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dimanche 16 juillet 2017

Renouveau nazi en Europe. L'exemple de la Croatie et des pays baltes

L'histoire est un boomerang. Tout le monde croyait l'Europe vaccinée contre le nazisme et le voilà qui revient au galop.

L'affaire des "Frères des Forêts",  surgie le 12 juillet dernier des protestations russes contre une "propagande" de l'Ouest, en dit long sur la question. L'OTAN met en ligne une courte vidéo de huit minutes, où les Frères des Forêts sont présentés comme d'héroïques résistants à l'occupant soviétique. La Russie et le PCF contredisent la chose en présentant les héros en question comme des membres de la Waffen SS en déroute, planqués dans les forêts baltes après l'écroulement de l'Allemagne.
Si l'histoire était aussi binaire, tout serait clair et pur comme du cristal. En réalité, les "héroïques résistants" étaient un ramassis de gars hétéroclites: vrais patriotes, nazis en déroute, juifs rescapés de l'horreur nazie et ne sachant pas trop quelle direction prendre à part celle de la forêt, paysans sans terre et bien d'autres.

Le dernier Frère de la Forêt, August Sabbe (âgé de 69 ans), sera découvert par les agents du KGB en 1978. Pour éviter d’être capturé, il saute dans une rivière et se noie.
La version Waffen SS, c'est celle des sites russes. Un peu simpliste, pas totalement faux et néanmoins révélateur. Car les nationalismes tendance croix gammée gagnent du terrain sans trop se gêner dans notre belle Europe tolérante. A croire que seuls les Allemands auraient le privilège de la culpabilité: les jeunes générations sont invitées à tous propos à se couvrir la tête de cendres pour les crimes commis par leurs arrières-grands-parents. A Freiburg il y a dix ans, au milieu d'un grand carrefour, j'ai vu des panneaux de direction qui indiquaient, entre-autres, les kilométrages pour divers camps de concentration. Prière de ne pas oublier. Vlan! Un coup de culpabilité en pleine face!
S'il ne viendrait à personne l'idée de diminuer la responsabilité allemande dans la guerre de 39-45, il serait juste aussi de ne pas oublier le rôle de quelques autres dont les remontées nationalistes sentent mauvais.

Les pays baltes, justement, sont intéressants et si quelques gars de la Waffen SS hantaient probablement les forêts après la guerre, ce n'est pas le plus grave. En Lettonie, des manifs encadrées par la police le plus officiellement du monde rendent hommage aux vétérans nazis qui, pendant la dernière guerre, ont lutté contre les Soviétiques. La haine du Russe est telle qu'elle semble tout laver, même les pogroms et les atrocités commises à l'époque par les joyeux vétérans présentés aujourd'hui comme des héros.
16 mars 2017. Commémoration de la Légion SS de Lituanie à Riga.

La presse française évacuent prudemment le sujet, sauf le Figaro qui glisse une allusion timide, l'Huma (dont l'article est excellent) et Médiapart. L'antisoviétisme est promu là-bas comme une valeur indiscutable sous peine de sanctions et quiconque ne parle pas le letton est considéré comme un non-citoyen: il n'a pas d'existence légale et ne vote pas. Alors d'accord, on ne rigolait pas du temps de Soviets, mais de là à légitimer les nazis...
On en est grosso modo au même point en Lituanie et en Estonie: glorification d'ex-nazis, interdiction de toute contestation, peines d'emprisonnement jusqu'à cinq ans) contre quiconque remettrait en cause la version officielle de l'état dans sa vision de l'holocauste (génocide nazi= génocide soviétique. Zéro nuance).
La Lettonie et l'Estonie font partie de l'UE et de l'OTAN. Ce sont des pays respectables.
La Lituanie contribue avec succès aux missions de l'OTAN. C'est aussi un pays respectable.

Lituanie: insigne nationaliste en usage pendant les commémorations de 2016. Source: Defending History


Maintenant, parlons un peu de la Croatie.
Le coeur politique du pays pendant la dernière guerre balançait côté nazi et on ne faisait pas dans la dentelle. Il existait là-bas un camp d'extermination tenu par les Croates eux-mêmes: Jasenovac. On y trucidait avant tout du Serbe, mais aussi du Juif, du Tzigane et du résistant. L'arme blanche était préférée aux chambres à gaz, telle le charmant sbrosjek ou "coupe-serbe":


Bon, ça, vous me direz, c'est de l'histoire ancienne. C'est vrai. Les Croates d'aujourd'hui ne sont pour rien. C'est vrai aussi. Mais comme les Baltes, ils ont subi le joug socialiste en la personne du petit père Tito, qui était certes plus sympa que Staline, mais tout de même. Donc Tito disparu et la guerre d'ex-Yougoslavie par là-dessus, les vieilles rancoeurs mal cuites ont ressurgi et les Croates sont retombés dans de fâcheux excès que notre chère UE ne veut surtout pas voir. La période titiste, puis la guerre leur confère le statut de victimes et tout est permis. Même de redevenir nazis.
Les mémoires d'Ante Pavelic, créateur du camp de concentration précité, promulgateur des lois anti-juives et chef des oustachis de triste mémoire, sont publiées le plus officiellement de monde dans les vitrines des librairies, aux côtés de Mein Kampf et une messe est dite à sa mémoire chaque année. L'opération tempête, vaste nettoyage ethnique de la région de la Krajlina, d'où les 250 000 Serbes furent chassés et tués en nombre, fut commanditée par un homme: Franjo Tudjman, ex président de la république de Croatie et négationniste virulent. Son bras armé admirateur des oustachis, Ante Gotovina, considéré comme un héros par las Croates, après une première condamnation en 2011 pour crimes de guerre, a été finalement acquitté en appel en 2012 par le tribunal de la Haye. Le juge italien Fausto Pocar commente: "Le jugement de la Cour d'appel contredit tout sens de justice".

Commémoration du 20ème anniversaire de l'opération "Tempête"à Zagreb, en août 2015
Et que faut-il penser de l'annulation, le 22 juillet 2016, du jugement condamnant le cardinal Stepinac pour sa collaboration avec les nazis? Jean-Paul II avait même envisagé sa canonisation!! La haine du Russe mène décidément très loin.

Dans la rue, à l'occasion des festivals ou des matches de football, la foule se laisse aller sans honte à scander:"Prêts pour la patrie!" cri de ralliement des oustachis. Lors du Mondial de football 2014, on entendit avec horreur les supporters croates hurler "Tue, tue le Serbe!"

La Croatie s'est imposée face à la Serbie 2 à 0 lors du premier match entre les deux anciens ennemis depuis la guerre d'indépendance croate (1991-95), vendredi sur fonds de chants des supporteurs croates clamant "tue le Serbe" — Dimitar Dilkoff AFP
Ces excès sont encouragés par le pouvoir en place. La présidente Madame Grabar-Kitarovic laisse faire et le ministre de la culture, Monsieur Hasanbegovic considère que l’héritage de l’antifascisme n'est pas à prendre en compte. A l'appui de sa réflexion: celui-ci serait un «concept vide de sens», avancé par les «dictatures bolchéviques». Les politiques d’extermination des Serbes, des Roms et des Juifs mises en place par le régime oustachi sont révisées à la sauce de ce monsieur.
Bien entendu, le sentiment anti-serbe grandit et saute aux yeux de quiconque les ouvre un peu. Même les Italiens commencent à être mal vus.

Mais la Croatie fait partie de l'UE et de l'OTAN. C'est un pays respectable.

Il est de bon ton de s'émouvoir de la politique de fermeture des frontières aux migrants de la Hongrie ou d'autres pays d'Europe de l'est. J'ai entendu des commentaires fort condescendants à ce sujet sur France Inter le soir des attentats au Bataclan: ils étaient jugés "immatures". Mais qui dénonce le retour sans masque d'un nazisme affiché au sein même de l'UE? L'UE ferait bien de relire un peu l'histoire de l'Europe. Avant la venue au pouvoir d'Hitler, personne n'a voulu comprendre ni osé intervenir pour le stopper dans son élan. On sait où ça nous a menés.





mardi 14 janvier 2014

Où Pierre Vidal-Naquet dénonçait la loi Gayssot et prévoyait ses conséquences: nous y voilà.


Histoire, sa négation et la loi

par Dominique Vidal



L’histoire, sa négation et la loi : si j’ai choisi ce thème, c’est devant le spectacle lamentable donné le 12 octobre 2006 par notre Assemblée nationale lorsque, aux trois quarts vide, elle vota un projet de loi punissant d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende quiconque nierait le génocide arménien. Les instigateurs avaient de toute évidence plus en vue les suffrages des Arméniens de France ou ceux des opposants à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne que la mémoire des martyrs de 1915-1917.
Or, sur ce genre d’errance, Pierre Vidal-Naquet nous a légué quelques idées simples et fortes, que je voudrais évoquer ici brièvement.
Il me faut d’abord souligner que, dans notre époque de grande confusion intellectuelle – je dirais presque mentale –, s’il est une qualité rare et néanmoins plus nécessaire que jamais, c’est la cohérence. Par là, je n’entends évidemment pas le dogmatisme, grâce auquel certains traversent les décennies sans rien voir de ce qui change, se contentant d’appliquer une grille de lecture obsolète, et qui l’était d’ailleurs souvent dès sa création.
Non : je pense, au contraire, à cette capacité de comprendre et, si possible, de transformer la réalité mouvante sans que les préjugés la rendent inintelligible, mais sans non plus perdre de vue quelques points de repères philosophiques, moraux et méthodologiques, sans lesquels elle serait également incompréhensible.
Pierre Vidal-Naquet a consacré une partie de sa vie et de son œuvre à combattre pied à pied ceux qu’il appelait les « assassins de la mémoire » – François Gèze y reviendra et je ne voudrais pas lui couper l’herbe sous le pied. Ce combat, faut-il le préciser, il le mena comme historien, comme citoyen et comme Juif, qui plus est fils d’un père et d’une mère disparus dans le camp d’extermination d’Auschwitz. Cela seul suffit d’ailleurs à justifier la place de cette réflexion dans notre séquence.
Or voilà que, le 13 juillet 1990, s’ajoute à la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis, dit loi Gayssot, qui punit « ceux qui auront contesté […] l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité ». La plupart des observateurs y voient alors une victoire du combat contre le négationnisme. Pas Pierre Vidal-Naquet : « J’ai toujours été absolument contre cette loi, avec d’ailleurs la grande majorité des historiens, expliquera-t-il. Elle risque de nous ramener aux vérités d’État et de transformer des zéros intellectuels en martyrs. L’expérience soviétique a montré où menaient les vérités d’État. La loi de 1972 contre le racisme suffit amplement [1]. » Au nom de la liberté de la recherche, la Ligue des droits de l’homme, avec sa présidente Madeleine Rebérioux, va dans le même sens. Une personnalité comme Simone Veil avait d’ailleurs déclaré : « Il n’existe pas de loi pour interdire d’affirmer que Jeanne d’Arc n’a pas existé, ou que Verdun n’a pas eu lieu. Si l’on fait une loi, c’est que le débat est ouvert. Ce n’est pas le cas, même si quelques olibrius prétendent le contraire [2]. »
De fait, non seulement la loi Gayssot n’a pas mis fin à la propagande des négateurs du génocide nazi, qui a notamment envahi le cyberespace, mais elle a dissimulé aux défenseurs de la mémoire la nécessité d’une bataille d’idées implacable. Pis : elle a permis aux nostalgiques de l’antisémitisme nazi de se draper dans les plis du drapeau de la liberté – eux qui ne haïssent rien tant que la liberté…
Quinze ans plus tard, sa position claire, bien que minoritaire, a permis à Pierre Vidal-Naquet de mieux contribuer à la défaite de la loi du 23 février 2005, qui prétendait imposer aux manuels scolaires la défense des « aspects positifs de la présence française outre-mer et notamment en Afrique du Nord ». Il l’a fait sans s’empêtrer dans les contradictions de ceux qui dénonçaient la loide 2005 tout en défendant celle de 1990.
Ici se manifeste cette cohérence dont je parlais. Elle a trouvé son expression la plus nette, à mes yeux, dans l’appel « Liberté pour l’histoire », que Pierre Vidal-Naquet signa avec plusieurs de ses confrères. Ce texte mérite d’être relu :
« L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
« L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique.
« L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.
« L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas.
« L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’État, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire
 [3]. »
Ainsi Pierre Vidal-Naquet et ses confrères rejetaient-ils, d’un même mouvement, la loi Gayssot sur le négationnisme, la loi reconnaissant le génocide arménien, la loi faisant de la traite et de l’esclavage un crime contre l’humanité et la loi sur le bilan positif de la colonisation qui, concluaient-ils, « ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique ».
En menant ce combat, Pierre Vidal-Naquet ne défendait pas que le principe de la liberté de la recherche. Il exprimait aussi et surtout sa confiance dans la capacité des historiens et, plus généralement, des intellectuels, à travailler pour la vérité et, ce faisant, à convaincre leurs contemporains.
Permettez-moi de conclure sur un souvenir personnel. Il y a cinq ans, je préparais une synthèse des travaux des jeunes historiens d’outre-Rhin sur le génocide nazi. Pierre accepta d’en relire, crayon en main, le manuscrit. Certains chapitres pouvaient choquer, tant ils contredisaient l’historiographie traditionnelle. « Ne vous censurez pas, me dit-il fermement. L’essentiel, c’est de faire connaître aux lecteurs français l’apport de ces historiens, y compris ce qui, même troublant, permet d’approfondir la compréhension du génocide. Cela seul compte. Et tant pis pour ceux que cela choquera. »

Notes

[1] Interview au Monde, 4 mai 1996.
[2L’Express, 25 septembre 1987.
[3Libération, 13 décembre 2005.

dimanche 5 janvier 2014

Je n'ai plus huit ans et j'aimerais bien qu'on en tienne compte

Quand j'avais huit ans, ma mère m'interdisait d'adresser la parole à ma petite voisine, sous prétexte qu'elle était faux-jeton et je ne sais quoi encore.
Résultat, j'allais acheter en douce des cargaisons de bonbons avec elle et on rigolait bien. N'empêche qu'au fond de moi, je n'étais pas tranquille, tant j'avais l'impression que l'oeil de Caïn était braqué sur mes turpitudes et qu'un jour, j'aurais à rendre des comptes.

J'espérais être débarrassée de cette surveillance permanente.
Je me trompais.

Nos politiques nous prennent à ce point pour des mouflets qu'ils prétendent nous interdire de juger nous-mêmes de qui est fréquentable ou pas. Et on n'arrête pas de nous seriner du Dieudonné par-ci et du Dieudonné par-là.
Je commence à en avoir assez.
Dieudonné ou n'importe qui d'autre, même un bien plus affreux ou bien plus bête devrait avoir L'ENTIÈRE ET TOTALE liberté de dire ou même d'écrire ce qui lui passe par la caboche. Peu importe que Monsieur Valls, ou je ne sais quelle association bien pensante en vomissent des crapauds.
En outre, je ne vois pas du tout de quel droit, un ministre fût-il de l'intérieur, déciderait tout bouffi de  sa toute puissance, d'interdire ceci ou cela en se dispensant de l'avis des juges.


De toute façon on a ouvert la boîte de Pandore en édictant des lois qui interdisent à la parole de s'exprimer, au nom de très belles pensées: le racisme, l'antisémitisme...on voit où ça mène.
C'est au citoyen de se forger son opinion tout seul. Il est assez grand pour ça et ça serait une très bonne idée qu'on arrête de le brider avec tout ce baratin bien pensant, le citoyen.
Il ETOUFFE, le citoyen.
Qu'on laisse donc les gens débattre librement, s'insulter librement et se traiter de tous les noms d'oiseaux, même racistes, qui leur passent par la tête.
C'est à ce prix-là qu'on continuera à faire marcher notre cervelle.

Sinon, encore un peu  et ces messieurs les ministres ou les législateurs penseront à notre place.




Là-dessus, je vous souhaite une très bonne année 2014: des rebondissements salutaires, le retour à la raison de nos politiques à la dérive, la liberté d'écrire tout ce qu'on veut sans avoir de comptes à rendre, beaucoup de bonheur et toujours et encore, l'amitié.

vendredi 31 mai 2013

Chronique d'une rafle avortée


Voilà comment la police arrête des gens qui ne font rien d'autre qu'arborer le sigle anti mariage pour tous sur leur vêtement.
N'a-t-on donc plus le droit d'afficher son opposition à une loi?
Plus le droit de l'exprimer sur la voie publique sous cette forme?

Ici, un avocat, Maître Triomphe (ça ne s'invente pas) est intervenu et les policiers, qu'on sent gênés, finissent par libérer leur prise. Des bandits de grands chemin, comme on peut le constater...

Alors, retenez bien:
Article 432-4 du code pénal.
Les forces de l'ordre ont l'obligation de ne pas appliquer un ordre contraire au droit.
Un policier risque sept ans d'emprisonnement s'il se rend coupable d'abus d'autorité.
On a le droit de prendre des photos.

Autre vidéo, parue aujourd'hui sur le site de Valeurs actuelles et Infos Bordeaux. Elle est visiblement censurée, puisque désormais illisible sur chacun de ces sites. Dommage. Elle montrait comment la police molestait des manifestants plutôt calmes, opposés au mariage pour tous, venus accueillir Manuel Valls de grand matin, sous la pluie.

Comment des politiques peuvent-ils en arriver là?
Ont-ils fini par croire que les manifestants étaient réellement des suppôts de Mussolini? Ont-ils peur?

Au début, je pensais que c'était impossible. J'imaginais que ces gens, drapés dans leur pouvoir et leur superbe, étaient simplement vexés d'être gênés aux entournures dans leurs élans.
Les accusations d'homophobie et autres fantaisies imaginaires, je les voyais comme autant de poudre aux yeux malfaisante.

Je commence à me demander s'ils n'ont pas fini par croire à leur délire.
Du coup, tout devient possible et moi qui était plutôt modérée au début, je suis atterrée et furieuse.
D'abord, on nous a ignorés comme des crados.
Maintenant, on en vient aux arrestations arbitraires et à la répression musclée.

Quelle sera la prochaine étape?





dimanche 11 novembre 2012

Voilà ce que je pense du "mariage pour tous"

Je pense que cette histoire est un rideau de fumée.
Hollande revient sur ses promesses. Une par une, elles retombent comme des soufflés.
Alors qu'est-ce qui reste?
Deux-trois mesures pâlotes, piètres paravents aux vrais problèmes. Mais Hollande et ses lieutenants entendent nous les imposer pour ne pas se déjuger complètement.
Franchement, qui en France fait de cette question du mariage des homosexuels une priorité? Est-ce bien le moment? Nous vivons une crise de société grave, c'est désormais l'ère du chacun pour soi, des communautarismes, des angoisses et des violences... Le maire de Sevran est en grève de la faim, parce que sa commune est condamnée dans l'indifférence générale à une banqueroute permanente, les adolescents se suicident, se scarifient, boivent, baisent ou se réfugient dans les écrans cotonneux. Au lieu du consensus autour d'une règle commune, chacun forge les siennes propres et on transgresse à tout va.

Quand on nagera dans le calme et l'opulence, alors, on en reparlera. Mais mettre sur le devant de la scène une question aussi futile, dans un contexte pareil claque comme un crachat en pleine poire. D'autant plus qu'il n'est pas question de référendum.
Le message est clair: Français, votre avis, on s'en fout et vos problème aussi. Casquez, démerdez-vous et bouclez-la.
Place à cette grave question, importante entre toute: le mariage pour tous.

Déjà, le terme fait réfléchir. Place aux euphémismes si chers aux adeptes du politiquement correct. "Mariage homo", c'était trop violent, alors on lui préfère "pour tous", même si ça sous-entend qu'on va désormais pouvoir épouser son frérot ou son chien.
Ensuite, on brandit toutes sortes de chantages pour nous imposer ça.
Quiconque est contre devient un ennemi de la modernité, de l'égalité, de l'amouuuuur, des libertés, de la laïcité, un homophobe, bref: un parfait salaud.
Pour compléter le tableau, nos beaux penseurs enfoncent le clou avec le "droit à l'enfant". Au nom de l'égalité peut-être? La nature est une garce qui n'a pas accordé aux hommes le même pouvoir qu'aux escargots: l'hermaphrodisme. Il faut un homme et une femme au commencement du début d'un enfant.Vacherie! Alors on chosifie le gosse et c'est parti.



Le mariage est une chose sérieuse.
Pour les croyants, c'est un sacrement. Respectons au moins ça!
Sinon, c'est le seul socle un peu solide qui permet à ce qui reste de notre société pour ne pas voler en éclat. C'est tout de même une institution qui tient la route depuis plus de 5000 ans et ce, aussi bien chez nous que chez les Dowayos ou les Bachkirs: un papa et une maman pour les enfants, un cadre stable, des règles de filiation claires, un engagement à vie par la promesse faite en public devant tous...


Pour faire voler en éclats une telle assise, il faut des raisons solides.
La perspective de se refaire une virginité électorale par ce moyen, en agréant une infime minorité de revendicateurs me semble être un argument un peu mince.
Je crains que Monsieur Hollande et sa suite ne se servent de la cause homosexuelle pour servir ce qu'ils croient être leurs propres intérêts. S'ils voulaient rendre la vie des gays plus facile, qu'ils revoient le PACS et les mesures de protection au dernier vivant, par exemple. Ça serait déjà un début.

Contrer cette initiative irréfléchie et dangereuse n'implique en rien qu'on soit homophobe, liberticide ou facho. C'est juste un réflexe de bon-sens.

A toutes fins utiles, je signale qu'il existe une pétition qui réclame un réferendum sur cette question.
Le lien est ---> ICI

Une manifestation est organisée le 17 novembre prochain, au départ de la place Denfert Rochereau à 14h30. Toutes les précisions sont sur ce lien ---> ICI.

vendredi 23 décembre 2011

Nostalgie choronesque 2


Voilà quelques temps déjà, j'avais piqué une petite crise nostalgique. La liberté de ton du temps jadis pas si lointain m'avait frappée: à peine 30 ans sont passés et on est bridés comme des dindes..
Alors à la demande générale, j'ai bien envie d'en remettre une tournée. La nouvelle année approche et avec elle, son lot de non-dits et de parole bien pensante.
Cette manie oppressante me tape de plus en plus sur les nerfs. Je rêve de goûter aux discours des  trubilions les plus irrespectueux et les plus insupportables. J'ai envie d'entendre fuser tout et n'importe quoi comme des torpilles. Les gros mots, les idées de tous poils, même les pires, les insultes...
Si on perd le droit de dire des conneries, on va finir avec la profondeur de réflexion d'une carpe. Je ne veux pas finir en carpe.
Et puis à force d'empêcher de dire et de penser les bonnes gens, la violence leur suinte par tous les pores de la peau et c'est bien pire.

A cette époque-là, donc, j'étais gamine.


Mais je me rappelle très bien les délires télévisuels de Pierre Desproges.


Que les croyants veuillent bien me pardonner cette incongruité. Je suis croyante aussi, ça ne m'empêche pas de me marrer en voyant ça. Vivent les incongruités!

Je me souviens aussi les discussions bagarreuses où, chez Michel Polac, tout le monde finissait par se foutre sur la figure en braillant. Quel bonheur!


Au cinoche, on se prenait pas le chou à se demander si on avait le droit de dire ça ou pas. On le disait.
Les hommes étaient virils, brutaux et tout puissants. C'était pas vrai, mais qu'importe?


Les Allemands étaient des salauds ridicules.


Les bonnes femmes étaient des potiches bien roulées, ou des cruches bobonnes ou les deux.

Les Arabes étaient des terroristes.


                                                               Bref, on nous foutait la paix.

Les âneries, les excès, c'était le prix à payer pour rester à peu près libres. Tandis qu'aujourd'hui...vous voulez que je vous dise?
Aujourd'hui, "ILS NOUS LES BRISENT MENU!"* et "C'EST PAS PARCE QU'ON A RIEN À DIRE QU'IL FAUT FERMER SA GUEULE."*


* Michel Audiard



samedi 17 décembre 2011

Sale mouchard

Hier, j'ai déjeuné avec ma maman.
Nous avons commencé par nous tremper comme des soupes sous les hallebardes qui dégringolaient en rafales.
Une fois à l'abri, bien au chaud à l'étage d'un café confortable - gemütlich* dirait-on en allemand, mais il n'existe pas de traduction française pour ça - nous avons commencé à deviser de tas de choses passionnantes, en dégustant un pavé de saumon à l'estragon servi avec des tagliatelles.
Il est entendu que ma maman n'est pas très geek et moi non plus. On tripote l'informatique maladroitement, certes, mais sans comparaison avec le haut de gamme tel que Nicolas Jegou, par exemple.
Voilà pourtant qu'elle se met à m'expliquer d'un air inquiet que les smartphones permettent de pister leur propriétaire, quoiqu'on fasse. La saleté d'appareil serait équipée d'un système qui, à l'insu de son propriétaire, permettrait non seulement de le suivre à la trace, mais d'accéder à ses photos, ses SMS, ses turpitudes, tout!


J'étais un peu vaseuse hier, me relevant à peine d'une journée de boulot en mode grippe intestinale. Sur le coup, j'ai trouvé ça étrange que Big Brother nous ait mis la main dessus aussi facilement. Et puis, j'en aurais quand même entendu parler. Si un mouchard pareil venait mettre sans dessus dessous les secrets des smartphones, la moitié de mes amis au bas mot aurait déjà divorcé (je plaisante).
J'ai enregistré tout ça, sans questionner plus avant. Mon équipement personnel étant suffisamment préhistorique pour me garantir une opacité de bon aloi. C'est ça l'essentiel après tout. Que les amateurs de smartphones coûteux que je n'ai pas les moyens de me payer aillent donc se faire moucharder ailleurs.
De toute façon,  hier je n'étais pas d'humeur à soumettre ma maman à la question sur les détails techniques de Big Brother, dans notre café gemütlich*. On a enchaîné sur autre chose.

Aujourd'hui, je suis guérie et reposée. Diverses choses agréables s'annoncent ce week end, le soleil brille. Je me suis donc attelée aux vérifications de ce que ma maman m'a dit hier, in dem gemütlichen Cafe.**
Et ce que j'ai trouvé n'est guère rassurant, même si le mouchardage en grandes largeurs n'était pas encore de mise.  Quand on possède ce genre d'engin, il faut adopter la prudence de la belette.


Il existe en gros  trois passoires traîtres:

LA GÉOLOCALISATION (TRAÎTRISE N°1)
D'abord, on peut se faire pister si on active l'application GPS associée à internet ou d'autres gadgets du genre, sans le désactiver après usage. Et même quand on le désactive, on ne sait jamais qui va rester pendu à vos basques: toutes les nuits en douce, Apple, Google et Microsoft récupèrent la liste des réseaux Wi-Fi rencontrées durant la journée, gentiment transmises par les smartphones et Iphones. On se demande bien à quoi ça leur sert.

LA NAVIGATION INTERNET (TRAÎTRISE N°2)
Les opérateurs mobiles et les fournisseurs d'accès à internet disposent de l'historique complet des connexions internet de leurs abonnés. Ce sont des gens verreux vertueux, donc ils ne gardent rien. Admettons.... Mais tout est archivé dans la mémoire des téléphones et de petits logiciels vendus sur internet permettent de tout transférer sur un ordinateur. Prudence, donc.

LES APPLICATIONS (TRAÎTRISE N°3)
Ces machins-la sont sympas. Ils fournissent plein d'infos toutes jolies: critiques gastronomiques, soldes, places de ciné à prix cassés... sauf qu'en même temps, lesdites applications accèdent à vos données personnelles via les logiciels dont c'est le boulot et là, tout y passe. Ensuite, les développeurs sans scrupules  les récupèrent et le vendent à des régies publicitaires. Quant aux usagers, on ne les avertit de rien. C'est illégal, oui, et alors?

LES IMPRUDENCES (PAS TROP TRAÎTRES)
Il vaut mieux éviter de jeter ses données personnelles à la face du monde. Il y a des évidences, comme verrouiller son appareils et ne pas le laisser traîner sur la table du café du commerce (même gemütlich). Moins évident:  dans un web-café, votre appareil se connecte automatiquement à un réseau wifi non sécurisé, vous exposez donc aimablement toutes vos données, personnelles ou professionnelles, stockées sur ce terminal. N’importe quelle personne connectée à ce même réseau peut y accéder sans grandes difficultés. Eh oui! Il suffisait d'y penser.
Et puis tant qu'à faire, ne tentons pas le diable: les voleurs à la tire sont partout. Exhiber sont beau smartphone dernier cri au nez et à la barbe d'inconnus dans le métro, c'est imprudent. Surtout s'il est allumé, pas verrouillé, s'il est équipé d'un code PIN ridicule, style 0000 ou votre date de naissance et si on n'a pas pris soin de noter quelque part le code IMEI qui permet de le bloquer à distance.

Ces systèmes nous rendent la vie plus facile, plus conviviale et plus scintillante. C'est vrai. Mais ils ont une face sombre comme le charbon. Certains, les Hommes libres, s'en passent complètement et échappent à l'oeil de Caën. Seulement alors liberté rime avec retraite au désert. Tout le monde n'a pas le cran d'un stylite.

Les autres, les enchaînés, rappelez-vous: prudence de belette et vigilance de marmotte.




* Alors quoi? Qu'est-ce que c'est que ce mot barbare?
Il évoque simplement une ambiance qui procure la plénitude, la détente du corps et de l'esprit, la paix des âmes. Ça peut être un café qui sent bon, où les gens parlent doucement, où il fait chaud et où on a envie de passer des heures à lire un bouquin, pendant que dehors, il gèle férocement. Ou une pièce douillette où brûle un feu de bois, pendant qu'on se vautre en chaussettes sur son canapé, un chat sur le ventre et un verre de quelque chose à portée de main.
Pas si barbare en fin de compte.

** "Dans le café douillet", décliné au datif singulier, vu qu'on y était sans se déplacer d'un point à un autre. Auquel cas, il aurait fallu utiliser l'accusatif.

vendredi 4 novembre 2011

Tout le monde il pue

 Allez comprendre pourquoi, ma pensée baguenaude vers les barbus babus.
Vous savez, ces personnages à la Mangeclou du feuilleton Signé Furax.









 le Grand Babu, Léon Klakmuf, le frère babu Maklouf. Tous plus loufoques et fanatiques religieux les uns que les autres,


 ils adorent le Goudgouz, ou boudin sacré.


 Partis (déjà) à la conquête du monde en chantant à pleine gorge barbue l'hymne  des babus, que j'ai l'honneur de vous présenter ici:


Paroles

Chaviro Rotantacha Chamipataro Rogriapatacha

Des figues, des bananes, des noix.
Des noix, des bananes, des figues.
Des figues, des bananes, des noix.
Des noix, des bananes, des figues.
Tout le monde y pue,
Il sent la charogne.
Y a que le Grand Babu
Qui sent l'eau de Cologne
Tout le monde y pue,
Il fait mal au coeur.
Y a que le Grand Babu
Qu'a la bonne odeur.
Chaviro chami
Rotantacha Tantacha
Chamipataro
Rogriapatacha.
Chaviro chami
Rotantacha Tantacha
Chamipataro
Rogriapatacha.



Ça date de quand  déjà, Signé Furax?
1951
...







Francis Blanche et Pierre Dac, les papas des babus.

samedi 22 octobre 2011

Nostalgie choronesque

Nous vivons des temps moroses, où la moindre objection à la ligne officielle vous cloue aussi sec au pilori:
pas bien
pas gentil
raciste
facho
et j'en passe.

Finalement le mot d'ordre, c'est bouclez-la et pas de vagues.

C'est bien triste, parce que du coup, les bonnes gens ont tendance à se rencogner dans leur coquille, tout intimidés par ces censeurs qui leur font les gros yeux. Alors, ils déversent de l'eau tiède ou même, ils ne disent plus rien. Ils allument la télé et M6 bredouille à leur place.
Encore 20 ans comme ça et je me demande si on s'entendra encore penser.

Heureusement, il existe encore quelques solides grandes gueules qui ne s'en laissent pas compter. Il faut juste se remuer un peu le train pour les débusquer et pour ça, la planète blog est assez bien pourvue. Je n'ai pas encore tout épluché, mais déjà, je passe d'excellents moments à lire les blogs de gens qui savent écrire et qui n'ont pas peur de clamer haut et fort leurs opinions. Au cas où l'envie vous prendrait de vous encanailler sainement, je vous adresse à ma petite rubrique "le chef vous recommande", là, à gauche....Vous voyez? Voilà. Bonne lecture!

Malheureusement, tout le monde n'a pas d'ordinateur, tout le monde ne blogue pas et tout le monde n'a pas l'honneur de connaître les fortes têtes sus-citées.

C'est pourquoi j'ai remonté le temps. Voilà ce que j'ai trouvé. Ça a 30-35 ans et ça laisse rêveur.
La liberté de ton d'alors semble bien loin et elle s'affichait dans la presse, au cinéma, à la télé, partout.
La génération d'alors était peut-être gouvernée par de vieux réacs, mais quand elle ouvrait son clapet, ça déchirait sa race.

D'abord, honneur au regretté professeur Choron. Il allait parfois un peu loin, mais dans le fond, ça faisait du bien. Là, il attaque dur, âmes sensibles s'abstenir.


Les Monty Python, dans le genre British, étaient incomparables. Recueillons-nous au passage sur l'admirable portrait qu'ils font des Français. Tout est dit.


Autres temps, autres moeurs, mais les questions fondamentales demeurent. Hara Kiri ne faisait pas toujours dans la dentelle, mais ça secouait le bourgeois.


Et là? Qui, comme Coluche, oserait se payer la fiole des publicitaires grands pourvoyeurs de pépettes , aujourd'hui? Hum?
Personne.


Finissons en musique, avec Gainsbourg...



Que ce bref voyage dans le temps nous donne le courage de continuer à l'ouvrir bien grande contre vents et marées!! 
                                             Hisse et ho!

lundi 10 octobre 2011

Voïna résiste à coups de braquemard

J'ai découvert qu'un drapeau russe était apparu dans mes nouveaux flags. Toute émue, car la Russie occupe une place de choix dans mes fantasmes, je me suis mise à rêvasser. Et d'églises à bulbes en portraits de Lénine, j'en suis arrivée à Voïna.


Voïna, ça veut dire "guerre" en russe.
C'est aussi le nom d'un collectif d'artistes prêt à presque tout pour dénoncer le pouvoir en place.


Leur slogan: 


 "prenez vous en mains et agissez sans tenir compte des injonctions venues d'en haut" [...] démerdez vous tout seuls",   
ça veut aussi dire " foutez la paix aux autres, cessez de persécuter ceux qui pensent autrement de vous"




Leurs actions:


- renversage de voitures de flics devant un commissariat (ce qui a valu à deux des membres du groupe plusieurs mois de prison).
- partouze entre membres à l'occasion de l'élection de Medvedev à la présidence, sous le slogan "J'encule Medvejonok"
- Lancer de chats errants dans un mac Do pour permettre aux chats de goûter les humburgers et bousculer un peu les employés apathiques sur le concept de l'art contemporain de gauche.
- Concert punk dans une salle de tribunal durant le procès du commissaire d'exposition Art Interdits, jugé pour incitation à la haine religieuse. Ils ont fait entrer en lousdé tout le matos et dès l'ouverture de la séance, ils ont chanté "Tous les flics sont des salauds, ne l'oubliez pas!" On est en Russie tout de même, ils risquaient gros.


Et ainsi de suite.....


Mais pour moi, le chef d'oeuvre absolu, c'est ça, réalisé en 23 secondes sur le pont levant de Saint-Pétersbourg, juste sous les fenêtres du siège local du Service fédéral de sécurité [FSB, héritier du KGB]. 


Et la vidéo en direct de la création:


Le plus drôle, c'est que l'oeuvre, pudiquement effacée du pont très vite, a été présentée au  prix Innovation, l’un des plus grands honneurs pour l’art contemporain en Russie, décerné par le Ministère de la Culture et la Centre National de l’Art Contemporain
Voïna, après pas mal de discussions houleuses, a finalement remporté le prix. 
Seulement le collectif s'est payé le luxe de ne pas l'accepter, ni même d'empocher les 10 000 € assortis.


Ça c'est des purs!


на здоровье !