samedi 31 décembre 2011

Désertion

J'émerge.
Depuis un moment, je n'écoute plus la radio, je ne lis plus les journaux et l'ordinateur orne mon capharnaüm de bureau.



C'est simple: j'en ai eu marre. Comme un sorte de saturation générale.
Certains font des indigestions de foie gras. Moi, j'ai saturé aux écrans et aux ondes.
Demain, je crois bien que je vais me payer le luxe de me flanquer au lit très tôt avec un bouquin,

Je le lis en français, ne nous égarons pas

                                                                            un chat ,


et des trucs à grignoter pendant que le monde s'agitera et ça sera le bonheur.

Et puis l'avantage, quand on cesse de prendre garde aux remous du monde, c'est qu'on ouvre les yeux sur d'autres choses.

Je suis allée voir les ballets Moïsseiev avec mes filles.


J'ai goûté à la ballade dans Paris le nez au vent. C'est ainsi que je suis allée avec Boutfil m'acheter des bricoles pour faire des bracelets. Reste à m'y mettre.



Au passage, j'ai croisé quelques graffitis intéressants




et dans le RER, tandis que je descendais l'escalier roulant bien calmement, un gars pressé  nous a dépassés en lugeant à fond entre les deux rampes. Il s'est réceptionné en bas avec la grâce d'un gymnaste. J'ai failli applaudir.

Hier, j'ai récupéré deux amis qui arrivaient de Belgrade. Vingt-cinq heures d'autocar. On prend le métro à la porte de la Villette où les tourniquets débloquaient. Ils sont passés avec un seul ticket. Une fois dans la rame: paf! Contrôle. Du jamais vu et il fallait que ça tombe sur eux, tout perdus dans leur rêve de ville lumière et à moitié endormis.
On a réussi à embobiner la contrôleuse qui pour une fois, était humaine. Ils ont fait semblant de ne pas parler anglais, la contrôleuse ne parlait pas anglais, moi j'ai fait semblant de ne pas les connaître et de parler anglais. J'ai proposé mes augustes services de fausse parisienne vaguement anglophone. Ils ont montré leur passeport et la contrôleuse les a laissé filer. Ça tombait bien, on arrivait juste à Stalingrad (encore des Slaves) où il fallait descendre. Double scoop: on peut donc être contrôlé dans les rames et les contrôleurs peuvent parfois lâcher prise devant de dignes étrangers serbophones. C'est bon à savoir.

Pour finir, lecanasson nous a rejoints et une fois mes hôtes installés dans mon studio parisien



 (que je mets bientôt en location, qu'on se le dise!), nous avons filé chez moi, dans ma banlieue mal famée.

Là, après une journée passée à causer en évoquant bien des souvenirs - lecanasson et moi étions ensemble à l'école primaire, au collège et au lycée - il nous a pris l'idée folle de regarder "l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux". Vu le pseudo de mon invitée, on n'allait pas s'en tirer comme ça.
Je l'ai enfin raccompagnée dans la nuit noire et hurleventeuse à une heure indue. Elle habite dans l'Essonne et la A86 était fermée. Quelques sangliers plus loin, je la dépose chez elle et au retour, la A86 était encore plus fermée, si bien que je me suis égarée du côté du Perreux vers 1h du matin, seule sous une pluie battante, dans les rues désertes. Les danses slaves de Dvordjak  passaient sur France Musique et ça m'a donné du coeur au ventre. Rendue enfin en terrain connu, du côté du Raincy, j'ai été ralentie par une camionnette qui semblait encore plus perdue que moi au Perreux. Tenez-vous bien, elle était immatriculée en Serbie et juste à ce moment-là, la radio attaquait la danse opus 72 n°2 en mi mineur: celle inspirée du kolo.
Journée marquée sous le signe de la Serbie, décidément.








                   

mardi 27 décembre 2011

Petit goût amer

Je vais faire ma rabat-joie.
Une fois passé le soir de Noël, il me reste comme un arrière goût amer.
Les mauvais esprits me recommanderont illico de moins picoler, mais je les arrête tout de suite: je ne gobelote pas au point de traîner 2 jours la gueule de bois.
Tout faux. Ce n'est pas ça.

Non.

C'est pourtant agréable de sentir monter l'excitation à l'approche du soir tant attendu. Puis de se retrouver au pied du sapin, en buvant du champagne et en ouvrant les cadeaux.

Agréable aussi de s'attabler autour d'une jolie nappe, pour manger des tas de bonnes choses en empêchant les chats de nous sauter sur les genoux.
Alors?
J'avoue avoir du mal à expliquer d'où vient ce voile.
Sur le moment, ça va.
En général, je suis épuisée par minimum deux jours de préparatifs intensifs. Le 24 au soir, je me pose enfin avec la satisfaction d'avoir fait dans les temps et dans les règles ce qui doit être fait: la course aux cadeaux, la course au sapin chez Ikea, la déco, l'empaquetage, la tonne de petits gâteaux de Noël, le ménage (même approximatif), le repas qui est une affaire d'état...
Je dois être un peu maso, parce que j'adore faire tout ça. Il se passe une sorte d'effet crescendo, comme dans une symphonie.
Quand tout roule et qu'affalée dans un canapé, dans cette ambiance de bonne humeur un peu exaltée, on veut bien me tendre une flûte de champagne, je suis BIEN. La symphonie est lancée à pleins tubes.

Ensuite, ça retombe.
Le presto devient allegro, puis moderato et à minuit passée, on est passés à un adagio, voire lento si on a vraiment trop bouffé et trop bu.

Alors est-ce le fait de voir partir en fumée toute cette perfection, qui me rend mélancolique? La nappe pleine de taches, la cuisine sans dessus dessous, les plats éventrés, les enthousiasmes qui s'essoufflent...

La sensation du temps qui passe? Désormais, j'y pense. Je dois vieillir.

L'évocation lancinante et taboue des disparus qui ne seront plus avec nous ces soirs-là?

L'impression un peu discordante d'une fête dont on cherche le sens? Fête païenne qui pousse les familles, noyaux originels affrontant le monde tempétueux, à se resserrer pour ne pas laisser la nuit envahissante les engloutir? Fête chrétienne de la naissance du Christ? Fête des cadeaux qui déferlent en cascades chatoyantes et coûteuses?

On ne sait plus trop.
Si ce n'est que le lendemain, on est content des cadeaux, mais on se trouve lancés dans le recommencement de quelque chose qu'on ne comprend plus.




dimanche 25 décembre 2011

C'est Noël

Nativité         Marc Chagall

Amis, passagers, gais, tristes, râleurs, brodeuses, geeks, analystes, peintres, provocateurs, langues bien pendues, poètes, photographes, musiciens, iconoclastes, révolutionnaires, timides, amis des chats, rockeurs, gothiques, droite, gauche, hommes libres........

❄❅JOYEUX NOËL!!❅❄

samedi 24 décembre 2011

Une petite pub en passant

Pour une fois, je vais faire une légère entorse à la règle.
Quelle règle?
.......
LA règle entre toutes: PAS DE PUB!

Si possible, j'aimerais autant ne pas vendre trop vite mon âme au diable.

Sauf qu'aujourd'hui, c'est un jour exceptionnel, puisque nous voilà au 24 décembre. Alors je vais faire une toute petite exception à LA règle. C'est pour la bonne cause.

- Je ne gagne pas un fifrelin. Juré craché.
- Il s'agit de faire connaître une superbe petite boutique qui vend du vin, des fleurs, des bonbons et qui, par-dessus tout, offre une ambiance bien à elle et un univers très, mais alors TRÈS agréable.
- La petite boutique, qui vend aussi sur internet est tenue par une amie danseuse, Katerina. Oui, elle est Grecque de l'Epire. Mon coeur fond. L'Epire, c'est ma deuxième patrie.

Alors vous me direz: quid? Quomodo?
C'est 9 rue Rodier. 75009 Paris
Je vous envoie des photos bientôt.

En attendant, voilà l'essentiel:



vendredi 23 décembre 2011

Nostalgie choronesque 2


Voilà quelques temps déjà, j'avais piqué une petite crise nostalgique. La liberté de ton du temps jadis pas si lointain m'avait frappée: à peine 30 ans sont passés et on est bridés comme des dindes..
Alors à la demande générale, j'ai bien envie d'en remettre une tournée. La nouvelle année approche et avec elle, son lot de non-dits et de parole bien pensante.
Cette manie oppressante me tape de plus en plus sur les nerfs. Je rêve de goûter aux discours des  trubilions les plus irrespectueux et les plus insupportables. J'ai envie d'entendre fuser tout et n'importe quoi comme des torpilles. Les gros mots, les idées de tous poils, même les pires, les insultes...
Si on perd le droit de dire des conneries, on va finir avec la profondeur de réflexion d'une carpe. Je ne veux pas finir en carpe.
Et puis à force d'empêcher de dire et de penser les bonnes gens, la violence leur suinte par tous les pores de la peau et c'est bien pire.

A cette époque-là, donc, j'étais gamine.


Mais je me rappelle très bien les délires télévisuels de Pierre Desproges.


Que les croyants veuillent bien me pardonner cette incongruité. Je suis croyante aussi, ça ne m'empêche pas de me marrer en voyant ça. Vivent les incongruités!

Je me souviens aussi les discussions bagarreuses où, chez Michel Polac, tout le monde finissait par se foutre sur la figure en braillant. Quel bonheur!


Au cinoche, on se prenait pas le chou à se demander si on avait le droit de dire ça ou pas. On le disait.
Les hommes étaient virils, brutaux et tout puissants. C'était pas vrai, mais qu'importe?


Les Allemands étaient des salauds ridicules.


Les bonnes femmes étaient des potiches bien roulées, ou des cruches bobonnes ou les deux.

Les Arabes étaient des terroristes.


                                                               Bref, on nous foutait la paix.

Les âneries, les excès, c'était le prix à payer pour rester à peu près libres. Tandis qu'aujourd'hui...vous voulez que je vous dise?
Aujourd'hui, "ILS NOUS LES BRISENT MENU!"* et "C'EST PAS PARCE QU'ON A RIEN À DIRE QU'IL FAUT FERMER SA GUEULE."*


* Michel Audiard



mercredi 21 décembre 2011

Rencontres

Dans son billet du jour, Monsieur Poireau suggère de profiter de chaque petite étincelle de joie offerte par la journée. Il invite chacun à raconter ce qui, aujourd'hui, lui a fait plaisir.

Et bien moi, j'ai eu un grand plaisir. Et pourtant, c'était mal parti. Il crachinait, il grisouillait, j'ai failli louper mon tram alors que j'étais en retard. Un gitan obligeant m'a bloqué la porte en me voyant trotter sur mes talons hauts. Ensuite, dans ce même tram, j'étais partie pour oublier ma belle écharpe en mohair moelleux.  Un type bronzé à l'air louche m'a fait observer que je la laissais sur la banquette.
Comme quoi, c'est mal de juger les gens sur leur mine.
Ces deux-là étaient vraiment patibulaires et pourtant... c'était de braves gars.

Donc en fait, elle commençait plutôt bien, cette journée.
Elle a continué sur sa promesse, parce qu'ensuite, j'ai déjeuné avec Boutfil, corto74 et Francis et c'était bien agréable. Moi je débarquais, un peu intimidée devant tous ces blogueurs experts et vachement au courant de tas de tuyaux très chiadés. Ils ont fait comme s'ils me connaissaient depuis des lustres et j'ai vraiment passé un bon moment. Même si j'ai bu que de l'eau.
En plus, Boutfil m'avait apporté un mignon pot de confiture de lait, faite de ses blanches mains, que je vais goûter demain matin au petit-déjeuner.

Vous avez vu ce travail? Même le couvercle et brodé-dentelé.

Après ça, j'ai fait un bout de chemin avec Boutfil qui est partie en quête de matériel de mercerie, comme d'habitude. Je suis tombée en extase devant un océan de boutons.


Je crois bien que je vais me remettre à manier fil, aiguilles et rubans avec mes gosses pattes maladroites.

En fin de compte, la journée, elle était comme les deux gars du tram: pas très engageante au premier coup d'oeil et en fin de compte, belle comme tout.

lundi 19 décembre 2011

Saudade

Madame Cesaria Evora nous a quittés.
Elle avait 70 ans.


Je ne l'oublierai pas. Ni sa voix. Ni ses pieds nus. Ni la musique triste et rythmée de son Cap Vert natal. 


                        ♪.♪♪....... SAUDADE.......♪. ♪♪.♪


Gâteries de Noël

Ça y est! 

                 Le temps est venu des gâteries de Noël.

En temps normal, je commence dès le début décembre, mais cette année est un peu particulière et j'ai pris du retard.

Et vous vous dites: "Ça y est, elle débloque la pauvrette. Il était temps que les vacances arrivent. Mais de quoi parle-t-elle au fait?"

Au fait?
DE GÂTEAUX!

Car il existe des contrées où au moment de Noël, on se sucre le bec. D'accord, j'anticipe un peu, mais on ne va pas pinailler. 

Venons-en au fait.
Ce soir, j'offre la recette du nec plus ultra du la gâterie de Noël sur un plateau: 

✮✰✫LES PETITES ÉTOILES AUX ÉPICES ✩☆✬✭ 

Normalement la recette est en allemand, mais j'ai déjà assez rasé tout le monde avec ça hier. J'arrête. Et puis c'est imprononçable pour un gosier latin.


Il nous faut -->

Biscuits:
- 500g de farine
- 2 cuillères à café de levure chimique (des vraies cuillères à café: toutes petites. Pas les énormes cuillères à dessert habituelles)
- 250g de beurre
- 250g de cassonade
- 50g d'amandes hachées
- 2 oeufs entiers
- 1 cuillère à café (même chose) de cannelle, et plus ou moins 1/4 à 1/2 cuillère à café d'anis étoilé, pareil de cardamome et pareil de clou de girofle.

Glaçage:
- Sucre glace
- 1 citron
- Des décorations colorées en sucre pour saupoudrer
Les épices, je les mouline au dernier moment.


Pour les biscuits.

Pour le glaçage.

Ensuite, c'est très simple: on mélange tout. Comme ça. En vrac.




















             En encore ensuite, on fait une boule.





Il faut mettre la pâte entre deux films plastique pour ne pas qu'elle colle et pour ne pas tout noyer sous la farine. Puis, avec des emporte-pièces, on découpe des formes. En principe ce sont des étoiles, mais moi, j'ajoute des coeurs. Mon côté romantique.



Au four! Environ 180° jusqu'à ce que ce soit doré. Une suave odeur d'épices va flotter à la maison que c'est un bonheur.  Pendant ce temps-là, il faut préparer le glaçage en remplissant à moitié un  bol avec du sucre glace. Presser un citron et verser du jus dans le sucre en touillant, jusqu'à ce que le mélange forme une patouille crémeuse.


C'est au sortir du four qu'intervient le SEUL moment délicat.
Il faut jouer serré.
Le glaçage ne prend que sur des gâteaux chauds et il prend très vite. Donc (on ne panique pas): collez un coup de glaçage au pinceau sur 4 gâteaux à la fois et dépêchez-vous d'y saupoudrer en vitesse quelques décorations colorées. Elles vont coller. 
Pourquoi 4 gâteaux à la fois? 
L'expérience prouve qu'au-delà, le glaçage a le temps de refroidir et les petites billes de sucre ne collent plus. C'est aussi bon, mais beaucoup moins joli.
Puisque je vous le dis!




Et comme j'avais envie de variété, j'en ai fait d'autres après..... 










Mais c'est une autre histoire.....

samedi 17 décembre 2011

Un instant de recueillement

Fait moche, fait froid, fait bouerk.


Je suis au regret de vous annoncer la disparition d'une figure.


Un instant de recueillement s'impose.




Sale mouchard

Hier, j'ai déjeuné avec ma maman.
Nous avons commencé par nous tremper comme des soupes sous les hallebardes qui dégringolaient en rafales.
Une fois à l'abri, bien au chaud à l'étage d'un café confortable - gemütlich* dirait-on en allemand, mais il n'existe pas de traduction française pour ça - nous avons commencé à deviser de tas de choses passionnantes, en dégustant un pavé de saumon à l'estragon servi avec des tagliatelles.
Il est entendu que ma maman n'est pas très geek et moi non plus. On tripote l'informatique maladroitement, certes, mais sans comparaison avec le haut de gamme tel que Nicolas Jegou, par exemple.
Voilà pourtant qu'elle se met à m'expliquer d'un air inquiet que les smartphones permettent de pister leur propriétaire, quoiqu'on fasse. La saleté d'appareil serait équipée d'un système qui, à l'insu de son propriétaire, permettrait non seulement de le suivre à la trace, mais d'accéder à ses photos, ses SMS, ses turpitudes, tout!


J'étais un peu vaseuse hier, me relevant à peine d'une journée de boulot en mode grippe intestinale. Sur le coup, j'ai trouvé ça étrange que Big Brother nous ait mis la main dessus aussi facilement. Et puis, j'en aurais quand même entendu parler. Si un mouchard pareil venait mettre sans dessus dessous les secrets des smartphones, la moitié de mes amis au bas mot aurait déjà divorcé (je plaisante).
J'ai enregistré tout ça, sans questionner plus avant. Mon équipement personnel étant suffisamment préhistorique pour me garantir une opacité de bon aloi. C'est ça l'essentiel après tout. Que les amateurs de smartphones coûteux que je n'ai pas les moyens de me payer aillent donc se faire moucharder ailleurs.
De toute façon,  hier je n'étais pas d'humeur à soumettre ma maman à la question sur les détails techniques de Big Brother, dans notre café gemütlich*. On a enchaîné sur autre chose.

Aujourd'hui, je suis guérie et reposée. Diverses choses agréables s'annoncent ce week end, le soleil brille. Je me suis donc attelée aux vérifications de ce que ma maman m'a dit hier, in dem gemütlichen Cafe.**
Et ce que j'ai trouvé n'est guère rassurant, même si le mouchardage en grandes largeurs n'était pas encore de mise.  Quand on possède ce genre d'engin, il faut adopter la prudence de la belette.


Il existe en gros  trois passoires traîtres:

LA GÉOLOCALISATION (TRAÎTRISE N°1)
D'abord, on peut se faire pister si on active l'application GPS associée à internet ou d'autres gadgets du genre, sans le désactiver après usage. Et même quand on le désactive, on ne sait jamais qui va rester pendu à vos basques: toutes les nuits en douce, Apple, Google et Microsoft récupèrent la liste des réseaux Wi-Fi rencontrées durant la journée, gentiment transmises par les smartphones et Iphones. On se demande bien à quoi ça leur sert.

LA NAVIGATION INTERNET (TRAÎTRISE N°2)
Les opérateurs mobiles et les fournisseurs d'accès à internet disposent de l'historique complet des connexions internet de leurs abonnés. Ce sont des gens verreux vertueux, donc ils ne gardent rien. Admettons.... Mais tout est archivé dans la mémoire des téléphones et de petits logiciels vendus sur internet permettent de tout transférer sur un ordinateur. Prudence, donc.

LES APPLICATIONS (TRAÎTRISE N°3)
Ces machins-la sont sympas. Ils fournissent plein d'infos toutes jolies: critiques gastronomiques, soldes, places de ciné à prix cassés... sauf qu'en même temps, lesdites applications accèdent à vos données personnelles via les logiciels dont c'est le boulot et là, tout y passe. Ensuite, les développeurs sans scrupules  les récupèrent et le vendent à des régies publicitaires. Quant aux usagers, on ne les avertit de rien. C'est illégal, oui, et alors?

LES IMPRUDENCES (PAS TROP TRAÎTRES)
Il vaut mieux éviter de jeter ses données personnelles à la face du monde. Il y a des évidences, comme verrouiller son appareils et ne pas le laisser traîner sur la table du café du commerce (même gemütlich). Moins évident:  dans un web-café, votre appareil se connecte automatiquement à un réseau wifi non sécurisé, vous exposez donc aimablement toutes vos données, personnelles ou professionnelles, stockées sur ce terminal. N’importe quelle personne connectée à ce même réseau peut y accéder sans grandes difficultés. Eh oui! Il suffisait d'y penser.
Et puis tant qu'à faire, ne tentons pas le diable: les voleurs à la tire sont partout. Exhiber sont beau smartphone dernier cri au nez et à la barbe d'inconnus dans le métro, c'est imprudent. Surtout s'il est allumé, pas verrouillé, s'il est équipé d'un code PIN ridicule, style 0000 ou votre date de naissance et si on n'a pas pris soin de noter quelque part le code IMEI qui permet de le bloquer à distance.

Ces systèmes nous rendent la vie plus facile, plus conviviale et plus scintillante. C'est vrai. Mais ils ont une face sombre comme le charbon. Certains, les Hommes libres, s'en passent complètement et échappent à l'oeil de Caën. Seulement alors liberté rime avec retraite au désert. Tout le monde n'a pas le cran d'un stylite.

Les autres, les enchaînés, rappelez-vous: prudence de belette et vigilance de marmotte.




* Alors quoi? Qu'est-ce que c'est que ce mot barbare?
Il évoque simplement une ambiance qui procure la plénitude, la détente du corps et de l'esprit, la paix des âmes. Ça peut être un café qui sent bon, où les gens parlent doucement, où il fait chaud et où on a envie de passer des heures à lire un bouquin, pendant que dehors, il gèle férocement. Ou une pièce douillette où brûle un feu de bois, pendant qu'on se vautre en chaussettes sur son canapé, un chat sur le ventre et un verre de quelque chose à portée de main.
Pas si barbare en fin de compte.

** "Dans le café douillet", décliné au datif singulier, vu qu'on y était sans se déplacer d'un point à un autre. Auquel cas, il aurait fallu utiliser l'accusatif.

mercredi 14 décembre 2011

Les carnets

Hier soir, c'était la remise des carnets.

Moment très attendu par les familles qui ne voient plus les maîtres ou maîtresses, depuis que le samedi matin est entièrement consacré au week-end. Avant, même ceux qui bossaient comme des brutes jusqu'à 20h, je les apercevais à la grille, le samedi à 11h30. Surtout que c'est le jour du marché.
Désormais, certains, je ne les vois plus.
Ou alors dix minutes le jour des carnets.
C'est vous dire l'importance de la cérémonie.

J'avais préparé ma petite liste, avec les ordres de passages, comme chez le docteur, histoire d'éviter la bousculade et l'énervement général.
J'avoue que moi-même, j'étais dans mes petits souliers.
C'est toujours compliqué d'expliquer aux parents avec des mots choisis que leur môme passe ses journées à aveugler un comparse avec le reflet du soleil sur le cadran de sa montre au lieu de bosser.
D'abord, je plains sincèrement ces pauvres petiots de devoir rester assis six heures de la sainte journée. Même moi, j'y arrive pas.
Ensuite, je comprends que jouer avec les reflets du soleil, c'est rigolo.
Seulement, je ne peux pas leur dire ça. Faut bien que je reste crédible.

Voyez le topo:
"Madame, votre fils ne fiche rien, il passe son temps à écrire des mots d'amour pleins de fautes à Chahinèze, à déchiqueter ses cahiers pour faire des boulettes et à bavasser avec ses voisins*. Notez bien que je le comprends. Six heures d'école c'est pas humain et de toute façon, on ne sait pas ce que demain nous réserve. Autant qu'il s'amuse, tant qu'il peut, le pauvre mignon."
Tête de la maman......


Non, vraiment, c'est pas facile de parler aux parents sans les désespérer, ni leur faire perdre la face, ni leur raconter des calembredaines. Surtout qu'à part ceux des super bons élèves (un papa chirurgien, un autre cadre sup, une maman architecte....), 90% des autres, tous profils confondus, suintaient l'angoisse. Sachant ce que vaut notre système éducatif, j'avais presque envie de les prendre dans mes bras. Mais là encore, je ne pouvais pas. Faut bien que je reste sur la réserve.
C'est frustrant décidément, la remise des carnets.

Imaginons:
Monsieur X: "mon fils est nul, je suis désespéré. C'est la honte de la famille*. Aidez-moi!.
Moi: _ ........ (que répondre, c'est vrai que le gosse est nul). Venez dans mes bras monsieur. Laissez-vous aller. Tenez, voilà un mouchoir."
Je prendrais un gros risque......

Alors, à chaque fois, je dosais comme je pouvais.

Marjolaine, en rupture scolaire manifeste, est équipée d'une maman déjà très initiée aux carences de notre système, je n'ai presque fait qu'écouter. Nous nous sommes serrées la main chaleureusement et elle est partie continuer sa guerre contre les psys, les spécialistes de tous poils et la paperasserie.

Soufiane, tellement nerveux qu'il est incapable de capter le quart de ce qui se passe en classe, est arrivé en se rongeant les ongles, accompagné de sa maman surcoiffée. Laquelle m'a expliqué d'une voix forte qu'elle lui faisait pourtant apprendre tout par coeur et qu'elle ne comprenait pas pourquoi il ne restituait rien sur ses contrôles. "Pourtant, je peux vous assurer qu'il m'entend quand il me ramène des mauvaises notes!". Et d'ajouter froidement: "Je comprends pas pourquoi il stresse autant!".
Nos regards, à Sofiane et à moi, se sont croisés. Il a repiqué du nez et moi, j'ai tenté d'expliquer que tout par coeur, c'était peut-être pas idéal.

Le papa de Wassim, lui, était très sûr de lui. Un homme. Un vrai. Moi, la femme, j'avais qu'à bien me tenir. Le gamin n'en menait pas large. Il a commencé par éplucher tout le carnet dans le détail comme s'il tenait du papier toilette sale entre les mains, en discutaillant. Il a fini par me dire d'un air complice: "Franchement Madame, dites-moi, mon fils, il est nul!?". Et sans me laisser le temps de répondre, il a enchaîné sur les mérites de la grande soeur qui elle, n'était pas nulle. J'ai eu envie de lui dire que si le fils avait été élevé comme la fille, le cours des choses aurait peut-être été différent, mais je me suis abstenue. J'ai évité les grands discours. Pas la peine. Une femme, ça se tait.

Le petit Robin souffre de symptômes autistiques. Il fait ce qu'il peut et moi aussi. Son papa n'est pas commode. Son fils est absolument normal, qu'on se le dise. Un coriace. A force de terroriser son fils"pour qu'il s'y mette", le gosse, dans un effort surhumain, a progressé. Conclusion: "je vous l'avais bien dit." Oui Monsieur. Jusqu'à ce qu'il craque.

Nadia est très bonne élève. Le genre dont on s'attend à à ce que tout roule en trois minutes dans un consensus total. Pas du tout. Arrive la maman, une dame ravissante, voilée et s'exprimant dans un français perlé. Elle m'a écoutée présenter le carnet de sa fille et à ma stupeur, a asséné d'une vois suave que sa fille était une élève médiocre. J'ai appris à cette occasion qu'elle lui donnait du travail en plus à la maison, jugeant que "je ne donnais pas assez de devoirs" et que les week ends se passaient en révisions tous azimut des leçons de la semaine.

Le petit Louis, si fragile, si différent, si fin, serait tellement mieux dans une école Freinet ou Montessori...mais il est là. Il s'efforce de se fondre dans le moule, mais il n'y arrive pas trop. Sa maman s'inquiète. Elle a raison. Je ne peux pas lui dire qu'elle a raison. Alors, je lui explique que les notes ne reflètent pas les qualités de son fils (ce qui est vrai) et qu'il reste encore deux ans avant le grand saut (le collège unique que le monde nous envie). Elle boit mes paroles. Elle a envie d'y croire.

C'est ça aussi mon boulot.
Voir défiler des tranches de vie, un soir de décembre. Comprendre d'un coup dans quel univers vit un gosse. Sentir en une seconde se tisser une complicité ou n'être que le témoin indiscret d'un monde qui se cloître.
Après les carnets, rien n'est plus comme avant.


*Vécu.




dimanche 11 décembre 2011

Eka Tsindelani

Dans un billet précédent, je publiais quelques photos d'Eka Tsindelani. 

Eka est peintre. Elle est la soeur de mon amie Lela qui vit à Paris.
Eka est aussi géorgienne. Elle vit à Tbilissi, à 3000 km d'ici.
La Géorgie, c'est le rouge. Le vert, c'est le reste.

J'en profite pour faire une parenthèse: un superbe livre, Ali et Nino, raconte comment la première guerre mondiale a démarré dans cette région du monde, dont on a bien du mal à savoir si elle est en Asie ou en Europe. C'est une histoire d'amour parfaitement improbable entre Ali, Azéri chiite et Nino, Géorgienne chrétienne. Tout est dit. On rit, on rêve, on frémit, on reconnaît bien des choses. L'auteur, Kurban Saïd, Juif azéri et personnage hors du commun, vit en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, en se faisant passer pour un obscur prince musulman. C'est original.


Revenons à Eka.
Aucune biographie ne raconte sa vie sur le net. Eka est très peu connue, hélas. C'est un de ces talents demeuré secret, parce que la Géorgie est loin et qu'Eka n'a pas de contacts dans les grandes villes d'Europe ou des Etats-Unis.
Pourtant, Eka peint des choses merveilleuses....quand elle peut.

Aujourd'hui, elle ne peint plus. Il faut bien vivre. Elle a même fermé le site qui exposait ses oeuvres sur la toile.
Désormais, elle est coiffeuse et réparatrice de tout ce qui est mécanique. Pour ça aussi, elle est douée: n'importe quelle machine revient à la vie entre ses mains. Si elle n'était pas à 3000 km, je lui confierais bien mon lecteur de CD. Et en plus des sous, je lui donnerais aussi quelques tubes et des pinceaux.












Retour au Moyen Age: le bon vieux pilori

Récemment, Vlad a résumé la différence entre droite et gauche.
Il est bien entendu que la gauche est (je cite) "Anti-guerres, anti-raciste, anti-frontières, mixité sociale, vive les artistes, les merguez, trop cool, lol, mdr etc."
J'ajouterai que la gars de gauche est un bon zig qui se préoccupe du sort de son prochain moins bien loti que lui: le sans-papier, le SDF, le pauvre, le jeune des "quartiers"... tandis que le crevard de droite, pourtant catho en principe, il s'en fout du pauvre monde.


Moi, honnêtement, je ne sais plus du tout ce que ça veut dire "gauche" et "droite". A l'époque de Jean Casimir Perier, encore, c'était à peu près clair, mais maintenant...


J'en veux pour preuve de cette confusion des genres, la récente initiative du maire de Ruffec (Charente), Bernard Charbonneau. 
Monsieur le maire est apparenté PS, donc, normalement, soucieux des pauvres, vivent les merguez, cool, etc...


Au lieu de ça, à la stupeur générale, il brouille les pistes en rétablissant le pilori.
Oui, cet engin humiliant qui exposait le condamné à la vindicte populaire, en lui enserrant les bras, la tête et parfois les jambes dans une sorte de carcan de bois. Le public avait le droit de se défouler en lui jetant à la tête tous les quolibets qui lui passaient par la tête et même, des oeufs pourris ou des trognons de chou.
C'est très facho le pilori.
Alors quoi?




Il est bien entendu que nous sommes au XXIème siècle, ère de l'électronique. Le nouveau pilori se présente donc sous forme d'écran. C'est moderne. Et puis, c'est joli et c'est ludique.  Retour à gauche et tout va pour le mieux.
Sauf que le pilori est destiné aux enfants des écoles, dont les parents ne paient pas la cantine. Tout ne va pas pour le mieux.... c'est même confus.


Le joli écran est affiché bien en vue dans la cantine, les nounours rouges désignent les enfants des mauvais parents qui n'ont pas payé, les nounours bleus, les enfants des parents qui vont bientôt virer au rouge et les nounours verts, les enfants des bons parents qui payent en temps et en heure. HONTE AUX ENFANTS!!!!!! OUHOUHOUH! Vous vous rendez compte? Les parents de la petite....biiiip......sont des affreux qui ne payent paaaaaas!


Que voilà une belle manière de faire rendre gorge aux salauds de profiteurs qui étranglent les finances de Ruffec en gardant leurs picaillons par devers eux!




Leurs gosses n'ont qu'à bien se tenir et à faire profil bas.
On les a à l'oeil.


Si je comprends bien, le pilori électronique, c'est de gauche aussi, comme la mixité cool, l'abolition de la sélection, des notes et des frontières...


Décidément, je ne suis pas faite pour la politique.



jeudi 8 décembre 2011

Sans foi ni loi

Il est de très mauvais goût de se moquer de son prochain. Si en plus, le prochain est un digne étranger qui parle notre langue avec un léger accent, c'est odieux. Pire: c'est raciste.

Donc, forcément, je me suis sentie très coupable de me marrer quand j'ai lu l'immonde imitation d'accent germanique dont Patrick Besson assaisonné à Eva Joly. En plus, il se moque des écolos.


Zalut la Vranze ! Auchourt'hui est un krand chour : fous m'afez élue brézidente te la République vranzaise. Envin un acde intellichent te ce beuble qui a vait dant de pêdises tans son hisdoire, sans barler éfitemment te doudes les vois où il a bollué l'admosphère montiale afec tes essais nugléaires, mais auzi les lokomodives à fapeur, les hauts vournaux, les incenties de vorêt, les parbekues kanzérichênes tans les chartins te panlieue, chen basse et tes meilleures, che feux tire tes bires, tes peilleures c'édait te l'humour, parze qu'il ne vaut bas groire que l'humour z'est rézerfé aux Vranzais te souche. Donc, à la zuite te l'accitent d'afion où a béri le candidat UMB, te l'accitent te foidure où a béri le candidat BS, te l'accident d'audocar où ont béri les zept candidats zentristes, de l'accitent d'ascenzeur où a béri la candidate du FN en fizidant une zidé tifficile tu nord te Baris et te l'attaque cartiaque qui a mis un derme aux chours du candidat Vront de cauche lors d'une réunion gandradictoire afec Kristine Poudin, che me redrouve zeule en dête du bremier dour puisque la zeule touchour fifante. Che sais, zertains esbrits gomme ce beuble déchénéré n'en mangue bas, hélas - les Scandinaces, c'est audre chose, c'est moi gui fous le tis - medront en afant le garactère imbrombtu te mon arrifée au boufoir, n'embêche que zelle-ci est gonblaitement légale et gonstitutionnelle, chai vérifié tans le gode cifil. Che n'héziderai bas à vous mèdre en examen et égrouer doute intifitu qui s'élèfera gontre la falitité du scrudin hisdorique te mai 2012. Gue cela zoit pien glair endre nous, Mestames et Messieurs les diskutailleurs xénophobes et bollueurs tont le bays ne feut plus, ainsi qu'il l'a mondré lors te cette élection.
Les bremières técisions que che prends ce chour sont les suifantes, che fous temante te bien m'écouder barce que chai horreur te me rébéder : tesdruction immétiate te doudes les dours te la Téfense et te la borde d'Italie avin de rédablir en fille une archidédure à focazion humaine, tes week-ends sans foitures avin que le beuble vranzais malate et intoxiqué redrouve une admosphère zaine et une acdivité phyzique tigne te ce nom, vermédure et dransvormation des zendrales nugléaires en lieux de gulte pour doutes les fictimes de malvormazions gonchénidales dues à la bollution de notre admosphère, l'Elysée zera dransvormé en zentre d'accueil pour zans-zabri et la brézidente, c'est- à-tire moi, ira locher dans une betite maison de pois t'un cambing bio te la vanlieue barisienne et ze rendra au pureau en félo ou, en cas d'urchenze, par exemble une guerre condre un bays bollueur ou un koup d'Edat hélas touchours brévisible d'une armée invéodée aux marchands d'armes nugléaires, en mobylède élecdrique. Envin che gréerai un minisdère du féchétarisme qui vait auchourt'hui dévaut et sans lequel un bays moterne ne zaurait bien ze nourrir.



Si on pousse le vice jusqu'à éclater d'un rire tonitruant au nez et à la barbe d'un malheureux handicapé, c'est monstrueux. Impie. 
C'est pourquoi je préviens tout de suite les personnes droites et sérieuses que je suis infréquentable. 
Plus c'est interdit, plus j'ai envie de me marrer.
C'est plus fort que moi.


Pour mémoire, cette émission présentait les problèmes de sexualité des handicapés. Ames sensibles passez votre chemin.

mardi 6 décembre 2011

Pavillon noir

Qu'on veuille bien m'excuser des préoccupations aussi petites.
Je suis embêtée...
Devant les commentaires où ma bobine-avatar apparaît, dans les listes de membres des blogs auxquels je me suis inscrite, désormais, il y aune espèce de triangle noir sinistre.


                                                                  Je ne comprends pas.

C'est très laid et vaguement menaçant.
J'ai eu beau fouiller, je n'ai pas vu d'explication, ni de recette pour rétablir la photo d'origine. Elle n'est pas bien terrible, mais quand même mieux que cet espèce de drapeau de pirate.
Le site d'entraide de Blogger ne m'inspire qu'une confiance mitigée, vu que la moitié des questions au bas mot reste sans réponse.

Alors, je lance une bouteille à la blogosphère.
Si quelqu'un sait comment faire pour cesser de battre pavillon noir, je lui serais sincèrement reconnaissante.

lundi 5 décembre 2011

Jusqu'où se niche le raffinement


Je viens de tomber en arrêt devant un engin fascinant.
Les toilettes japonaises.

                                                     Avouez qu'il y a de quoi s'interroger.

Prise d'une curiosité irrépressible, j'ai voulu comprendre comment ce système étonnant fonctionnait. Après tout, on ne sait jamais, un jour peut-être, j'irai au Japon et alors si mes connaissances en sont au stade actuel, je mourrai dans d'atroces souffrances.
Ce serait bêta.

En fait, le principe est simple.
Si l'engin se présente tel qu'un postérieur ait envie de s'y déposer, il convient d'assimiler l'art des télécommandes.


Les macarons sont assez explicites, mais autant être sûre:
- stop fertig. On est rincé de partout.
- Une petite giclette bien ajustée. Le dessin ne laisse planer aucune ambiguité.
- Une grosse giclette plus diffuse. Là, c'est moins clair.
- Bruit de chasse d'eau avec volume réglable, pour les dames délicates qui veulent couvrir pudiquement leurs bruits incongrus.
En dessous, on règle la pression de l'eau (pour les giclettes).  La température est réglable, bien entendu. Un séchoir à air complète agréablement la panoplie, histoire de ressortir du temple parfaitement net.

Certains modèles raffinés proposent une lunette chauffante et de la musique symphonique en plus de l'option "flushing sound".
J'avoue que l'expérience sur fond de Wagner doit être inoubliable.

Les fabricants japonais témoignent d'une imagination qui me laisse sans voix: les plus hardis poussent jusqu'à la ventilation anti-odeur, l'engin masseur, la clim, la lunette fluorescente....

Les plus fous poussent jusqu'au sommet du minimalisme. Et là, je sèche.

                                                                            ?

Magnifique et dangereuse bête.
J'imagine les tourments où des Européens égarés ont dû se trouver plongés face à ce mystère. Horrible expérience.

Ce schéma donne bien quelques clés, mais pas toutes.  Joli thème de méditation pour la soirée.



Le Japon me ravit décidément. Recueillement devant les sakura aériens. Froufrous discrets des kimonos sur les tatamis feutrés. Nuques blanchies des geishas. Découpages savants de fugus toxiques. Kotos et haïkus. Toilettes initiatiques...

Quant à moi, je me fais l'effet d'une grosse barbare épaisse, tout juste émergée de la Gaule chevelue, avec le cabanon au fond du jardin.

dimanche 4 décembre 2011

Laïcité torturée

Il est entendu que depuis plus d'un siècle, la France est un pays laïc.
Depuis 1905, les Eglises de France sont priées de la mettre en veilleuse. Surtout l'Eglise catholique qui, il est vrai, était un peu mouillée avec le pouvoir depuis plus de mille ans.
Le roue tourne.

Ce qui est tout de même embêtant, c'est qu'elle ne tourne pas rond, la roue.

A ce stade peu avancé de mon développement, une petite mise au point utile s'impose: je ne suis ni une pétroleuse laïcarde, ni une fanatique religieuse. Je trouve belle et bonne cette laïcité. Elle renvoie le fait religieux à la sphère privée et de fait, garantit à chacun l'absolue liberté de croire et de pratiquer (ou de ne pas croire et de ne rien pratiquer du tout) ce que bon lui semble, sans assommer ses voisins avec des convictions définitivement personnelles. Cette précaution évite aussi de les envoyer au bûcher.
Que les associations que je ne nommerai pas se le tiennent pour dit.

Reprenons.

En quoi cette roue est-elle donc voilée?

Ça a commencé après la guerre de 14. Sous prétexte que l'Alsace et la Moselle n'étaient pas françaises en 1905, pour leur faire bon accueil, on n'a pas osé les mettre au diapason du reste du territoire. C'est ainsi que là-bas, le clergé est rétribué avec nos impôts et que les enfants des écoles ont des cours de religion.
Faut savoir....
Déjà, c'était pas clair, leur histoire de laïcité. Dans ces affaires-là, deux poids deux mesures, c'est dangereux.

Aujourd'hui, même avec des culs de bouteille sur les yeux, on se rend bien compte que la République se prend la laïcité dans la tunique.

Le voile, déjà, c'est compliqué. Cette question a été débattue et triturée dans tous les sens comme de la pâte à brioche par des gens bien mieux renseignés que moi. Je ne vous apprendrai rien de neuf sur le sujet.
C'est éculé. Passons.
Il est vrai que je ne supporte pas la vue des niqabs gantés ni l'affichage triomphant du "halal" partout. Cette foutue manie du halal tue nos charcuteries pur porc et soumet le consommateur (qui n'a pas toujours le choix) à un impôt religieux masqué.

Ça y est, j'ai bavé mon fiel.

Les associations se frottent les mains et s'apprêtent à me coller l'étiquette d'anti-musulmane primaire, en poussant des ricanements sardoniques.

Et bien c'est raté.
Parce qu'aujourd'hui, j'ai un scoop qui ne concerne pas l'islam.

Je viens d'apprendre qu'à l'université de Nanterre, en fac de Droit, oui, DROIT , la laïcité, on s'asseyait dessus à deux fesses. Pire. En agissant ainsi, on favorise une dizaine d'étudiants en leur accordant cinq jours de plus pour réviser leur galop d'essai en Droit des contrats (ça ne s'invente pas). La note de cet examen partiel compte pour 25% du total des notes de l'année. Ça n'est donc pas rien.
Qu'en est-il?

Cet examen avait en principe lieu hier, samedi 3 décembre. Samedi.
Samedi, c'est shabbat. L'équivalent du dimanche chez les Juifs. Un groupe d'étudiants se réclamant de la confession juive on donc obtenu de voir le même examen reporté à..jeudi prochain 8 décembre.
Et personne n'ose mouffeter parce que le prof est, paraît-il, une pointure qui a le bras long.


Les gars auraient été sikh ou mormons que j'aurais trouvé ça tout aussi étrange. La religion de ces étudiants m'est en soi, complètement égal.
Ce qui me gêne beaucoup, c'est qu'un prof de DROIT leur accorde un pareil passe...droit et les favorise ainsi aux dépends des autres, au nom de leur religion, dans un état prétendument laïc.

Les pieds dans la tunique, et à plat ventre sur le tapis les pattes en l'air, la République laïque.


vendredi 2 décembre 2011

Salade de haricots

Ce soir, une impulsion secrète m'a poussée vers une salade de haricots verts. 
Non, je ne suis pas enceinte, pourquoi?
J'ai juste eu une envie. C'est bien innocent.

Huile de noix, soupçon de vinaigre balsamique, pointe de moutarde, sel et poivre moulinés. Le tout sur les haricots encore chauds.
Puis saupoudrage en règle de noix concassées grossièrement, rondelles fines d'oignon blanc, ciboulette.
Du pain frais...

C'est dommage de déguster pareil délice seule dans sa cuisine, non?


                                           Alors pour compenser, j'en ai dévoré deux fois plus!

                                                         Si ça intéresse quelqu'un, il en reste.
                                                                                   ❀