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samedi 31 décembre 2011

Désertion

J'émerge.
Depuis un moment, je n'écoute plus la radio, je ne lis plus les journaux et l'ordinateur orne mon capharnaüm de bureau.



C'est simple: j'en ai eu marre. Comme un sorte de saturation générale.
Certains font des indigestions de foie gras. Moi, j'ai saturé aux écrans et aux ondes.
Demain, je crois bien que je vais me payer le luxe de me flanquer au lit très tôt avec un bouquin,

Je le lis en français, ne nous égarons pas ☝

                                                                            un chat ,


et des trucs à grignoter pendant que le monde s'agitera et ça sera le bonheur.

Et puis l'avantage, quand on cesse de prendre garde aux remous du monde, c'est qu'on ouvre les yeux sur d'autres choses.

Je suis allée voir les ballets Moïsseiev avec mes filles.


J'ai goûté à la ballade dans Paris le nez au vent. C'est ainsi que je suis allée avec Boutfil m'acheter des bricoles pour faire des bracelets. Reste à m'y mettre.



Au passage, j'ai croisé quelques graffitis intéressants




et dans le RER, tandis que je descendais l'escalier roulant bien calmement, un gars pressé  nous a dépassés en lugeant à fond entre les deux rampes. Il s'est réceptionné en bas avec la grâce d'un gymnaste. J'ai failli applaudir.

Hier, j'ai récupéré deux amis qui arrivaient de Belgrade. Vingt-cinq heures d'autocar. On prend le métro à la porte de la Villette où les tourniquets débloquaient. Ils sont passés avec un seul ticket. Une fois dans la rame: paf! Contrôle. Du jamais vu et il fallait que ça tombe sur eux, tout perdus dans leur rêve de ville lumière et à moitié endormis.
On a réussi à embobiner la contrôleuse qui pour une fois, était humaine. Ils ont fait semblant de ne pas parler anglais, la contrôleuse ne parlait pas anglais, moi j'ai fait semblant de ne pas les connaître et de parler anglais. J'ai proposé mes augustes services de fausse parisienne vaguement anglophone. Ils ont montré leur passeport et la contrôleuse les a laissé filer. Ça tombait bien, on arrivait juste à Stalingrad (encore des Slaves) où il fallait descendre. Double scoop: on peut donc être contrôlé dans les rames et les contrôleurs peuvent parfois lâcher prise devant de dignes étrangers serbophones. C'est bon à savoir.

Pour finir, lecanasson nous a rejoints et une fois mes hôtes installés dans mon studio parisien



 (que je mets bientôt en location, qu'on se le dise!), nous avons filé chez moi, dans ma banlieue mal famée.

Là, après une journée passée à causer en évoquant bien des souvenirs - lecanasson et moi étions ensemble à l'école primaire, au collège et au lycée - il nous a pris l'idée folle de regarder "l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux". Vu le pseudo de mon invitée, on n'allait pas s'en tirer comme ça.
Je l'ai enfin raccompagnée dans la nuit noire et hurleventeuse à une heure indue. Elle habite dans l'Essonne et la A86 était fermée. Quelques sangliers plus loin, je la dépose chez elle et au retour, la A86 était encore plus fermée, si bien que je me suis égarée du côté du Perreux vers 1h du matin, seule sous une pluie battante, dans les rues désertes. Les danses slaves de Dvordjak  passaient sur France Musique et ça m'a donné du coeur au ventre. Rendue enfin en terrain connu, du côté du Raincy, j'ai été ralentie par une camionnette qui semblait encore plus perdue que moi au Perreux. Tenez-vous bien, elle était immatriculée en Serbie et juste à ce moment-là, la radio attaquait la danse opus 72 n°2 en mi mineur: celle inspirée du kolo.
Journée marquée sous le signe de la Serbie, décidément.








                   

lundi 7 novembre 2011

Iouri Norstein

Je n'en finis pas de découvrir l'oeuvre De IOURI NORSTEIN.

Et pourtant, ce grand monsieur nous offre 2h de dessins animés en toute une vie. Mais quels dessins animés.... Aucun ne ressemble à l'autre.

Autant de moments de grâce...


                                                                 Le hérisson dans le brouillard. Une initiation.



                     La scène du tango, extraite du "conte des contes". L'annonce de la guerre.
                                           J'y retrouve  l'univers de Chagall.




La bataille de Kerjenets, crée à partir d'icônes et fresques des XIV- XVIèmes siècles.

mercredi 26 octobre 2011

Jargon commercial

Le monde du commerce, du marketing, de la pub...m'est totalement étranger.
Qu'on se le dise: je ne suis pas née pour être riche. Entre mes mains, les sous ne font pas de bébés: je les contraceptionne.
Oui, c'est triste. Je ne suis pas un bon parti.
C'est ainsi, je suis mal barrée.

J'en veux pour preuve cet exemple de littérature promotionnelle.
J'étais paisiblement en train de faire les courses dans  mon super marché voisin, un peu ahurie, comme à chaque fois que je pousse un charriot.
Et là, qu'est-ce que je vois?


Retranscription en clair:
"Offre de remboursement différé de la différence entre le prix d'achat d'un paquet porteur de l'offre et 1€.
Offre valable jusqu'au 30 novembre 2011. Un seul remboursement par foyer....Blabla...
Paquet de pâtes farcies de 250g ou de 300g dont 20% gratuit."

Je suis restée plantée comme une ravie devant cette affiche pour moi incompréhensible.
Qu'ont-ils donc voulu dire?

Le différé de la différence, déjà, ça me parle pas.
Alors le remboursement de la différence de quoi? 1 € de quoi?
Les 20% gratuits viennent encore plus embrouiller la sauce déjà bien relevée (pour des pâtes, vous avez vu, je fais un effort).

Les pâtes avaient l'air succulentes et si je suis très très mauvaise en gros sous, je suis assez bonne en cuisine. J'avais bien envie de les tester. Par la même occasion, je vous en aurais fait profiter.
Mais les borborygmes inquiétants que cette affiche rouge agressif me jetait au visage m'ont découragée.
Je me suis enfuie. L'histoire ne dit pas si ce langage de cuistre d'expert a eu le même effet sur les bonnes gens ou les a hypnotisés.

L'effet Knock: peu importe le sens, pourvu que ça ronfle persuasif et autoritaire.

mardi 20 septembre 2011

Et maintenant on va où?

Et maintenant on va où?

Vaste question..
Et très chouette film vu récemment complètement par hasard.


Les circonstances:
Soirée crêperie-papotages dans le Marais avec un copain sympa.
Une fois repus, où allions-nous donc aller cuver notre poiré? Comme presque toujours, il pleuvouillait et on ne se voyait pas errer au hasard des rues de Paris juste en papotant. Comme c'est un copain sympa mais honnête, pas question de galipettes. D'ailleurs, là n'est pas le propos. Ne perdons pas le fil.

Donc, direction, --------> cinoche.

Montparnasse, allez, soyons fous.
Nous voilà à nous demander quoi voir. L'heure tournait. Tic tac tic tac.....
Rien ne nous tentait. Entre les Schtroumpfs, les films d'horreur bon marché, les films qui plaisent à Télérama....
Donc quoi?
C'est alors que nous vîmes ce titre qui convenait si bien à la situation: "Et maintenant on va où?"
Nous y allâmes, donc. Au pif, conscients du risque aigû.
Nous fîmes bien.

Le film:
Libanais.
Le dernier de Nadine Labaki.
Truculent à point. Juste ce qu'il faut. Iconoclaste à ravir. Interdits aux âmes sombres qui voient la religion comme une affaire lugubre et terrifiante.
Drôle, très drôle même. Mais pas forcé. Ça sonne juste.
Et dans le fond, franchement grinçant.

Ça se passe dans un village du Liban paumé dans une montagne poussiéreuse. Des Musulmans et des Chrétiens y vivent entre bonne intelligence et tueries passagères, mais sans se mélanger. Chacun ses frères.
Jusqu'au jour où les femmes en ont marre de voir leurs maris/frères/cousins/amis condamnés à bouffer les pissenlits par la racines avant l'heure à cause de..à cause de quoi au fait?
Alors, elles décident de ruser pour les empêcher de s'entretuer. C'est complètement loufoque et désespéré. Parce que ces messieurs finissent toujours par repousser les limites et par effleurer la guerre.


 Elles vont même jusqu'à embaucher des putes ukrainiennnes pour jouer le rôle de voyageuses égarées. Il faut bien leur offrir l'hospitalité. Les hommes bavent, rêvent..avec les yeux. Et ne pensent plus à la guerre.
Jusqu'au jour où elles partent à regret et alors, il faut tenter l'impossible pour que ça s'arrête. Je n'en dis pas plus.


Les comédiens sont tellement vrais qu'on dirait qu'ils vont sortir de l'écran pour te prendre par la main et t'emmener dans leur monde. Le brave maire est un gros chétien bonhomme, mené à la baguette par sa femme Yvonne qui sait ce qu'elle veut, a le verbe haut, un gros nez et les cheveux teints.
Amal, la belle veuve qui tient seule le café de son feu mari et qui soupire d'amour pour l'ouvrier musulman qui refait la peinture en prenant son temps dans son café. Amour impossible.
Et puis l'épicière, veuve aussi,  mère qui dissimule la mort de son garçon tué en rapportant des vivres de la ville. Jusqu'à ce que ça se sache. Alors, elle finit par tirer dans la jambe de son propre fils aîné, violent et vengeur, pour l'empêcher de déclencher un drame...




Si un de ces jours, ce petit bijou passe pas loin de chez vous, allez le voir. 
Je vous envie déjà de ne pas le connaître encore.