dimanche 20 janvier 2013

Orgie de galette: c'est la faute à la neige!

Depuis quinze jours, je m'entraîne avec acharnement.

Non, je ne prépare pas le marathon.
Non, je ne repasse pas le concours des profs des écoles pour décrocher un poste ailleurs qu'en Seine-Saint-Denis. D'ailleurs, je n'ai pas le droit.
Non, je ne veux pas me gratter l'oreille avec le pied gauche arrière, comme le fait on chat.
Alors?

J'attendais des invités de marque aujourd'hui et je me faisais un point d'honneur à leur préparer la galette des Rois de leur vie.
Quinze jours de peaufinage de la technique de la pâte feuilletée inversée, celle des pros.
Au lieu d'enfermer du beurre dans un pâton de farine + eau, on fait l'inverse: le pâton de base est enfermé dans du beurre fariné. Ça a l'air sournois, comme ça, mais en fin de compte, c'est assez simple.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, tout était prêt.
Le cidre bouché fermier, la galette dont j'étais fort satisfaite, la joie au coeur et la baraque à peu près en ordre.


Seulement comme la perfection n'est pas de ce monde, il a fallu que la neige flanque tout en l'air.
Il en est tombé un monceau toute la nuit et encore toute la journée.
Nous nous sommes réveillées dans un silence de cimetière: plus circulation dans la rue!


Et dans le jardin, un tourbillon d'oiseaux venus se nourrir à la mangeoire à graines, tandis que mon gros Aristote tentait, de la neige jusqu'au ventre, de les approcher. Chou blanc total. Les mésanges, les merles, les rouge-gorges, les verdiers, les pinsons et les autres lui ont ri au nez. Bien fait!
L'autre chat, s'est tué la santé à roupiller comme un forcené toute la journée sur mon linge propre.

Traces accusatrices du  bestiau 


Le bestiau sur sa lancée













                                       
D'habitude, j'aime bien la neige, le crissement des pas qui l'écrasent, l'odeur de froid-mouillé un peu électrique, le sentiment d'enveloppement feutré, le blanc, le silence...
Mais là, elle m'a joué un chien de sa chienne.
Mes amis n'ont pas pu venir.

Alors, ma fille et moi, nous nous sommes emmitouflées, nous avons chaussé nos godillots et nous sommes allées faire une balade dans la taïga toute proche.




Après quoi, tandis que le feu crépitait dans la cheminée, nous avons attaqué la galette et le cidre. C'était très agréables: nous étions un peu grises et gentiment repues. Mais j'enrage de ne pas avoir pu partager ce moment avec mes amis aussi!



Il en reste la moitié pour se donner du coeur au ventre demain matin.
Ça sera mon premier jour de jurée d'Assises.
J'ai rendez-vous à Bobigny à 9h.
Vu l'état des routes, je m'en irai comme je pourrai, avec mes croquenots et ma chapka, faire mon devoir de citoyenne.





30 commentaires:

  1. aarggggh !! elle était belle la bougresse! on s'est morfondus toute la journée en pensant comme on aurait passé une bonne journée sans cette neige....

    bon, ben maintenant que tu t'es bien entraînée, tu va nous en refaire hein ? gros bisous

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    1. Aaaaah oui Boutfil! Et bonne!
      Si vous étiez venus, on aurait fait la bataille de boules de neige du siècle et ensuite, vous auriez tous dormi à la maison parce qu'on aurait tous été coincés là!
      Trop bien!

      Bah oui, je vais vous en refaire!
      Des tas!

      Des bises

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  2. Ma foi elle n'a (avait ?) pas l'air vilaine cette galette, même très appétissante et en tous points prête à être croquée.

    Si nous devions bien nous résigner à cause des éléments et de l'éloignement, j'étais en revanche bien loin d'imaginer à quel point la déception de la maîtresse de maison risquait d'être grande.
    15 jours de préparatifs, d'entraînement pour ne finalement déboucher que sur un jury familial et animal, qualitatif certes, mais restreint tout de même.
    La technologie heureusement saura en partie réparer cette injustice en montrant pour la postérité, à qui veut bien chercher, le port altier de cette galette qui aura eu le dernier mot : illustres ou pas, elle ne s'est pas fait dévorer par les invités mais par les maîtres de maison.

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    1. Comment ça animal?
      Tu ne crois tout de même pas que j'ai livré ma galette en pâture à mes chats????

      Les maîtres de maison ont un peu abusé et à ce train-là, on va virer grasses comme des marmottes en automne. Il est grand temps que j'arrête mes essais pâtissiers.

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    2. Ah non, faut nous engraisser aussi, au train où va l'hiver.

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  3. Moi je vois surtout que les parisiens, timorés comme pas possible dès que 3 cm de neige tombent en janvier n ont pas osés faire le déplacement.
    Tu as mis tout ton amour dans une galette
    j ai mis toute ma passion dans le choix d un bon champagne
    tu as mangé la galette
    j ai bu le champagne
    tant pis pour eux
    et tant mieux pour nous !
    nananère

    bisous

    nb: ça va j ai été bon sur ce coup là ? :)

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    1. Hummm ! Le parisien timoré ne saurait que trop te rappeler que y'a pas idée d'habiter à la campagne au milieux des bêtes...

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    2. C'est vrai qu'ici, il y a des drôles de bestioles.
      Tu as eu raison de te méfier, Vlad.
      Va t'en savoir où tu aurais fini ta journée....

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    3. Où ? Dans le fameux sous-sol bien sec, objet de nombreuses convoitises où se croise bien du monde au demeurant devant et derrière les cloisons...
      ...je me plais à dire qu'il y existe dans cet entre-sol des gens qui sont bien moins vivants qu'ils ne l'affirment tandis que d'autres pas aussi morts qu'ils le prétendent.

      Quant aux drôles de bestioles, effectivement, certaines y prennent leurs aises !

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    4. Lecanasson voyons! On va finir par croire que mon sous-sol est hanté!
      Et les trois araignées qui s'y battent en duel sont de braves filles bien tranquilles.
      Je refute absolument toute tentative de le faire passer pour un repaire de morts-vivants!

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  4. Viens par là corto, que je t'embrasse!
    Tu as été parfait!
    Tu me fais envie, avec ton champagne, raaaah!
    Bon, après, il faut faire preuve d'indulgence: les Parisiens ont l'habitude de conduire sur des chaussées Delanoëènnes, parfaitement dégagées quand il tombe 3 flocons.
    Ici, c'est la sauvagerie règne et des ours hirsutes jaillissent des bas côtés pour dévorer tout crus les Parisiens trop tendres. Ça aurait pu mal finir.

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    1. Corto t'es qu'un faux-cul, tout ça pour avoir la fève !!!

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    2. Justement, nous savons que nous avons décroché le pompon au Mali, mais personne n'ose aborder le vrai sujet qui fâche, celui qui est dans tous les esprits en ce moment(et non, malheureux, pas la fuite de Depardieu, le mariage pour tous ou le chichon d'Armstrong !), mais le sujet essentiel que Hollande, s'il en avait dans le bénard oserait souveler à l'Assemblée, je disais donc :

      - Qui a eu la fève, non de non !!! (Je ne vois pas la couronne sur la galette, où est-elle ?)

      Y en a qui faudront qui z'avouent !

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    3. Manquerait plus que Hollande me bouffe ma galette!

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  5. pas un chat sur la N3 je confirme,j'aurais pu m'y coucher...
    miaou. Euh! Bzzz...

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    1. Le bourdon masqué confirme! Les chats ne sont pas fous. Ce jour-là, ils dormaient près du radiateur.
      Quant aux bourdons, n'en parlons pas.
      Bzzzrrrroooonnnnn!

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  6. Et moi j'étais pas invitée ?...

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    1. Mais si!!!!
      Tu viens à la prochaine galette!
      Ça sera un peu décalé, mais au diable les carcans !
      Bisous

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  7. Triste époque qui fait que 98% de la Toile dite littéraire ne vaut rien, avec des blogs où des bonnes femmes ne disent rien d'autre qu'un pathétique et ridicule j'aime ou j'aime pas, avec des bonhommes qui, tout en jurant le contraire, lorgnent vers lesdites bonnes femmes (histoire, on ne sait jamais, d'être repérés...) en y mettant les formes, mais disent la même chose ou presque, ce bref pet de ruminant en double détente, j'aime/j'aime pas !



    Faire un blog suppose t-il, comment dirais-je, un peu de dédain à l'égard des participants de blogs traditionnels? Ou, au delà de beaucoup de bêtises, c'est vrai, peut-il y avoir, de la part des commentateurs, de belles ouvertures et des découvertes sur des textes ou des auteurs?

    Ton blog, même avec ses exigences, peut malgré tout, sans sombrer dans le n'importe quoi, se faire une place dans un milieu bloggesque plus critique, que tu aurais tort de considérer dans son ensemble comme insuffisant, ou indigne, à qui on peut apporter, pourquoi ne le mériterait-il pas, une critique sociale de la qualité de la tienne.

    Je t'aime, alors s'il te plait continue comme tu l'as fait jusqu'à présent, c'est-à-dire régulièrement, puisque la régularité, l'acharnement que l'on soupçonne sans doute à honorer cette ghoule insatiable qu'est ton blog, représentent l'unique secret de sa longévité, sans oublier, tout de même, le fait d'avoir quelque chose à écrire.

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    1. Io t'as déniché un gros taré ou alors pire, un type imbu de sa personne du genre BHL ! Félicitations, bonne pioche :) Hep m'sieur l'orthodoxe, faut péter un coup ça ira mieux, donner des conseils incompréhensibles est pour le moins risible, quant au surnom c'est hors concours. Arf !

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    2. Si vous m'aimez, cher Elite Sacrée que je salue au passage d'une vigoureuse tape dans le dos, veuillez me la refaire en plus court.
      Car voyez-vous, je suis une personne simple.

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  8. Que voilà une galette fort appétissante!

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    1. Merci DF! Bienvenue!
      Je vous en réserve un petit morceau, si vous voulez.
      Vous prendrez bien aussi un verre de cidre en passant?

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  9. A Paris, j'ai regardé le prix des galettes : ça craint ! J'estime la tienne aux alentours des 40 à 50 €. Une mine d'or !

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    1. Nous sommes d'accord lecanasson: les pâtissiers charrient un brin. C'est le prix cataclysmique des galettes (et ma gourmandise) qui m'a incité à étudier de près les mystères du feuilletage.
      J'y ai gagné sur tous les plans: c'est pas cher et c'est bon.
      J'ai même une réserve de fèves.
      Les couronnes, en revanche, il faut que je les fabrique exprès.
      Quant à les vendre, on verra, le jour où la crise nous tombera vraiment sur le paletot. Faudra organiser une filière au black de galettes de contrebande, garanties pur beurre.

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  10. Quel plaisir de te lire :) Tu as le don de l'écriture, fais-moi plaisir, écris une nouvelle, je l'illustre et ensuite en Serbie je la fais imprimer.:):):)

    Ta galette m'a l'air délicieuse, si tu avais invité Boris, il l'aurait dévoré :)

    Si tu as des problèmes de trésorerie, "lecanasson" te montre une mine d'or.

    Ne sois pas fâchée sur la neige, il n'y en a presque pas, ce sont les gens de la ville qui sont vite effrayés. Dans mon pays, parfois il en tombe jusqu'à 4m de haut.

    Trop mimi ton chat !

    Postes-nous la recette de ta galette :)))))))

    Bisous ma belle et passe une belle fin de semaine !!!!!





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    1. Nadezda, merci! Je suis toute rose de confusion.
      Tu crois vraiment que ça se vendrait? Qu'est-ce que je pourrais bien raconter, comme genre d'histoire?
      Bien sûr que je vais la donner, la recette! C'est prévu!

      Quatre mètres de neige...ça me laisse rêveuse. J'adorerais voir ça et vivre ça au moins une fois. A condition d'avoir de quoi me chauffer et de quoi manger et aussi, à condition de ne pas faire attention au temps qui passe.

      Bisous à Boris et à toi!

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  11. Tiens, on partage trois intérêts communs: les galettes (je suis un gros gourmand), la neige (j'ai gardé mon âme d'enfant), et les chats (je deviens gâteux dès que j'en vois un). J'ai été aussi prof, mais préfère finalement rester bien au chaud chez moi à écrire... En tout cas, le gros matou est magnifique!

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    1. Bonjour Marc Lef! Sois le bienvenu chez moi!
      Quelque-chose me dit qu'il y a peut-être même quatre ou cinq intérêts communs. Je suis allée jeter un coup d'oeil sur ton blog et je sens que je vais y revenir.
      La neige s'en est allée (hélas), la galette est mangée, mais les chats sont là. Ce matin, ils s'étaient installés tous les deux sur le coin de mon oreiller.
      Le gros matou s'appelle Aristote: il est doux comme de la soie et malin comme un singe.
      L'autre s'appelle Attila et il est gentil comme une rosière.

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