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lundi 24 juillet 2017

La reine Mathilde habite à Paris

Parfaitement! Qu'on ne vienne pas me tarabuster avec des fables pour enfants de trois ans: la tapisserie de Bayeux c'est ici et maintenant. Si!
Quant à la reine Mathilde, elle s'appelle en réalité Boutfil et elle habite à Paris.

La preuve:

Ah les beaux drakkars!
Alors? Hein?
Et puis voilà des détails, pour ceux qui douteraient encore de ce que je dis.

Ah les beaux Vikings!
Ouh le mignon petit cheval!

Donc, la tapisserie de Bayeux, c'est une imposture.
Le machin prétendu tel qu'on montre aux ravis, c'est un chiffon moyenâgeux qui n'arrive pas à la cheville de ce que la reine Boutfil la Grande fabrique de ses blanches mains, elle. Pas comme cette péronnelle de Mathilde qui en fait, béait aux corneilles au lieu de bosser, pendant que l'Anglois se faisait étriller par son Normand de mari dans les brumes du Sussex.

Non franchement, l'histoire, c'est une affaire sérieuse. Il faut laisser ça aux gens qui s'y connaissent, sinon, on a vite fait de gober n'importe quoi.


Note sérieuse:
La "tapisserie" de Bayeux a été brodée à l'aiguille et au point de Bayeux, au XIème siècle, sur commande d'Odon, Evêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume de Conquérant. Elle raconte la conquête de l'Angleterre par les Normands en neuf panneaux qui fourmillent de détails très vivants. La reine Mathilde, bien qu'épouse de Guillaume le conquérant, n'aurait rien à voir là-dedans, puisque divers indices, dont la graphie anglaise des inscriptions, orientent les spécialistes vers une origine anglaise de ce chef d'oeuvre.

Note non moins sérieuse:
Boutfil a des doigts d'or et le coeur sur la main. Elle a passé cent heures à me fabriquer cette merveille, rien que pour me faire plaisir.


dimanche 1 janvier 2017

Une nouvelle année

Je vous souhaite à tous une bonne année 2017 avec, dans l'ordre d'importance:

-1- une bonne santé,
-2- des gens qui vous aiment,
-3- pas de contrariétés violentes,
-4- la paix en petit et en grand,
-5- des sous en suffisance,
-6- un moyen de subsistance intéressant et pas trop épuisant (on peut inverser 5 et 6),
-7- un minimum de satisfactions esthétiques,
-8- un univers politique un peu moins pourri,
-9- une vraie liberté de parole
-10- une inspiration bloguesque inégalée.

Quant à moi, je commence sous le signe du grand nettoyage. Je viens de flanquer par terre un gros saladier de harengs pommes à l'huile, lequel a explosé au contact du sol de ma cuisine. Le verre a dû être étudié par des ingénieurs bien vicelards, parce que le plus gros morceau ne devait pas excéder 2 centimètres. Je ne m'étends pas sur l'état des surfaces, devenues une entremêlée de verre concassé, d'huile, de résidus de pommes de terre, d'oignons et de hareng.

La vaisselle n'avait évidemment pas encore été nettoyée, ce qui ajoute encore à la qualité de la scène.

Je ne sais pas si cet épisode prophétise quelque chose, mais dans cette hypothèse une chose est sûre: 2017 n'aura pas goût de guimauve.

Bonne année! 

mardi 18 octobre 2016

La grande misère de la Grèce


J'ai eu le bonheur de revoir ma grande amie grecque en septembre. Six années avaient passé depuis notre dernière rencontre, chez elle, à Ioannina.

 

Elle est médecin endocrinologue et elle profitait d'un congrès à Paris pour s'échapper un peu des réalités grecques.
Tout le monde sait qu'en Grèce, depuis quelques années, on bouffe de la vache enragée à toutes les sauces.

Seulement là, j'avais beau être au parfum, j'ai eu un choc.


Toute grecque qu'elle est, mon amie n'est pas du genre à nous pousser la tirade, genre Electre, ce sont donc des détails de rien du tout qui m'ont d'abord mis la puce à l'oreille.
Elle voulait savoir le prix de tout. De la baguette de pain, à celui du carburant au loyer moyen. C'était plus fort qu'elle. A propos de chauffage (elle habite le Nord de la Grèce, un coin où ça pince sévère), quand je lui ai dit qu'on pouvait presque s'en dispenser l'hiver (j'habite à Paris, pas à Ioannina), elle y a d'abord vu une mesure d'économie. C'est là que j'ai découvert que la plupart des gens ne se chauffaient plus, faute d'argent.

Elle est restée quelques jours et les langues se sont déliées. J'ai alors découvert quel enfer était devenu la Grèce. Non seulement on ne se chauffe plus, même quand les températures descendent à -10°, mais les impôts sont effroyables. Mon amie, qui exerce en libéral et trime comme une bête pour offrir des études à ses trois enfants, voit 60% de son revenu partir en impôts! Et ce serait 80% si elle déclarait tout. Devant mon regard halluciné, elle m'a alors fourni une explication que même les pires tordus n'auraient pas imaginée: le gouvernement grec à décidé d'imposer à ces taux de folie les médecins, les avocats et je ne sais plus quelle autre catégorie professionnelle maudite, au prétexte qu'ils sont pleins aux as et supposés experts en détournements divers. Ça c'est de l'enquête chiadée!

Alors je lui ai demandé comment les gens réussissaient à survivre dans un merdier pareil. C'est très simple: ceux qui sont ruinés vivent aux crochets des autres, saignés à blanc, grâce aux aides publiques. Les solidarités familiales jouent à fond. Les entrepreneurs enregistrent systématiquement leur boîte en Bulgarie ou en Albanie pour éviter la banqueroute programmée par des taxes au moins aussi écrasante que les impôts des médecins. Les petits malins se débrouillent et fraudant tout le monde. Tous ceux qui ont pu partir l'ont fait et aident les leurs avec l'argent gagné aux quatre coins du monde.
Tout le monde regrette d'avoir choisi l'Union européenne, sauf bien sûr les élites au pouvoir qui elles, gagnent très bien leur vie et réservent les meilleurs postes à leurs obligés et leur famille. Le piège s'est refermé.
 Par chance, il reste des vieux. Ils en ont vu d'autres, ils ont encore en tête les souvenirs de la guerre civile de 1944, pas si ancienne, et raisonnent les jeunes qui veulent en découdre.

Petit jeu: changeons d'époque. Petite devinette: par qui remplace-t-on le soldat anglais?

La nouvelle guerre civile, tout le monde en a peur là-bas. 
Les Grecs en sont là.

Qui en parle?


Après trois jours, mon amie est retournée chez elle retrouver sa famille. Pour rien au monde elle n'envisage de quitter son pays, même si elle le pourrait.
Je ne sais pas quand je la reverrai. Elle a mis plusieurs années à économiser pour ces trois jours de congrès à Paris.





mercredi 25 décembre 2013

C'est Noël et le blog se réveille

D'abord je souhaite un joyeux Noël à tous: chrétiens, amis, visiteurs de passage et aussi les autres.




Ensuite, je vous dois quelques explications.
J'ai subitement disparu des écrans radars pendant quatre mois. Non pas que je souhaitais planter là tout le monde pour aller élever les chèvres dans le Larzac, simplement le temps, puis l'énergie m'ont manqué. J'ai eu un gros coup de fatigue.

Merci à tous ceux qui m'ont envoyé des commentaires amicaux et un grand merci aux amis, corto74, Boutfil, Koltchak, Minijupe, Vlad...,  qui malgré mon silence, n'ont pas cessé de m'envoyer des bip bip, de prendre des nouvelles et de me faire comprendre que malgré ma désertion, ils étaient là.

Depuis quelques temps, l'envie de revenir causer un peu me démange.

Alors voilà, c'est fait.

D'accord, c'est un bien modeste billet, mais c'est le premier pas.

Joyeux Noël!


mardi 20 août 2013

Pas bien drôle

Je pensais rentrer de vacances disponible, reposée et heureuse d'abreuver tout le monde de souvenirs.
J'ai dû reléguer les souvenirs au second plan et passer à autre chose.

Ma mère a eu un accident de santé très grave. Elle est entre la vie et la mort.
Je suis rentrée en avance et depuis presque quinze jours, je suis sur les dents.

Alors, si je ne suis pas très présente en ce moment, c'est à cause de ce qui se passe.
Mais je suis là quand même.

A bientôt, tous.

vendredi 19 juillet 2013

Débordée!

Ma maison me tient par la barbichette.
Pire qu'un gigolo premier choix.



Voilà pourquoi, bien que je foisonne d'idées en ce moment, je n'écris pas.

Voyez plutôt.

J'ai enfin décollé tout le papier peint de mon salon et de mon bureau. Le sagouin de précédent occupant avait bien évidemment tout plaqué directement sur le murs, lesquels étaient tombés fous amoureux du papier et ne voulaient plus le lâcher.
 Saleté de mariage pour tous.
Bon.
Les murs ont du mal à s'en remettre. Il va falloir réparer tout ça à coup d'enduit et force ponçage. Ça va être du gâteau par ces chaleurs...
Ensuite, je peindrai.

A côté de ça, ma rambarde, mon portail et mon portillon en bois ont été traités n'importe comment. Le bois proteste en menaçant de pourrir. Urgence! Donc opération colmatage, décapage, médicament et lasure.

C'est pas fini, car ma maison est d'une exigence de danseuse nue.


Elle est pleine de poutres et de boiseries.
Vu que les capricornes ont attaqué dans les hauteurs, je vais aussi devoir traiter tout ça. Je me suis déjà procurée une sorte de pyjama fort peu sexy pour procéder à la chose sans compromettre la santé de mes yeux et de mes petits poumons.

Enfin, mes volets ont soif et appellent leur dose de peinture bleue.
La peinture est déjà là, mais ils attendront encore un peu.

Comme je m'offre une virée en Serbie bientôt en compagnie de mon amoureux adoré et de son fiston tout mignon, je crains fort d'être un peu absente ces temps-ci.
Je prie tout le monde de ne pas m'en tenir rigueur.

Et vivent les vacances!

dimanche 20 janvier 2013

Orgie de galette: c'est la faute à la neige!

Depuis quinze jours, je m'entraîne avec acharnement.

Non, je ne prépare pas le marathon.
Non, je ne repasse pas le concours des profs des écoles pour décrocher un poste ailleurs qu'en Seine-Saint-Denis. D'ailleurs, je n'ai pas le droit.
Non, je ne veux pas me gratter l'oreille avec le pied gauche arrière, comme le fait on chat.
Alors?

J'attendais des invités de marque aujourd'hui et je me faisais un point d'honneur à leur préparer la galette des Rois de leur vie.
Quinze jours de peaufinage de la technique de la pâte feuilletée inversée, celle des pros.
Au lieu d'enfermer du beurre dans un pâton de farine + eau, on fait l'inverse: le pâton de base est enfermé dans du beurre fariné. Ça a l'air sournois, comme ça, mais en fin de compte, c'est assez simple.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, tout était prêt.
Le cidre bouché fermier, la galette dont j'étais fort satisfaite, la joie au coeur et la baraque à peu près en ordre.


Seulement comme la perfection n'est pas de ce monde, il a fallu que la neige flanque tout en l'air.
Il en est tombé un monceau toute la nuit et encore toute la journée.
Nous nous sommes réveillées dans un silence de cimetière: plus circulation dans la rue!


Et dans le jardin, un tourbillon d'oiseaux venus se nourrir à la mangeoire à graines, tandis que mon gros Aristote tentait, de la neige jusqu'au ventre, de les approcher. Chou blanc total. Les mésanges, les merles, les rouge-gorges, les verdiers, les pinsons et les autres lui ont ri au nez. Bien fait!
L'autre chat, s'est tué la santé à roupiller comme un forcené toute la journée sur mon linge propre.

Traces accusatrices du  bestiau 


Le bestiau sur sa lancée













                                       
D'habitude, j'aime bien la neige, le crissement des pas qui l'écrasent, l'odeur de froid-mouillé un peu électrique, le sentiment d'enveloppement feutré, le blanc, le silence...
Mais là, elle m'a joué un chien de sa chienne.
Mes amis n'ont pas pu venir.

Alors, ma fille et moi, nous nous sommes emmitouflées, nous avons chaussé nos godillots et nous sommes allées faire une balade dans la taïga toute proche.




Après quoi, tandis que le feu crépitait dans la cheminée, nous avons attaqué la galette et le cidre. C'était très agréables: nous étions un peu grises et gentiment repues. Mais j'enrage de ne pas avoir pu partager ce moment avec mes amis aussi!



Il en reste la moitié pour se donner du coeur au ventre demain matin.
Ça sera mon premier jour de jurée d'Assises.
J'ai rendez-vous à Bobigny à 9h.
Vu l'état des routes, je m'en irai comme je pourrai, avec mes croquenots et ma chapka, faire mon devoir de citoyenne.





mardi 1 janvier 2013

Et bonne année 2013!


A tous, amis blogueurs et pas blogueurs, je souhaite une année 2013 aussi joyeuse et pétulante que ce tango magistral!


y§§§§§lo ----> Même mon chat s'y met en piétinant le clavier à votre intention.

mardi 25 décembre 2012

Joyeux Noël!

Me revoilà!

J'ai été happée dans les couloirs du temps et ce coquin-là en a profité pour se distendre.
Maintenant que je suis en vacances, que j'ai enfin loué mon appartement-du-bas-de-la-maison (quelle aventure distordeuse de temps, cette affaire-là! Elle mérite un billet de blog), que j'ai réglé mes comptes avec un revendeur de billets de spectacle douteux (ça aussi), que j'ai rendu mes livrets scolaires (j'en ai déjà parlé l'an dernier), que le repas de Noël est derrière moi (deux jours de boulot) et j'en passe..., je peux enfin me poser.
Il va falloir que je vous raconte tout ça.

Alors je souhaite un beau Noël à tous ceux qui ont la gentillesse de me lire (quand j'écris) et de faire vivre ma maison-blog. Sachez que même quand je fais le sous-marin, je suis là et je pense à vous tous.




mercredi 7 novembre 2012

Queue bavarde

Oui je sais. Je tiens mon blog de manière un peu relâchée en ce moment. C'est que mon existence s'organise autrement: plus de vraie vie et moins de machine infernale d'ordi. Alors le dosage entre les deux laisse à désirer et je m'en excuse platement.
Par exemple, j'ai enfin fini de tronçonner mon cerisier et je vous prie de croire que ça prend du temps, cette fantaisie-là.

Aujourd'hui pourtant, malgré une furieuse envie de faire la sieste, je ne résiste pas à une causette bloguesque.
A cause d'une queue.
Non mais ça y est! J'en vois qui gloussent en pensant que je vais encore les saoûler avec mes chats!
Et bien pas du tout.

Ce matin, je tenais la main d'un ami infortuné, obligé de s'envoyer une visite à la préfecture de Paris.
Nous avons donc fait la queue ensemble et nous nous sommes trouvés pris en sandwich entre un écrivain bègue, dont la nigauderie touchait au sublime, qui contait fleurette à une puissante Africaine, et une petite Marocaine bavarde et tellement râleuse que même Vlad aurait été stupéfié.
Aucune image ressemblant de près ou de loin à ce que j'ai vu ce matin n'est disponible sur le net. J'aurais dû  photographier moi-même.

Les images de queue sont soit pas regardables, soit barbantes. Heureusement que les toutous sont là.
A 8h10, nous étions à pied d'oeuvre, plantés au milieu de la place. Mon ami rencogné dans un renfrognement explicite et moi, pas mécontente d'être là. Mon terrain de queue habituel, c'est Bobigny et le décor n'est pas le même.

Hein? Quand même! Bobigny, c'est autre chose! Observons que là au moins, le net propose à la consultation des images qui collent à la réalité. Tandis que Paris fait de la propagande.
En outre, la discussion qui s'est engagée à l'arrière a achevé de me réjouir. Le gars bredouillant qui se prétendait poète et écrivain tentait visiblement d'entreprendre la Noire dodue et lymphatique située immédiatement derrière moi. Le malheureux était tellement timide qu'il alignait les ricanement bêtas et les propos cousus de fil blanc fluo du genre: "D'habitude je ne parle pas aussi facilement, surtout aux femmes. J'ai du mal avec les femmes, vous savez. D'ailleurs je suis célibataire. mais avec vous hihihihi je sens que le courant passe. J'ai tout de suite vu que vous étiez gentille hihihihii." Et ainsi de suite. La fille, prudente, flairant l'éventuelle possibilité de profiter de l'occasion, restait évasive. Elle a quand même eu le culot de se prétendre apprentie vétérinaire, ce qui semblait hautement improbable. Mais dans le fond, face au distingué écrivain de sciences fiction qui argumentait aussi savamment, tout était permis. Là-dessus, ils ont échangé leurs noms et leurs numéros de téléphone. Le gars s'est excusé de devoir se sauver parce qu'il était en retard (qu'on veuille bien m'expliquer ce qu'il faisait là), et il s'est enfui dans un galop de guingois incroyablement disgracieux.
Mon ami restait imperturbable, tandis que je dissimulais ma bonne humeur croissante dans ma grosse écharpe.

C'est alors que ma voisine de queue de devant, une petite brune terne, a commencé à râler.
Contre un monsieur qui photographiait les enfants chinois, d'abord. C'est vrai que la scène était charmante: deux tout petits s'ébrouant en riant sur la place, devant la queue zigzagante.
Cette initiative l'avait mise en rage. Ne voyant pas trop où était le problème et sentant venir une séance de récrimination pénible, je m'efforçais de ne rien exprimer, mais je l'ai regardée (contrairement à mon compagnon de queue qui perdait savamment son regard dans le vague d'un air sévère) et la séance a commencé.
Après le photographe, est venu le tour des resquilleurs. Car la grande porte s'ouvrait et personne ne surveillait la queue (alors qu'à Bobigny, les uniformes veillent au grain), sauf deux policiers postés juste à l'entrée.
Cette petite dame à l'oeil aiguisé vitupérait d'une voix douce, qui rendait ses considérations encore plus déroutantes. "Je ne suis pas raciste, mais regardez qui fait la queue et qui est agglutiné près de l'entrée." En effet, la ligne tendait vers l'Européen et l'Asiatique, tandis que le noeud de gens en désordre était plutôt coloré.
Ça prenait un tour pénible et pour la décourager de continuer plus avant, j'ai avancé un "Ils étaient peut-être là avant" sans conviction. Grossière erreur. Elle a pris mon propos au premier degré et m'a aussi sec reproché ma clémence. Pour un peu, j'étais responsable du déferlement de crève-la-faim sans foi ni loi qui étaient en train de submerger le pays. "Je ne veux pas payer pour ces gens-là, c'est pour ça que je ne veux pas de la nationalité française et que je m'en vais au Canada". Tiens donc! Elle était marocaine et, en se radoucissant un peu, m'a expliqué par le menu que la France foutait le camp à cause des pique-assiettes Noirs et Arabes qui venaient y faire la loi avec la bénédiction des Français. Il a été question de natalité galopante, de pays saigné, d'injustice et du détail de la manière dont les Canadiens, eux, faisaient le tri à leurs frontières. J'étais édifiée.
A ce stade de la discussion, un policier avenant nous a priés d'avancer. J'étais bien contente de ne pas être au Maroc où leurs homologues guident les queues à coups de trique et encore plus d'être débarrassée de cette petite dame douce et hargneuse. Je me demande comment mon ami s'en serait tiré sans moi. Est-ce que son air fermé aurait suffit à lui clouer le bec?

Après quoi, on nous a introduits dans les lieux avec force contrôles, conduits par des types costauds assez peu amènes. Contrôles inutiles au demeurant, puisqu'aucun ne m'a délestée des deux couteaux et des ciseaux rangés dans mon sac à main.
Ensuite, nous nous sommes trouvés assis à attendre avec un numéro à la main, dans cet univers Revizoresque caractéristique de nos belles administrations. La queue était terminée. Mon ami s'est animé. Le spectacle était fini.


samedi 13 octobre 2012

Envie de saoûleries

N'allez pas croire que je souhaite noyer mon spleen dans la vinasse. Que non!
En fait de vinasse, je m'en suis allée quérir quelques bonnes bouteilles il y a peu à l'avant-foire aux vins de Clichy-sous-Bois, ville connue aussi pour électrocuter les jeunes gens des quartiers.
Ce lieu perdu accueille nuitamment des amateurs avertis et des restaurateurs, qui viennent de Paris et des périphéries chiques pour se ravitailler à bon compte. L'endroit n'est certes pas très bucolique: un chapiteau dressé dans le parking du Leclerc qui, le fameux soir de lancement, est solidement gardé par des vigiles discrets, mais nombreux.
On s'y rend sur invitation et les meilleures bouteilles partent en quelques heures.
J'ai raflé le dernier carton de Gewurz vendanges tardives, et quelques bons Bourgognes que j'ai mis à vieillir.
De là à penser que j'allais tout siffler!!!

Il s'agit d'autre chose.
Je viens de découvrir un festival de musique baroque dont j'ai bien envie de me repaître.
Le 7ème Festival Marin Marais.

C'est à Paris entre le 5 octobre et le 17 novembre, entre le Marais et le XIème arrondissement.
Le programme annonce seize concerts d'auteurs variés, joués par des groupes de grande qualité.
Fontana, Falconiero, Purcell, Byrd...
Le plus extraordinaire, c'est que l'accès aux concerts n'est payant que dans la mesure où une libre participation est demandée au public. Seule l'adhésion à l'association est demandée: royalement dix euros!
Dire que l'entrée au premier concert de rap coûte vingt euros au grand minimum...


Cette saoûlerie baroque s'annonce parfaite.
Surtout en agréable compagnie et pourquoi pas, avec un verre de bon vin.


                                           Tchin! Prost! Cheers! Yamas! Salute! Ziveli!

jeudi 23 août 2012

Soir de paix

Voilà où plane mon esprit ce soir.

Revenons à l'essentiel.





mercredi 22 août 2012

Contrôle d'identité

Qu'on veuille bien m'excuser.

Je suis obligée d'infliger à mes invités, pourtant bienvenus, la gymnastique qu'on fait subir au passage des frontières: un petit contrôle d'identité.

Depuis hier, je suis en but au harcèlement d'une personne qui insulte, diffame, répand ici des éléments de ma vie privée et s'est même permis de divulguer mon vrai nom.

J'ai effacé tant que j'ai pu, mais ça n'a pas suffi.
Voilà pourquoi j'ai été obligée de prendre des mesures plus draconiennes.





mercredi 23 mai 2012

☼✺ CADEAU ☼✺

Il fait beau.

Il fait chaud.

Les petits oiseaux ont chanté toute la journée.

Mes rosiers explosent.



Voilà, amis lecteurs.

C'est pour vous.

lundi 7 mai 2012

Ma journée particulière

Pour commencer, qu'on veuille bien ne pas voir dans mon titre une quelconque allusion politique. Je n'ai rien trouvé d'autre et loin de moi l'idée de comparer la journée d'hier à celle du film d'Ettore Scola*. Soyons clairs. D'ailleurs je ne ressemble pas du tout à Sophia Loren.
Voyez plutôt.

Hier, donc, fut le Grand Jour.
Le matin, je m'en suis allée non-voter.
Je voulais exprimer mon désarroi en rendant une enveloppe vide. Pas possible de voter Sarko et son entreprise de massacre ahurissant de l'école publique, de la police, de l'hôpital... Pas confiance en Hollande et la clique socialeuse. Tout le monde s'en fout de mon désarroi, puisque les enveloppes vides, les bulletins blancs, trafiqués, décorés sont de toute manière fourrés dans le même sac.
N'empêche que je ne voulais pas rester terrée frileusement chez moi. Ça n'aurait ressemblé à rien.

La rue n'avait pas son air de d'habitude avec tous ces gens à pied et habillés en dimanche, lancés dans la même direction: l'école-bureau de vote.
Du coup, ça se saluait dans tous les coins et des agrégats se formaient sur les trottoirs. Ils avaient l'air contents de se voir.
Moi-même, au lieu du quart d'heure prévu, j'ai mis pas loin de quarante-cinq minutes pour non voter. Au passage, j'ai récolté des nouvelles de la famille Têtard dont la fille aînée termine khâgne, Véro m'a renseignée sur l'adresse d'un bon élagueur pour mon cerisier et Jean m'a entretenue longuement de son adoration pour son chat Gribouille.

Un frère jumeau
J'ai sauté dans ma voiture pour filer vers Paris. J'avais rendez-vous avec des amis et j'étais déjà en retard.
En bas de l'immeuble, il y avait une brocante. Du coup, c'était plein de monde dans la rue et les gens se causaient aussi. A Paris, surtout dans ce quartier-là, ça sonnait franchement exotique. Dans ce coin-là, les rues sont vides le dimanche, tout juste fréquentées par des petites dames qui promènent leur chien.
On se serait cru dans un film d'Audiard. Les brocanteux ne sucent pas que de la glace et ils n'ont pas la langue dans leur poche. Ça s'invectivait entre deux tartines de pâté et les bouteilles de blanc traînaient ouvertement entre les pliants. On alpaguait le chaland d'un air bonasse  et la chalante s'entendait brailler des galanteries. Tout était hors de prix, évidemment, mais ça valait le coup d'oeil. J'ai bien aimé le stand d'un gars qui proposait toutes sortes de reliques de l'URSS: vestes et casquettes de l'armée rouge, portraits de Lénine, chapkas un peu grasses estampillées d'étoiles.... Good bye Lénine!


Ils m'ont donné faim avec leurs déballages de rillettes et de jolies baguettes farinées. Trop faim pour attendre. Pas assez pour prendre un vrai repas. Il me fallait du pain.
Pas de boulangerie ouverte!
J'avise un Lenôtre. Ils doivent bien avoir du pain, là-dedans. J'entre. Une vendeuse à l'accent pointu m'accueille comme si j'étais la dernière romano. Le fait que je ne demande que du pain n'a pas dû arranger mon image. Dans ces maisons-là, on paye à la caisse. Une jeune femme de couleur à l'air soumis (la patronne devait lui en faire voir) me demande alors six euros! Pour un pain rond aux noix et aux raisins!
L'espace d'un instant, j'ai failli les planter là avec leur pain, mais j'avais faim. Alors j'ai fait répéter et j'ai casqué. Bande de voleurs... Naturellement, l'ami qui me tenait compagnie en a fait ses choux gras et il a cruellement ricané. Pas de pitié pour les affamés.

Le soir venu, vers dix-neuf heures, je me trouvais à une terrasse avec un petit verre de Gaillac. Les brocs remballaient en s'engueulant. Les passant allongeaient le pas, en quête d'un repas tout fait à rapporter chez eux. Qui du pain (je ne sais pas combien ils l'avaient payé, eux), qui des crapuleries chinoises, qui des pizzas.... tous pressés. De l'électricité dans l'air. Sus à la télé!
Ce fut donc une soirée pizza-bière-télé-commentaires sans pitié.

Voilà ce que j'en ai retenu:
- Ça s'est mis à traîner vilainement en longueur à partir du moment où Hollande à pris la parole. Sarko est ce qu'il est, mais son discours était moins rasoir. Cela étant, Hollande a pris soin de modérer ses engagements. Le gars est prudent.
- Nous sommes bien contents d'avoir fait connaissance avec Thomas Hollande.
- Les journaliste, de politique, s'est transformé en journaliste sportif: "François Hollande monte dans sa voiture. Le cortège est à 17 km de Paris, 15, 10.."A vous Paris.
 - Ceux qui patrouillaient place de la Bastille n'interviewaient que des jeunes écervelés qui n'avaient rien à dire, à part, en gros, que c'était "super". Je crains que beaucoup n'aient été là que pour la musique gratos et pour "pécho".
Du coup, même si c'est un peu sévère, je nous passe un coup de Choron, tiens, ça détend:


Rendez-vous à la tirade de la minute 1.

- J'ai trouvé étrange de voir brandis des drapeaux algériens et d'autres que je n'ai pas identifiés.
- Décidément, je n'aime pas Martine Aubry.
- Ségolène faisait la gueule.

Hollande a du pain sur la planche. Il est courageux. J'espère qu'il sera à la hauteur de la tâche.
Avec tout ça, j'ai mal dormi.
La faute à la pleine lune, sans doute.



*Considéré comme un classique de la grande époque mythique du cinéma italien, le réalisateur Ettore Scola réunit le couple Sophia Loren/Marcello Mastroianni dans un film parfait de bout en bout. Filmé dans un lieu clos à la manière d'une pièce de théâtre, un immeuble en l'occurence, l'action se situe en pleine période mussoliniene, où la crainte et la délation terrorise le moindre comportement. Entre la mère de famille et l'homosexuel qui se retrouveront sur le toit de l'immeuble par le plus grand des hasards, se nouera une improbable mais magnifique amitié, que ni la concierge suspiscieuse et délatrice ou quelques personnages cachés derriere les portes de ce petit microcosme vivant dans l'immeuble, ne viendront ternir. Un film magnifiquement interprété, une bande son grouillante de cris et de bottes symbolisant l'effervescence extérieure. Derrière la grande histoire que tout le monde connaît se joue la petite de Scola, émouvante et parfaitement dialoguée.
Commentaire de Elriad sur AlloCiné.





mercredi 2 mai 2012

Ma cochonne du 1er Mai

 Le Grand Maître du Temps a décidé que la plaisanterie avait assez duré.
Aujourd'hui, premier mai, la malédiction est levée: fini le déversement sauvage sur nos pauvres têtes. Le Grand Maître du Temps est magnanime.



En cet heureux jour, une amie d'enfance est venue me tenir compagnie. Nous avons copieusement papoté, rigolé à nous coller des crampes et mangé comme des chancres (notamment ma célèbre salade de haricots). 

Voyant que le soleil ne cédait pas la place à l'habituelle pluie déprimante ou à un orage surgi du Sud, nous avons pris le chemin du parc de la Poudrerie.

Couleur dominante: vert tendre lumineux.
Ambiance: chants d'oiseaux amoureux.
Humeur: primesautière.
Chemins: vides et bordés de pervenches en nuages bleus.



Nous avons bifurqué vers la ferme où j'ai eu le plaisir de retrouver ma cochonne préférée: une truie noire toute mignonne et gourmande comme une vieille fille. Un monsieur était d'ailleurs à pied d'oeuvre, en train de lui offrir ses restes de petit déjeuner: croissants et chaussons aux pommes que ma cochonne croquait en grognant d'aise, mamelles au vent.


Les oies étaient là aussi, dédaigneuses et passant, toutes rengorgées, entre les pattes des chevaux.



Un petit âne velu observait son monde d'un oeil triste. On le consolait en lui caressant les oreilles.


Pendant ce temps-là, les poneys enfermés attiraient les passants en leur faisant les yeux doux, puis essayaient de les mordre.



Les chevaux, moins nerveux, trottaient dans la gadoue en éclaboussant abondamment ceux qui se trouvaient trop près des barrières.

Là, nous avons assisté à une séance de dressage toute en douceur. Un cavalier réapprenait la vie à un superbe pur-sang, rescapé du monde des courses. Une fracture, un mauvais soigneur qui le frappait pour l'obliger à courir à nouveau une fois guéri, un geste de révolte du cheval et le verdict: cheval dangereux. Abattoir.
Sauvé par une association, il a été racheté par le centre équestre du parc. Doux et calme, ce cheval reprend confiance en les hommes.
Il m'a tellement subjuguée, que je n'ai pas eu le réflexe de le photographier. Qu'on veuille bien me pardonner cet oubli.

                             

mercredi 11 avril 2012

Dans les choux

Je ne suis pas constante.
Paris m'échappe.

Boutfil ne manque jamais de nous raconter ses vadrouilles-râlouilles à l'adresse du bon Delanoë.
Copine Débile nous régale de tas d'adresses pas connues où on se tape la cloche aux couleurs du monde.  Vlad nous entraîne dans des passages étroits qui mènent dans des univers obscurs.
Normal.
Tous parigots parisiens!

Moi aussi j'ai marché, visité, écouté un chouette concert samedi. Mais Paris s'est esquivée. J'ai laissé passer le temps et maintenant, c'est trop tard pour raconter le musée du chocolat, le concert de musique du Moyen Age au musée de Cluny ....
Caillera Banlieusarde!
Je suis pas assez réactive. Un brin rustique. L'odeur de bouse flotte.




vendredi 24 février 2012

Un tour chez les Grecs



Acte 1 scène 1
Il y a quelques années, tout juste vingt ans, une guerre éclatait chez nos voisins. La Yougoslavie a volé en éclats sous nos yeux.
Nous avons contemplé ce délitage macabre à l'abri et bien contents d'être du bon côté. Rassurés par la version simplifiée dont la télé voulait bien nous abreuver, nous l'avons bue jusqu'à plus soif.
A se demander si nous n'étions pas en manque d'exécutions publiques, pour contempler avec autant de gourmandise ce malheur si proche.
Quand la guerre a cessé, nous avons tranquillement cessé de frissonner, BHL s'en est retourné jouir de son mariage tout neuf à Saint Paul de Vence et le train-train des certitudes a repris son cours.
Ce qui fut la Yougoslavie a continué doucement à suppurer dans l'indifférence générale. Le spectacle était fini.

Acte 1 scène 2, 3, 4...
Piratages grandioses au large de la Somalie, émeutes de la faim un peu partout où manger ne va pas de soi, crises de violences ahurissantes dans des pays autrefois pacifiques, au Mexique, par exemple ...
Loin tout ça.
Très loin.
Distrayant au moment des infos de 20h, pour accompagner le dîner. Théâtre d'ombres.
Digestion endormie.

Acte 2 scène 1
Voilà que ça recommence près de chez nous. Encore les Balkans. Décidément, ils sont bien remuants ces gens-là.
C'est la Grèce qui fait des siennes, cette fois.
Endettés qu'ils sont. En même temps ma bonne dame, c'est un peu normal. Pensez donc. Ces gens-là sont feignants comme des couleuvres, à dormir tout l'après-midi, pendant que les honnêtes gens travaillent. Et puis permettez-moi de rire. A part l'huile d'olive et le sirtaki, ils n'ont pas grand-chose à vendre. C'est vrai pourtant que les plages sont jolies....


Et les médias en rajoutent une couche en nous expliquant que l'Allemagne qui est bien bonne en a assez de renflouer ce pays de jouisseurs. Ben oui quoi! On la comprend, l'Allemagne! Des gens sérieux, les Allemands, bosseurs, disciplinés, tout.
Bonne commerçante aussi, l'Allemagne: pensez donc, elle vend en 2010 pour 403 millions d'euros d'armes. 223 obusiers et un sous-marin, exactement. Pourtant, la Grèce était déjà endettée jusqu'à l'os à cette époque. Alors?
Aïe, premier grincement.
Si seulement c'était le dernier...

Il se trouve que j'ai des amis très chers en Grèce. Des gens qui ont toujours travaillé dur. Ils payent leurs impôts comme vous et moi.
Ces amis, médecins tous les deux, exerçaient à Londres. Ils ont fait le choix de retourner en Grèce il y a quelques années, parce qu'à Londres, ils ne se sentaient pas chez eux. Je suis allée les voir il y a deux ans. Ils étaient heureux d'être revenus au pays. Déjà, on parlait des grèves et de la pénurie de carburant, mais leur région, l'Epire, n'avait pas été touchée.
Moi, comme à chaque fois, je me laissais porter par leur qualité de vie. Pas de trépidance, pas de RER à affronter tous les matins, salutations dans la rue, réunions d'amis le soir à la fraîche, chant des cloches.



Je notais bien quelques bémols qui couinaient discrètement: beaucoup de grosses voitures, toutes achetées à crédit. Beaucoup de belles maisons toutes neuves. Crédit encore. Je ne me suis pas attardée. C'était leurs affaires.

Hier, mon amie qui ne se plaint jamais m'a écrit. Voilà textuellement ce qu'elle me dit:

"  ...Les magasins ferment les uns après les autres , le chômage est à 22% ( 1.000.000 !!!). Les gens ont commencé a avoir faim, ils ont coupé le chauffage (en Epire, il fait aussi froid que dans l'Est de la France, l'hiver). Je ne vois aucun de ceux qui nous gouvernent prendre leurs responsabilités.








Je t' ai dit que nous n'avons plus de salaire et que nous avons des impôts  affreux à payer? Et malheureusement la vie quotidienne n' a pas baissé du tout.
C'est difficile pour une grande partie de Grecs.  On va voir.  On se trouve dans le centre du cyclone. Où il va nous amener, on va le voir bientôt."
.......

  Voilà plus de 2000 ans, ça n'allait pas non plus. Les gens se trouvaient réduits en esclavage pour dettes. Les Grecs plus aisés et instruits dénonçaient le monopole des nobles sur le pouvoir. Troublant, non?
En réaction à cela naquit la démocratie. 

Attendons la scène 3.













lundi 2 janvier 2012

De 2011 faisons table rase

L'année qu'on vient d'enterrer fut particulièrement immonde. Autant dire que je ne la regretterai pas.
Adios 2011. Ça me fait pas plaisir de prendre un an de plus dans les dents, mais là, je passe outre.

Un des seuls trucs 2011 pas trop déprimant, c'est cette nouvelle manie de bloguer. Au début, je voulais pas. On m'a poussée (merci Vlad) et finalement, j'aime bien. D'abord, je me suis dérouillée question bricolages-sur-le-net. Non pas que je sois une bête, certes non, mais j'ai tout de même fait de gros progrès. C'est satisfaisant.
Ensuite, j'ai découvert des gens qui écrivaient bien des choses intéressantes. Le blog a remplacé le salon du XVIIIème siècle, à part qu'on ne reçoit plus chez soi en perruque poudrée, mais sur un écran. C'est moins convivial, mais plus simple. Enfin moins convivial, faut voir...j'ai découvert aussi que les blogueurs se rencontraient et formaient des bandes de vieux potes assez désopilantes. Y'a même des fâcheries, c'est dire.

Mais la surprise entre toutes, c'est que des gens m'ont lue, moi. J'étais pourtant quasi sûre que je bramerais seule pendant des mois dans le désert des Tartares avant qu'un égaré veuille bien se pencher sur ma prose.
Alors bien sûr, au début, il y a eu les copains copines qui ont jeté un oeil complaisant encourageant.
Merci à  Nadezda, Lecanasson, Sorcière, Vlad... de ne pas m'avoir laissée me morfondre dans mon trou virtuel.

Et assez vite, à ma stupeur, d'autres sont venus: Homer, Killya, Pirée, Francis, Nicolas, El Camino, Frederic, Captainhaka, MHPA, David Burlot, Minijupe, Juntos,  Chat de Nuit, Boutfil, Corto74, Copine Débile, Solveig, Anka, Thierry Régis, Monsieur Poireau, Madame Dubartas....., sans parler des anonymes ou des inconnus qui viennent à moi de leurs lointaines contrées. Pensez donc! Jusque de Thaïlande ou du Honduras! Incroyable!
 J'espère que je n'oublie personne et sinon venez tout casser, vous avez le droit.

Alors, chers tous qui m'ouvrez tant de perspectives et me régalez de vos textes et de votre amitié, je vous souhaite une très bonne année 2012.
A commencer par une bonne digestion de tout ce que vous avez mangé et bu hier.
De continuer à écrire ce qui vous chante ensuite.
Et tout plein de chose agréables pour l'année toute neuve.


samedi 31 décembre 2011

Désertion

J'émerge.
Depuis un moment, je n'écoute plus la radio, je ne lis plus les journaux et l'ordinateur orne mon capharnaüm de bureau.



C'est simple: j'en ai eu marre. Comme un sorte de saturation générale.
Certains font des indigestions de foie gras. Moi, j'ai saturé aux écrans et aux ondes.
Demain, je crois bien que je vais me payer le luxe de me flanquer au lit très tôt avec un bouquin,

Je le lis en français, ne nous égarons pas

                                                                            un chat ,


et des trucs à grignoter pendant que le monde s'agitera et ça sera le bonheur.

Et puis l'avantage, quand on cesse de prendre garde aux remous du monde, c'est qu'on ouvre les yeux sur d'autres choses.

Je suis allée voir les ballets Moïsseiev avec mes filles.


J'ai goûté à la ballade dans Paris le nez au vent. C'est ainsi que je suis allée avec Boutfil m'acheter des bricoles pour faire des bracelets. Reste à m'y mettre.



Au passage, j'ai croisé quelques graffitis intéressants




et dans le RER, tandis que je descendais l'escalier roulant bien calmement, un gars pressé  nous a dépassés en lugeant à fond entre les deux rampes. Il s'est réceptionné en bas avec la grâce d'un gymnaste. J'ai failli applaudir.

Hier, j'ai récupéré deux amis qui arrivaient de Belgrade. Vingt-cinq heures d'autocar. On prend le métro à la porte de la Villette où les tourniquets débloquaient. Ils sont passés avec un seul ticket. Une fois dans la rame: paf! Contrôle. Du jamais vu et il fallait que ça tombe sur eux, tout perdus dans leur rêve de ville lumière et à moitié endormis.
On a réussi à embobiner la contrôleuse qui pour une fois, était humaine. Ils ont fait semblant de ne pas parler anglais, la contrôleuse ne parlait pas anglais, moi j'ai fait semblant de ne pas les connaître et de parler anglais. J'ai proposé mes augustes services de fausse parisienne vaguement anglophone. Ils ont montré leur passeport et la contrôleuse les a laissé filer. Ça tombait bien, on arrivait juste à Stalingrad (encore des Slaves) où il fallait descendre. Double scoop: on peut donc être contrôlé dans les rames et les contrôleurs peuvent parfois lâcher prise devant de dignes étrangers serbophones. C'est bon à savoir.

Pour finir, lecanasson nous a rejoints et une fois mes hôtes installés dans mon studio parisien



 (que je mets bientôt en location, qu'on se le dise!), nous avons filé chez moi, dans ma banlieue mal famée.

Là, après une journée passée à causer en évoquant bien des souvenirs - lecanasson et moi étions ensemble à l'école primaire, au collège et au lycée - il nous a pris l'idée folle de regarder "l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux". Vu le pseudo de mon invitée, on n'allait pas s'en tirer comme ça.
Je l'ai enfin raccompagnée dans la nuit noire et hurleventeuse à une heure indue. Elle habite dans l'Essonne et la A86 était fermée. Quelques sangliers plus loin, je la dépose chez elle et au retour, la A86 était encore plus fermée, si bien que je me suis égarée du côté du Perreux vers 1h du matin, seule sous une pluie battante, dans les rues désertes. Les danses slaves de Dvordjak  passaient sur France Musique et ça m'a donné du coeur au ventre. Rendue enfin en terrain connu, du côté du Raincy, j'ai été ralentie par une camionnette qui semblait encore plus perdue que moi au Perreux. Tenez-vous bien, elle était immatriculée en Serbie et juste à ce moment-là, la radio attaquait la danse opus 72 n°2 en mi mineur: celle inspirée du kolo.
Journée marquée sous le signe de la Serbie, décidément.