Affichage des articles dont le libellé est Peintures dessins aquarelles.... Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Peintures dessins aquarelles.... Afficher tous les articles

samedi 15 avril 2017

Le temps est venu de décorer les oeufs

Et voilà, c'est presque Pâques. La fin du Carême, l'heure de s'empiffrer de bestioles en chocolat, le retour des vacances, le printemps, la résurrection du Christ. Chacun l'interprète à sa convenance.

Le point commun dans tout ça, ce sont les oeufs.
De préférence des oeufs blancs.

Les miens ne sont pas en chocolat, mais vrais de vrais, destinés à être mangés. Voilà pourquoi je les teinte de préférence avec du végétal consommable.

                                                          Des pelures d'oignon:



                                                           Des pelures de chou rouge:



La technique est simple. On fait cuire ensemble une dix-quinze minutes oeufs et pelures d'oignon (ou chou émincé) dans un peu d'eau et une lichette de vinaigre, et on laisse refroidir le tout. Ensuite, on extirpe, on essuie et on oint avec un tampon d'huile.

Ça, c'est la base.
Elle ne demande qu'à être un peu enjolivée.

Une technique simple, en usage dans les Balkans, agrémente l'oeuf teint d'un motif végétal. Traditionnellement, il est imprimé sur fond rouge.



Pour cela, il faut prélever une petite feuille propre dans la nature. Evitons les bords de routes ou les crottoirs maculé, je vous prie. L'oeuf doit arriver comestible dans la bouche de l'heureux convive.

La feuille est insérée contre l'oeuf et coincée contre sa coquille à l'aide d'une extrémité de collant fin (et propre), bien serrée et refermée à l'aide d'une ficelle. Tout l'art consiste à ne pas chiffonner la feuille pendant la phase de serrage. Ensuite, c'est pareil qu'au début: cuisson dans les pelures d'oignons. Quand c'est refroidi, on enlève collant et feuille: le motif apparaît. Plus le collant était serré, plus l'impression est nette.

Viennent ensuite les techniques d'impression à la cire chaude et là, ça vire sérieux. Le musées expose ces oeufs-là, des spécialistes subventionnés par les services culturels transmettent leur savoir aux enfants des écoles. Ça se vend, même!
Je me suis envoyée je ne sais combien de vidéos en polonais, en russe, en serbe et même en slovaque, pour tenter de percer tous ces mystères.
J'ai finalement retenu deux techniques.

La virgule de cire


En usage entre la Pologne et la Slovaquie, elle est assez simple. Le matériel aussi.

Il faut planter une épingle à bout rond dans la gomme d'un crayon à gomme qui sert de support. Le bout rond est trempé dans la cire chaude d'une petite bougie plate (celles qu'on utilise pour maintenir les plats au chaud) et hop! une virgule sur l'oeuf. Le geste s'attrape facilement et le résultat est sympathique.
Quand l'oeuf est décoré, il reste à le plonger dans une décoction vinaigrée de pelures d'oignons ou de choux et à attendre qu'il se teinte. La décoction peut être chaude, mais pas bouillante. Sinon, la cire fond. C'est bêta.
Pour enlever la cire ensuite, l'oeuf est approché de la flamme d'une bougie pour que la cire fonde et essuyé avec un sopalin.

La plume

En usage en Serbie et en Roumanie, cette technique est plus exigeante, mais ses possibilités sont infinies.

Il faut commencer par se bricoler l'outil:
- une plume d'écolier bien creuse. J'ai surcreusé la mienne en la pinçant fort.
- un manche de bois. J'ai utilisé un morceau de vieux tuteur de jardin. Une baguette chinoise fait l'affaire aussi. N'importe quel bout de bois, en fait.
- du fil de fer fin.
- de la cire d'abeille.
- une bougie.

Avec la cire, on se confectionne une grosse boulette, qu'on se fixe sur l'ongle du pouce gauche si on est droitier (et inversement dans le cas contraire). Pour se faire, il suffit de la passer sur la flamme de la bougie et de se la coller sur le pouce aussi sec. Ça ne brûle pas.

Le matériel pour les deux techniques:



C'est là que le boulot commence: un peu de cire est picorée avec la plume, chauffée très vite et déposée sur l'oeuf (encore tiède, idéalement) aussi rapidement que possible. Il faut faire des allers-retours permanents entre la flamme, la plume et la cire en dosant pour éviter les taches et les pâtés. Au pire, c'est toujours possible de gratouiller pour effacer les catastrophes.

Pour ce qui suit, c'est le même topo: les oeufs ainsi décorés prennent un bain vinaigré de teinture et la cire est ensuite éliminée à la flamme.


Rien n'empêche de mêler les deux techniques. Allez zou! Mélangeons allègrement le Polonais au  Serbe et c'est parti!


Dans l'enthousiasme, j'ai testé une technique venue des USA. C'est une manière intéressante de réutiliser les vieux foulards de soie.

Elle consiste à envelopper serré l'oeuf dans un chiffon de soie à motifs. A re-envelopper le tout dans un chiffon fin blanc pour que tout ne s'entreteinte pas. On met les oeufs duement emmaillotés dans l'eau froide vinaigrée, on fait bouillir une quinzaine de minutes et on laisse refroidir.
Le motif du foulard se sur-imprime sur l'oeuf et ça peut être assez joli.

                                                  On dirait un vieux marbre italien.


Et voilà ma couvée de Pâques!
Joyeuses Pâques à tous!



mardi 15 novembre 2016

MES ESTAMPES JAPONAISES Taki Katei, Seiko Okuhara, Takahashi Hiroaki, Kono Bairei, Kamisaka Sekka

Je vous vois venir.
Oui, oui. On évoque l'estampe japonaise et aussi sec, l'oeil s'allume.

Canaillou!


Et bien sachez qu'ici, c'est une maison sérieuse.

Oubliez l'agitation polluée,
les taxis mal embouchés,
la sauce de la cantine,
le remugles du métro.

Respirez....
 

"Feuilles d'érable," Taki Katei 1894



Seiko Okuhara (1837-1913)  autour de 1890


"Pluie à Igusa", Takahashi Hiroaki (Shotei) (1871-1945) - Avant le tremblement de terre de 1923

"Criquet", Kōno Bairei (1844-1895) 


"Prêtre Nichiren en exil", Kamisaka Sekka 1909-10.
Il est considéré comme le dernier membre de la célèbre Ecole Rinpa d'art (crée au XVIIème siècle). Encore aujourd'hui, son art est unique: à la tradition Rinpa, il a ajouté des techniques occidentales telles qu'un certain usage de la perspective.

vendredi 24 janvier 2014

Et voilà comment le roi Minos a été vaincu.

Ouvrez les yeux. 
Vous allez être surpris.

Les plus récentes de ces images, toutes des peintures murales, datent de 1450 avant Jésus-Christ. Trois mille quatre cent soixante quatre ans au minimum!

Pendant ce temps-là, nous passions doucement de l'âge de pierre à l'âge du cuivre. Non pas que le bon Français du Chalcolithique ait été un primate hirsute, que nenni. Mais tout de même, je trouve ces peintures tellement lumineuses, si abouties, chantant un hymne à la nature si vibrant qu'on croit les entendre résonner. Nous pendant ce temps-là, nous tâchions de survivre de bric et de broc dans un univers de guerres quasi permanentes. Ça donne le vertige.

Les gens qui les ont créé ont pourtant presque tous été aspirés par la mer. Cette civilisation extraordinaire, venue, semble-t-il, des confins de la Perse, a été emportée en quelques secondes par un des tsunamis les plus gigantesques de notre histoire.
Trois vagues, dont une de plus de trente mètres, ont tout noyé. Pas de pitié.
C'était une civilisation maritime, défendue par une flotte puissante. Les gens ne se méfiaient pas de la mer qui les nourrissait.

Quand le volcan qui a accouché de l'île de Santorin a explosé, des éclats de pierre ponce ont été projetés jusqu'à la mer Noire. C'est dire la violence....bien pire que l'éruption du Krakatoa, pourtant considérée comme le top du déchaînement volcanique.

C'est ainsi que les Minoens ont disparu. Ils ont laissé sur l'île de Crète des ruines, une écriture que l'élite des spécialistes commencent tout juste à déchiffrer, des vases incroyables, des sculptures d'un réalisme saisissant et ces dessins merveilleux.




samedi 13 avril 2013

Lin Shun Shiung

Encore une découverte!
Grâce à Eka.
Eka est peintre et géorgienne. Nous communiquons  par l'entremise d'images: photos et peintures surtout. Ça tombe bien, parce que je ne parle pas géorgien et Eka ne parle pas français.

Les fées ont bien doté Eka: tout ce qu'elle dégotte est beau.
Lin Shun Shiung est une aquarelliste taïwanaise contemporaine. Enfin "une"... au fond, je n'en sais rien. C'est peut-être un homme.

Pas moyen de trouver le moindre élément de biographie, ni sur internet, ni ailleurs.
Cette artiste (j'ai l'impression que c'est une dame) restera un mystère.

















samedi 20 octobre 2012

Malgorzata Paszko, maîtresse des ombres et des lumières



Bientôt la nuit
L'après-midi d'Anna
Entre chien et loup
Le droit chemin
Le petit chemin
Merci Facebook! 

Les bilieux prétendent que c'est un repère d'adolescents illettrés qui s'y échangent des propos creux à longueur de journées. C'est vrai. Les soupçonneux disent que c'est un antre de satires pervers, prêts à toutes les ruses pour parvenir à leurs fins. C'est possible.
J'avoue, j'y vais parfois traîner mes guêtres virtuelles, parce que j'y découvre souvent des artistes qui me plaisent. J'y vais aussi causer et régresser avec des copains qui ne sont ni des obsédés sexuels (enfin, je ne crois pas), ni des adolescents boutonneux au verbe incertain.
J'ai bien le droit, non?

      C'est ainsi que j'ai eu le coup de foudre pour             Malgorzata Paszko,
 une artiste polonaise qui vit en Normandie. *

Ses jeux d'ombres et de lumières me sont allés droit aux yeux,       au coeur... c'est pareil.
Ses oeuvres me transposent illico dans une campagne calme et chatoyante. Tout juste si je n'entends pas le chant des oiseaux.  Et allez-vous en savoir pourquoi, j'ai ça en tête en même temps:

                                         Passez les vingt-cinq premières secondes: ils s'accordent.


Elle expose en ce moment-même à la galerie Koralewski, 92 rue Quincampoix, Paris.

* Merci Alexandre pour cette découverte!

mardi 14 août 2012

Qui veut tâter de la rigolothérapie?

Aujourd'hui, il apparaît que l'Européen  normal ne rirait plus que soixante secondes par jour, contre les dix minutes préconisées pour ne pas sombrer dans le marasme le plus glauque.

Cela n'a pas manqué de provoquer toutes sortes de désordres, poussant ainsi des hordes souffrantes entre les mains des charlatans.

Remercions Pétillon qui a si bien su leur tirer le portrait.
C'est ainsi que le docteur Norman Cousins, conscient de ce qui nous guettait, a élaboré en 1964 la RIGOLOTHÉRAPIE. 

Le rire déclenche la sécrétion d'endorphines qui agissent sur le système immunitaire et provoquent le bien-être. Ce n'est pas tout! Elles sont aussi anti-inflammatoires et apaisent la douleur.
Le rire ne coûte rien d'autre que quelques crampes et soignerait à bon compte une kyrielle de maladies.
Quant au rôle social du rire, il est clair: un voisin rigolard, même laid, est plus séduisant qu'un Adonis maussade.
C'est d'ailleurs grâce aux vertus du rire que le bon docteur Cousins réussit à se guérir d'une vacherie arthritique très douloureuse, si bien que le docteur Patch Adams enchaîna en revêtant un costume de clown.

Restait à théoriser tout ça.

Le docteur Kataria s'attela au boulot et ses préceptes sont désormais suivis par les "clubs de rire". Il ne s'agit pas de chatouiller grossièrement les participants, mais de les amener au moyen d'exercices inspirés du yoga (Kataria est indien) à se détendre et à se débarrasser de tout ce qui les détourne de la bonne vieille franche rigolade.
Il semble que ce soit efficace. Les adeptes en redemandent.


Les trouvailles katariesques ont fait leur trou en France: on peut aller soigner ses misères en rigolant à l'Ecole du Rire et du Bien-Etre. 

C'est toujours mieux que de se gaver de Prozac ou de se pochtronner en douce.

Alors ma foi, pourquoi pas?


samedi 12 mai 2012

Des enfants inquiétants, de mignons éléphants, des villages aux toits rouges....Ah si j'étais riche!

Je suis allée le 28 avril dernier au grand marché d'art contemporain. C'était à la Bastille, au bord du canal de l'Arsenal.
N'allez pas croire que je suis un pilier de ce genre d'endroit. En réalité, j'y vais avec plaisir, mais toujours par hasard.
Là, la mère d'une copine de ma fille exposait et nous avait offert des invitations. Elle s'appelle Xenia, elle est peintre et fabrique des bijoux délicieux.

"Art contemporain", je m'attendais à quelque chose d'un peu snob, voire de carrément décapant dans le mode "too much", genre la FIAC. A Paris, on peut craindre le pire.
C'était surprenant, mais pas si mal. Il y avait de tout: du très cucul, du très snob, du très rigolo, du coloré à bloc qui vous tartinait les mirettes pour cinq bonnes minutes, du très éthéré gris avec une tache rouge minuscule, du très talentueux aussi.
Les mieux, c'était ceux qui ne se prenaient pas trop au sérieux et qui savaient se servir de leurs mains.
Le gars aux airs pénétrés qui fait une tache dans un carré vide m'ennuie puissamment: on ne parle pas le même langage.
Celui qui sait trouver les veines du bois pour sculpter une forme toute douce et toute gracieuse me fait de l'effet. On se comprend.

J'aime les mains habiles et les yeux qui voient au travers des choses.

C'est ainsi que grâce à Xenia, j'ai découvert Daniel Castan. Un amoureux de New York en vision mouillée, déformée, distordue. Tout donne une sensation de vitesse et d'écrasement.

Et puis Christine Cloos  et ses forêts de bouleaux.


L'extraordinaire Geymann, un de ceux qui m'a le plus séduite: un sculpteur sur bronze et sur bois de toutes sortes d'animaux plus vivants que nature, sympathiques et stylisés avec génie.

















Et puis encore Karl Hugo Mars. Joli nom...
Un créateur surprenant. Je suis restée scotchée un bon moment devant ses sculptures sur métal et ses lampes. Pendant ce temps-là, une averse monstrueuse déversait sur nous l'eau du ciel.





J'ai bien aimé les fleurs et les villages de
Véronique Mansart.
Après les métaux torturés, le contraste n'en était que plus frappant.
Rien de mieux qu'un bon entrechoquage de styles pour mieux les apprécier tous (sauf les gnagnans-esbrouffeurs).















Et encore Michèle Noseda, qui fabrique des poissons terribles, rien qu'avec des matériaux de récup: des boutons, des bouts de fil de fer, des ressorts....










Les photos inquiétantes de Cécile Decorniquet, d'une absolue perfection, sans rien d'évident, réussissent à nous plonger dans un malaise intense. Pourtant, ce sont des photos d'enfants. En principe, on s'attendrit. Pas là.....

Je finirai par Michel Souvignet, un magnifique tourneur sur bois. Gentil comme tout. Il cherche des bois très purs ou malades, pour mieux jouer ensuite avec les veines colorées provoquées par l'action des bactéries. Pas de pub sur internet: c'est un artisan. Donc pas de biographie.
Reste la photo des bouchons et une autre que j'ai trouvée quand même. Un chef d'oeuvre.


Le seul abordable aussi, à qui j'ai pu acheter quelque chose: des bouchons en bois.