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jeudi 17 août 2017

Retour des lionceaux de Daesh? Pas de problème, l'école est là.

Le presse s'alarme du retour des djiadistes vers la mère patrie. Il semblerait que finalement, l'herbe soit plus verte en France qu'en Syrie. Ainsi, ces gens qui ont tranquillement torturé, massacré, réduit leur prochain en un esclavage effroyable vont revenir et bien entendu, pas question de les refuser, puisqu'ils sont français.

Déjà là, je tique.

Manuel Valls, du temps de sa splendeur, avait parlé d'"état de guerre" et je crois me souvenir qu'il avait encouragé les braves gens à s'y habituer. Bien. Dans ce cas, si état de guerre il y a, les djiadistes locaux ou réimportés relèvent du conseil du même nom et devraient être purement et simplement passés par les armes.

La France ne le fera pas, c'est évident.
Donc ces gens vont revenir avec leurs enfants.
Que faire des enfants?

Bien entendu, pas question de les soustraire à leur famille, qui va donc continuer à leur bourrer le crâne avec l'idéologie qu'on imagine. Si l'herbe est plus verte ici, c'est aussi parce qu'on laisse les gens radicaliser leurs petits sans les tourmenter. Liberté, égalité, fraternité, hein?

Le Figaro d'aujourd'hui alerte.

"Le rapport du réseau européen Radicalisation Awareness Network (RAN, créé par la Commission en 2013), citant des «responsables français», donne un chiffre d'environ «460 mineurs, dont la moitié a moins de 5 ans et un tiers y est né» dans le territoire contrôlé par l'État islamique".


Bon, alors qu'est-ce qu'on fait? 

Pas de problème, on va les mettre à l'école et tout va rouler.

"Au-delà d'un indispensable suivi psychologique, RAN plaide, en particulier dans le cas d'enfants en bas âge, pour une normalisation, notamment grâce à l'école (ce qui suppose une information et un accompagnement des structures éducatives), pour éviter d'aggraver la situation et d'aboutir «à des problèmes psychosociaux et éventuellement à des risques de sécurité importants pour l'avenir»

Je rappelle qu'un maître d'école n'est absolument pas formé aux réalités telles que l'autisme, les troubles de l'attention, l'hyperactivité, les dyspraxies, dyslexies, dysmachintruc et j'arrête la liste qui est longue. Outre les fantaisies changeantes des programmes, il se coltine déjà les enfants "handicapés". Passons sur les enfants en fauteuil, malvoyants ou dysmachin: ils sont gérables, même sans formation. Mais que dire de ceux qui présentent des troubles du comportement costauds? "L'école inclusive" les impose au même titre que les autres: merci Chirac, d'avoir autorisé cette mascarade bien-pensante, destinée en réalité à fermer les classes spécialisées  et à faire des économies.
A partir de maintenant, dans un univers de bisounours où il n'est pas question de heurter les familles musulmanes, il va falloir se préparer à accueillir les rejetons fanatisés dans la joie et la bonne humeur.

On peut compter sur l'aide active de l'éducation nationale pour ça.

Photo extraite du Figaro. Credits photo: Balkis press/ABACA




dimanche 16 juillet 2017

Renouveau nazi en Europe. L'exemple de la Croatie et des pays baltes

L'histoire est un boomerang. Tout le monde croyait l'Europe vaccinée contre le nazisme et le voilà qui revient au galop.

L'affaire des "Frères des Forêts",  surgie le 12 juillet dernier des protestations russes contre une "propagande" de l'Ouest, en dit long sur la question. L'OTAN met en ligne une courte vidéo de huit minutes, où les Frères des Forêts sont présentés comme d'héroïques résistants à l'occupant soviétique. La Russie et le PCF contredisent la chose en présentant les héros en question comme des membres de la Waffen SS en déroute, planqués dans les forêts baltes après l'écroulement de l'Allemagne.
Si l'histoire était aussi binaire, tout serait clair et pur comme du cristal. En réalité, les "héroïques résistants" étaient un ramassis de gars hétéroclites: vrais patriotes, nazis en déroute, juifs rescapés de l'horreur nazie et ne sachant pas trop quelle direction prendre à part celle de la forêt, paysans sans terre et bien d'autres.

Le dernier Frère de la Forêt, August Sabbe (âgé de 69 ans), sera découvert par les agents du KGB en 1978. Pour éviter d’être capturé, il saute dans une rivière et se noie.
La version Waffen SS, c'est celle des sites russes. Un peu simpliste, pas totalement faux et néanmoins révélateur. Car les nationalismes tendance croix gammée gagnent du terrain sans trop se gêner dans notre belle Europe tolérante. A croire que seuls les Allemands auraient le privilège de la culpabilité: les jeunes générations sont invitées à tous propos à se couvrir la tête de cendres pour les crimes commis par leurs arrières-grands-parents. A Freiburg il y a dix ans, au milieu d'un grand carrefour, j'ai vu des panneaux de direction qui indiquaient, entre-autres, les kilométrages pour divers camps de concentration. Prière de ne pas oublier. Vlan! Un coup de culpabilité en pleine face!
S'il ne viendrait à personne l'idée de diminuer la responsabilité allemande dans la guerre de 39-45, il serait juste aussi de ne pas oublier le rôle de quelques autres dont les remontées nationalistes sentent mauvais.

Les pays baltes, justement, sont intéressants et si quelques gars de la Waffen SS hantaient probablement les forêts après la guerre, ce n'est pas le plus grave. En Lettonie, des manifs encadrées par la police le plus officiellement du monde rendent hommage aux vétérans nazis qui, pendant la dernière guerre, ont lutté contre les Soviétiques. La haine du Russe est telle qu'elle semble tout laver, même les pogroms et les atrocités commises à l'époque par les joyeux vétérans présentés aujourd'hui comme des héros.
16 mars 2017. Commémoration de la Légion SS de Lituanie à Riga.

La presse française évacuent prudemment le sujet, sauf le Figaro qui glisse une allusion timide, l'Huma (dont l'article est excellent) et Médiapart. L'antisoviétisme est promu là-bas comme une valeur indiscutable sous peine de sanctions et quiconque ne parle pas le letton est considéré comme un non-citoyen: il n'a pas d'existence légale et ne vote pas. Alors d'accord, on ne rigolait pas du temps de Soviets, mais de là à légitimer les nazis...
On en est grosso modo au même point en Lituanie et en Estonie: glorification d'ex-nazis, interdiction de toute contestation, peines d'emprisonnement jusqu'à cinq ans) contre quiconque remettrait en cause la version officielle de l'état dans sa vision de l'holocauste (génocide nazi= génocide soviétique. Zéro nuance).
La Lettonie et l'Estonie font partie de l'UE et de l'OTAN. Ce sont des pays respectables.
La Lituanie contribue avec succès aux missions de l'OTAN. C'est aussi un pays respectable.

Lituanie: insigne nationaliste en usage pendant les commémorations de 2016. Source: Defending History


Maintenant, parlons un peu de la Croatie.
Le coeur politique du pays pendant la dernière guerre balançait côté nazi et on ne faisait pas dans la dentelle. Il existait là-bas un camp d'extermination tenu par les Croates eux-mêmes: Jasenovac. On y trucidait avant tout du Serbe, mais aussi du Juif, du Tzigane et du résistant. L'arme blanche était préférée aux chambres à gaz, telle le charmant sbrosjek ou "coupe-serbe":


Bon, ça, vous me direz, c'est de l'histoire ancienne. C'est vrai. Les Croates d'aujourd'hui ne sont pour rien. C'est vrai aussi. Mais comme les Baltes, ils ont subi le joug socialiste en la personne du petit père Tito, qui était certes plus sympa que Staline, mais tout de même. Donc Tito disparu et la guerre d'ex-Yougoslavie par là-dessus, les vieilles rancoeurs mal cuites ont ressurgi et les Croates sont retombés dans de fâcheux excès que notre chère UE ne veut surtout pas voir. La période titiste, puis la guerre leur confère le statut de victimes et tout est permis. Même de redevenir nazis.
Les mémoires d'Ante Pavelic, créateur du camp de concentration précité, promulgateur des lois anti-juives et chef des oustachis de triste mémoire, sont publiées le plus officiellement de monde dans les vitrines des librairies, aux côtés de Mein Kampf et une messe est dite à sa mémoire chaque année. L'opération tempête, vaste nettoyage ethnique de la région de la Krajlina, d'où les 250 000 Serbes furent chassés et tués en nombre, fut commanditée par un homme: Franjo Tudjman, ex président de la république de Croatie et négationniste virulent. Son bras armé admirateur des oustachis, Ante Gotovina, considéré comme un héros par las Croates, après une première condamnation en 2011 pour crimes de guerre, a été finalement acquitté en appel en 2012 par le tribunal de la Haye. Le juge italien Fausto Pocar commente: "Le jugement de la Cour d'appel contredit tout sens de justice".

Commémoration du 20ème anniversaire de l'opération "Tempête"à Zagreb, en août 2015
Et que faut-il penser de l'annulation, le 22 juillet 2016, du jugement condamnant le cardinal Stepinac pour sa collaboration avec les nazis? Jean-Paul II avait même envisagé sa canonisation!! La haine du Russe mène décidément très loin.

Dans la rue, à l'occasion des festivals ou des matches de football, la foule se laisse aller sans honte à scander:"Prêts pour la patrie!" cri de ralliement des oustachis. Lors du Mondial de football 2014, on entendit avec horreur les supporters croates hurler "Tue, tue le Serbe!"

La Croatie s'est imposée face à la Serbie 2 à 0 lors du premier match entre les deux anciens ennemis depuis la guerre d'indépendance croate (1991-95), vendredi sur fonds de chants des supporteurs croates clamant "tue le Serbe" — Dimitar Dilkoff AFP
Ces excès sont encouragés par le pouvoir en place. La présidente Madame Grabar-Kitarovic laisse faire et le ministre de la culture, Monsieur Hasanbegovic considère que l’héritage de l’antifascisme n'est pas à prendre en compte. A l'appui de sa réflexion: celui-ci serait un «concept vide de sens», avancé par les «dictatures bolchéviques». Les politiques d’extermination des Serbes, des Roms et des Juifs mises en place par le régime oustachi sont révisées à la sauce de ce monsieur.
Bien entendu, le sentiment anti-serbe grandit et saute aux yeux de quiconque les ouvre un peu. Même les Italiens commencent à être mal vus.

Mais la Croatie fait partie de l'UE et de l'OTAN. C'est un pays respectable.

Il est de bon ton de s'émouvoir de la politique de fermeture des frontières aux migrants de la Hongrie ou d'autres pays d'Europe de l'est. J'ai entendu des commentaires fort condescendants à ce sujet sur France Inter le soir des attentats au Bataclan: ils étaient jugés "immatures". Mais qui dénonce le retour sans masque d'un nazisme affiché au sein même de l'UE? L'UE ferait bien de relire un peu l'histoire de l'Europe. Avant la venue au pouvoir d'Hitler, personne n'a voulu comprendre ni osé intervenir pour le stopper dans son élan. On sait où ça nous a menés.





mercredi 28 juin 2017

Gratuité du stationnement résidentiel dans Paris polluée? Pas si évident

Voilà quelques jours, il a fait chaud.
La ville de Paris a connu un pic de pollution à l'ozone et elle a pris les mesures ad hoc, dont la gratuité du stationnement résidentiel était la vedette.



Très bien. Les usagers parisiens étaient invités à laisser leur véhicule à leur place dans la rue, où le stationnement résidentiel est passé de 3,25 euros la semaine de 9h00 à 19h00, avec le mois d'août gratuit, à 9 euros la semaine de 9h00 à 20h00, mois d'août payant.
Je glisse perfidement ces détails en profitant du sujet, parce que cette mesure nous est restée sur l'estomac. Elle a déboulé sans crier gare le 1er janvier 2015 et on se demande toujours ce qui justifie un racket, une augmentation pareille. Ceux qui ont assez de picaillons pour se payer un parking n'ont bien évidemment pas ces problèmes.

Bref, le Parisien de base se voyait donc généreusement offerts quelques jours de gratuité du 19 au 22 juin inclus dans cet univers rapace. C'était toujours ça de gagné et du coup, la chaleur qui nous étouffait est devenue un tout petit peu plus respirable, malgré l'ozone.

Il se trouve que, comme d'habitude, j'avais payé mon stationnement pour la semaine, jusqu'au 23 juin.
Or le 23 juin à 15h49, j'ai la surprise de découvrir un texto m'invitant à renouveler mon abonnement pour une semaine, sans tenir compte le moins du monde de la gratuité sus-décrite.
Oui parce que, en même temps qu'on nous suçait le sang, nous augmentait le prix de l'abonnement, on nous proposait un joli petit système de paiement en ligne nommé Paybyphone. J'avoue que la mignonne application permet de raquer à distance, d'où le texto: c'est pratique.



Alors j'ai écrit à Monsieur Paybyphone pour m'étonner de ce qu'il s'était assis sur ces jours de providentielle gratuité et il me répond:

"Bonjour,
Nous vous remercions pour votre message qui a attiré toute notre attention.
L’application PayByPhone ne prolonge pas votre ticket de stationnement automatiquement.
Les agents de contrôle prennent en compte la journée de pic de pollution, et prolongent votre ticket de stationnement automatiquement au moment de la vérification.
Nous vous remercions d’utiliser le service PayByPhone et restons à votre disposition pour toutes vos demandes."


 Donc, j'en conclus que pas mal de distraits, dont moi, se sont déjà fait avoir plus souvent qu'à leur tour. Quatre jours encore, ça se sait. Encore faut-il écouter la radio ou lire la presse. Mais une journée par-ci, par-là, comme cela arrive de temps en temps, ça passe inaperçu et on ne pense pas forcément à faire le calcul du temps qui reste et dont personne ne nous informe.

Je serais curieuse de connaître le montant du trop-perçu que Paris encaisse de cette façon.






jeudi 4 mai 2017

Cour de récré

Aujourd'hui, j'étais de service de récré.
En clair, je devais me planter dans un coin de cour pour scruter les môminets, sécher les larmes, mettre du froid sur les bosses et régler les différends.
Ce dernier point est le plus difficile à faire bien et juste, parce qu'il y a du bruit et qu'il faut faire vite.

Je profitais d'un éphémère rayon de soleil lorsque deux mignonnets de CP ont surgi dans mon champ de vision, très remontés l'un contre l'autre.

Le premier avait mal parlé à l'autre, qui avait pris la mouche.
Comme je tentais de comprendre le pourquoi du comment, histoire de rendre justice comme il faut, Môminet 1 dit soudain à l'autre: " Tu dis que des mensonges, d'abord!"
Môminet 2 rétorque, tout poil hérissé: " C'est pas vrai! C'est toi le menteur! Et puis d'abord tu as volé des billes à Louis!"
S'ensuit un échange crescendo.
-" Nan! Et puis toi, tu as des cartes et c'est interdit! Maîtresse! Il a des cartes! (Explication: il s'agit des cartes Nintendo ou autres qui ont fini par être interdites à cause des chamailleries sans fin qu'elles engendraient)
- Il a piqué des billes à Louis! Louiiiiiis!"
Et ainsi de suite, jusqu'à ce que je coupe court pour les prier de jouer gentiment, sans quoi, je me verrais contrainte de réquisitionner les billes coupables. Quant à Louis, je l'invitais à venir me raconter ses malheurs en direct, ce qu'il s'est abstenu de faire.
Louis préfère s'abstraire. Un prudent.

Allez savoir pourquoi, avec un brin de mélancolie, j'ai vu dans cet échange comme une évocation du débat politique d'hier soir.
Môminet 1 et 2, Marine Le Pen et Macron, même combat. 

Sauf qu'hier soir, se jouait l'avenir de notre pays.

Aujourd'hui, j'étais dans une cour de récréation et la hauteur des débats ne m'a pas semblé tellement plus élevée.


dimanche 26 mars 2017

Histoire d'un voyage à Londres

L'an passé, j'avais accepté de m'embarquer avec une collègue dans un projet de voyage scolaire à Londres.
Le départ était prévu le 7 décembre 2015. C'est dire qu'entre la rentrée de septembre et le jour de la grande traversée, le temps était compté. Moyennant je ne sais combien de mercredis après-midi passés en paperasseries abondantes et vomitives, un harcèlement acharné pour engranger cartes d'identités, assurances maladies, formulaires variés remplis par les familles, paiements et j'en passe, nous avions eu juste le temps de faire le nécessaire à la mi-novembre.

Les gosses étaient surexcités, apprenaient l'anglais à la vitesse de la lumière, ma collègue se liquéfiait d'angoisse. Tout roulait.

C'est alors que survint le massacre du Bataclan, le 13 novembre.

Aussi sec, l'éducation nationale réagit: plan Vigipirate rouge vermillon fluo, prière de boucler les élèves dans les écoles comme des bagnards. Les familles étaient sommées de venir chercher leur progéniture le plus furtivement possible et le moindre déplacement en transport en commun fut absolument interdit. Les écoles de provinces qui envisageaient une vadrouille à Paris furent priées de renoncer: plus de voyages à Paris. Stop, terminé.
Du beau boulot.
Les gosses étaient en sécurité.

Ce qui nous étonna tout de même un peu, c'est que les voyages scolaires à l'étranger ne furent pas clairement interdits. On nous envoya des messages sybilins, où il était question de signaler notre intention de partir. Donc d'engager notre responsabilité.

"Précisions concernant les voyages scolaires hors Île-de-France et à l’étranger
 
Ils sont autorisés et doivent simplement être signalés à l’autorité académique à
l’adresse suivante : celluledecrise@ac-paris.fr, avec copie à l’adresse
sdareic@ac-paris.fr pour les voyages à l’étranger.
Cette information ne donnera pas lieu à une réponse, sauf dans le cas
exceptionnel où l’autorité académique serait amenée à interdire le voyage.
Dans ce cas, et dans ce cas seulement, vous aurez un retour dans les 48 heures."



L'affaire se compliqua encore lorsque je découvris que ma collègue souhaitait partir tout de même.

Moi, malgré ma déception, je ne tenais pas du tout à me lancer à l'assaut de Londres en compagnie d'enfants dans ces conditions.



Seulement nous étions coincée par la logique retorse de notre autorité de tutelle qui, en nous demandant de solliciter l'autorisation, se payait le luxe de nous obliger à engager notre responsabilité. Malin.
Par la même occasion, elle se dispensait de traiter la délicate et périlleuse affaire des gros sous. Sans interdiction officielle, pas de remboursement des sommes déjà versées. Circulez, y'a rien à voir.
Tout bénef pour l'éducation nationale. Tout plein d'ennuis pour nous.

Nous étions mal barrées et en plus, j'avais ma collègue sur le dos, qui flippait sa race en se voyant déjà traînée au tribunal par l'organisme (les PEP 75. "Une association pour le droit à l'éducation, à la culture et aux loisirs pour tous") qui nous réclamait sans sourciller les sommes encore dues et que bien évidemment, je refusais de verser. Le contexte sentait tout de même la poudre!

Par bonheur, ma collègue a molli, les familles nous ont suivies et découvert par la même occasion de quelles manigances l'éducation nationale était capable. Toujours ça de gagné: des yeux d'avocats, journalistes, cadres sup de tout poil (je travaille dans un quartier huppé) qui s'ouvrent sur cette réalité-là, ça débouche sur de la prise de conscience brûlante.
Entretemps, j'avais demandé à l'éducation nationale non pas l'autorisation, mais l'interdiction de partir. Bien évidemment, je n'ai jamais eu de réponse.

Un bras de fer s'est engagé avec les PEP 75 qui refusaient mordicus de faire le moindre geste dans notre sens. C'était signé, attentat ou pas, il fallait payer, sinon...
Finalement, après six mois de négociations intenses, l'appui de la mairie du XVème, de la ville de Paris, des parents qui pétitionnèrent, les PEP ont lâché les sous: autour de six mille euros tout de même.

Le 23 mars 2017, après qu'une voiture pilotée par un cinglé islamiste a foncé dans la foule sur le pont de Westminster, le verdict est tombé: voyages scolaires à Londres annulés jusqu'à nouvel ordre. Il a fallu ça.

Mais comme l'éducation nationale est pleine de bonnes intentions, il a fait savoir dès le lendemain que lesdits voyages étaient à nouveau autorisés. Tout va bien à Londres, finalement.



dimanche 1 janvier 2017

Une nouvelle année

Je vous souhaite à tous une bonne année 2017 avec, dans l'ordre d'importance:

-1- une bonne santé,
-2- des gens qui vous aiment,
-3- pas de contrariétés violentes,
-4- la paix en petit et en grand,
-5- des sous en suffisance,
-6- un moyen de subsistance intéressant et pas trop épuisant (on peut inverser 5 et 6),
-7- un minimum de satisfactions esthétiques,
-8- un univers politique un peu moins pourri,
-9- une vraie liberté de parole
-10- une inspiration bloguesque inégalée.

Quant à moi, je commence sous le signe du grand nettoyage. Je viens de flanquer par terre un gros saladier de harengs pommes à l'huile, lequel a explosé au contact du sol de ma cuisine. Le verre a dû être étudié par des ingénieurs bien vicelards, parce que le plus gros morceau ne devait pas excéder 2 centimètres. Je ne m'étends pas sur l'état des surfaces, devenues une entremêlée de verre concassé, d'huile, de résidus de pommes de terre, d'oignons et de hareng.

La vaisselle n'avait évidemment pas encore été nettoyée, ce qui ajoute encore à la qualité de la scène.

Je ne sais pas si cet épisode prophétise quelque chose, mais dans cette hypothèse une chose est sûre: 2017 n'aura pas goût de guimauve.

Bonne année! 

mardi 14 janvier 2014

Où Pierre Vidal-Naquet dénonçait la loi Gayssot et prévoyait ses conséquences: nous y voilà.


Histoire, sa négation et la loi

par Dominique Vidal



L’histoire, sa négation et la loi : si j’ai choisi ce thème, c’est devant le spectacle lamentable donné le 12 octobre 2006 par notre Assemblée nationale lorsque, aux trois quarts vide, elle vota un projet de loi punissant d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende quiconque nierait le génocide arménien. Les instigateurs avaient de toute évidence plus en vue les suffrages des Arméniens de France ou ceux des opposants à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne que la mémoire des martyrs de 1915-1917.
Or, sur ce genre d’errance, Pierre Vidal-Naquet nous a légué quelques idées simples et fortes, que je voudrais évoquer ici brièvement.
Il me faut d’abord souligner que, dans notre époque de grande confusion intellectuelle – je dirais presque mentale –, s’il est une qualité rare et néanmoins plus nécessaire que jamais, c’est la cohérence. Par là, je n’entends évidemment pas le dogmatisme, grâce auquel certains traversent les décennies sans rien voir de ce qui change, se contentant d’appliquer une grille de lecture obsolète, et qui l’était d’ailleurs souvent dès sa création.
Non : je pense, au contraire, à cette capacité de comprendre et, si possible, de transformer la réalité mouvante sans que les préjugés la rendent inintelligible, mais sans non plus perdre de vue quelques points de repères philosophiques, moraux et méthodologiques, sans lesquels elle serait également incompréhensible.
Pierre Vidal-Naquet a consacré une partie de sa vie et de son œuvre à combattre pied à pied ceux qu’il appelait les « assassins de la mémoire » – François Gèze y reviendra et je ne voudrais pas lui couper l’herbe sous le pied. Ce combat, faut-il le préciser, il le mena comme historien, comme citoyen et comme Juif, qui plus est fils d’un père et d’une mère disparus dans le camp d’extermination d’Auschwitz. Cela seul suffit d’ailleurs à justifier la place de cette réflexion dans notre séquence.
Or voilà que, le 13 juillet 1990, s’ajoute à la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis, dit loi Gayssot, qui punit « ceux qui auront contesté […] l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité ». La plupart des observateurs y voient alors une victoire du combat contre le négationnisme. Pas Pierre Vidal-Naquet : « J’ai toujours été absolument contre cette loi, avec d’ailleurs la grande majorité des historiens, expliquera-t-il. Elle risque de nous ramener aux vérités d’État et de transformer des zéros intellectuels en martyrs. L’expérience soviétique a montré où menaient les vérités d’État. La loi de 1972 contre le racisme suffit amplement [1]. » Au nom de la liberté de la recherche, la Ligue des droits de l’homme, avec sa présidente Madeleine Rebérioux, va dans le même sens. Une personnalité comme Simone Veil avait d’ailleurs déclaré : « Il n’existe pas de loi pour interdire d’affirmer que Jeanne d’Arc n’a pas existé, ou que Verdun n’a pas eu lieu. Si l’on fait une loi, c’est que le débat est ouvert. Ce n’est pas le cas, même si quelques olibrius prétendent le contraire [2]. »
De fait, non seulement la loi Gayssot n’a pas mis fin à la propagande des négateurs du génocide nazi, qui a notamment envahi le cyberespace, mais elle a dissimulé aux défenseurs de la mémoire la nécessité d’une bataille d’idées implacable. Pis : elle a permis aux nostalgiques de l’antisémitisme nazi de se draper dans les plis du drapeau de la liberté – eux qui ne haïssent rien tant que la liberté…
Quinze ans plus tard, sa position claire, bien que minoritaire, a permis à Pierre Vidal-Naquet de mieux contribuer à la défaite de la loi du 23 février 2005, qui prétendait imposer aux manuels scolaires la défense des « aspects positifs de la présence française outre-mer et notamment en Afrique du Nord ». Il l’a fait sans s’empêtrer dans les contradictions de ceux qui dénonçaient la loide 2005 tout en défendant celle de 1990.
Ici se manifeste cette cohérence dont je parlais. Elle a trouvé son expression la plus nette, à mes yeux, dans l’appel « Liberté pour l’histoire », que Pierre Vidal-Naquet signa avec plusieurs de ses confrères. Ce texte mérite d’être relu :
« L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
« L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique.
« L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.
« L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas.
« L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’État, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire
 [3]. »
Ainsi Pierre Vidal-Naquet et ses confrères rejetaient-ils, d’un même mouvement, la loi Gayssot sur le négationnisme, la loi reconnaissant le génocide arménien, la loi faisant de la traite et de l’esclavage un crime contre l’humanité et la loi sur le bilan positif de la colonisation qui, concluaient-ils, « ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique ».
En menant ce combat, Pierre Vidal-Naquet ne défendait pas que le principe de la liberté de la recherche. Il exprimait aussi et surtout sa confiance dans la capacité des historiens et, plus généralement, des intellectuels, à travailler pour la vérité et, ce faisant, à convaincre leurs contemporains.
Permettez-moi de conclure sur un souvenir personnel. Il y a cinq ans, je préparais une synthèse des travaux des jeunes historiens d’outre-Rhin sur le génocide nazi. Pierre accepta d’en relire, crayon en main, le manuscrit. Certains chapitres pouvaient choquer, tant ils contredisaient l’historiographie traditionnelle. « Ne vous censurez pas, me dit-il fermement. L’essentiel, c’est de faire connaître aux lecteurs français l’apport de ces historiens, y compris ce qui, même troublant, permet d’approfondir la compréhension du génocide. Cela seul compte. Et tant pis pour ceux que cela choquera. »

Notes

[1] Interview au Monde, 4 mai 1996.
[2L’Express, 25 septembre 1987.
[3Libération, 13 décembre 2005.

vendredi 10 janvier 2014

Bien sûr qu'elle m'intéresse, la vie privée du président!

Les médias et les politiques se détournent pudiquement, protestant tous de leur respect pour la vie privée de François Hollande.
Le magazine Closer vient en effet de livrer sur un plateau ce qui semblait relever du secret de polichinelle depuis déjà un moment: Hollande  file le parfait amour avec Julie Gayet, actrice de son état.



C'est vrai qu'en général, je m'intéresse assez peu aux batifolages des présidents, même si parfois, comme tout le monde, je dresse l'oreille. Respect de la vie privée...mouai. Bon. Admettons qu'on n'insiste pas, mais s'ils sont assez bêtas pour se faire repérer, qu'ils ne s'étonnent pas qu'on ricane un peu. Ce sont des personnages publics: il est pardonnable que la plèbe s'intéresse à leurs affaires, fussent-elles privées.
D'ailleurs la plèbe est bonne fille. En France, elle n'exige pas de mise à mort politique comme aux Amériques.


Dans le cas de monsieur Hollande, c'est différent. Il n'est pas marié ni pacsé et il a une maîtresse officielle: la douce Valérie. Passe encore.


Mais Madame Trierweiler est logée, nourrie, blanchie, servie (entre autres par Monsieur Biancone, ami intime du couple) à nos frais à l'Elysée sans aucun droit ni titre. Cette situation a amené Xavier Kemlin à l'attaquer en justice pour détournement de fonds publics. *
La justice  (la vraie, pas le conseil d'état) a classé l'affaire. Kemlin a fait appel.
Régulariser la situation et reconnaître l'état de concubinage notoire obligerait la belle Valérie et notre cher François à payer l'ISF, ce que ni l'un ni l'autre ne souhaite.

Tout ce magma pas franc fait que je m'intéresse vivement à la vie privée de François Hollande. Passons sur le détail de ses galipettes, mais pas sur sa façon de considérer ses engagements familiaux, sa manière de disposer de l'argent public ou de louvoyer avec le fisc**.

Maintenant qu'une deuxième maîtresse apparaît, je m'interroge: Que devient le statut de première dame de Madame Trierweiler? Comment l'Elysée va-t-elle désormais justifier son occupation des lieux et les frais que cela entraîne? Va-t-on créer le statut de deuxième dame, permettant ainsi  à une éventuelle conquête de bénéficier des mêmes privilèges que Madame Trierweiler? Car je ne crois pas que l'obligation de monogamie s'applique aux couples non mariés qui ne vivent pas en concubinage notoire.

On me dira que j'ai mauvais esprit.
Dans la mesure où je paye des impôts, j'estime avoir le droit de considérer la manière dont on les dépense. En prime, je m'arroge celui de dire ce que je pense, tant que je peux encore le faire sans qu'un plumitif me discute encore cette liberté.

Les manières sont les manières, dans les affaires de coeur comme dans les autres, et celles de monsieur Hollande sont décidément torves.

*
 Code Pénal 


Article 432-15 : "Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, un comptable public, un dépositaire public ou l’un de ses subordonnés, de détruire, détourner ou soustraire un acte ou un titre, ou des fonds publics ou privés, […] est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende... La tentative de délit, prévu à l’alinéa qui précède, est punie des mêmes peines." 
Article 432-16 : "Lorsque la destruction, le détournement ou la soustraction par un tiers des biens visés à l'article 432-15 résulte de la négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, d'un comptable public ou d'un dépositaire public, celle-ci est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende."


**
Comme chaque président au début de son mandat, François Hollande a remis au Conseil constitutionnel une déclaration de son patrimoine publiée vendredi 11 mai 2012 au Journal officiel.
Il déclare 1170 000€ de patrimoine se répartissant ainsi : assurance-vie 3 550 €, 3 Comptes courants 8259,58 €, divers meubles 15 000 €, une villa de 130m² sur 1500m² à Mougins déclarée pour 800 000 €, des parts de 2 appartements à Cannes l'un de 54m² et l'autre de 80m² déclarées respectivement pour 230 000 € et 140 000 €...

dimanche 5 janvier 2014

Je n'ai plus huit ans et j'aimerais bien qu'on en tienne compte

Quand j'avais huit ans, ma mère m'interdisait d'adresser la parole à ma petite voisine, sous prétexte qu'elle était faux-jeton et je ne sais quoi encore.
Résultat, j'allais acheter en douce des cargaisons de bonbons avec elle et on rigolait bien. N'empêche qu'au fond de moi, je n'étais pas tranquille, tant j'avais l'impression que l'oeil de Caïn était braqué sur mes turpitudes et qu'un jour, j'aurais à rendre des comptes.

J'espérais être débarrassée de cette surveillance permanente.
Je me trompais.

Nos politiques nous prennent à ce point pour des mouflets qu'ils prétendent nous interdire de juger nous-mêmes de qui est fréquentable ou pas. Et on n'arrête pas de nous seriner du Dieudonné par-ci et du Dieudonné par-là.
Je commence à en avoir assez.
Dieudonné ou n'importe qui d'autre, même un bien plus affreux ou bien plus bête devrait avoir L'ENTIÈRE ET TOTALE liberté de dire ou même d'écrire ce qui lui passe par la caboche. Peu importe que Monsieur Valls, ou je ne sais quelle association bien pensante en vomissent des crapauds.
En outre, je ne vois pas du tout de quel droit, un ministre fût-il de l'intérieur, déciderait tout bouffi de  sa toute puissance, d'interdire ceci ou cela en se dispensant de l'avis des juges.


De toute façon on a ouvert la boîte de Pandore en édictant des lois qui interdisent à la parole de s'exprimer, au nom de très belles pensées: le racisme, l'antisémitisme...on voit où ça mène.
C'est au citoyen de se forger son opinion tout seul. Il est assez grand pour ça et ça serait une très bonne idée qu'on arrête de le brider avec tout ce baratin bien pensant, le citoyen.
Il ETOUFFE, le citoyen.
Qu'on laisse donc les gens débattre librement, s'insulter librement et se traiter de tous les noms d'oiseaux, même racistes, qui leur passent par la tête.
C'est à ce prix-là qu'on continuera à faire marcher notre cervelle.

Sinon, encore un peu  et ces messieurs les ministres ou les législateurs penseront à notre place.




Là-dessus, je vous souhaite une très bonne année 2014: des rebondissements salutaires, le retour à la raison de nos politiques à la dérive, la liberté d'écrire tout ce qu'on veut sans avoir de comptes à rendre, beaucoup de bonheur et toujours et encore, l'amitié.

mercredi 26 juin 2013

Foot contre sang: bienvenue au Brésil!

Pendant qu'en France le citoyen se demande comment il va payer son chauffage l'hiver prochain, les médias l'entretiennent abondamment du prochain Mondial de foot. Car le foot n'est-ce pas, c'est sympa.


Comble de bonheur, la fête aura lieu au Brésil.
Le Brésil aussi, c'est sympa: samba, nanas bien roulées à gogo, plages, soleil...le rêve! Ça va grenouiller sévère, dans les tréfonds des rédactions, pour avoir le privilège de couvrir l'événement.



C'est juste un peu dommage que les Brésiliens gâchent tous ces beaux projets en manifestant en masse dans les rues. On se demande bien pourquoi. Bande de rabat-joies aigris.



Et pourtant, il y a encore plus pisse-froid. Le Centre national de défense des droits de l'Homme et le Conseil national des procureurs généraux de justice se sont officiellement inquiétés de la manière dont certaines villes traitent les personnes sans domicile.
Soucieuses d'offrir une image proprette à l'occasion des prochains JMJ et bien sûr, du Mondial, les agglomérations de Rio et Sao Paulo* ont entrepris de dégommer purement et simplement les sans-abris.
Des milices plus ou moins officielles, protégées par les municipalités, tuent les indigents la nuit dans l'indifférence générale.


Les corps sont brûlés, les bonnes villes s'indignent très officiellement, en attribuant ces assassinats à des bagarres entre pauvres, à des commerçants vétilleux, ou à des expéditions punitives organisées par des groupuscules d'extrêmes droite.
Les associations de défense des droits de l'homme ont enquêté.
Elles en concluent qu'il s'agit d'un nettoyage social organisé par les villes elles-mêmes.
Le cabinet de la présidence de la république a été alerté. On a promis de prendre des mesures. Rien n'est venu.
De fait, «La sécurité, une priorité pour les JMJ-Rio 2013».
C'est le slogan affiché partout à Rio.


Un million huit cent mille personnes vivent actuellement dans les rues au Brésil.
Cent quatre-vingt-quinze assassinats de sans-abris ont été recensés ces quinze derniers mois. Ce n'est pas la première série de liquidations de ce type.
Combien vont encore devoir payer de leur vie, pour que la fête soit plus belle?



* D'autres sont en train de prendre le relais.

vendredi 21 juin 2013

Condamnation de Nicolas Busse: un magistrat dénonce.

Je découvre sur le site du Point ce message, écrit par un magistrat.
Il reste anonyme, car tenu par son devoir de réserve. Les méfiants pourront donc m'objecter qu'une lettre anonyme n'a aucune valeur.
C'est vrai d'un point de vue juridique.
Mais est-ce vraiment à cela qu'il faut s'arrêter? Car l'idée n'est certes pas d'envoyer Madame Nathalie Dutartre, juge, en prison.
Il s'agit de dénoncer la tournure inquiétante de ce procès, qui ressemble beaucoup à de l'acharnement.

A ceux qui estiment que Nicolas Busse n'a eu que ce qu'il méritait ou encore ceux qui lui souhaite de se faire sodomiser dans les douches de Fleury, j'en recommande la lecture.

Stéphane Guillou, "journaliste" et "humoriste"
Peut-être ouvriront-ils enfin les yeux sur les dérives qu'ils sont en train de cautionner par bêtise, aveuglement, haine, intoxication à la propagande ou suivisme politique.

Il n'est plus question de droite ou de gauche désormais, mais de Droits de l'Homme.

Ne nous fourvoyons pas.

dimanche 16 juin 2013

Témoins de violences policières à Paris: Eric Le Boucher, journaliste.


Corto74 vient de publier le témoignage d'Eric Le Boucher, journaliste

Il a assisté hier, dans le quartier latin à une scène de western aussi incroyable que violente et il est tombé des nues. Pourtant, voilà déjà un moment que ce genre de chose se produit et bien peu de voix s'élèvent parmi les journalistes pour dénoncer.

Là, par chance, Eric Le Boucher a vu. 


Scandalisé, il publie une lettre adressée  François Hollande et Manuel Valls, pour leur demander d'arrêter ça. Elle est publiée dans Les Echos, dont il est directeur de la rédaction.
L'entendront-ils?

" MESSIEURS HOLLANDE ET VALLS, RANGEZ VOS FLICS

La loi sur le mariage est votée, les manifestants qui continuent de s'y opposer sont de moins en moins nombreux: un peu de sagesse devrait vous conduire à calmer vos troupes lors des arrestations des anti-mariage.

Il est 20h30 samedi, je rentre de dîner avec un ami dans un restaurant du carrefour de l’Odéon. Nous marchons rue Saint-Sulpice quand, derrière nous, des cris, deux motos de la police à fond, une personne, un homme très jeune, court sur le trottoir. Il s’arrête fait demi-tour, reprend sa course. La première moto pile, fait demi-tour à son tour, monte sur le trottoir et fonce. La seconde la suit. On se dit, avec mon ami, qu’il s’agit d’un voleur de sac. Et que les policiers ont l’air très énervés. Sur le même trottoir, courent vers nous deux autres jeunes hommes et une jeune femme puis ils s’arrêtent tous essoufflés. On leur demande ce qui se passe.

- «Une manif anti-mariage gay», nous dit un garçon, genre propre sur lui, souriant, pas du tout l’air d’un casseur. Je lui demande pourquoi les flics… mais il n’a pas le temps de répondre, deux voitures de police, puis trois, foncent dans notre direction, bloquent le croisement avec la rue Mabillon. Tout va très vite. 

Les policiers sortent des voitures, sautent sur un des jeunes, le ceinturent, le poussent brutalement vers une voiture. La fille sort son portable pour prendre une photo. Elle est immédiatement ceinturée et emmenée à son tour. D’une voiture banalisée sortent deux hommes, qui foncent sur un autre jeune, et le jettent par terre avec violence. D’autres voitures passent à fond, freinent à mort, des policiers en sortent, attrapent d’autres jeunes. 

Les passants s’émeuvent de ces comportements de cowboys. Vue l’amabilité affichée par ces jeunes, personne ne comprend. Je leur montre ma carte de presse, m’approche des voitures demande: «pourquoi les arrêtez-vous? Qu’ont-ils fait?». Pas de réponse. Je brandis ma carte devant les yeux du motard qui semble un peu le chef avec ses trois galons, mêmes questions. Il s’approche très près, me parle les yeux furieux: «demandez au service de presse de la préfecture, nous n’avons rien à vous dire». J’insiste, demande s’ils ont cassé quelque chose… «Demandez au service de presse» et comme je me retourne pour essayer de poser les mêmes questions à d’autres, il me poursuit, sans me repousser et ni me toucher, mais avec un ton qui monte. 

Les voitures partent. D’autres jeunes viennent me voir, ils m’ont vu poser des questions, je dis que je suis journaliste. Un certain Maxime me raconte qu’ils étaient une centaine à aller manifester devant le Conseil constitutionnel, puis ont traversé le Louvre et se sont retrouvés place Saint-Michel en montant vers le Sénat. 
Là, les CRS les ont bloqué. Certains ont alors descendu la rue de Tournon et c’est là que la police est entrée en action pour, ce que je comprends, les poursuivre et les arrêter. Course des manifestants, virage à gauche dans la rue Saint-Sulpice, où je les vois.

Combien sont-ils? Une dizaine ou une vingtaine, sans doute, âgés de 18-22 ans. Aucun n’a cassé quoique ce soit, ils ont peur, ils courent pour échapper aux flics qui, eux, font preuve d’une violence hors de propos et, tel est le sentiment des passants, d’une joie évidente à faire les cowboys dans la rue.

Je raconte cet épisode pour arriver à ceci: messieurs Hollande et Valls, vous venez en un quart d’heure de perdre une centaine d’électeurs dans un quartier où vous avez de nombreux sympathisants. Les jeunes qu’on pourchasse dans le quartier latin qu’on arrête pour les envoyer à «Beaujon» et les ficher, me rappellent mes années Pompidou. Apprenez donc Manuel Valls, que la matraque c’est la «contingence» sartrienne, celle qui vous fait voter, pour des décennies, contre le pouvoir qui cogne. 

Tout ça inutilement Monsieur le ministre de l’intérieur. La loi est passée, il ne sont que cent à manifester, leur nombre diminue. Certes, je ne sais pas ce que ces jeunes ont fait pour être pourchassés ainsi: ont-ils attaqué les policiers? Ou des passants? Un peu de sagesse devrait quand même vous conduire à calmer vos troupes qui, elles, on le sait depuis toujours, ne se refusent jamais un rodéo.

Monsieur Hollande, ne soyez pas le Georges Pompidou de gauche. Ne laissez pas la haine contre vous s’installer dans la jeunesse de droite. Ce n’est pas ce que vous souhaitiez. Ce n’est pas votre genre. C’est un très mauvais résultat politique.

Libérez ces jeunes au plus vite et rangez vos flics. "

vendredi 31 mai 2013

Chronique d'une rafle avortée


Voilà comment la police arrête des gens qui ne font rien d'autre qu'arborer le sigle anti mariage pour tous sur leur vêtement.
N'a-t-on donc plus le droit d'afficher son opposition à une loi?
Plus le droit de l'exprimer sur la voie publique sous cette forme?

Ici, un avocat, Maître Triomphe (ça ne s'invente pas) est intervenu et les policiers, qu'on sent gênés, finissent par libérer leur prise. Des bandits de grands chemin, comme on peut le constater...

Alors, retenez bien:
Article 432-4 du code pénal.
Les forces de l'ordre ont l'obligation de ne pas appliquer un ordre contraire au droit.
Un policier risque sept ans d'emprisonnement s'il se rend coupable d'abus d'autorité.
On a le droit de prendre des photos.

Autre vidéo, parue aujourd'hui sur le site de Valeurs actuelles et Infos Bordeaux. Elle est visiblement censurée, puisque désormais illisible sur chacun de ces sites. Dommage. Elle montrait comment la police molestait des manifestants plutôt calmes, opposés au mariage pour tous, venus accueillir Manuel Valls de grand matin, sous la pluie.

Comment des politiques peuvent-ils en arriver là?
Ont-ils fini par croire que les manifestants étaient réellement des suppôts de Mussolini? Ont-ils peur?

Au début, je pensais que c'était impossible. J'imaginais que ces gens, drapés dans leur pouvoir et leur superbe, étaient simplement vexés d'être gênés aux entournures dans leurs élans.
Les accusations d'homophobie et autres fantaisies imaginaires, je les voyais comme autant de poudre aux yeux malfaisante.

Je commence à me demander s'ils n'ont pas fini par croire à leur délire.
Du coup, tout devient possible et moi qui était plutôt modérée au début, je suis atterrée et furieuse.
D'abord, on nous a ignorés comme des crados.
Maintenant, on en vient aux arrestations arbitraires et à la répression musclée.

Quelle sera la prochaine étape?





vendredi 17 mai 2013

Les énarques appellent François Hollande à entendre raison.

A ceux qui se demandent s'il est encore utile de venir à Paris le 26 mai prochain:

Un collectif de quatre-vingt-deux anciens élèves de l'ENArépartis sur trente-quatre promotions de Montesquieu (1966) à Marie Curie (2012), le groupe Cambacérès*, écrit à François Hollande.

Ils lui exposent en quoi la loi Taubira sur le mariage homosexuel et ses dérives est néfaste et contraire à l'intérêt général.

C'est fort bien écrit et frappé au coin du bon sens.






Préambule


"Notre démarche est civique et non partisane. C’est pourquoi nous n’avons pas sollicité, parmi nos anciens camarades, ceux qui sont aujourd’hui engagés au niveau national dans la direction d’un parti politique, ou élus au Parlement. Le groupe n’engage ni l’ENA, ni l’association des anciens élèves de l’ENA.


Afin de respecter leur devoir de réserve, les signataires sont tenus de rester strictement anonymes."




"Monsieur le Président de la République, 

Anciens élèves de I'Ecole nationale administration, nous avons choisi de servir l'Etat, le service public, l'intérêt général. C'est cet engagement qui motive et justifie l'alerte que nous lançons, car la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe portera gravement atteinte à l'intérêt général ou, pour reprendre les termes de I'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, à "l'utilité commune". 

Ce texte a une apparence : étendre un droit au nom de I'égalité. Il a une réalité : créer par une fiction juridique une inégalité entre enfants au nom de I'égalité des adultes, en instaurant un droit à I'enfant. 

La revendication d'égalité n'est légitime que lorsqu'elle porte sur des situations comparables. En cohérence avec sa jurisprudence constante, le Conseil constitutionnel a ainsi jugé en janvier 2011 que I'impossibilité du mariage entre personnes du même sexe ne portait pas atteinte au principe d'égalité, au motif que la loi peut traiter de manière différente des situations différentes, et qu'en l'espèce, au regard du mariage, le couple que forment I'homme et la femme et celui que peuvent former deux hommes ou deux femmes ne sont pas, qu’on le veuille ou non, dans la même situation. Mais on peut aller plus loin, et soutenir que le principe d'égalité, correctement entendu, s'oppose à ce que la loi prétende étendre le mariage aux couples de même sexe, car traiter également des situations différentes ne crée pas moins d'injustice que traiter différemment des situations comparables. 

Si, au nom d'une conception abusive du principe d'égalité, le mariage est ouvert aux personnes du même sexe, les couples mariés auront tous, exactement, les mêmes droits et devoirs. Cette égalité ne poserait guère de difficulté si le mariage n'était qu'un contrat entre deux adultes. Mais le mariage n'est justement pas que cela;  il est indissociable de tout le droit de la famille, de la filiation, de la parenté en droit français (contrairement à d'autres pays ayant Iégalisé le mariage entre personnes du même sexe). 

Peu importe, dès lors, que la loi ne contienne à ce stade aucune disposition étendant explicitement aux couples homosexuels la possibilité de recourir à Ia procréation médicalement assistée (PMA) : I'identité du régime matrimonial entraînera inéluctablement I'identité des droits, en vertu du principe de non-discrimination. Si deux femmes peuvent se marier, la Cour européenne des droits de I'homme imposera qu’elles puissent recourir, tout comme le couple formé d'un homme et d'une femme, à la PMA. Et nul pouvoir français, ni exécutif, ni législatif, ni judiciaire, ne pourra s'y opposer. Quand cette étape aura été franchie, ce qui ne sera qu'une question de temps, la même exigence d'égalité imposera que deux hommes mariés puissent avoir accès à la filiation, par le moyen de la gestation pour autrui (GPA). Au nom du droit à I'enfant. Comme 170 juristes l'ont écrit au Sénat, "le désir d'enfant de personnes de même sexe passe par la fabrication d'enfants (...). Le projet de loi organise donc un marché des enfants, car il le suppose et le cautionne. En l'état, ce texte invite a aller fabriquer les enfants a l'étranger, ce qui est déjà inacceptable, en attendant de dénoncer I'injustice de la sélection par l'argent pour organiser Ie marché des enfants en France". Monsieur le Président de la République, ce n'est ni un fantasme, ni une extrapolation, mais la conséquence inéluctable de cette loi. Où est I'intérêt général ? 

Le texte ouvre aux personnes du même sexe l'adoption plénière. Spécificité du droit français depuis la loi du 11 juillet 1966, ce régime, à la différence de I'adoption simple, rompt tout  lien avec les parents biologiques. Un enfant ainsi adopté sera juridiquement réputé "né de deux hommes ou de deux femmes". C'est alors tout le droit français de la filiation qui se trouvera remis en cause : dans deux arrêts du 7 juin 2012, la Cour de cassation n'a-t-elle pas qualifié I'altérité sexuelle de "principe essentiel du droit français de la filiation"?  C'est aussi oublier que l'adoption n'a pas pour objet de donner un enfant à un couple qui ne peut en avoir, mais de donner des parents à un enfant qui a perdu les siens. Au nom de I'intérêt d'adultes en mal d'enfant, et en violation de Ia Convention internationale des droits de I'enfant qui impose de faire prévaloir I'intérêt supérieur de I'enfant, cette situation créera une inégalité profonde entre les enfants. Citons encore les juristes : "l'enfant adopté par deux hommes ou deux femmes sera doté d'éducateurs, d'adultes référents, mais privé de parents car ces  parents de même sexe ne peuvent lui indiquer une origine, même symbolique. Il sera en réalité deux fois privé de parents : une première fois par la vie, une seconde fois par la loi". Monsieur le Président de la République, ce n'est ni un fantasme, ni une extrapolation, mais la conséquence inéluctable de cette loi. Où est I'intérêt général? 

A cause de tout ce qu'il induit pour vie et le statut des enfants, ce texte suscite une opposition pacifique mais déterminée, massive et croissante, que le vote précipité de la loi ne fera pas taire. Les manifestants ont été ignorés, caricatures, traités de ringards, d'homophobes. Leur décompte officiel, à Paris les 13 janvier et 24 mars, relève de ce que le droit public appelle l'erreur manifeste d'appréciation. Le ­Conseil économique, social et environnemental a été saisi d'une pétition signée par près de 700 000 personnes, première application de la loi constitutionnelle de juillet 2008. Il s'est déclaré incompétent au motif que la question portait sur un projet de loi ; ceci après que son Président, hors de toute procédure, eut cru bon de saisir le Premier ministre pour recueillir ses instructions. Dans ce contexte, les commentateurs semblent s'étonner d'une radicalisation  - heureusement pacifique - du mouvement. Mais comment s'en étonner? Et si rien n'est fait, nul ne sait jusqu'à quel point la cohésion nationale sera gravement et durablement ébranlée. Monsieur le Président de la République, ce n'est ni un fantasme, ni une extrapolation, mais la conséquence inéluctable de cette loi. Où est l'intérêt général ? 

Monsieur le Président de la République, il n'est pas trop tard pour sortir par le haut de cette impasse. Des solutions existent, dont vous seul avez Ia clef. 

"La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et parla voie du référendum". Michel Crozier écrivait qu'on ne change pas la société par décret. On ne change pas de civilisation par une simple loi. L'objection selon laquelle l'article 11 de la Constitution ne s’appliquerait pas aux sujets "sociétaux" nous paraît spécieuse. Le mariage, la filiation, l'adoption sont par essence des questions  "sociales". Un référendum est donc possible, et démocratiquement légitime. A condition que la question posée soit parfaitement claire, et que soit bien comprise la portée réelle du texte: les Français doivent être conscients qu'il est juridiquement impossible d'accepter le mariage entre personnes du même sexe sans donner du même coup à ces couples le droit à l’adoption et à la PMA. 

Une autre option existe : retirer ce texte. Deux chefs d'Etat ont ainsi écouté le peuple, François Mitterrand en 1984 à propos de l'école libre et Jacques Chirac en 2006 à propos du CPE - deux mois après le vote du texte. Monsieur le Président de la République, vous déclariez à I'époque, évoquant un  "immense gâchis" : "Il suffirait d'un mot, un seul, que le pouvoir hésite à prononcer : I'abrogation. Quand on a fait une erreur, il faut savoir 
l'effacer" ; et vous demandiez :  "à quoi sert d'attendre la prochaine manifestation ?". 

I| serait alors temps de créer l'union civile entre personnes du même sexe, leur conférant les mêmes droits sociaux, fiscaux, patrimoniaux que les couples mariés à la notable et légitime exception des droits relatifs à la filiation, comblant ainsi les lacunes du Pacs et permettant la reconnaissance de cette union par un officier d'état civil, et d'engager un débat public sur la demande sociale d'un statut de "beau-parent", pour les configurations familiales dans lesquelles des personnes hétérosexuelles ou homosexuelles souhaitent pouvoir partager ou se voir déléguer l'autorité parentale, en l'absence d'un lien de filiation. Un tel projet ne diviserait pas, mais rassemblerait sans doute, contrairement au texte voté, une large majorité, et l'intérêt général en sortirait grandi. 

Monsieur le Président de la République, vous avez déclaré que vous ne seriez pas "le chef de la majorité", que vous auriez "toujours le souci de ia proximité avec les Français". Le premier de vos engagements n'est-il pas d'être le garant de la cohésion nationale, et le rassembleur de tous les Français - les Français d'aujourd'hui et ceux de demain ? "


Source: Atlantico.


*Jean-Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824) a été le principal rédacteur du Code civil.