Affichage des articles dont le libellé est Désinformation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Désinformation. Afficher tous les articles

mardi 8 novembre 2016

Seine-Saint-Denis, condamnation à vie

L'heure est grave, je vais vous raconter comment j'ai réussi à m'extraire de ce piège à profs redoutable qu'on nomme la Seine-Saint-Denis.
Il y a plus ou moins vingt ans, quand l'idée m'est venue de passer le concours de prof des écoles (quelle nom à la con!), je venais d'emménager dans le département, je n'avais pas envie de risquer une nomination à Maubeuge, avec un bébé.
J'ai donc opté pour le premier degré qui me garantissait un boulot pas trop trop éloigné, puisque les nominations sont académiques et pas nationales. Une académie, c'est un regroupement de départements où le candidat naïf est sûr d'être affecté, surtout si c'est celle de Créteil, dont dépend la Seine-Saint-Denis.
J'aurais dû me méfier.
Vingt ans de boutique plus tard, mon enthousiasme sautillant quelque peu tiédi, je décide de demander à changer d'académie.
 

J'avoue que je commençais à être un peu lasse des excès de zèle des inspecteurs, confondant le 93 avec un tremplin vers de juteuses promotions. Certains n'étaient pas dans cette logique, mais ils se remarquaient et disparaissaient vite.
Je confesse avoir été gagnée par un léger agacement devant le décalage entre les discours ronflants et le "terrain": pas vraiment la joie, le terrain. C'était de plus en plus grotesque et décourageant.
Et surtout, je voulais rejoindre mon amoureux qui habitait Paris et changer d'air par la même occasion.
Dûment conseillée, j'ai commencé par me syndiquer. Pas de syndicat, pas de mutation, c'était comme ça.
La fille du syndicat, au demeurant très agréable, a commencé par me prévenir qu'à moins de vingt-cinq ans d'ancienneté, mes chances d'obtenir ma mutation étaient infimes.
Devant ma mine consternée elle s'est empressée d'ajouter qu'avec "un bon dossier", on pouvait tout de même essayer, mais que ça allait être difficile.
Un bon dossier, en clair, ça veut dire qu'on est un cas social ou en phase terminale d'un cancer explosif. Eventuellement au bord de la tentative de suicide, ou déjà à moitié suicidé. Pour optimiser ses chances de quitter l'académie de Créteil et tout particulièrement le département de la Seine-Saint-Denis, l'idéal consiste à être les deux à la fois: cas social et suicidé (ou cancéreux).
J'exagère à peine.

Il se trouve que par chance, je me débattais depuis quelques années dans un bourbier familial plutôt sordide et, double veine, que je commençais doucement à y laisser des plumes. On tenait un espoir de "dossier". Encore fallait-il mettre tout ça en forme pour que l'inspection académique le juge digne de son auguste intérêt.
J'y ai passé des semaines.
J'ai enterré toute fierté pour livrer absolument tout ce que je pouvais ramasser de plus tragique et de plus sordide dans mon existence. J'ai triplé ma fréquentation médicale et j'ai fini par réellement me sentir perdre pied.
Cette mutation, à mesure que je mesurais la quasi impossibilité de l'obtenir, virait obsessionnelle et plus je l'espérais, plus je me rendais malade et plus je me voyais coincée à vie dans ce foutu département avec tout ce que ça supposait de renoncements.
Je suis allée voir le médecin conseil, l'assistante sociale, le responsable du personnel. Devant tous, je me suis présentée comme usée jusqu'à la corde, misérable, bonne à jeter.
Enfin, le "dossier", moulte fois revu, rectifié, complété, peaufiné, a été envoyé.
Je vous laisse imaginer mon état de nerfs pendant l'attente du verdict. Ça a failli m'achever.

J'ai finalement obtenu le sésame: les huit cents points distillés aux cas jugés sérieux. Mon dossier était "passé", j'étais complètement saturée de ce combat et ma principale motivation consistait à me reposer et à préparer mon déménagement. Il restait en outre quelques bricoles à régler, comme demander une école parisienne pas trop pourrie.
Cette année-là, 247 enseignants ont pu quitter la Seine-Saint-Denis vers d'autres académies: 9,35% des demandes. En gros 247 élus, armés de points surgonflés sur 2470. Et regardez bien ce document: combien ont obtenu Paris cette année-là?
Quant aux candidats entrants, les pauvres inconscients, ils étaient 17, presque tous avec des barèmes misérables.
L'année suivante, j'ai découvert une autre planète et un autre métier. Faut dire que je revenais de loin.
Au même moment, à l'Est, le délai pour espérer s'en aller est passé de 25 à 34 ans. Les postes vacants frisaient les huit cents en 2015 (source: la nana du syndicat rencontrée par hasard). Les journaux, muets jusqu'alors, en ont parlé.


 







samedi 22 octobre 2016

Au fait, ça travaille combien de temps, un maître d'école?

Foutus feignants de profs!
Rendez-vous compte, ma bonne dame, ces gens-là travaillent six mois dans l'année et sont payés cher pour ce qu'ils font.
C'est ce qu'a dit Sarkozy, Mâme Jebavedesvipères, le 18 octobre dernier. Donc c'est vrai.

Effectivement, Sarkozy au mieux de sa forme a recommencé à nous asséner ses vérités.
Tout le monde sait que les profs ne foutent rien la moitié de l'année. Ils ont aussi des dents de loup qui poussent les nuits de pleine lune et font des orgies avec Belzébuth certains soirs de Sabbat.

L'équipe pédagogique en réunion de cycle du dernier vendredi.

 Bon, alors d'abord, un prof des écoles (beurk, quel appellation odieuse!), ça gagne dans les 2300 euros par mois après 20 ans de boîte, quand son déroulement de carrière a plutôt bien roulé.
Pour les profs certifiés, en principe c'est pareil, puisque le statut des enseignants du primaire sont censés être alignés dessus. En fait, non, c'est pas pareil: les profs du secondaires ne se farcissent pas la surveillance des récréations, ont des primes de conseil de classe, de tutorat...mais là n'est pas le sujet. Sarkozy a déjà décroché.

 

Je me suis amusée à faire un petit calcul. Combien d'heures hebdomadaires est-ce que je travaille chaque semaine?
Allez Sarkozy, on se concentre!

 

J'ai un CM2, ce qui nous donne:
   26 h de classe par semaine, comme tout le monde dans le primaire.
+ environ 12 heures de préparations et corrections confondues. Je passe systématiquement une bonne heure, voire plus, sur le temps de midi, pour corriger. Le soir, ce n'est jamais moins d'une heure trente, pour préparer et corriger. Le matin, j'arrive toujours 20 à 30 minutes avant le début des cours pour tout mettre en place, préparer le tableau, mettre sur les tables les travaux corrigés...
+ 30 minutes bien tassées de rencontre avec les parents.
+ Tout le bazar de formations obligatoires, APC (Aide personnalisée supposée aider les élèves en difficulté à raison de deux fois 30 minutes par semaine, sur le temps de midi), réunions et j'en passe: 108 heures annualisées réparties sur 36 semaines de classe. Ça va chercher dans les 3h par semaine.

Sarkozy va nous dire combien ça fait, tout ça. Attention Sarkozy, il y a une division à faire quelque part! Vas-y doucement.
26 + 12 + 30mn  + (108/36= à peu près 3h)= 41,5 heures. Allez, arrondissons à 42 heures.

S'ajoutent à cela:
  • - les temps de surveillance de récréation (environ 3 heures par mois soient 40 à 45 minutes par semaine), 
  • - le concoctage Ô combien exaltant des livrets par compétences qu'on nous oblige à présenter ainsi, quand bien même c'est abscons, mensonger et chronophage, 
  • - la paperasse qui accompagne la moindre sortie, le plus petit projet ou quoi que ce soit de ce genre. 
Je pense qu'on peut rajouter au bas mot une solide heure à notre compte, déjà rondelet.
Nous arrivons à 43 heures de travail hebdomadaire, et encore, j'ai un peu de bouteille et une foison de documents déjà prêts.

Sarkozy m'objectera que les profs se vautrent dans un temps de congés obscène, tel Hannibal dans les délices de Capoue.

L'équipe pédagogique prise en flag: vacances de juillet, séjour tout compris spécial profs.
 
Certes, à défaut de treizième mois, de comité d'entreprise, de médecine du travail, de souplesse lors des moments importants de la vie (on m'a royalement accordé trois jours pour le mariage, dont un seul rémunéré), de droit à la mobilité, nous bénéficions de 16 semaines de congés. C'est-à-dire quatre mois.
Ça y est , Sarkozy tient son os!

Notons tout de même qu'une partie de ce temps est consacré au travail de correction, préparation... ça dépend bien sûr de l'engagement de chacun. Je consacre deux à trois journées des petites vacances à faire mes affichages, peaufiner les détails et devinez? Corriger, préparer...
Pendant les grandes vacances, c'est très variable: entre quatre et douze jours sont nécessaires. Je suis loin d'être la seule.
Les 16 semaines ont déjà un peu rétréci.

J'ajouterai un détail important.
Enseigner ne consiste pas à rester assis sur sa chaise devant un ordinateur, avec son petit café et la collègue à qui raconter sa dernière recette de cuisine. Je sais, je caricature.
N'empêche.
Là, il s'agit de tenir à la force du, de...charisme, autorité, potion magique, ce que vous voudrez: une classe.
Une classe, c'est entre 25 et 30 mômes pas forcément disposés à faire ce qu'on leur demande, moyennement emballés à l'idée d'écouter ce que le prof dégoise, la plupart du temps soutenus contre vents et marées par leurs parents. Il y a des mimis et des parents sympas, bien sûr, mais il arrive surtout de tomber sur les spécimens cités en premier. A cette recette assez basique, il manque l'ingrédient vedette: le gamin handicapé mental et/ou engoncé dans des troubles du comportement bien carabinés. 
Au pire, un prof se trouve livré, seul au monde, à une horde de sauvages qui jouent au foot dans la classe (histoire vraie, mais pas dans la mienne), s'insultent et/ou se battent comme des apaches, traquent la moindre occasion de contrer le malheureux prof sur des questions délicates, le plus souvent religieuses. C'est rare en CP, mais j'ai connu ça en CM1 et CM2.

Sans les vacances, un prof ne peut pas tenir. Si on les diminue, il faudra instituer des jours de récupération, comme ceux qui font les trois huit et c'est inorganisable, ou engager beaucoup de remplaçants pour compenser les absences pour maladie ou démission.

Ceci dit, je ne me plains pas. C'est un chouette métier.
Je voudrais juste que les politiques (et Sarkozy en particulier, suivi de près par Najat) cessent de dire n'importe quoi.

Maintenant, interro écrite. On va voir si Sarkozy a écouté. N'oubliez pas d'écrire la date.
Najat et François, qu'est-ce que je viens de dire?


mercredi 19 octobre 2016

Flagrant délit d'intolérance nauséabonde

J'ai un compte Facebook. J'y ai de vrais amis dont je lis la prose, avec plaisir, même quand ils me fourrent sous le nez des assiettées scandaleuses de mets raffinés, à l'heure du sandwich pas frais expédié dans ma salle des maîtres glaciale.

Clin d'oeil appuyé.

 
Voyez le genre...Suivez mon regard.


J'y collectionne aussi pas mal de connaissances plus ou moins amicales, dont la prose plus inégale me passionne moins, mais elles me détendent.


J'ai accueilli assez récemment une nouvelle "amie", une dame propriétaire d'un jardin classé en Bretagne, qui cherchait des acquéreurs. Nous avions parlé au téléphone, sympathisé et échangé nos Facebook.

A l'occasion de la dernière manif organisée le 16 octobre dernier par la "Manif pour tous", j'ai découvert avec consternation qu'elle s'était ralliée à l'opinion dominante. J'avais affaire à une personne intelligente et complètement intoxiquée par la propagande ambiante. Elle considérait ce mouvement comme un ramassis de bourgeois intégristes, puants comme des Roqueforts et ouverts comme des ceintures de chasteté.
J'ai évité de réagir, jusqu'à la publication, aujourd'hui, de cette image. Elle m'avait agacée (l'image), tant elle véhiculait une idée distordue et mensongère.

Voilà ce que j'ai écrit sur Facebook, donc:

Moi:
"Désolée, mais je ne suis pas d'accord avec l'image qu'on se fait de la Manif pour tous. Cette image a été en grande partie fabriquée par les médias et les manifestants présentés comme des bourgeois au mieux, moisis, au pire, fascisants. Cela relève ni plus ni moins d'une propagande inquiétante, relayée par les médias. J'ai participé à chacune de ces manifestations et j'ai vu qui y était, j'ai parlé avec les gens. Précision: je suis maîtresse d'école, je loue mon logement et je n'ai aucune fortune. Parmi les manifestants, beaucoup étaient comme moi. Ensuite, je crois qu'on peut désapprouver une loi sur le mariage homosexuel et ses corollaires (GPA et PMA) sans être anti-homosexuel. C'est mon cas et aussi le cas de pas mal d'autres. Enfin, j'aimerais comprendre cette volonté de faire accepter la PMA, et pire, la GPA, qui revient à acheter le ventre de femmes pauvres pour le "droit" à avoir un enfant. Quand bien même on approuverait cette option, il serait mieux d'en débattre et d'accepter la contradiction, plutôt que de réduire ceux qui désapprouvent à des caricatures extrémistes. Voilà, c'était le coup de gueule du mercredi matin :)! 

Réponse du numéro 1, ami Facebook de la dame au jardin:
"Génial que tu réagisses à la vidéo du dessus. C'est une caricature de manif de droite...
Bon après tu es contre le mariage homosexuel ? La GPA et la PMA c'est un autre débat... c'est bien. Retourne manifester avec Civitas et consorts."


Moi:
" Voilà une réponse qui démontre un sens révélateur du dialogue et une vaste ouverture d'esprit. La GPA et la PMA sont le coeur du débat justement. Renseignez-vous".

Intervention du numéro 2, autre ami Facebook de la dame au jardin :
"Ta gueule!"

On s'extasiera sur la qualité de l'argumentaire.

Là-dessus arrive un message privé de la dame au jardin:
"Bonjour, il est vraiment difficile de débattre sur FB, mais je crois que ce serait de toutes façons inutile.Je suis sur des positions complètement opposées aux vôtres. J'ai travaillé dans l'Education nationale, du mieux que j'ai pu, comme la plupart de mes collègues à tous niveaux de responsabilités. Je connais deux magnifiques enfants nés grâce à la PMA. Les parents vont bien aussi, merci. Ce ne sont pas des gauchistes. J'ai des amis homosexuels. Bref, séparons-nous, ce sera plus simple."

Au moins est-elle restée correcte. Ça fait du bien.

Ma réponse:
"En effet, c'est difficile, et je le déplore sincèrement. Le simple fait de n'avoir pas approuvé cette caricature m'a valu des insultes. Je n'appartiens pourtant à aucun mouvement extrêmiste, je n'ai rien contre les homosexuels. Je souhaitais seulement nuancer un peu les choses. Séparons-nous si vous voulez, mais je suis peinée de constater que la liberté de pensée et de discussion s'éteint doucement un peu partout."

Chacun jugera de la violence manifestée par les numéros 1 et 2 et leur totale incapacité à envisager le moindre dialogue. La dame au jardin et Numéro 1 "sont Charlie". Ils défendent donc la liberté d'expression.
Nous voilà édifiés.
 



mardi 18 octobre 2016

La grande misère de la Grèce


J'ai eu le bonheur de revoir ma grande amie grecque en septembre. Six années avaient passé depuis notre dernière rencontre, chez elle, à Ioannina.

 

Elle est médecin endocrinologue et elle profitait d'un congrès à Paris pour s'échapper un peu des réalités grecques.
Tout le monde sait qu'en Grèce, depuis quelques années, on bouffe de la vache enragée à toutes les sauces.

Seulement là, j'avais beau être au parfum, j'ai eu un choc.


Toute grecque qu'elle est, mon amie n'est pas du genre à nous pousser la tirade, genre Electre, ce sont donc des détails de rien du tout qui m'ont d'abord mis la puce à l'oreille.
Elle voulait savoir le prix de tout. De la baguette de pain, à celui du carburant au loyer moyen. C'était plus fort qu'elle. A propos de chauffage (elle habite le Nord de la Grèce, un coin où ça pince sévère), quand je lui ai dit qu'on pouvait presque s'en dispenser l'hiver (j'habite à Paris, pas à Ioannina), elle y a d'abord vu une mesure d'économie. C'est là que j'ai découvert que la plupart des gens ne se chauffaient plus, faute d'argent.

Elle est restée quelques jours et les langues se sont déliées. J'ai alors découvert quel enfer était devenu la Grèce. Non seulement on ne se chauffe plus, même quand les températures descendent à -10°, mais les impôts sont effroyables. Mon amie, qui exerce en libéral et trime comme une bête pour offrir des études à ses trois enfants, voit 60% de son revenu partir en impôts! Et ce serait 80% si elle déclarait tout. Devant mon regard halluciné, elle m'a alors fourni une explication que même les pires tordus n'auraient pas imaginée: le gouvernement grec à décidé d'imposer à ces taux de folie les médecins, les avocats et je ne sais plus quelle autre catégorie professionnelle maudite, au prétexte qu'ils sont pleins aux as et supposés experts en détournements divers. Ça c'est de l'enquête chiadée!

Alors je lui ai demandé comment les gens réussissaient à survivre dans un merdier pareil. C'est très simple: ceux qui sont ruinés vivent aux crochets des autres, saignés à blanc, grâce aux aides publiques. Les solidarités familiales jouent à fond. Les entrepreneurs enregistrent systématiquement leur boîte en Bulgarie ou en Albanie pour éviter la banqueroute programmée par des taxes au moins aussi écrasante que les impôts des médecins. Les petits malins se débrouillent et fraudant tout le monde. Tous ceux qui ont pu partir l'ont fait et aident les leurs avec l'argent gagné aux quatre coins du monde.
Tout le monde regrette d'avoir choisi l'Union européenne, sauf bien sûr les élites au pouvoir qui elles, gagnent très bien leur vie et réservent les meilleurs postes à leurs obligés et leur famille. Le piège s'est refermé.
 Par chance, il reste des vieux. Ils en ont vu d'autres, ils ont encore en tête les souvenirs de la guerre civile de 1944, pas si ancienne, et raisonnent les jeunes qui veulent en découdre.

Petit jeu: changeons d'époque. Petite devinette: par qui remplace-t-on le soldat anglais?

La nouvelle guerre civile, tout le monde en a peur là-bas. 
Les Grecs en sont là.

Qui en parle?


Après trois jours, mon amie est retournée chez elle retrouver sa famille. Pour rien au monde elle n'envisage de quitter son pays, même si elle le pourrait.
Je ne sais pas quand je la reverrai. Elle a mis plusieurs années à économiser pour ces trois jours de congrès à Paris.





jeudi 30 janvier 2014

La théorie du genre va-t-elle oui ou non être enseignée aux enfants des écoles?

Le sujet enflamme.

Les familles commencent à paniquer: suivant le panache blanc de Farida Belghouljusqu'à 50% des enfants absents dans certaines écoles de Seine et Marne le 27 janvier dernier!

Là-dessus, Vincent Peillon panique aussi et rassure les parents suivistes en les convoquant séance tenante chez les chefs d'établissements, les conseillers pédagogiques et les inspecteurs.

Ce soir, on ne parlait que de ça à la radio, dans les journaux, partout. Une vraie cacophonie!

Bon, alors qu'est-ce qui se passe au juste?

Le monde de l'éducation nationale est régi par des textes édités dans le BO (le bulletin officiel).
Une chose est sûre, le BO concerné n'évoque pas la queue de la théorie du genre. Il se fend de tout un baratin sur l'égalité filles-garçons, les bienfaits de la mixité..blabla. Rien de nouveau sous le soleil: on nous le sert à chaque changement de programme. Je joins le dernier en date pour les sensibilités vétilleuses, en manque de dépiautage --> C'est ici!

Donc, Vincent Peillon a raison:
Farida Belghoul débloque et les parents qui suivent ses errements aussi. D'ailleurs, ça ne m'étonne pas: ce sont des familles peu éduquées, faciles à embobiner et pas trop futfutes. Ce n'est pas moi qui le dit: je l'ai entendu sur France Inter. Pas du tout condescendant. Bref.

Oui, mais attention!
Là où Monsieur Peillon a tort, c'est qu'au lieu de réfléchir aux causes de cette mobilisation, il la boute hors de son champ de vision en incriminant l'extrême droite. C'est bien commode.
Et puis il conclut:
"Je demande aux chefs d'établissement, aux directeurs d'école, aux conseillers pédagogiques, aux inspecteurs de l'Education nationale de convoquer les parents qui ne mettent pas leurs enfants à l'école pour leur expliquer la réalité des choses et leur rappeler que dans notre pays, il y a une obligation scolaire à l'égard des enfants".
Quel besoin avait-il de préciser cela? Sous-entend-il que les parents concernés ne seraient pas au fait des lois françaises?
C'est maladroit.

Monsieur Peillon devrait pourtant prendre le temps de réfléchir, car s'il est vrai que la théorie du genre n'est pas envisagée dans l'enseignement des écoles, elle est abordée en classe de première depuis 2011, en Sciences de la Vie et de la Terre. 

D'autre part, l'actuel gouvernement s'est arc-bouté, malgré une opposition massive, sur le passage en force du mariage homosexuel. Aucun dialogue, aucun débat, rien. Tant pis pour ceux que cette loi heurtait.

Là-dessus, Madame Belkacem s'en est allée faire l'apologie dudit mariage dans un collège du Loiret, en compagnie du GAGL45 (Groupe Action Gay et Lesbien Orléans Loiret), le LGBT local.
Maladroit encore.

Vu de France, il y a déjà de quoi inquiéter les familles soucieuses de ne pas mélanger l'enseignement public et l'intimité des orientations sexuelles.
Bien sûr, le BO est aussi correct qu'un missionnaire mormon, n'empêche qu'autour, ça grenouille.
Heureusement qu'une nouvelle rassurante est tombée voilà quelques jours: une proposition de loi toute chaude prévoit d'interdire l'enseignement à la maison. Que deviendrait-on sans l'école!
Bien évidemment, nous ne reviendrons pas sur la réforme des rythmes scolaires, imposée par le même Vincent Peillon sur la base d'une chronobiologie réinterprétée à la sauce "homme nouveau".

Maintenant, examinons se qui se passe à l'étranger.
Je découvre tout d'abord qu'il existe un document, diffusé depuis 2011 (encore 2011!), intitulé "Standard pour l'éducation sexuelle en Europe". Les différents pays d'Europe sont donc censés y adhérer, parce qu'il est intolérable que le fait culturel national ou ethnique l'emporte sur l'unité européenne.

Ensuite, la Suisse toute proche, s'appuyant sur l'esprit d'ouverture à la chose sexuelle chère à l'Europe, a fait diffuser dans les écoles maternelles et primaires des kits et des ouvrages assez hot.
Je ne suis pas bégueule, mais je ne crois tout de même pas que ce soit très adapté au public: de 4 à 10 ans. L'inquiétant  n'est pas tant que ce soit diffusé en Suisse - les Suisses font ce qu'ils veulent -, mais qu'en France, on nie cette réalité. Pourquoi?

Voilà ce qui est dénoncé:

Extrait du livre "Lisa und Jan", à l'attention des 4 à 8 ans.


"Das bin Ich" autre livre recommandé pour la même tranche d'âge.


Charmant petit kit à l'attention des enfants des classes maternelles et primaires. En France, on prétend qu'ils sont destinés aux élèves du secondaire. Qui ment?


Pendant ce temps-là, en Allemagne, il est question de flanquer en taule les parents qui s'entêteraient à enseigner refuser l'enseignement de la théorie du genre. Carrément!
--> Ici en allemand.
--> Ici en français, avec quelques petites bricoles en plus.

Alors, Monsieur Peillon, quand vous dites:'"Il y a un certain nombre d'extrémistes qui ont décidé de mentir, de faire peur aux parents. Ce que nous faisons à l'école, c'est enseigner les valeurs de la République et donc du respect entre les femmes et les hommes".

"Tous les manipulateurs, tous les fauteurs de trouble et de haine qui répandent ces rumeurs, je leur demande d'arrêter".
...nous ne demandons qu'à vous croire.
Mais dans ce cas, ne pensez-vous pas qu'il serait beaucoup plus rassurant d'aborder franchement ces sujets d'inquiétudes?
Ils sont justifiés.

Je ne sais pas encore quel sera l'ABCD de l'égalité, mais le B-A BA de la pédagogie, c'est de commencer par le commencement pour expliquer les choses.


jeudi 20 juin 2013

John Money, créateur inquiétant de la théorie du genre.

Qui connaît John Money?
.......
Pas grand monde, je pense.

Pourtant, c'est lui le grand théoricien de la théorie du genre*. Pas Judith Butler, qu'on présente pourtant volontiers comme la géniale inventeuse.


Quand on gratouille, on comprend assez bien pourquoi: la dame, c'est une philosophe féministe et même si, à mon humble avis, elle est chauffée de la carafe, elle reste inoffensive.

Le monsieur l'est un peu moins.



Il est pourtant beaucoup plus trapu.
Infiniment respecté par encore pas mal de monde, même s'il est mort depuis 2006.

Alors, pourquoi le cache-t-on au fond d'un tiroir?

Lisez la suite.
J'ai tout vérifié par le menu.

C'est lui qui lança l'idée d'une identité sexuelle autre que biologique.
Pourquoi pas? Le gars est chercheur. Il cherche. C'est normal. D'ailleurs, c'est un type brillant. Un sommité dans le domaine de la psychoendocrinologie et la pédiatrie.
Les curieux trouveront le détail de ses recherches sur ce lien qui n'est pas en anglais.

Or il semble bien que ce monsieur Money, tout brillant chercheur qu'il était, ait basculé, à un moment donné, dans l'excès. Rendu dans les sommets, il a sans doute cru qu'il pouvait aller encore plus loin, encore plus haut...et il a dérapé.
En 1966, alors qu'il est au zénith de sa gloire de chercheur, il s'autorise une étrange expérience.
Il opère un petit garçon, Bruce Reimer, privé de pénis par une circoncision ratée, en petite fille: ablation des testicules, traitement hormonal et un nom féminin, Brenda. L'enfant a 21 mois.
Money considéra cette expérience comme un succès.
Bruce-Brenda pensa toute autre chose, puisqu'il se fit rebaptiser David à l'adolescence, qu'il tenta désespérément de récupérer son identité masculine et accusa Money de l'avoir chosifié.



Cette expérience eut des suites, car Bruce-Brenda-David avait un frère jumeau: Brian.
Celui-ci, devenu schizophrène par la suite, fit une overdose de médicament et mourut prématurément.
David se suicida deux ans après.

Malgré l'évident échec, l'éminent professeur Money s'entêta à présenter cette expérience comme un succès, et avec elle, sa théorie du genre. Il alla jusqu'à nier le désarroi puis la révolte de son jeune instrument, Bruce-Brenda-David et refusa toute sa vie de s'exprimer sur la question.

Pour finir, John Money avait des théories assez particulières sur la sexualité enfantine. Il considérait qu'une pédophilie "affectueuse", c'est-à-dire sans contrainte et mutuellement souhaitée, ne pouvait être considérée comme pathologique. Il est vrai que l'époque admettait toutes sortes d'explorations dans ce domaine, mais on peut tout de même s'étonner qu'un spécialiste en psychologie, professeur émérite de pédiatrie, se soit laissé aller à de tels égarements.

Peut-être son origine néo-zélandaise explique-t-elle sa vision des choses.
Car les relations sexuelles entre adultes et enfants y était admise jusqu'à 2005.

Ce triste portrait, me direz-vous, n'est que l'histoire d'une expérience ratée.
Certes. Mais à quel prix?
Pourquoi ne sommes-nous pas mis au courant?
Parce qu'il faut nous vendre mordicus cette théorie du genre, qui n'a rien de scientifique et qui a été crée par un savant fou, au mépris de vies humaines et de mensonges.. Jusqu'à envisager de l'imposer aux enfants des écoles.



* Un petit rappel de cette théorie en passant, je vous le fais à la hache. En vrai, il faut s'envoyer des centaines de pages écrites tout petit:
 La distinction homme-femme serait fabriquée culturellement et non pas guidée par la biologie. Par conséquent, chacun élaborerait son identité sexuelle en fonction de stimuli extérieurs. Cette manière de voir les choses ouvre de multiples possibilités comme, par exemple, s'auto-déterminer  homme, ou femme, ou ce qu'on veut, indépendamment de son sexe biologique.





vendredi 31 mai 2013

Chronique d'une rafle avortée


Voilà comment la police arrête des gens qui ne font rien d'autre qu'arborer le sigle anti mariage pour tous sur leur vêtement.
N'a-t-on donc plus le droit d'afficher son opposition à une loi?
Plus le droit de l'exprimer sur la voie publique sous cette forme?

Ici, un avocat, Maître Triomphe (ça ne s'invente pas) est intervenu et les policiers, qu'on sent gênés, finissent par libérer leur prise. Des bandits de grands chemin, comme on peut le constater...

Alors, retenez bien:
Article 432-4 du code pénal.
Les forces de l'ordre ont l'obligation de ne pas appliquer un ordre contraire au droit.
Un policier risque sept ans d'emprisonnement s'il se rend coupable d'abus d'autorité.
On a le droit de prendre des photos.

Autre vidéo, parue aujourd'hui sur le site de Valeurs actuelles et Infos Bordeaux. Elle est visiblement censurée, puisque désormais illisible sur chacun de ces sites. Dommage. Elle montrait comment la police molestait des manifestants plutôt calmes, opposés au mariage pour tous, venus accueillir Manuel Valls de grand matin, sous la pluie.

Comment des politiques peuvent-ils en arriver là?
Ont-ils fini par croire que les manifestants étaient réellement des suppôts de Mussolini? Ont-ils peur?

Au début, je pensais que c'était impossible. J'imaginais que ces gens, drapés dans leur pouvoir et leur superbe, étaient simplement vexés d'être gênés aux entournures dans leurs élans.
Les accusations d'homophobie et autres fantaisies imaginaires, je les voyais comme autant de poudre aux yeux malfaisante.

Je commence à me demander s'ils n'ont pas fini par croire à leur délire.
Du coup, tout devient possible et moi qui était plutôt modérée au début, je suis atterrée et furieuse.
D'abord, on nous a ignorés comme des crados.
Maintenant, on en vient aux arrestations arbitraires et à la répression musclée.

Quelle sera la prochaine étape?





samedi 30 mars 2013

Education nationale: secrets honteux

Quelques-unes de mes collègues ont pris leur retraite avant l'heure, voilà deux ans. Elles avaient 45, 50 ans. Parfois moins. Leur statut de mère de trois enfants le leur permettait, après quinze ans de service et voilà deux ans, cet avantage, réservé aux fonctionnaires, a été supprimé.
D'où leur décision de s'arrêter.

Très récemment, une amie qui a bénéficié de cette mesure m'appelle.
Elle est donc en retraite et touche une rente à ce titre. Pas grasse, la rente, certes, mais une rente tout de même.
L'inspection académique de Seine-Saint-Denis lui a téléphoné, comme à plusieurs autres retraitées anticipées, pour lui proposer un job. Je vous le donne en mille: maîtresse d'école vacataire. Tarif: 15, 80 euros l'heure. Et des point bonus pour ceux qui atterrissent en zone sensible.
Emploi du temps modulable. Journée, mi-temps, en alternance une semaine sur deux.
Le tout avec amabilité et même, gentillesse.
Le tapis rouge.



Intriguée, elle se renseigne auprès de son ancienne inspectrice de circonscription (en gros, de commune). Là, à sa stupeur, on lui parle sans langue de bois. Quatre cents personnes ne sont pas remplacées sur le département. Les jeunes qui démarrent démissionnent".
Parole d'inspectrice.

Pour démissionner ainsi en masse par ces temps de pénurie de boulot, c'est dire comme le job est sympa.

Alors mon amie a accepté, pour le beurre dans les épinards. L'administration, trop heureuse d'avoir récupéré une vraie enseignante, au lieu d'un pauvre diable recruté à Pôle Emploi, lui fait toutes sortes de facilités pour la satisfaire.
C'est ainsi qu'elle a atterri dans une école près de chez elle, pour occuper un poste à mi-temps.

Elle déchante.

Sa classe de CE1 a été mise en pièces par une succession d'absurdités.
Deux enseignants se la partageaient: un nouvellement nommé et une stagiaire. J'avoue que je m'y perds un peu dans la multitude de statuts, si bien que je ne me souviens plus de quel genre de stagiaire il s'agissait. Sans doute quelqu'un qui potasse son master 2.
Peu importe.
Le fait est que depuis que Sarkozy a décidé que le master 2 tenait lieu de formation, les nouveaux sont catapultés dans les classes sans autre forme de procès. En général, ça se passe mal. Très mal. Alors, comme on a besoin de profs, on les garde quand même, mais pour éclaircir la noirceur du tableau, l'administration les déménagent dans d'autres classes.
C'est ce qui s'est passé ici.
Mon amie vient remplacer un master 2 balancé dans la cage aux lions, qui ne s'en sort pas. La stagiaire, elle, n'est pas là en permanence. Alors, ce sont d'autres stagiaires ou personne qui assurent l'alternance.

Dans ces conditions, bien sûr, les enfants n'apprennent rien et, plus grave, prennent l'habitude de considérer la classe comme une activité intermédiaire entre la fête foraine et la caserne au gré des adultes qui passent.

Voilà où nous en sommes.
Inévitablement, je m'interroge. Ne vaudrait-il pas mieux que Monsieur Peillon prenne la mesure de ces urgences-là, au lieu de dépenser nos maigres sous pour sa réforme des rythmes scolaires? Non. Pendant que l'école se délite, il encourage des gens déjà retraités faire le même boulot.

Il y a quelque chose de pourri quelque-part...






lundi 11 février 2013

La réforme Peillon vue de l'intérieur

Non pas que l'idée de revoir les rythmes scolaires soit une idiotie.
Halte-là! Je peux en témoigner. Tout le monde est d'accord là-dessus: six heures d'école, c'est trop long. Pas besoin d'avoir inventé la poudre pour s'en rendre compte.



Hélas, notre bon Peillon a eu envie de copier sur son petit camarade Sarkozy, qui crachait des réformes sans avoir en tête la moindre idée sur la façon de les appliquer.
C'est pourtant pas beau, de copier.


Donc, Peillon a décidé de passer à l'acte et de foncer. Hardi petit!
La journée de classe sera raccourcie. Dès la rentrée 2013.

Et là, tout étonné, il constate que les profs, au lieu de lui tresser des couronnes, ils renâclent.
A entendre ce qui se dit sur les ondes officielles, ces salauds de profs ne font rien qu'à embêter Monsieur le ministre, parce qu'ils ne veulent rien changer à leurs petites habitudes.
Ben voyons...

Alors, puisque les journalistes à la tête dure font semblant de ne rien comprendre, j'explique.
La journée d'un écolier français est faite de temps scolaire, six heures pour le moment, et de temps périscolaire: garderie, cantine, étude. Ce temps peut être long. Jusqu'à quatre heures EN PLUS du temps scolaire.
Oui, vous avez bien lu: certains mômes restent dix heures à l'école.

C'est bien pratique, le temps périscolaire, parce que ça permet à l'école de jouer un rôle dont personne ne parle jamais: celui d'une GARDERIE.
Je ne porte aucun jugement là-dessus, mais c'est une réalité qu'aucun ministre ne veut admettre. A croire qu'elle sent mauvais.

Revenons à nos moutons.

Peillon, qui n'a rien de plus urgent à mettre en place, veut faire la peau à la semaine de quatre jours. Prétexte officiel: les chronobiologistes pensent que c'est mieux qu'il n'y ait pas de rupture de rythme. En réalité, ils sont très partagés là-dessus et cette vérité toute puissante est fort discutée.
Prétexte officieux: gommer ce qui a été mis en place par le prédécesseur (et qui a fait plaisir à tout le monde) pour bien montrer que désormais, c'est lui le chef.
On ne m'ôtera pas de l'idée que la vraie motivation, c'est celle-là.

Alors, il fait d'une pierre deux coups: journées plus courtes et classe le mercredi matin. Bingo!

Pas bingo du tout. Pourquoi?

D'abord, la journée de classe va diminuer d'une demi-heure. Une crotte de lapin.
Ensuite, puisque les parents travaillent et qu'ils ont besoin d'une garderie d'un temps périscolaire de qualité, la journée des pauvres biquets va parfois être rallongée! Eh oui! A cause du temps de midi qui va s'allonger. Les moins bien lotis font se farcir non plus dix heures, mais onze heures d'école! Surtout quand on sait ce que c'est que le "périscolaire de qualité": des gens recrutés à la va comme je te pousse, parce que c'est mal payé, les emplois du temps mal foutus et neuf fois sur dix, c'est désastreux.
Alors les prétextes à la sauce chronobiologique, ils sentent la tartufferie à des kilomètres.
Quant à moi, je pressens que dès le jeudi matin, à ce rythme-là, les élèves vont ressembler à des zombies.

Pour que personne ne m'accuse de parti pris, je m'en vais prendre l'exemple de mon école.
Ça va être un peu technique.  Rendez-vous dans quelques lignes en cas d'allergie aux détails techniques.
Classe de 9h à 16h30 (au lieu de 8h30-16h). Temps passé à l'école: PAREIL!
Temps de cantine: 2h (au lieu de 1h30). Trop long 2h. Les mouflets vont s'entretuer...
Garderie du matin: 7h30-9h (au lieu de 7h30-8h30). Etude: 16h30-18h (au lieu de 16h-17h30). Le "périscolaire de qualité" s'allonge! Quelle chance!
Et le mercredi: 2h de classe pour tout le monde + 1h d'aide personnalisée (concerne quatre à cinq élèves par classe).
Conclusion: Cinq jours d'affilée, 5h30 de classe par jour, sauf mercredi 2h à 3h, au régime minimum, 10h30 au maximum. 2h dehors tous les midis (180 mômes, un préau minuscule).
Maintenant, je pose la question: où iront les enfants dont les parents travaillent le mercredi, après leur deux heures de classe? Motus là-dessus.

Bien évidemment, on ne touche ni aux programmes gonflés à bloc, ni aux sacro saintes vacances. D'ailleurs, les professionnels de l'hôtellerie n'ont même pas été conviés à participer aux réunions préparatoires à cette réforme "en profondeur".

Vous me direz, qu'est-ce qui oblige les écoles à mettre cette réforme en application? Après tout, on ne va pas leur envoyer la maréchaussée!

L'argent.

Les communes qui acceptent de mettre en place le bazar toucheront une subvention de 80€ par élève + 40€ pour les communes rurales ou si elles sont éligibles à la DSU (dotation de solidarité urbaine).
En 2009-2010, la France comprenait 6 647 091 écoliers . Si on considère, à la hache, que trois millions seront concernés, ça nous fait tout de même une jolie petite ardoise.
Celles qui refusent ne bénéficieront plus d'aucune subvention pour le financement des activités périscolaires. Ça amortira une partie de l'ardoise.
Conséquences: une commune en faillite, telle que Sevran, ne peut pas refuser. Combien vont être ainsi acculées, sous la contrainte?

Voilà un moyen bel et bon de lancer une réforme.
Nul doute que la fin justifie les moyens.
Dans l'intérêt de l'enfant.










mercredi 16 janvier 2013

Suprême élégance de Delanoë

Je n'habite pas Paris, mais le 9-3. Je ne voudrais donc pas me mêler de ce qui se passe chez les Parigots, mais là, tout de même, qu'ils veuillent bien me pardonner, je n'y résiste pas.

J'apprends aujourd'hui que Monsieur Delanoë envisage de faire casquer les associations organisatrices de la manif du 13 janvier pour, tenez-vous bien, la remise en état des pelouses du Champ de Mars!

Mieux!
Il réclame 100 000 euros au Ministère de l'Intérieur, en sachant pertinemment que les assurances de celui-ci se retourneront contre les associations. Admirons le procédé et sa démarche de crabe.

D'après Bernard Loing, le président de l'Association des Amis du Champ de Mars, le parc est très mal entretenu: "Le service d'ordre et les bénévoles de la manif ont été impeccables: ils avaient vraiment, au départ, la volonté de respecter les pelouses, raconte Bernard Loing, qui a «fait un tour» dimanche après-midi sur les lieux pour vérifier. Si les gens ont beaucoup marché sur les pelouses, c'est aussi parce que les allées sont dans un état épouvantable, avec plein de trous et de flaques, et ce depuis très longtemps, parce que la mairie de Paris ne fait pas les travaux nécessaires".

 Il précise d'ailleurs que "les dégâts sont cependant «minimes par rapport au nombre de manifestants». Les pelouses sont beaucoup moins dégradées, par exemple, qu'après la dernière course de la Parisienne, en septembre. Lui qui a l'expérience des très grandes foules, sait que lorsque le Champ-de-Mars est rempli de monde, comme les photos aériennes de dimanche l'on montré, «c'est qu'il y a au moins 700.000, voire 800.000 personnes». 

Seuls 10% des sommes nécessaires seraient accordées pour l'entretien du parc chaque années.
Pour les détails, suivez ----> ce lien

Delanoë qui voit d'un oeil béat des hordes fournies dévaster gaillardement le secteur lors des réjouissances du 14 juillet, là, exige réparation.

14/07/2009: 700 000 à 1 million de personne sur le Champ de Mars pour le concert de Johnny,

De là à penser qu'il tente de joindre l'utile à l'agréable: se farcir les "anti" et les faire cracher au bassinet à la place de la mairie....

Vous avez vraiment un chouette maire, vous, les Parisiens. Econome, écolo, droit, adepte des préceptes de la République (liberté, égalité, fraternité) et par dessus tout, sympa.



Du fond de ma Seine-Saint-Denis, je vous envierais presque, tiens.


lundi 14 janvier 2013

Manif contre le mariage pour tous, flop et problème de CM2

Hier, j'étais à la manif contre le mariage pour tous.



Pour les " pour ", je fais désormais partie d'une clique dûment étiquetée: catho, sale réac de droite, grosse bourge et oppresseuse de minorités. 

Ceci appelle quelques précisions: je ne suis pas catholique; je suis une admiratrice de la première heure du professeur Choron, puisque je lisais Hara-Kiri dès l'âge de 7 ans, planquée sous le bureau de mon père en son absence; je suis maîtresse d'école à temps partiel; je n'ai rien contre ni les homosexuels, ni qui que ce soit. J'ai d'ailleurs été passeuse de courrier du temps où les Kurdes morflaient en Turquie, pour permettre à des amis d'échanger librement avec l'étranger sans être censurés ou flanqués en taule.

Alors les gros clichés faciles, ils peuvent déjà en faire des papillottes. C'est aujourd'hui le Nouvel An orthodoxe: qu'ils en profitent. Bonne année, au passage.

Comme la dernière fois, les gens que j'ai côtoyés hier ne donnaient pas du tout l'impression d'être des fous-furieux, ivres d'inquisition ou de règlements de comptes d'un autre âge. C'était joyeux, convivial et rassurant. On se parlait dans la rue, dans la file d'attente pour les toilettes, on rigolait, on papotait.


Tous en revanche, affichaient un ras-le-bol complet de Hollande et de son gouvernement.
Tous s'inquiétaient du glissement entre "mariage homosexuel"--> "procréation assistée pour les homos"--> "légalisation des mères porteuses"--> ?

Ce qui m'a fait une sale impression, en revanche, ce sont les commentaires haineux des opposants à cette manif et leurs mensonges. J'étais avec Boutfil, Vlad et corto74. Les deux derniers sont abonnés à Twitter et pouvaient donc nous informer de ce qui s'y distillait. Effrayant! Ils martelaient leur version mensongère: manif d'intégristes catho homophobes et passéistes.

Et puis ils s'acharnaient à présenter la manifestation comme un "flop".
Parlons-en, du "flop".

C'est là que m'est venue l'idée d'un problème de niveau CM2. Il donnera une idée du "flop".

Le Champ de Mars était noir de monde le 13 janvier 2013 à 16h30, à l'occasion de la manifestation contre le mariage pour tous.



A ce moment-là, les rues menant au Champ de Mars étaient encore pleines de monde*.



Contrairement à ce qui était demandé par les organisateurs - ne pas se serrer -, les gens étaient tassés à souhait les uns contre les autres. J'ai failli plusieurs fois me prendre une banderole dans le nez ou l'oeil.

PROBLEME
La surface du Champ de Mars correspond à 23, 3215 ha et pour qu'il soit ainsi rempli, il faut compter 4 personnes au mètre carré.
Question 1/ Donne le nombre approximatif de personnes qui occupaient le Champ de Mars hier 13 janvier 2013 à 16h30?
Question 2/ Le nombre de manifestants est estimé à 320.000 par la préfecture de police, plus de 800.000 par les organisateurs de la manifestation. Quel est le bon chiffre? Explique pourquoi.

Langue française: Cherche le mot "flop" dans le dictionnaire et dis ce que tu penses de la citation suivante "La manifestation a fait un flop" (Blog de Nicolas Jegoun, 13 janvier 2013)

Je vais vous laisser cogiter sur la réponse au problème. Si vous avez du mal, je reviens ce soir.
Evidemment, les calculatrices sont interdites.
Au boulot!


* A ce moment-là, nous avions fait une pause vin chaud dans un troquet de la rue du Cherche-Midi, parce qu'il faisait un froid poutinien. Une heure de pause et le Boulevard du Montparnasse était aussi plein de monde avant (16h) qu'après (17h).

lundi 2 avril 2012

Pôle Emploi à l'école

Ça y est, c'est officiel!
Enfin officiel... Notre Sainte Mère l'Education Nationale ne le clame pas non plus à coups de corne de brume, elle a le goût du secret, la coquine.
Mais le coup d'envoi est lancé.
On nous envoie du recruté à Pôle Emploi pour faire la classe.

Pas tout  fait la couleur de ces belles affiches si pimpantes... et si fausses.
L'image qu'elles renvoient est digne de la plus vicelarde des propagandes. Tu parles qu'ils recrutent! Des clous à côté de ce qu'il faudrait!
Et ces jolis profs béats....Pas grand chose à voir avec la tête de mes chers collègues, tous plus hagards les uns que les autres en ce moments, tellement ils sont épuisés!
Manque plus qu'un marche militaire pour faire plus vrai.



On chuchotait déjà que dans CERTAINS collèges, les principaux désespérés se livraient à une sorte de racolage honteux dans les couloirs de Pôle Emploi la Maudite. Pourquoi tomber si bas? Pour dénicher quelques pauvre hères assez fous pour accepter un poste de prof vacataire à l'année ou un remplacement. Plus assez de profs diplômés.
Voilà où ça mène la suppression de plus de 66 000 postes depuis 2007.
Cette politique éclatante de bon sens commence à porter ses fruits: la pénurie de profs est en train de devenir visible. C'est bon pour la présidentielle, ça. Bien visé!
C'est bon aussi pour porter nos chers petits au firmament de la culture et de la connaissance.

Donc, comme on ne peut tout de même pas laisser les classes en pilotage automatique, alors, on bricole.
Heureusement, Pôle Emploi est là.

Or donc Mesdames et Messieurs, j'ai le plaisir et l'honneur de faire savoir très officiellement que Pôle Emploi a fait son entrée dans le primaire cette année.
J'ai ouï dire par une ancienne collègue en poste à Stains que la classe de CM2 voisine de la sienne était aux mains d'une pauvre femme débarquée de Pôle Emploi sans aucune qualification. C'est un boxon furieux qui use les nerfs de toute l'école et qui pousse la malheureuse à la dépression (d'autant qu'elle est sous-payée pour ce boulot de gladiateur) et qui mène les gosses à l'échec.
C'est étrange, parce qu'officiellement, les classes de CM2 et de CP, réputées difficiles et déterminantes pour l'"enfant qui est au centre du système", ne doivent pas être confiées à des débutants. Les inspecteurs sont implacables sur la question.
Faut croire que là, ils ont un coup de mou.
Il est vrai que c'est à Stains: un bout du Seine Saint Denis de triste réputation. On lâche du lest.

Seulement voilà, ça commence aussi ailleurs, mais en catimini.
La Très Vénérée Education Nationale n'assume pas trop bien, on dirait.
Chez nous aussi. Pourtant, excusez du peu, chez nous, c'est quand même mieux qu'à Stains. Non mais sans blague!
Une collègue tombe malade. La directrice, désabusée, appelle l'inspection de circonscription (l'antenne locale de l'inspection académique) par acquis de conscience. Voilà des mois que plus aucun remplaçant n'est disponible, sauf miracle.
Là, miracle. On lui répond qu'"on lui envoie quelqu'un". Qui? On ne sait pas, mais l'essentiel, c'est qu'il y ait "quelqu'un". De toute façon, on ne les connaît pas toujours, les remplaçants.
Or, "quelqu'un" nous venait de Pôle Emploi dans le plus grand secret.
On n'aurait aussi bien pu ne jamais le savoir.
La Grande Muette a fait des petits.
La directrice, a été intriguée parce que "quelqu'un"lui demandait de bien vouloir signer un bordereau de présence. Nouvelle procédure?
Elle a posé des question et "quelqu'un", acculé, à fini par lui avouer que c'était pour Pôle Emploi.

Quand je pense qu'à côté de ça, sous prétexte de singeries finlandaises, on impose un master aux nouveaux.... et qu'on les lance dans l'arène sans plus aucune formation.
D'accord, c'est vrai, la formation était une vaste mascarade. Ça fera l'objet d'un autre billet . Là, je crains de décourager.

Prochaine étape: autogestion des élèves et que le meilleur gagne!
On verra  quelle belle affiche ils nous cuisineront pour l'occasion.