jeudi 17 novembre 2011

Petite clé du paradis

Pas facile de parler de ça.
C'est caché, c'est tout petit, c'est tabou.
Alors forcément, ça passionne, ça tarabuste.
On chuchote.....

Ce mystère est si grandiose que les plus obscurantistes s'en terrifient et tranchent. Définitivement. A coup de couteau. Barbarie stupide. Cruauté bien humaine. Anéantissement d'une si jolie chose.

Ignorons cette immonde bêtise et ouvrons les yeux sur cette merveille:

le clitoris.

Mignon petit mot venu du grec, évoquant la clé (qui sonne d'ailleurs un peu pareil).
Clitoris, c'est aussi le nom de la fille de Myrmidon ( de Myrmex: fourmi),  si petite que Zeus dut se transformer en fourmi pour l'honorer. Quel coquin!

Enfin...ouvrir les yeux, c'est une façon de parler, parce que c'est difficile à voir, un clitoris. D'ailleurs, si les petits garçons ne peuvent pas ignorer l'existence de leur anatomie triomphante, les petites filles vivent dans l'ignorance totale de la leur. Ensuite, rien n'est gagné: elles se découvrent par hasard, si toutefois, elles ont cette chance.
C'est mieux qu'une aventure.  Une quête.
Le Saint Graal, à côté, c'est une plaisanterie.

Un clitoris, ça se mérite. Ça se débusque. Et pour ça, il faut naviguer dans le silence et passer outre toutes les hontes qu'on leur fourre dans la caboche, aux petites filles. Il est entendu qu'une gamine ne se tripote pas. C'est mal.
Il est clair aussi que sa sexualité se résume encore bien souvent à la procréation. Son plaisir, l'orgasme, tout ça, ça sent le souffre. Des fioritures gênantes.
Une fois grandelette, ses hormones bienfaitrices sont là, heureusement, pour l'aider à passer outre. Mais encore faut-il oser et viser juste.
Allez vous y retrouver dans toutes ces draperies nacrées... c'est certes charmant, mais assez indéchiffrable.


Un clitoris, en plus de jouer à cache-cache, ne sert qu'au plaisir. Double tabou.
Comme le plaisir féminin n'est pas vraiment en odeur de sainteté, on reste muet sur la question. Voile pudique. Silences gênés.
C'est pourtant un privilège, que les femmes disposent d'un outil destiné à leur seul plaisir. Et quel outil!
Quiconque sait apprivoiser l'objet mystérieux en découvre mille facettes. Mille surprises chatoyantes. Comme la lumière après une pluie d'orage, les variations en sont infinies. Du murmure tenu, un flutiau au fond des bois, à un déferlement brutal et répété, comme une décharge d'arme de guerre...tout est possible. Illimité.
Les hommes n'ont pas cette capacité: leur plaisir à eux est limité, fini.
Celui des femmes ne l'est pas.

Les messieurs en sont-ils extasiés ou jaloux? Ou effrayés?

De plus, c'est extrêmement joli, un clitoris. Regardez: les plantes elles-mêmes ne peuvent pas s'empêcher de le copier.



21 commentaires:

  1. Rigolo ton billet ! Faut que je fasse appelle à des souvenirs lointains pour comprendre toute la pertinence de ton billet ! :)
    bne journée

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  2. Vu les 200 millions de femmes excisées dans le monde, c'est sûr que le clitoris dérange...

    Jolie la photo...

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  3. @ Corto, ah bon? C'est si impénétrable que ça ce que je raconte? :)
    @ David, en effet, j'ai comme l'impression que j'ai mis le doigt sur un petit volcan!
    @ En effet Sorcière. C'est bien pour ça que j'ai décidé de mettre les pieds dans le plat. Moi aussi j'aime bien cette photo toute rebondie. Et je précise que cette photo et moi, ça fait deux. Il faut savoir secret garder! :)

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  4. Je le savais ! Mais comme c'est délicieusement dit, ça donne envie d'aller y faire un nouveau petit tour !
    :-)

    [C'est effrayant, magique et doux le plaisir des femmes. Pour moi… :-)]

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  5. Ca devient sacrément chaud sur froufrou!
    Bon, n'oublions pas le chignon des maekos (futures geishas) dont l'ordonnancement capillaire rehaussé de bijoux ou de bandeaux rouges serait, paraît-il, une représentation plus ou moins réaliste du sexe d'une vierge en demande, propre à attirer le plus offrant au moment du mizuage(la montée des eaux). Entre Japonais et maekos on se comprend !

    Le pire, Mesdames, c'est que ce sont des femmes qui font ça à d'autres femmes, en l'occurence, leurs filles. Tradition ou pas, bonhomme ou pas, moi je dis qu'il faut être bien barrée du bulbe !

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  6. Hahaha, tu te rappelle de "l'Origine du Monde" de Gustave Courbet ?

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  7. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  8. Très joli billet qui mettrait presque en appétit :)

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  9. @Monsieur Poireau, merci :)
    Ton billet sur la question est excellent! J'aime bien le côté initiatique et plein d'humour. Nous ne l'abordons pas du tout par le même bout et c'est ça qui est intéressant.
    Pourquoi le plaisir des femmes est-il effrayant?
    @Nobuyoshi Gaïus, bienvenue et merci!
    @Anonyme, chaud..pas tant que ça. Je ne dis rien de cochon! ah, c'est sûr que les moeurs des geishas étaient un peu rudes. Mais ici, nous ne sommes que chez Io. Pas dans un lupanar japonais. Tout va bien :)
    @Nadezda, bien sûr! J'ai tout de suite pensé à ce tableau lorsque j'ai vu la photo.
    @ Merci El Camino!
    Comment ça "presque"? ;-)

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  10. Etre chaud n'est pas forcément cochon ! Disons que cela ne laisse personne indifférent. C'est sûr qu'on a dit beaucoup d'ânerie à propos de ce petit bout de chair qui était même soupçonné d'empaler le sexe de l'homme un peu trop entreprenant.Particulièrement de la part de sexologues hommes qui, dans les années 80 ont imposé l'idée qu'un orgasme clitoridien était un art mineur, que seules les nanas un peu coconnes étaient capables de d'obtenir à côté des filles aux orgasmes vaginaux, qui se manifestent par des hurlements de porc à faire chier des heures entières les gens zhonnêtes qui vont bosser demain ! Sans compter que tout le monde s'est mis à chercher fébrilement son point G, aussi mystérieux que l'Or du Rhin et l'endroit où le sombre Hagen l'a balancé...Résultat : il ne nous reste plus que le picrate pour noyer notre chagrin de n'avoir toujours pas trouvé le Trésor des Nibelungen !

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  11. La première photo, c'est mon fruit préféré ;-) Joli billet

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  12. Homer, je te laisse juge: je n'ai jamais goûté aux orchidées :)
    Merci.

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  13. Bien vu, Io ! Ton blog évoque avec talent mille secrets, mille arômes ! Selon le dico historique Robert de la langue française, le mot grec kleitoris désignerait en effet une clef ou une serrure...
    Ce qui est étrange, c'est qu'en latin, d'après le dico Gaffiot, "clitor"(génitif "clitoris") est le nom d'une ville d'Arcadie, "pays du bonheur calme et serein" selon la tradition antique... Faut-il croire que cette ville en verrouillait ou en ouvrait l'accès ?

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  14. @Anonyme, Clitor d'Arcadie, c'est en soi une invitation au rêve. Et dans les rêves, tout est permis!
    Merci de ta visite.

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  15. ce que la nature peu accomplir est extraordinaire
    cette fleur en pleine effervescense ne demande
    qu a s epanouir pour decouvrir le bijou quelle
    renferme.
    une beaute a l etat pur.

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  16. J'avais raté ce billet, tu as bien fait, en dépit du tollé provoqué par la campagne féministe "osez le clitoris" ... c'est plus gentiment dit.
    Pas étonnant qu'on massacre des petites filles pour qu'elles se tiennent "tranquilles" !

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  17. C'est encore rudement tabou, cette question-là. Moins on en parle et plus ça le restera.
    S'agit pas de déballer tous les mystères sur le sol, comme ça, à la sauvage. Juste de se livrer à quelques évocations calmes. Tout simplement. Histoire de désamorcer les tensions.
    Les petites filles méritent mieux que les silences lourds, ou pire.
    Merci pour ton commentaire Solveig :)

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  18. http://www.deezer.com/fr/track/236971


    Un grand classique !

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