûtues,
Ouf!
Ils étaient contents!!

Comme l'exige la tradition, chaque invité (ils étaient douze) est rentré patafiolé de sarma, avec un sac plein pour continuer la fête à la maison.
C'est ainsi que se termine toute slava digne de ce nom.

Dès le dernier convive parti, je me suis écroulée et mon adorable mari a tout rangé et tout nettoyé.  Quand je vous disais que c'était une crème d'homme.
 


Et maintenant, la recette vraie de vraie, la mienne:
Pour six kilos de feuilles de chou fermentées, il faut trois kilos de viande: un tiers de boeuf (gîte), un tiers de veau (blanquette), un tiers de porc (échine).
1kg de poitrine fumée-salée grasse (on en trouve dans les boutiques balkaniques).
1kg de côtes fumées avec beaucoup d'os et peu de viande (pour parfumer, également dans les boutiques balkaniques). Ça ressemble à ça:


500g de riz rond.
Deux oignons.
Deux belles gousses d'ail.
Un bouquet de persil.
Poivre, laurier, paprika.
Huile d'olive.

1/ Hacher l'oignon, puis un beau morceau de poitrine grasse (300-400g). Hacher aussi le persil.
2/ Faire revenir l'oignon haché dans l'huile. Dès qu'il commence à colorer, ajouter l'ail écrasé et ajouter les viandes. Faire raidir sur feu vif en remuant.
Quand les viandes sont cuites, ajouter le persil haché et le riz. Poivrer, "paprikater". Réserver et laisser refroidir. Cette préparation, une fois refroidie, peut attendre plusieurs jours au frais.
3/ Le jour venu, séparer les feuilles de chou de leur base délicatement. Les faire tremper une petite heure dans l'eau froide. Egoutter.
4/ Prendre le temps d'affiner la base de la tige de chaque feuilles avec un couteau, mais il ne faut pas la percer. Les feuilles doivent être fines et assez grandes. Garnir chaque feuille de farce et replier en serrant bien (voir description du pliage plus haut).
5/ Garnir le fond du récipient avec des feuilles abimées et des lardons gras. Disposer les sarma de façon qu'elles ne bougent pas. Glisser des lardons gras et maigres dans les interstices. Disposer deux feuilles de laurier sur chaque couche. Il est possible de faire beaucoup de couches de sarma.
Terminer avec encore une épaisseur de feuilles abimées. Saupoudrer abondamment de poivre et de paprika. Ne pas saler!
6/ Remplir d'eau à hauteur. Placer une assiette à soupe retournée pour empêcher les sarma de remonter, au cas où le couvercle ne suffirait pas.
7/ Faire cuire à bouillons à peine frémissants trois à quatre heures. Goûter. S'il faut saler, là, c'est possible. Recuire une heure le lendemain. Idéalement, encore une heure le surlendemain.
8/ J'ai servi avec une purée de pommes de terre, pour absorber la sauce. C'est possible aussi de présenter de la crème fraîche.

Prijatno!








lundi 25 décembre 2017

"Joyeux Noël" et pas joyeuses fêtes

On baigne vraiment dans une drôle d'ambiance.
En cette période si particulière qu'est l'Avent et aujourd'hui Noël, les gens se regardent en biais avant de se souhaiter quelque chose. Dans les magasins, ces jours-ci, c'était les "Joyeuses fêtes" qui fusaient. Noël brûle les bouches. Le dévoiement du laïc est tel, qu'il n'est même plus question de glisser l'allusion la plus timide au fait religieux chrétien. Même Noël sent la peste, c'est dire où nous en sommes arrivés!
Qu'on le dise donc, que "laïc" veut désormais dire "athée" et au moins, ce sera clair. On saura pourquoi on enlève les croix un peu partout.

A Ploërmel, le Conseil d'Etat a tranché le 25 octobre 2017: la commune doit enlever la croix et verser 3000 euros d'amende à la fédération morbihannaise de la libre pensée.

Cimetière de Brou, septembre 2012. Une nouvelle élue exige le retrait de la croix qui orne l'entrée du cimetière. Le maire abasourdi est forcé d'obéir: la croix et le cimetière ont été installés après 1905. Il est interdit de faire figurer le moindre signe religieux à l'entrée des cimetières s'ils sont postérieurs à cette date.


On interrompt les séances de cinéma quand les petits risquent d'être contaminés par l'horreur chrétienne.

C'est sûrement un nanard niaiseux, mais ce n'est pas une raison.
 
Oui, mais alors là, laïc = athée, c'est embêtant, parce qu'il faudrait interdire toutes les religions et ça non, c'est pas possible.

Mosquée du cimetière musulman de Bobigny, inauguré en 1937.  

Synagogue du Consistoire de Paris, inaugurée en 1907.

C'est encore plus drôle à l'école.
Là, se souhaiter "Joyeux Noël" relève de la résistance politique. Les parents qui me l'ont souhaité ainsi (et à qui j'ai répondu de la même façon) arboraient un air de connivence qui ne trompe pas: "Elle va le dire? Oui, elle va le dire. Aaah elle l'a dit, donc elle est des nôtres".

Se souhaiter joyeux Noël est devenu un acte de résistance politique.


JOYEUX NOËL MES AMIS!

 




samedi 15 avril 2017

Le temps est venu de décorer les oeufs

Et voilà, c'est presque Pâques. La fin du Carême, l'heure de s'empiffrer de bestioles en chocolat, le retour des vacances, le printemps, la résurrection du Christ. Chacun l'interprète à sa convenance.

Le point commun dans tout ça, ce sont les oeufs.
De préférence des oeufs blancs.

Les miens ne sont pas en chocolat, mais vrais de vrais, destinés à être mangés. Voilà pourquoi je les teinte de préférence avec du végétal consommable.

                                                          Des pelures d'oignon:



                                                           Des pelures de chou rouge:



La technique est simple. On fait cuire ensemble une dix-quinze minutes oeufs et pelures d'oignon (ou chou émincé) dans un peu d'eau et une lichette de vinaigre, et on laisse refroidir le tout. Ensuite, on extirpe, on essuie et on oint avec un tampon d'huile.

Ça, c'est la base.
Elle ne demande qu'à être un peu enjolivée.

Une technique simple, en usage dans les Balkans, agrémente l'oeuf teint d'un motif végétal. Traditionnellement, il est imprimé sur fond rouge.



Pour cela, il faut prélever une petite feuille propre dans la nature. Evitons les bords de routes ou les crottoirs maculé, je vous prie. L'oeuf doit arriver comestible dans la bouche de l'heureux convive.

La feuille est insérée contre l'oeuf et coincée contre sa coquille à l'aide d'une extrémité de collant fin (et propre), bien serrée et refermée à l'aide d'une ficelle. Tout l'art consiste à ne pas chiffonner la feuille pendant la phase de serrage. Ensuite, c'est pareil qu'au début: cuisson dans les pelures d'oignons. Quand c'est refroidi, on enlève collant et feuille: le motif apparaît. Plus le collant était serré, plus l'impression est nette.

Viennent ensuite les techniques d'impression à la cire chaude et là, ça vire sérieux. Le musées expose ces oeufs-là, des spécialistes subventionnés par les services culturels transmettent leur savoir aux enfants des écoles. Ça se vend, même!
Je me suis envoyée je ne sais combien de vidéos en polonais, en russe, en serbe et même en slovaque, pour tenter de percer tous ces mystères.
J'ai finalement retenu deux techniques.

La virgule de cire


En usage entre la Pologne et la Slovaquie, elle est assez simple. Le matériel aussi.

Il faut planter une épingle à bout rond dans la gomme d'un crayon à gomme qui sert de support. Le bout rond est trempé dans la cire chaude d'une petite bougie plate (celles qu'on utilise pour maintenir les plats au chaud) et hop! une virgule sur l'oeuf. Le geste s'attrape facilement et le résultat est sympathique.
Quand l'oeuf est décoré, il reste à le plonger dans une décoction vinaigrée de pelures d'oignons ou de choux et à attendre qu'il se teinte. La décoction peut être chaude, mais pas bouillante. Sinon, la cire fond. C'est bêta.
Pour enlever la cire ensuite, l'oeuf est approché de la flamme d'une bougie pour que la cire fonde et essuyé avec un sopalin.

La plume

En usage en Serbie et en Roumanie, cette technique est plus exigeante, mais ses possibilités sont infinies.

Il faut commencer par se bricoler l'outil:
- une plume d'écolier bien creuse. J'ai surcreusé la mienne en la pinçant fort.
- un manche de bois. J'ai utilisé un morceau de vieux tuteur de jardin. Une baguette chinoise fait l'affaire aussi. N'importe quel bout de bois, en fait.
- du fil de fer fin.
- de la cire d'abeille.
- une bougie.

Avec la cire, on se confectionne une grosse boulette, qu'on se fixe sur l'ongle du pouce gauche si on est droitier (et inversement dans le cas contraire). Pour se faire, il suffit de la passer sur la flamme de la bougie et de se la coller sur le pouce aussi sec. Ça ne brûle pas.

Le matériel pour les deux techniques:



C'est là que le boulot commence: un peu de cire est picorée avec la plume, chauffée très vite et déposée sur l'oeuf (encore tiède, idéalement) aussi rapidement que possible. Il faut faire des allers-retours permanents entre la flamme, la plume et la cire en dosant pour éviter les taches et les pâtés. Au pire, c'est toujours possible de gratouiller pour effacer les catastrophes.

Pour ce qui suit, c'est le même topo: les oeufs ainsi décorés prennent un bain vinaigré de teinture et la cire est ensuite éliminée à la flamme.


Rien n'empêche de mêler les deux techniques. Allez zou! Mélangeons allègrement le Polonais au  Serbe et c'est parti!


Dans l'enthousiasme, j'ai testé une technique venue des USA. C'est une manière intéressante de réutiliser les vieux foulards de soie.

Elle consiste à envelopper serré l'oeuf dans un chiffon de soie à motifs. A re-envelopper le tout dans un chiffon fin blanc pour que tout ne s'entreteinte pas. On met les oeufs duement emmaillotés dans l'eau froide vinaigrée, on fait bouillir une quinzaine de minutes et on laisse refroidir.
Le motif du foulard se sur-imprime sur l'oeuf et ça peut être assez joli.

                                                  On dirait un vieux marbre italien.


Et voilà ma couvée de Pâques!
Joyeuses Pâques à tous!



mardi 27 décembre 2016

Noël décalé

Je sais, honte à moi, je suis restée dans mon trou de souris au lieu de souhaiter un joyeux Noël à tout le monde.

C'est un peu délicat à expliquer.

J'en vois certains lever le sourcil et se demander quelle mouche me pique.

Levons d'emblée tout malentendu: j'aime partager avec ma famille ce moment si particulier où nous nous retrouvons loin des folies du monde pour échanger des cadeaux, prendre notre temps, faire un bon repas sur une nappe somptueuse brodée par une amie aux doigts d'or.


Pas grand chose de chrétien là-dedans. Mes filles ne mettent jamais les pieds à l'église et seraient assez gênées si nous mêlions le religieux à nos petites habitudes franchement païennes: petits gâteaux de Noël, sapin, bougies, bonne bouffe et pied de nez à la nuit et à l'hiver...

Ça ne m'empêche pas d'être sincèrement touchée par ceux de mes amis et connaissances qui m'envoient des cartes, de voeux et me manifestent leur amitié ce soir-là. A ceux qui fêtent le Noël chrétien et je m'associe en pensée, sinon en actes, avec chaleur.

Répondre est une chose évidente.
Envoyer en est une autre, parce que ce serait une sorte d'imposture.

Mon Noël du 24 décembre n'est pas chrétien.
Mon Noël chrétien sera le 6 janvier et là, oui, j'irai à l'église.
Seulement c'est un Noël décalé, confidentiel qui, pour presque tout le monde, tombe comme des cheveux sur la soupe. D'ailleurs, mes filles évitent le sujet. Ce sont les affaires de leur mère,voile pudique.
Quant à mon beau-fils, je parie un strudel aux griottes qu'il ne nous accompagnera pas.

Ce soir-là, donc, le noyau dur de la réunion familiale, c'est mon mari et moi. Ma belle-mère habite en province, ma belle-soeur n'est pas du genre à hanter les églises, quant à ma famille à moi, elle oscille entre catholicisme flou et athéisme ferme et définitif. Alors pas de bonne table. Pas de sapin. Nous irons tous les deux dans notre petite église russe en bois, en dehors du temps, pour célébrer la naissance du Christ.


Encore que...cette année, rien n'est comme d'habitude.
Les Choeurs de l'Armée Rouge sont morts au premier Noël. Que voilà un triste symbole de tout ce que l'existence peut avoir d'écrasant.
Ma belle-famille se réunira au complet au deuxième Noël et peut-être un petit bout de ma famille à moi. C'est une première, un autre symbole de ce que la vie nous réserve d'espoir et de chaleur.

Et là, j'aurai très envie d'envoyer des Joyeux Noël à tout le monde, et tant pis si ça tombe à plat, parce qu'on se demandera ce qui me prend, de me réveiller treize jours en retard.

 


mardi 7 janvier 2014

C'est Noël...chez les orthodoxes!

J'ai découvert cette merveille de chant de la Nativité.

C'est un chant orthodoxe arabe.

Une pensée pour les chrétiens d'Orient, si mal en point, me traverse l'esprit.

C'est Noël



mercredi 25 décembre 2013

C'est Noël et le blog se réveille

D'abord je souhaite un joyeux Noël à tous: chrétiens, amis, visiteurs de passage et aussi les autres.




Ensuite, je vous dois quelques explications.
J'ai subitement disparu des écrans radars pendant quatre mois. Non pas que je souhaitais planter là tout le monde pour aller élever les chèvres dans le Larzac, simplement le temps, puis l'énergie m'ont manqué. J'ai eu un gros coup de fatigue.

Merci à tous ceux qui m'ont envoyé des commentaires amicaux et un grand merci aux amis, corto74, Boutfil, Koltchak, Minijupe, Vlad...,  qui malgré mon silence, n'ont pas cessé de m'envoyer des bip bip, de prendre des nouvelles et de me faire comprendre que malgré ma désertion, ils étaient là.

Depuis quelques temps, l'envie de revenir causer un peu me démange.

Alors voilà, c'est fait.

D'accord, c'est un bien modeste billet, mais c'est le premier pas.

Joyeux Noël!


mercredi 9 janvier 2013

Tous fous

Ce n'est pas parce que j'ai du mal à tenir mon blog en ce moment que j'ai atteint la béatitude.
Loin s'en faut.
Je suis d'autant plus fâchée que je ne trouve plus le temps de déverser ma bile.

Regardez-moi ça.

Le gros Depardieu avait bien commencé. Royal, son pied de nez belge. Il aurait dû laisser Ayrault s'empêtrer dans ses élucubrations de goujat et c'était parfait.
Mais non. Il a fallu qu'il en rajoute une couche avec la Russie et maintenant, c'est lui qui a l'air d'un imbécile outrancier.
Là-dessus, la Bardot vient faire sa pécore et menace de se barrer en Russie pour protester contre le sort fait à deux éléphantes malades. Et le massacre des tigres de Sibérie, et le trafic de fourrures, elle ira les brandir sous le nez de Poutine?
On nage en pleine fête des fous. C'est la période, vous me direz.



D'accord, ce sont des artistes excessifs au charme bien français.
Très bien.

Mais pendant que le gratin politique que le monde nous envie hurle à l'évasion fiscale, notre autre gratin sportif est gratifié d'une Légion d'Honneur toute rutilante, quand bien même il réside en Suisse. Par goût du chocolat, sans doute.


Bizarrement, il est impossible de copier cette vidéo sur un blog.
Alors à défaut, voici le lien. Allez-y voir, vous ne serez pas déçus.



Pendant ce temps-là,  ça discorde vilainement entre notre ministre de l'Education Nationale et Najat Vallaud Belkacem: faut-il causer mariage pour tous aux enfants ou rester sur la réserve? Monsieur le ministre enjoint les établissements cathos de la boucler sur la question, quand Madame la ministre répand la bonne parole chez les autres. Alors quoi?

Question concertation, ligne gouvernementale et tout le bastringue, on repassera.
Ça couaquait au début et ça va crescendo.

Je n'ose même pas penser à la sauce où nagera l'école l'an prochain. J'aurais l'occasion de me répandre en lamentations à ce sujet bientôt. Pendant ce temps-là, notre bon président temporise et n'hésite pas à annoncer qu'il laissera les communes choisir ce qu'elles jugeront bel et bien de faire. Garder l'ancien système ou marcher à fond dans l'animation socio-culturelle bas de gamme qu'on nous propose.

Comment peut-on être assez lâche pour oser en arriver là?


Que tout ceci ne nous empêche pas de festoyer de galettes, force fouaces et autres réjouissances gustatives de saison.


Carmelo Zagari

Toutes ces extravagances ne sont qu'un vaste carnaval, après tout.















mardi 25 décembre 2012

Joyeux Noël!

Me revoilà!

J'ai été happée dans les couloirs du temps et ce coquin-là en a profité pour se distendre.
Maintenant que je suis en vacances, que j'ai enfin loué mon appartement-du-bas-de-la-maison (quelle aventure distordeuse de temps, cette affaire-là! Elle mérite un billet de blog), que j'ai réglé mes comptes avec un revendeur de billets de spectacle douteux (ça aussi), que j'ai rendu mes livrets scolaires (j'en ai déjà parlé l'an dernier), que le repas de Noël est derrière moi (deux jours de boulot) et j'en passe..., je peux enfin me poser.
Il va falloir que je vous raconte tout ça.

Alors je souhaite un beau Noël à tous ceux qui ont la gentillesse de me lire (quand j'écris) et de faire vivre ma maison-blog. Sachez que même quand je fais le sous-marin, je suis là et je pense à vous tous.




lundi 12 novembre 2012

Bientôt Noël: idée de cadeau

Les déjections canines jonchent votre trottoir? Vous empoisonnent la vie? Vous obligent à des contorsions insensées?

Voici l'alternative élégante.

Il suffit de demander au père Noël qui se fera un plaisir.


L'objet peut aussi tenir lieu d'arme de défense dans les transports en commun, quand une poussette indélicate vous projette violemment contre votre voisin irascible. Il permet de dégommer ensemble la poussette et le voisin, car le père Noël fournit un pied droit et un pied gauche.

C'est possible de boire du champagne dedans.


mercredi 15 août 2012

Amours baveuses

La journée aurait dû être recueillie.
Fête de l'Assomption.
Réflexion sur le mariage homosexuel et l'euthanasie. Fait peu banal, ce sont les évêques de France qui lancent cette réflexion en appelant...à la prière.
Les temps changent.

Je ne sais pas si ça aboutira à quelque chose, mais en attendant, les limaces de mon jardin sont amoureuses.
Je présume qu'il s'agit d'un mâle et d'une femelle, surpris en flagrant délit de ce que dame Nature a préconisé: fait plein de petites limaces qui vont me ravager le jardin cet automne.

Autant dire que je suis pour le mariage homosexuel des limaces.
Et contre l'adoption des bébés orphelins. Qu'ils crèvent.


dimanche 15 avril 2012

Pâques aux oeufs

La campagne présidentielle bat son plein: les Français sont suspendus à l'actualité politique palpitante. Le monde est agité par toutes sortes de grelots affiolants: Al Kaida qui promet de mettre le Mali à feu et à sang, la Syrie pilonnée - heureusement, les observateurs de l'ONU arrivent donc nous sommes rassurés - , la sortie de Titanic 3D.... on en redemande.

Et puis, accessoirement, aujourd'hui, c'était Pâques.
On m'objectera que la semaine dernière aussi, c'est vrai. Je n'en disconviens pas mais je persiste et signe.
Aujourd'hui, c'est la Pâque orthodoxe.
Aux mécréants, je signale que les orthodoxes sont chrétiens et qu'ils suivent le calendrier julien. Enfin pas tous... Les Grecs ne le suivent que pour Pâques (mais pas les moines du Mont Athos), les orthodoxes finlandais ne suivent que le calendrier grégorien (le nôtre). Bienvenue en terre byzantine!
Tout le charme du calendrier julien tient au fait qu'il attribue à l'année 11 minutes et 12 secondes de plus que ce qu'elle dure réellement. D'où le décalage.

Bon bref. Laissons l'astronomie.
Place aux oeufs.
Du concret!

Les orthodoxes ont une bien jolie tradition: ils peignent les oeufs.
Certains sont de véritables artistes: voilà ce que j'ai glané sur les sites de différents amis.

              Ceux de Tinatin Tincho, dont la photo m'a été transmise par Eka Tsindelani.
              Ceux de Viki Aligrudic, dont la photo m'a été transmise par Zlatan Jankovic.
                                                         Ceux de Viktoria Jankovic.
                  Ceux de Mirjana Colic, dont la photo m'a été transmise par Goran Mitrovic.

Moi, je n'avais pas le temps de consacrer autant de temps à mes oeufs. Alors, je me suis contentée de les teindre en rouge avec des pelures d'oignons. La base de la base de la tradition. Le retour aux sources originelles. Je ferai mieux la prochaine fois, mais ça va être difficile de faire aussi bien que les aguerris sus nommés.

J'ai acheté 2kg d'oignons tout ce qu'il y a de classique à la superette du coin. J'ai épluché tout ça et j'ai mis les pelures dans un grand faitout.


Ensuite, j'ai recouvert le tout avec le l'eau et j'ai laissé bouillir à peu près 30 minutes.


J'ai filtré, vinaigré avec du vinaigre blanc et plongé mes oeufs dans cette eau rouge. Je les ai cuits 10 minutes, puis laissé tremper toute la nuit.



Au bout du compte, en les enduisant d'une lichette d'huile, ça donne ça.
Pas si moche que ça, même sans ornements, non?

L'an prochain, je m'attaque aux fioritures.
En attendant, va falloir les manger les oeufs, maintenant.

Quant aux oignons  restants, j'en ai fait une pissaladière: une tarte aux oignons niçoise. J'allais quand même pas les laisser perdre!


                                  Joyeuses Pâques!

dimanche 8 janvier 2012

Galette secrète


Aujourd'hui, c'est le jour où rituellement, j'invite des amis à manger une bonne galette bien dorée et bien croustillante.

C'est un moment solennel: si la galette est loupée, le soleil ne revient pas. L'affaire est grave.
Ce qui était encore plus grave, c'était le dilemme où je me trouvais plongée il y a encore quelques années: me faire arnaquer par les pâtissiers griffus qui font payer leurs galettes une fortune scandaleuse,
acheter une mauvaise galette pas chère dans une superette (en plus, les fèves sont moches),
ou mettre la main à la pâte au risque de vexer le soleil.

Désormais, je suis délivrée du dilemme.
Finies les visites contraintes chez le pâtissier rapace!
Les galettes, je les fais moi-même et je m'en porte très bien.
Quoi? On doute?

La preuve:

Vous voyez bien que je ne bluffe pas.

Tout a changé le jour où j'ai enfin compris comment faire cette satanée pâte feuilletée qu'aucun bouquin de cuisine n'est capable d'expliquer correctement. Encore un coup du gang des pâtissiers!

Gavée de galette et de cidre rose, je vais faire un geste fou: vous livrer le secret.

Voilà les proportions que j'utilise. Il y a largement de quoi faire deux galettes de taille normales (50€ économisés! C'est-y pas réjouissant?)

400g de farine
325g de beurre
5g de sel (c'est beaucoup et c'est ce qu'il faut)
Un grand verre d'eau


!!!!!! PREMIÈRE PRÉCAUTION
La consistance du beurre est essentielle. Il doit être frais et ferme, sans être dur. Ne le laissez surtout pas devenir mou. Sinon, c'est la catastrophe.

Prélevez 50g de beurre, mélanger avec la farine et le sel avec les mains. Quand il est bien intégré au mélange, ajouter l'eau petit à petit en malaxant jusqu'à ce que le "pâton" (ça s'appelle comme ça) forme une boule. C'est le même principe qu'un pâte à tarte grossière. Facile.


Ensuite, il faut saupoudrer de farine le plan de travail. Je saupoudre abondemment dès que nécessaire. ÇA NE DOIT PAS COLLER! JAMAIS! Et puis le pâton est étalé en longueur, pas trop finement. Ensuite, le beurre est coupé en morceaux et placé au milieu.



La pâte est repliée par dessus de sorte que le beurre soit complètement recouvert.

Joli pyjama, non?
Avouez que jusqu'ici, c'est facile.
Ça va le rester, vous allez voir. Ici, on n'est pas vendus aux pâtissiers étrangleurs.

La moment est venu d'empoigner votre beau rouleau à pâtisserie. Mais pas question de chercher à étaler la pâte. Non. Le beurre est encore trop dur. Il faut juste APPUYER. Et ça donne ça.


Ensuite, la pâte doit être pliée en trois. La partie tournée vers le haut est repliée jusqu'au tiers de l'abaisse (c'est comme ça qu'on appelle la pâte qu'on étale au rouleau) et la partie tournée vers le bas est repliée par dessus. Ça fait une sorte de grosse enveloppe.
Quart de tour vers la droite!
Présenteeeeeez armes!!!!!!!!!

1

                                                                                2

On repasse un coup de rouleau précautionneux pour étaler tout ça de haut en bas.
!!!ATTENTION, LE BEURRE NE DOIT SURTOUT PAS PERCER!
Si c'est le cas, c'est qu'il est trop mou ou qu'il a été mal enfermé. Dans le premier cas, ce n'est pas grave: un coup de frigo pour le raffermir. Dans le deuxième, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? J'avais dit de BIEN ENVELOPPER le beurre! Faut écouter!

Une fois le machin (l'abaisse) étalée comme il faut, on replie la pâte exactement comme la première fois.
Re quart de tour vers la droite.
Cette opération s'appelle "faire un tour".

Il faut répéter exactement les mêmes gestes, dans le même ordre.


Moi, je fais sept tours. Huit parfois. Un truc au passage. Je note sur un papier les tours que je fais. Sinon, je me perds.
A chaque fois, je farine dessus et dessous.
Dès que je vois que le beurre commence à transpercer, je mets la pâte au frigo.
Au bout de deux, trois tours, on peut étaler au rouleau normalement. Mais la consistance de la pâte est ferme et élastique. Plus il y a de tours, plus elle va résister et plus il faut déployer d'énergie.
Normalement, il faut trente minute pour réaliser une pâte feuilletée de A à Z. Parfois un peu plus l'été, où, à cause de la chaleur, la pâte doit être expédiée au frigo plus souvent.

Au bout du compte, la pâte ressemble à ça.


Il ne reste plus qu'à faire la crème aux amandes.
Là, un môminet de 4 ans saurait la faire.

On fait ramollir (presque fondre)100g de beurre au micro-ondes. On ajoute 100g d'amandes en poudres, 100 g du sucre (je préfère le roux), 3 jaunes d'oeuf, 20-30 g de fécule ou de farine, une lichette d'extrait de vanille et 1 cuillère à soupe de rhum.
C'est fini.
Rien n'empêche de remplacer par des pommes, des poires ou des scoubidous. Tout est possible. C'est votre galette et pas celle du pâtissier, je vous rappelle.

Quand la garniture est prête, on divise la pâte en deux au cas où il faut une très grosse galette. Sinon, gardez-en la moitié qui prend la direction du congélateur. L'autre moitié, c'est elle qui sera divisée en deux.
On étale au rouleau.
On pose une assiette à dessert pour vaguement marquer un cercle. On découpe.
On place de la crème, ou des pommes....sur le premier cercle.


!!!!!ATTENTION! LA CRÈME NE DOIT PAS ÊTRE TROP ABONDANTE NI S'APPROCHER TROP PRÈS DU BORD. Sinon, débordement assuré en cours de cuisson.

N'oubliez pas de mettre dans la garniture une fève ou un Louis d'or, selon vos moyens. C'est un symbole de fécondité. On ne rigole pas avec ça.
Faites de petites encoches croisées au couteau tout autour du cercle garni. Badigeonnez au pinceau avec de l'eau, pour que l'autre cercle colle bien. Soudez avec les doigts.

Ecrasez un jaune d'oeuf cru avec un pinceau et enduisez de jaune toute la galette.
Enfin, décorez en formant des stries avec une fourchette.



Au four!
Assez chaud, le four: 180-200°C, c'est bien.

S'il vous reste un peu de courage, avec les chutes de pâte, on peut faire des petites cochonneries d'apéro assez sympathiques. Le tout, c'est de toujours re-étaler la pâte couche sur couche, sans jamais la chiffonner.

Avant cuisson. Après, je n'ai pas eu le temps de photographier: on m'a tout dévoré en un clin d'oeil.
Alors? Hein? C'est juste un coup de main à prendre. Finie la dictature des pâtissiers!