mardi 22 mai 2012

Oyez oyez! La République m'appelle!

Après le boulot, je suis allée faire les courses. C'est dire que je suis rentrée un peu tard et un un peu lasse.
J'ai ramassé le courrier distraitement. Je l'ai jeté sur la table et il a attendu là le temps que je fasse un bisou à ma filloune, quitte mes chaussures et mon manteau, que je prépare de la soupe et que je range mes emplettes. Par la même occasion, j'ai aussi libéré les chats qui attendaient leur tour de jardin et j'ai vidé le lave-vaisselle.

Et vous êtes en train de vous demander ce qui me prend de dégoiser sur des banalités pareilles.
C'est parce que jusqu'à l'ouverture de ce maudit courrier, je vivais dans une paix relative.
L'une des enveloppes cachait une jolie surprise.

J'ai cru tomber raide.

Voilà que je suis tirée au sort pour figurer sur la liste préparatoire des pékins susceptibles de devenir jurés de la cour d'Assises de Bobigny.

Et  allez!
Je me console en me disant que ça doit être intéressant.... et puis rien n'est encore scellé dans le marbre.

En attendant j'ai l'impression de faire un bond de plus de deux cents ans en arrière, à l'époque où on guillotinait à tout va et où on se faisait appeler "citoyen". Les jurys populaires, ça date de ces époques-là.

                                                                   Léger vertige.


28 commentaires:

  1. Pas de panique, ce n'est qu'un premier tour.. j'ai déjà été tirée deux fois au sort, j'ai répondu trois lignes: profession, et je n'ai jamais été juré... Et puis ça s'est arrêté là...
    Je ne sais pas si ils font un premier tri des réponses avant le deuxième tirage... j'ai l'impression que si... et que le laconisme doit inquiéter...

    Sinon, pour avoir discuter avec un prof dans un tram... je dois te dire que la profession ets sans doute sureprésentée dans les jurys parce que pour la session d'été ils n'ont pas indemniser des gens qui sont déjà payés, ou alors pas beaucoup...
    Un truc, si par malheur tu étais retenue: les deux parties peuvent te récuser... normalement tu as droit à un interrogatoire... ben tu peux toujours te déclarer pour la peine de mort, la triple peine, etc...Je doute que ce genre de profession de foi fasse de toi un bon candidat...

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    1. Merci pour tes suggestions Sorcière. Je me vois bien endosser le rôle de la vieille tricoteuse poujadiste réclamant la peine de mort et l'apartheid strict! Ahahahah! Tête de l'avocat chargé de faire le tri!
      Si j'opte pour ça, promis: je raconte en détail!

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    2. Oh oui ! ressortons le Rasoir National !

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  2. +1 @ La sorcière à la ville ("ben tu peux toujours te déclarer pour la peine de mort, la triple peine, etc"). :)))

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  3. moi je trouve ça très interressant et j'aimerai que ça m'arrive pour voir le fonctionnement de l'intérieur, bisous

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    1. Malheureusement moi aussi, c'est pour ça que je suis écartelée. Que faire???

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  4. oui assez d accord avec Boutfil, j aimerai bien que cela m arrive. Mais effectivement, il y a une fois selectionné un "interrogatoire", et là, je ne suis pas sur d'être retenu.
    Ceci ça doit pas etre facile à vivre selon le degré de gravité du dossier.

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    1. En effet Corto: certains dossiers sont très lourds et rien n'est épargné aux jurés. au point qu'un soutien psy est parfois mis en place.
      N'empêche que l'expérience doit marquer.
      Et pourquoi donc penses-tu que tu ne serais pas retenu?
      Serais-tu politiquement incorrect au point d'effrayer les avocats sélectionneurs?
      Hum????

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  5. Je n'ai jamais eu cet honneur ou horreur (chacun voit midi à sa porte)Il me semble d'après les "ouidire" qu'il ne faut pas refuser l'interrogatoire et si acceptation, le salaire est en fonction de l'activité et de la longueur du procès!! Ne panique pas, c'est une expérience citoyenne très positive!!! BISOUS FAN

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    1. Oui FAN, tu as raison. Si je suis retenue, je n'ai tout simplement pas le droit de refuser la convocation, sous peine de devoir payer une astreinte de 3750 euros par jour.

      Pas de souci pour mon salaire. Le problème n'est pas là.
      Ce qui m'ennuie, c'est de devoir m'absenter, sachant que j'ai beaucoup manqué cette année, à cause de lourds ennuis familiaux. Et puis ça m'ennuie aussi de leur faire cadeau de mes vacances, parce que Dieu sait si j'en ai besoin. Voilà le topo.

      tu as vu comme il fait beau?
      Bises

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  6. Réponses
    1. Compte sur moi pour vous tenir au courant!

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  7. Ne t'inquiètes pas, j'ai reçu aussi ce type de courrier il y a 3 ans et je n'ai rien vu venir à ce jour!

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    1. Bonjour Thierry! Te revoilà! Et bien ça me fait plaisir!
      Merci pour ton témoignage. Je vais donc enterrer l'affaire et nous verrons bien si elle me revient dans le nez à l'état d'ectoplasme républicain. :))

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  8. Bonjour ! Moi ce sont les gendarmes qui étaient venus à la case m'apporter ma convocation pour être jury d'assises. Pas le choix, c'est un devoir comme les impôts, t'es obligée d'y aller. Ceux qui ne se sont pas présentés ont eu une amende le premier jour, doublée le 2ème, etc... Ca a pris deux semaines et demi de ma vie, j'ai reçu une indemnité, ton employeur ne peut pas t'empêcher d'y aller et ce n'est pas décompté de tes congés !! Mais ça c'est rien. Assister à un procès et devoir rendre sentence, c'est bien plus difficile ! Voir les pièces à conviction devant soi (style couteau ensanglanté ou revolver), parcourir les photos d'un meurtre, entendre les témoins, voir la famille des deux parties dans le public, tout ça est dur à vivre. J'avais perdu plusieurs kilos c'est dire si j'avais été impressionnée ! Mais c'est une expérience riche et intéressante.

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    1. Bonjour Chriss! C'est gentil de venir me voir. Bienvenue!
      Alors tu as donc connu ça.
      Quand tu me dis que les gendarmes sont venus à la case, j'ai l'impression de nager en vrai dans Paul et Virginie! Mon imagination marche à plein volume :))))
      Je pense aussi que c'est passionnant...mais ... en fait ça tombe plutôt mal.
      De toute façon, ce n'est pas fait.
      J'attends sagement de voir et j'arrête de m'affoler.

      Si cette affaire suit son cours, on confrontera nos impressions!

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  9. Oui, enfin... on peut se dire qu'il ne viendra à l'idée d'aucun avocat de garder une femme , mère de famille, dans le jury d'un violeur-assassin d'enfant...le must. Tout le reste c'est de la gnognote...

    Si tu répugnes à jouer les tricoteuses, l'inverse est possible aussi: Vive la Bande à Bonnot, la Fraction Armée Rouge, Baader, Action Directe... là c'est le proc qui te virera..

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    1. Ah, j'oubliais... ma préférée: Ulrike Meinhof... opportunément suicidée dans sa prison... Sa fille s'est battue pendant des années ... Quand je pense à elles deux, j'en suis malade...

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    2. L'option inverse est intéressante aussi. Je pourrais aussi me pointer en multipliant les signes de croix et les génuflexions d'un air furieux.
      Faudrait voir laquelle de ces tenues m'irait le mieux! :)))

      Je ne savais pas qu'Ulrike Meinhof avait des filles qui l'avaient défendue. J'étais gamine quand cette affaire-là a éclaté et depuis, j'ai un peu perdu de vue cette époque.

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    3. Ah, qu'Ulrike Meinhof !

      C'est amusant de constater à quel point l'aura révolutionnaire peut faire oublier à quel point certains individus ont été ou sont de véritables ordures.

      Je ne me réjouis aps de son sort, mais je ne vais certainement pas pleurer non plus.

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    4. Je ne connais pas d'exemple de révolution paisible. Ça commence avec de belles idées et ça finit en bain de sang, pour bien souvent reprendre les bonnes vieilles habitudes d'antan.
      Mais nous restons des sentimentaux épris d'idées romantiques et nous sommes conditionnés par l'idéologie qui veut nous faire croire que la Révolution française fut une victoire des lumières sur l'obscurité monarchiste.
      Bien entendu, c'est un peu plus complexe...

      Alors oui, l'aura révolutionnaire reste séduisante, envers et contre tout. Surtout en France.

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  10. Hou la la!
    Heureusement que la peine de mort a été abolie!
    En tout cas, ça ne doit pas être facile comme tâche et je serais bien embêtée si ça m'arrivait!
    Merci de ta visite il y a déjà quelques semaines. J'ai mis du temps à venir car je n'avais pas la tête à bloguer.

    ***
    Belle journée****

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  11. Manquerait plus qu'il y ait encore la peine de mort!!!!!! Tu as raison, ça serait pire. Je n'ai plus qu'à attendre, de toutes façons. Et si on me retiens, alors il sera temps de cogiter. Et là, je vous INONDERAI de mes commentaires et réflexions!!!!

    Pas la tête à bloguer, je comprends. Ça m'arrive aussi.
    Il faut faire des pauses de temps en temps. Inutile de se forcer. On n'a pas d'obligation de rendement!

    Bises à toi et à bientôt

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  12. Le problème de la peine de mort en France, c'est qu'aux Assises on demande aux jurés de fonder le jugement sur leur intime conviction et non pas sur des faits patents, des preuves matérielles indiscutables et qui le sont de moins en moins avec les progrès des sciences forensiques.

    C'est très certainement un des biais de mon métier, mais moi qui ait passé pas mal d'années à être opposé à la peine de mort, je le suis de moins en moins. Il n'y a rien de plus dégoûtant que de voir de vrais criminels sortir au bout de 22 ans. Une drôle de manière d'envisager la perpétuité. J'ai croisé la route de véritables salauds, massacreurs de sdf par exemple, et assez bizarrement je n'arrive pas à éprouver quelque mansuétude que ce soit à leur endroit. Peut-être est-ce lié au fait que je fais partie de ceux qui ramassent les morceaux, qui vont voir les familles pour leur annoncer la triste réalité, etc.

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  13. C'est vrai Koltchak.
    Là est tout le problème des jurys populaires. Qui plus est, un héritage en droite ligne de la Révolution française qui mélangeait l'utopie citoyenne et la violence.

    Il y a de quoi hésiter, oui. C'est difficile de décider de la vie ou la mort de quelqu'un, surtout que le risque d'erreur plane toujours.
    La perpétuité était une alternative, mais en effet, elle n'est pas appliquée et je ne crois pas beaucoup au pouvoir rédempteur de la prison.
    Votre témoignage est intéressant: on oublie trop souvent de se mettre à la place des familles ou de ceux qui mettent les mains dans le sang et exposent leur vie pour coincer les mafrats.
    En outre, que deviennent les criminels une fois libérés? Je doute qu'ils soient disposés à expier.

    Donc moi aussi, je m'interroge...

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  14. Il n'y a guère qu'à Shawshank où l'on peut assister à une rédemption. Mais la vie ce n'est pas du cinéma, les méchants le sont vraiment et rares sont ceux qui font le choix de se ranger.

    Bien sûr que d'avoir à décider de la vie ou de la mort de quelqu'un n'est pas chose aisée. Ceux qui me disent le contraire, affirmant que cela ne leur pèserait pas sur la conscience me foutent la trouille. Pour autant, je pense qu'il n'y a pas 36 alternatives. Soit la perpétuité est réelle, auquel cas on est sûr que les nuisibles ne récidiveront pas, soit c'est du bidon et il faut revenir à la peine de mort.

    Lorsqu'on est politicien, on ne peut pas passer sont temps à parler de responsabilité et s'engouffrer dans le premier truc venu justement pour ne pas avoir à assumer les choix qui vous seront demandés au moment des recours en grâce. De même, lorsqu'on a fait le choix de se retrancher de la communauté humaine en se comportant comme un animal, il faut accepter que la société fasse ce qu'elle fait habituellement avec une bête féroce : elle la pique pour prémunir ses membres de toute autre attaque.

    Quant au suivi par les SPIP (services pénitentiaires d'insertion et de probation), ils croulent tellement sous les dossiers que le suivi individuel attentif est illusoire. Par ailleurs, les bracelets électroniques utilisés en France ne sont quasiment jamais équipés de gps. Ce serait trop invasif et contraire à la dignité humaine, ce qui laisse toute latitude au porteur de commettre ses méfaits en dehors de la plage horaire de surveillance définie, durant laquelle le détenu en conditionnelle ne doit pas s'éloigner de son domicile.

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