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dimanche 2 juillet 2017

Courrier de Russie

J'ai reçu il y a peu un colis de Russie.

Je m'étonne encore qu'il soit arrivé.



J'aurais été embêtée qu'il reste bloqué, parce qu'il était plein de jolis rouleaux en bois tels que ceux présentés lors d'un précédent billet.
Nous avions organisé une rouleaux-party avec des copines et commandé en nombre des rouleaux sculptés à Vera, qui habite à Astrakhan et tourne le rouleau comme un chef.
Outre ses talents, elle est honnête, parce que j'ai cafouillé en lui faisant le réglement et je lui ai envoyé le double de ce que je lui devais. Elle m'a remboursé rubis sur l'ongle vie Paypal immédiatement.

D'autres sites russes sur lesquels on peut acheter de quoi se tenir bien au chaud l'hiver ont retenu toute notre attention et la rouleaux-party a illico tourné à la rigolade régressive la plus débridée.

Caleçon hivernal qui pense à tout


La chapka de la mort





Du coup, j'ai réattaqué une séance de petits gâteaux, sauf que là, j'ai suivi mon instinct franchouillard et fait dans le sablé terroir. Les recettes russes à base de lait concentré ne m'inspiraient pas.






Le problème, c'est que je n'ai pas de recette; tout est au pif. En substance: farine, sel, sucre, puis beurre mou en quantité suffisante pour qu'en mélangeant du bot des doigts, on obtienne une pâte grasse qui forme des sortes de grumeaux.



Lier avec un ou deux ou trois jaunes d'oeuf, selon la quantité de mélange, jusqu'à former une boule lisse qui se tient bien. 
 Laisser reposer au frais une petite heure, étaler au rouleau normal, puis au rouleau décoré, sur un plan de travail légèrement fariné.

Je graisse légèrement le rouleau à l'huile de tournesol avant usage et je saupoudre la pâte d'un petit peu de farine.

Pour le nettoyer, il suffit de le gratter avec une vieille brosse à dents et de l'essuyer.


Ensuite, dorer au pinceau léger avec un jaune d'oeuf mêlé à un peu de lait et au four, jusqu'à ce que les sablés soient bien dorés.


A la cuisson, les motifs s'estompent un peu. Il va falloir que j'étudie la question.

dimanche 30 avril 2017

Les rouleaux à impressions: quand les gâteaux deviennent des oeuvres d'art

Regardez-moi ça.
Ça se mange.



Et il y en a encore pas mal comme ça.

J'ai choisi des motifs traditionnels, devinez d'où?



        
De Russie.


J'ai réalisé ces merveilles grâce à des rouleaux de bois décorés, achetés à Vera Boukreieva.
Elle habite à Astrakhan et fabrique des empreintes en bois absolument magnifiques.

Voilà mes rouleaux, arrivés en une semaine après une commande par internet (non, je ne suis pas allée exprès à Astrakhan les chercher. C'est loin, Astrakhan! Sur l'embouchure de la Volga, au bord de la mer Caspienne: 4000 km tout de même).




                                         Et le détail:


Vera fournit des recettes sur son site. J'ai essayé celle des biscuits blancs. Il y en a d'autres: ici, c'est en russe. Attendez un peu que je teste les deux autres recettes et je les publierai en français. Comme celle-là, que j'ai un peu modifié.





BISCUITS BLANCS
200g de beurre
200g lait condensé sucré
 1 jaune d'oeuf
              3 bonnes cuillères à soupe de sucre glace
         1 sachet de sucre vanillé
          100 g de fécule de pommes de terre
    300g de farine


Mélanger le beurre mou et le lait concentré. Ajouter le jaune d'oeuf, puis le sucre glace et le sucre vanillé. Ajouter petit à petit, en touillant à la fourchette, les farines préalablement mélangées. On obtient une pâte lisse et compacte. Laisser reposer une heure au frais.

Huiler légèrement le plan de travail et le rouleau.
Etaler la pâte au rouleau normal à 5mm d'épaisseur. Repasser le rouleau décoré dessus en appuyant suffisamment pour que les motifs s'y gravent bien. Découper et placer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.

Cuire une dizaine de minutes à chaleur tournante: les gâteaux ne doivent pratiquement pas se colorer.

De fait, l'impression sur la pâte se fait très facilement.
Si besoin, ensuite, les rouleaux doivent être brossés et si rincés uniquement si c'est nécessaire. Dans ce cas, il faut les essuyer soigneusement et les huiler très légèrement pour les protéger. Je n'ai pas rincé les miens.

Et maintenant, je me déguste un de ces petits gâteaux en sirotant mon café, en compagnie de mon azalée qui est de bonne humeur.





 

jeudi 9 janvier 2014

Mes promesses, moi, je les tiens.

Du coup je ferais une présidente de la république désastreuse. Je coulerais le pays. Je déclencherais la guerre atomique. Il pleuvrait des grenouilles pustuleuses...

De toute façon, mes ambitions politiques étant ce qu'elles sont je me contenterai de tenir  une innocente promesse faite il y a peu: celle de communiquer la recette de la frangipane pour fourrer les galettes.
Dans mon dernier billet, je révélais mes secrets feuilletés. Reste à garnir tout ça.

Un enfant de cinq ans peut faire une frangipane parfaite sans se fouler. Bonne nouvelle.

Il suffit de mélanger de la crème pâtissière avec de la crème aux amandes.
Vous me direz, on fait ça comment?

La crème pâtissière exige un quart de litre de lait (éviter la lavasse écrémée), 2 jaunes d'oeufs, une demi gousse de vanille, 50g de sucre blanc, 10g de farine et 10g de maïzena. On peut aussi tout faire à la farine, mais c'est moins léger.

A propos de gousse de vanille, je me permets de glisser un tuyau en aparté: ma vanille, je l'achète chez Riziky. Elle est bien moins chère qu'en grande surface, d'une qualité toute autre et on est livré en un rien de temps.
http://achat-gousses-vanille-bourbon-de-madagascar-belgique.riziky.be/vanille.php




La crème aux amandes ordonne 60g de beurre, 60g de sucre blanc, 1 oeuf, 100g d'amandes en poudre et une larmichette de rhum.

Il faut commencer par la crème pâtissière, parce qu'elle doit refroidir, vu qu'elle est cuite.
Amenez tranquillement le lait où nage la gousse de vanille fendue à frémissement. Attention, le lait déborde vite.
Pendant ce temps-là, battez les oeufs avec le sucre: ça devient jaune clair. Ajoutez les farines et touillez ferme.
Délayez avec un peu de lait chaud et puis balancez tout le lait et la gousse de vanille dans le mélange jaune poussin.
Remettez sur le feu, pas trop fort et remuez tranquillou avec une cuiller. Le mélange épaissit à ébullition. Dès que c'est pris, pas la peine de surchauffer: laissez la crème refroidir.

Pour la crème aux amandes, envoyez un petit coup de micro ondes dans le beurre pour le ramollir. Mélangez-le avec le sucre, puis les amandes, puis l'oeuf, puis le rhum.



Quand la crème pâtissière est froide, ajoutez-en trois cuillerées pas trop pleines à la crème aux amandes.
LA FRANGIPANE EST PRÊTE!
Il restera un peu de crème pâtissière que vous allez vous tortorer sans scrupule. La gousse de vanille peut resservir: rincez-la, séchez-la et remettez-la dans sa boîte en fer.

Reste plus qu'à garnir la galette, ou autre chose: C'est très bon aussi dans les tartes avec des fruits par-dessus.

Le pinceau sur le côté, c'est pour insister sur un détail: le bord doit être humecté avec un peu d'eau pour que le couvercle colle bien.
A noter: le machin suspect sur le côté gauche n'est pas une grosse mouche, c'est la fève!



Il reste à coller le couvercle, à le dorer au jaune d'oeuf, à le décorer avec des rainures au couteau et à guillocher les bords.  Qu'est-ce que c'est encore que ce truc?
C'est important: les petites entailles sur les bords permettent à la pâte de se soulever bien régulièrement.


Après un coup de four à 180°C jusqu'à ce qu'elle soit bien dorée, je vous promets la galette du siècle, surtout avec un bon cidre ou un Gewürztraminer vendanges tardives.

Qui va tenter l'expérience?
.......hm?

Et la prochaine fois, j'envoie la recette des quenelles.

mercredi 8 janvier 2014

La pâte feuilletée des pâtissiers, c'est simple comme tout.

Mes enfants, aujourd'hui, je livre mes secrets.
Mieux!
Je vous parie qu'après ça, tout le monde sera capable de faire pareil:



Les pâtissiers entretiennent savamment l'idée que la fabrication de la pâte feuilletée est un bazar infaisable, du coup personne n'ose se lancer et ils s'en mettent plein les fouilles, les cochons.

Alors voilà la technique de la pâte feuilletée inversée: la vraie de vraie. Celle qui fait un feuilletage croustillant à souhait, bien gonflé, moelleux, léger et qui embaume le beurre.
Le principe est le suivant: on enrobe un pâton (farine + un peu de beurre + sel) dans du beurre fariné.

Principale clé de la réussite: un frigo. Je présume que tout le monde en a un, donc tout va bien.
Deuxième outil important: du papier sulfurisé aussi large que possible. Ça s'achète partout.

Ensuite, il vous faut:
Détrempe n°1. Pâte n°1, si vous préférez.
- 375 g de beurre (de bonne qualité, le beurre. Pas un machin premier prix )
- 150 g de farine.


Détrempe n°2:
- 350g de farine.
- 110g de beurre.
- 12 à 15 g de bon sel.
- Un peu d'eau froide.

Un détail important: le beurre doit être malléable, mais encore bien ferme et mieux vaut éviter de trop poignasser la pâte. Surtout la n°1.

Comme vous êtes fûtés, vous avez tout de suite compris qu'il va falloir mélanger les ingrédients de la détrempe n°1 ensemble, et ceux de la détrempe n°2  aussi. Ça donne deux grosses boules.
Surtout on ne mélange pas les deux détrempes.
Si vous êtes géniaux, vous avez compris qu'il va falloir enrober 2 dans 1. Seulement 1 colle déjà à mort aux mains. Que faire?
C'est là qu'on dégaine le papier sulfurisé et qu'on en découpe deux grands rectangles: on glisse la boule de pâte n°1 entre les deux, on l'aplatit un peu avec la main et on replie les bords du papier, sur les quatre côtés. Ensuite, il faut l'étaler doucement et faire en sorte qu'elle reste bien coincée contre les replis de papiers et épouse parfaitement la forme du rectangle.

C'est la même chose pour la pâte n°2, sauf que le rectangle doit être plus petit. N'oublions pas qu'il doit pouvoir se nicher dans les vastes replis de la pâte n°1.



Mettre les deux détrempes bien à plat au frigo pendant une heure.
Pendant ce temps-là, vous pouvez faire ce que vous voulez: une sieste, prendre un bain, danser un petit tango ou donner son médicament au chat.

Au bout d'une heure, pas plus sinon les pâtes deviennent trop dures, sortez-les du frigo et farinez la table. Epluchez très délicatement le pâte n°1 pour la débarrasser des ses voiles de papier. Si les bords s'effilochent un peu, aucune importance.
C'est beaucoup plus simple pour la pâte n°2 qui est solide et facile à manipuler. Posez la 2 sur la 1 et repliez la 1 de telle sorte qu'elle enrobe complètement la 2. Bien tout colmater.






Hop! Une heure au frigo!

Une fois le tout refroidi, il n'est besoin que de farine et d'un rouleau à pâtisserie.
Farinez la table et le dessus de la pâte. Il faut toujours bien fariner! Surtout au début.
Abaissez doucement, par petites touches fermes, mais délicates, toujours dans le même sens, de haut en bas. Si des ouvertures apparaissent, colmatez. C'est facile, la pâte d'enrobage est très molle. Si c'est trop mou et collant: au frigo un petit quart d'heure.



Ensuite, il s'agit de plier.
Le premier pliage est délicat, parce que la pâte a encore tendance à s'ouvrir. Alors on y va doucement.
Une fois la pâte pliée, il faut la tourner dans le sens des aiguilles d'une montre, d'un quart de tour. La partie ouverte se retrouve orientée sud-nord alors qu'avant, elle était est-ouest.
Cette petite danse s'appelle un tour.
Nous venons de faire le premier tour.
Deux autres tours vont être nécessaires.



Refarinage et c'est parti pour le deuxième tour.
On étale bien direction nord-sud.



Vous y êtes?
La pâte devient plus souple et plus ferme et ça commence à demander un peu de muscle pour l'étaler.
Là, un pliage plus radical devient possible. On attrape le nord, on le replie jusqu'au milieu et on rabat le sud par dessus.


Et là, Paso doble!
On tourne la pâte dans le sens des aiguilles d'une montre d'un quart de tour. Du coup, la partie ouverte est orientée nord-sud. Pareil qu'au premier tour.
Le deuxième tour est fait.

Re farinage. Re étalage nord-sud au rouleau. Re pliage pareil que le tour n°2 . Re tour d'un quart de tour dans le sens des aiguilles d'une montre, le troisième tour est fait. Maintenant:
STOP!

Direction le frigo, bien enveloppée dans du papier sulfurisé ou un torchon fariné, pour une préparation le lendemain.


Il n'y aura plus qu'à attendre qu'elle s'assouplisse pour l'étaler sur quelques millimètres, en long, en large ou en travers. Il faut juste se rappeler qu'elle est pleine de petites feuilles délicates. S'il en reste, il convient de superposer les morceaux de pâte et de la re-étaler bien à plat. Ça fera aussi un beau feuilletage.

Pour congeler, c'est simple: étalez-la sur quelques millimètres. Taillez des cercles ou des rectangles, posez-les sur du papier sulfurisé et enroulez-les ensemble comme on roulerait un tapis. Hop! Au congelo!

Et après dorure à l'oeuf et garnissage de frangipane, ça donne ÇA:




La frangipane, c'est ultra fastoche.
La suite, c'est pour  demain.




mercredi 8 mai 2013

Dégustons un flan, un vrai.

L'humeur des Français est morose.
Ils se posent des questions et doutent des gens qui dirigent la France.

J'ai la preuve.

Je me suis amusée à taper: "François Hollande/ Peillon/ Ayrault/ Taubira est..." sur Google.
Voilà ce que j'ai trouvé:
"François Hollande est...nul, mort, franc-maçon"
"Peillon est... un serpent"
"Ayrault est... nul, -il franc maçon?, un naze"
"Taubira est...-elle mariée?, folle, -elle lesbienne?, raciste"

Edifiant!

Du coup, allez savoir pourquoi, j'ai eu envie de faire un flan. Pour faire comme la Madelon: remonter le moral des troupes, sans doute.
Un vrai flan pâtissier.
Je raffole du flan.



Alors voilà:

Il faut de la bonne pâte feuilletée (A faire soi-même ou demander à votre pâtissier).
1 litre de lait entier. J'utilise du lait pasteurisé ou du lait cru.
4 oeufs.
150-160g de sucre.
90-100g de maïzena
Une gousse de bonne vanille (je la commande chez Riziky, elle est moins chère et bien mieux que celle des supermarchés)

1/ Etaler la pâte feuilletée dans un moule et laissez-la raffermir au réfrigérateur.
2/ Touiller ensemble la maïzena, les oeufs ajoutés un par un avec un coup de touillage entre chaque pour éviter les grumeaux, le sucre.


Pendant ce temps-là, faites chauffer le lait avec la gousse de vanille fendue jusqu'à la limite de l'ébullition.


3/ Versez le lait chaud sur le mélange oeufs/sucre/ maïzena et touillez.
4/ Reversez le tout dans la casserole où était le lait et faites chauffer à feu doux en touillant (on touille beaucoup pour faire du flan), jusqu'à ce que le mélange prenne en grosse crème épaisse.
5/ Laissez refroidir.
6/ Faites chauffer le four en mode "tarte" à 180°C.
7/ Versez la crème sur le fond de pâte et enfournez.


8/ Quand, au bout d'à peu près 3/4h, le flan est bien doré, il est cuit. Sortez-le du four.
9/ Laissez refroidir complètement. Un petit tour au frigo est bienvenu une fois refroidi.
10/ Dégustez.
C'est à tomber.

J'envoie la recette à notre président pour lui remonter le moral?



jeudi 8 novembre 2012

Oatcakes ou comment rendre mangeables les flocons d'avoine

Ceci est une insulte aux papilles. Ça a goût de papier, c'est râpeux à la langue, atrocement fade et la consistance de la chose passe du carton mâché au gluant du plus bel effet quand elle entre en contact avec un liquide chaud. Le pire, c'est l'eau. Mais le lait chaud n'est pas mal non plus.
Je préconise donc les flocons d'avoine à quiconque aurait besoin de se purger par le haut. Après un verre de trop, par exemple.


Je n'aime pas jeter.
Je n'ai pas de cheval à qui faire cadeau de mes flocons.
C'est ainsi que je me suis lancée dans la fabrication des oatcakes. Des biscuits salés à l'avoine, pure scottish spirit. J'en avais goûté en Ecosse et c'était bon.

Furetant sur le net et souvenirs aidant, j'ai abouti à la recette. C'est très simple.

Il convient de mélanger 200g de flocons abominatifs avec 2 pincées de bicarbonate de soude (ça commence très british, isn't it?), un creux de main de sel, 2 cuillères à soupe d'huile - j'ai utilisé de l'huile de noix, parce qu'un peu de Frenchy dans le British ne peut pas faire de mal - et assez de bouillante eau pour que le tout forme une boule bien ferme.

Ensuite, on étale la boule avec prudence, parce qu'elle a tendance à se disperser en morceaux erratiques, assez finement, et on plaque un verre par-dessus pour faire des ronds.

Le tout est enfourné à 200°C et c'est cuit quand une odeur agréable vient vous chatouiller les naseaux.

Ces petites galettes sont infiniment meilleures que la bouillie répugnante que les ascèses s'infligent. Avec du fromage, du saucisson ou de la confiture, c'est délicieux.




samedi 25 août 2012

N'en jetez plus!

 C'est dit, c'est avoué. Aujourd'hui, je fais ma bobonne.
Au lit ce matin jusqu'à pas d'heure.
Activités ménagères mollement menées.
Un bout de "Guerre du Feu" entre-aperçue entre deux pliages de draps.
Une petite partie d'échec en passant.

Et puis je me suis secouée. Cette journée ne ressemblait à rien. Alors j'ai décidé de réagir!

Voilà des semaines que dans un recoin de ma cuisine, du vieux pain séchait, coupé en petits morceaux. Je garde précieusement le pain. Celui que j'achète ne coûte pas moins d'un euro la baguette, étant donné que je prends du bon. Ce serait du gâchis.
Ensuite, je déteste jeter le pain. C'est du gâchis.
C'est pourquoi je le garde, coupé tant qu'il est encore tranchable, pour ne pas y risquer mes doigts le jour venu.

J'en ai fait une COUPETADE.
Un bon vieux plat du sud de l'Auvergne, un coin où les gens savent ce qu'économiser veut dire. Et où jeter le pain est aussi incongru que de se promener en mini-jupe dans une mosquée.

Bon. J'explique.
Il faut du pain (ça, vous avez compris).
Et puis des pruneaux, des raisins secs, de la vanille, du lait, des oeufs, du beurre, du sucre. On peut ajouter un alcool, comme le rhum, mais moi, je préfère sans.



Le plus important (à part le pain, mais je n'insiste pas), c'est UN PLAT EN TERRE.
Sans plat en terre, point de coupetade.

Donc il faut beurrer le PLAT EN TERRE. Fourrer dedans pêle-mêle le PAIN, les pruneaux dénoyautés et les raisins. C'est du rustique, hein. Pas de chichis.
Pendant ce temps-là, le lait chauffe et les oeufs sont battus avec le sucre. La gousse de vanille est éventrée proprement et les petite graines poisseuses qui lui sortent de la panse, extraites en gratouillant au couteau. Oui je sais, c'est insoutenable.
On est en Auvergne! Les petites natures sont priées de ne pas se déballonner!
Le lait est versé par là-dessus et on touille.
On verse sur le mélange pain-pruneaux-raisins et TRÈS IMPORTANT! On attend!
Oui.
Le pain doit devenir spongieux, signe qu'il a tout bien absorbé.



Quelques noisettes de beurre et un voile de sucre pour supporter sans couiner les moins vingt-cinq degrés qui dehors, font grincer les épicéas.
Au four!


Quand c'est bien doré et que toute la maison sent le pain chaud, les pruneaux cuits et la vanille, c'est cuit.


Je fais tout ça au jugé. En goûtant s'il le faut.

Mais je crois qu'il serait apprécié que je fournisse des mesures.

Les voilà:

1 litre de lait entier
200-250 g de sucre
200-250 g de pruneaux dénoyautés
50-60 g de raisins secs
5 oeufs
Vanille
Environ 350g de pain sec 
UN PLAT EN TERRE.

Inutile de trop coller aux indications. S'il y a plus de raisins, ça n'a aucune importance.

                                           Et une petite bourrée pour faire passer le morceau.

Matin calme

Il est de ces moments qui vous plongent dans une extase calme.
Le temps n'existe plus, aucune vilaine pensée ne vient vous chatouiller l'esprit. Les impôts, la rentrée prochaine et rien de préparé...oust!



Il est quasi certain que mes contemplations matinales laissent froid ceux qui passent par là. Cependant, allez savoir quelle mouche me pique: j'ai eu envie de partager.

Après un réveil tardif, pas encore dessaoûlée de sommeil, je me suis offert un petit déjeuner de reine, les jambes sur la table et les pensées vagabondant au hasard.


Yaourt maison, prunes du jardin, cuites avec de la cannelle, pain au levain grillé, thé de l'Assam.
Dans ma tête: rien. Un brouillard de bien-être un peu béat.

Ce sont des instants comme celui-là qui permettent d'encaisser les autres, moins zen.

Il suffit de les saisir.


dimanche 8 janvier 2012

Galette secrète


Aujourd'hui, c'est le jour où rituellement, j'invite des amis à manger une bonne galette bien dorée et bien croustillante.

C'est un moment solennel: si la galette est loupée, le soleil ne revient pas. L'affaire est grave.
Ce qui était encore plus grave, c'était le dilemme où je me trouvais plongée il y a encore quelques années: me faire arnaquer par les pâtissiers griffus qui font payer leurs galettes une fortune scandaleuse,
acheter une mauvaise galette pas chère dans une superette (en plus, les fèves sont moches),
ou mettre la main à la pâte au risque de vexer le soleil.

Désormais, je suis délivrée du dilemme.
Finies les visites contraintes chez le pâtissier rapace!
Les galettes, je les fais moi-même et je m'en porte très bien.
Quoi? On doute?

La preuve:

Vous voyez bien que je ne bluffe pas.

Tout a changé le jour où j'ai enfin compris comment faire cette satanée pâte feuilletée qu'aucun bouquin de cuisine n'est capable d'expliquer correctement. Encore un coup du gang des pâtissiers!

Gavée de galette et de cidre rose, je vais faire un geste fou: vous livrer le secret.

Voilà les proportions que j'utilise. Il y a largement de quoi faire deux galettes de taille normales (50€ économisés! C'est-y pas réjouissant?)

400g de farine
325g de beurre
5g de sel (c'est beaucoup et c'est ce qu'il faut)
Un grand verre d'eau


!!!!!! PREMIÈRE PRÉCAUTION
La consistance du beurre est essentielle. Il doit être frais et ferme, sans être dur. Ne le laissez surtout pas devenir mou. Sinon, c'est la catastrophe.

Prélevez 50g de beurre, mélanger avec la farine et le sel avec les mains. Quand il est bien intégré au mélange, ajouter l'eau petit à petit en malaxant jusqu'à ce que le "pâton" (ça s'appelle comme ça) forme une boule. C'est le même principe qu'un pâte à tarte grossière. Facile.


Ensuite, il faut saupoudrer de farine le plan de travail. Je saupoudre abondemment dès que nécessaire. ÇA NE DOIT PAS COLLER! JAMAIS! Et puis le pâton est étalé en longueur, pas trop finement. Ensuite, le beurre est coupé en morceaux et placé au milieu.



La pâte est repliée par dessus de sorte que le beurre soit complètement recouvert.

Joli pyjama, non?
Avouez que jusqu'ici, c'est facile.
Ça va le rester, vous allez voir. Ici, on n'est pas vendus aux pâtissiers étrangleurs.

La moment est venu d'empoigner votre beau rouleau à pâtisserie. Mais pas question de chercher à étaler la pâte. Non. Le beurre est encore trop dur. Il faut juste APPUYER. Et ça donne ça.


Ensuite, la pâte doit être pliée en trois. La partie tournée vers le haut est repliée jusqu'au tiers de l'abaisse (c'est comme ça qu'on appelle la pâte qu'on étale au rouleau) et la partie tournée vers le bas est repliée par dessus. Ça fait une sorte de grosse enveloppe.
Quart de tour vers la droite!
Présenteeeeeez armes!!!!!!!!!

1

                                                                                2

On repasse un coup de rouleau précautionneux pour étaler tout ça de haut en bas.
!!!ATTENTION, LE BEURRE NE DOIT SURTOUT PAS PERCER!
Si c'est le cas, c'est qu'il est trop mou ou qu'il a été mal enfermé. Dans le premier cas, ce n'est pas grave: un coup de frigo pour le raffermir. Dans le deuxième, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? J'avais dit de BIEN ENVELOPPER le beurre! Faut écouter!

Une fois le machin (l'abaisse) étalée comme il faut, on replie la pâte exactement comme la première fois.
Re quart de tour vers la droite.
Cette opération s'appelle "faire un tour".

Il faut répéter exactement les mêmes gestes, dans le même ordre.


Moi, je fais sept tours. Huit parfois. Un truc au passage. Je note sur un papier les tours que je fais. Sinon, je me perds.
A chaque fois, je farine dessus et dessous.
Dès que je vois que le beurre commence à transpercer, je mets la pâte au frigo.
Au bout de deux, trois tours, on peut étaler au rouleau normalement. Mais la consistance de la pâte est ferme et élastique. Plus il y a de tours, plus elle va résister et plus il faut déployer d'énergie.
Normalement, il faut trente minute pour réaliser une pâte feuilletée de A à Z. Parfois un peu plus l'été, où, à cause de la chaleur, la pâte doit être expédiée au frigo plus souvent.

Au bout du compte, la pâte ressemble à ça.


Il ne reste plus qu'à faire la crème aux amandes.
Là, un môminet de 4 ans saurait la faire.

On fait ramollir (presque fondre)100g de beurre au micro-ondes. On ajoute 100g d'amandes en poudres, 100 g du sucre (je préfère le roux), 3 jaunes d'oeuf, 20-30 g de fécule ou de farine, une lichette d'extrait de vanille et 1 cuillère à soupe de rhum.
C'est fini.
Rien n'empêche de remplacer par des pommes, des poires ou des scoubidous. Tout est possible. C'est votre galette et pas celle du pâtissier, je vous rappelle.

Quand la garniture est prête, on divise la pâte en deux au cas où il faut une très grosse galette. Sinon, gardez-en la moitié qui prend la direction du congélateur. L'autre moitié, c'est elle qui sera divisée en deux.
On étale au rouleau.
On pose une assiette à dessert pour vaguement marquer un cercle. On découpe.
On place de la crème, ou des pommes....sur le premier cercle.


!!!!!ATTENTION! LA CRÈME NE DOIT PAS ÊTRE TROP ABONDANTE NI S'APPROCHER TROP PRÈS DU BORD. Sinon, débordement assuré en cours de cuisson.

N'oubliez pas de mettre dans la garniture une fève ou un Louis d'or, selon vos moyens. C'est un symbole de fécondité. On ne rigole pas avec ça.
Faites de petites encoches croisées au couteau tout autour du cercle garni. Badigeonnez au pinceau avec de l'eau, pour que l'autre cercle colle bien. Soudez avec les doigts.

Ecrasez un jaune d'oeuf cru avec un pinceau et enduisez de jaune toute la galette.
Enfin, décorez en formant des stries avec une fourchette.



Au four!
Assez chaud, le four: 180-200°C, c'est bien.

S'il vous reste un peu de courage, avec les chutes de pâte, on peut faire des petites cochonneries d'apéro assez sympathiques. Le tout, c'est de toujours re-étaler la pâte couche sur couche, sans jamais la chiffonner.

Avant cuisson. Après, je n'ai pas eu le temps de photographier: on m'a tout dévoré en un clin d'oeil.
Alors? Hein? C'est juste un coup de main à prendre. Finie la dictature des pâtissiers!