vendredi 7 septembre 2012

Rentrée 2012, premier cru classé hors concours.

Pendant que notre ministre très respecté réfléchit à la prochaine mise en place d'une "morale laïque" dans nos écoles, nous rentrons.
Dès vendredi dernier 31 août. Un jour en avance sur le calendrier normal, car depuis des années, au nom de notre engagement pour notre mission sacrée, nos inspecteurs en décident ainsi sans qu'on nous paye un centime.


Notre école est ancienne. Un nouveau bâtiment biscornu a complété l'ancien, lui-même aménagé de bric et de broc. Quatre salles de classe à l'origine, douze aujourd'hui.
L'une est perchée tout en haut d'une sorte de donjon, toute seule.
Trois autres à l'étage ne peuvent accueillir que dix-neuf élèves en même temps, à cause du seul et unique escalier qui y mène. Raisons de sécurité.

Depuis que les maîtres ont le privilège de devoir passer deux années de plus à l'université, pour cause de master, ils débarquent dans l'arène devant les élèves directement.
En haut lieu, on a tout de même considéré que le procédé était un peu risqué, d'où quelques timides garde-fous: pas de CP, ni de CM2, ni de double niveau, ni d'aménagement dans une classe isolée pour les nouveaux profs.
Quand bien même on leur refilait froidement, il y a peu, des morceaux de classes dispersés, composés de camaïeux de maternelle, de CM2 et de niveaux multiples à foison. "Ça sera formateur, Mademoiselle".



Notre école accumule les défis. Nous avons passé des heures de notre précieux temps offert, le 31 août, à tenter de résoudre ce casse-tête. Nos nerfs, on les a passés ensuite sur les kilos de livres à trimballer, comme les tables et les cartons. C'est le boulot de la mairie? Ah bon?

Voici les cartes de notre jeu:
- carte des recoins isolés (interdits aux nouveaux)
- carte des CP, CM2, doubles-niveaux (interdits aux nouveaux).
- carte des effectifs: les classes sont presque toutes chargées  bloc. Vingt-huit en CP, trente-deux en CM1, trente et un en CM2... (pas de classes trop chargées pour les nouveaux)
- carte de la possible ouverture de classe à laquelle le nombre d'élèves nous donne droit, en principe.
Cette situation était prévisible dès juin dernier.
- carte de la patience. Le 7 septembre: nous attendons toujours. Tout est provisoire car, si l'ouverture tant attendue est autorisée, alors il faudra réorganiser toutes les classes.
Les commandes de matériel sont en attente.
Le travail est en attente.
Tout est en attente.


Bien entendu, les réseaux d'aide ayant disparu, les enfants en difficulté (doux euphémisme pour quelques-uns) sont livrés tout crus aux classes de trente et plus. 
Les remplaçants sont en voie de disparition accélérée: interdiction de tomber malade. 


C'est un bordel insensé. Ça y est, j'ai craqué.

Je me reprends.

Je m'en vais préparer mes programmations évaluatives de morale laïque. Notre bon ministre a raison:
 "C'est un ensemble de valeurs que nous devons partager (...) la connaissance des règles de la société, du droit, du fonctionnement de la démocratie, mais aussi toutes les questions que l'on se pose sur le sens de l'existence humaine, sur le rapport à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne... La République doit enseigner sa vision de ce que sont les vertus et les vices, le bien et le mal, le juste et l'injuste."










51 commentaires:

  1. L'Éducation(sic) Nationale(resic) est une véritable usine à mégots. On y entre avec 600 mots de vocabulaire pour en ressortir avec 30...Des élèves de terminale littéraire qui ne peuvent rédiger une seule phrase sans faire 10 fautes d'ortograf et de syntaxe, et qui ont à peine entendu parler de Molière, Corneille ou même Victor hugo (Ah bon, il est mort? Ah zut, mais quand ça, dans la semaine là?...)

    L'inculture d'élèves qui pourtant ne sont pas forcément si bêtes que ça semble être proportionnelle aux sommes gigantesques qui sont englouties chaque année dans ce système que je ne qualifie même pas de soviétoide, car le système de là-bas, au temps des heures de gloire, avait au moins le mérite de sortir des jeunes intelligents et cultivés. Il semble ici que tout soit mis en oeuvre pour obtenir l'effet inverse. Avec une ennième réforme, un ennième aménagement aussi cache-misère qu'hypocrite.

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    1. Le pire, c'est que vous n'avez pas tort.
      je nuancerais cependant, car certains établissements cherchent à préserver une certaine tenue. Les parents soucieux de la culture de leurs rejetons se battent, donc, pour les y inscrire.
      Ce sont des îlots où chacun a bien conscience d'être un privilégié.
      Il n'en reste pas moins que même dans ces oasis, les classes littéraires accueillent des élèves qui n'ont rien à y faire, et que la fameuse égalité tant rabâchée par nos dirigeants est une illusion grossière.
      Car ailleurs, c'est exactement la débâcle que vous décrivez et tant pis pour les malheureux élèves, pourtant pas bêtes, qui y échouent.

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  2. Comment fait-on rentrer les classes de trente-deux élèves dans les salles ne pouvant en accueillir plus de dix-neuf ?
    Bon courage !

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    1. Merci Juntos!
      On ne peut pas.
      Les classes de trente-deux sont dans les autres salles. Celles qui disposent de deux escaliers de part et d'autre du couloir.
      Cela dit, j'occupais il y a deux ans un vrai bocal avec vingt-neuf grands et je suis quasi sûre que le cubage d'air réglementaire n'était pas respecté.
      On travaillait porte ouverte.

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  3. Hugo avec un "H" majuscule. La lettre, je précise, pas la plante.
    (non mais c'est vrai, avec nos têtes blondes contemporaines, même parler des Noces de Canaa peut semer la confusion).

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  4. Interdiction est desormais faite en France de scolariser soi-même ses enfants et de plus en plus de batons sont mis dans les roues des établissements Hors-Contrat (les seuls qui tiennent debout).

    Il vous reste les cours particuliers à 25 Euros de l'heure (et encore cela dépend de la matière et du niveau...).

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    1. Tchetnik, je crois que vous faites erreur. Même si c'est parfois un parcours du combattant, les familles sont encore libres d'instruire leurs enfants hors l'Education Nationale, pourvu qu'elles respectent les instructions officielles et laissent les inspecteurs contrôler le travail.
      Voici le dernier texte officiel qui vous le confirmera.
      http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=58902

      En revanche, je connais mal la situation des établissements Hors-Contrat.
      Quelles difficultés rencontrent-ils?

      Quant au commerce juteux des cours particuliers, c'est un révélateur cru de l'état de déliquescence du système, et de l'angoisse des parents.

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    2. C'est simple, comme ils ne peuvent compter que sur le financement des familles, le coût est particulièrement élevé, ce qui mécaniquement réduit le nombre de familles pouvant offrir une bonne école avec un niveau d'exigence correct.

      J'ai envoyé mes deux aînés dans de tels établissements lorsqu'ils ont eu un passage à vide, un en seconde, l'autre en première. 6.000€ l'année, ce n'est pas tout le monde qui peut se le permettre. Pour ma part, si j'ai pu le faire, j'ai fait le choix d'utiliser des années d'économies destinées à garantir mes vieux jours.

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    3. "A condition de laisser un inspecteur vérifier leur travail", justement. Ce qui implique que, même si un enfant est scolarisé à domicile (et c'est de plus en plus difficile), il reste dépendant du système.

      Les HC, effectivement font l'objet d'une forte demande qu,ils ne peuvent satisfaire, faute de moyens. Car ils sont entièrement livrés à eux-mêmes quand la moindre association perverse est bénéficiaire de gigantesques subventions étatiques.

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    4. Pour les Cours Particuliers, il faut savoir que l'enseignant touche environt 55 pour cent du prix du coupon horaire payé par les parents. Le reste sert à entretenir l'intendance et la structure de l'organisme qui met en contact enseignants et familles. C'est cher, mais le suivi est personnalisé, les enseignants en général motivés car, dans ce contexte, ils entretiennent avec leurs élèves des rapports de travail qu'ils ne pourraient entretenir en classe (notamment avec des élèves qui, dès qu,ils sont en bande, se montrent odieux alors qu'ils peuvent être bien plus charmants et tranquilles dans leur contexte familial...) et par le fait qu'ils voient en général les fruits de leur travail pousser assez vite.

      Autrefois, les familles qui avaient recours à cette solution appartenaient aux classes aisées. De nos jours, de plus en plus de familles de classe moyenne y voient la seule solution pour leurs enfants. Laquelle solution s'avère payante, dans les deux sens du terme, hélas.

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    5. Même si je désapprouve ceux qui font des difficultés aux familles qui jouent le jeu, il est malgré tout indispensable qu'un minimum de contrôle soit maintenu. Sinon, c'est la porte ouverte à tout et n'importe quoi.
      Que l'éducation nationale file un mauvais coton en ce moment, c'est une chose. Mais l'instruction demeure une affaire compliquée, qui nécessite des compétences. Tous les parents ne les ont pas.
      Le boulot des inspecteurs, c'est de s'assurer que les enseignants fassent ce qu'ils sont sensés faire: enseigner et respecter la progression commune (avec des souplesses, selon les capacités des enfants). Je trouve normal que les parents qui enseignent y soient soumis.

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    6. Le problème étant que les "inspecteurs" en question se moquent éperduement du niveau culturel des élèves pour ne se préoccuper que d'idéologie "antiraciste", "droitdel'hommiste-vivrensemble" blablabla...L'élève peut parfaitement ne savoir ni lire ni écrire (et dans l'Éduknaz, c'est bel et bien le cas), mais devra en revanche répéter comme un perroquet les dogmes de la vulgate bien-pensante. Ce à l'instar de ces profs qui enseignent que Louis XVI était un salaud, un oppresseur d'un système qui coûta cher aux français, mais en étant incapables de citer ses dates de règne ni de faire la moindre différence entre la Législative et la Constituante (ce qui montre qu'ils ignorent même l'Histoire du système qu'ils sont censés vénérer).

      Les Inspecteurs sont en réalité des commissaires politiques qui se moquent comme de leur premier slip du véritable bien-être des enfants. pourvu qu'ils deviennent de bon petits citoyens consommateurs et votant pour les candidats du système. EN cela, on rejoint bien ce que Voltaire écrivait à D'Amilaville.

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    7. Quant on sait qu'un poste d'inspecteur général sur cinq relève du tour extérieur, c'est à dire de la nomination pure et simple par copinage, que la seule condition est d'avoir au moins 45 ans au moment de la nomination, ça donne une idée de la dimension "politik kommissar" de ce poste.

      Il y a d'ailleurs de belles anecdotes à ce sujet dans l'ouvrage "Ils ont tué l'Histoire-Géo" de Laurent Wetzel et paru aux éditions Bourin.

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  5. A propos de morale, je viens de commettre un billet sur ce sujet, avec en illustration, un extrait tiré du manuel sur lequel je planchais en cm2.

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    1. Je viens de lire votre excellent billet et j'invite tout le monde à aller y jeter un coup d'oeil.
      C'est vraiment stupéfiant.

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    2. Je viens de répondre à votre commentaire. Vous y trouverez un lien menant vers la librairie AbeBooks qui propose plusieurs exemplaires du manuel.

      Ce qui est stupéfiant, c'est la chute de niveau. Les observateurs nauséabonds diraient qu'elle est allée croissante au fur et à mesure que l'immigration se massifiait et que les critères d'intégration/assimilation étaient revus régulièrement à la baisse.

      Mais là, vraiment, il faudrait avoir l'esprit tortueux.

      Concernant l'école actuelle, ce qui me défrise, niveau et programmes mis à part, c'est cette manie du tutoiement. Lorsqu'on s'abaisse au niveau des familiers, il ne faut pas s'étonner de la perte de respect.

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    3. Ce n'est stupéfiant en rien.

      Quand l'apprentissage systématique des règles de grammaire, d'orthographe ou les tables de multiplication sont considérés comme des méthodes de brimades fascistes sur d'innocentes consciences et donc remplacés par de l'occupationnel ludique, comme la visite des élevages de ratons-laveurs ou la confection de pancartes anti-racistes pour la prochaine fête inter-cités, au bout de 25 ans, ça donne ce à quoi on assiste.

      Quant au tutoiement, c'est l'un des signes de la Révolution Rouge qui a phagocyté le premier poste de dépenses de la République.

      Eh Kamarad ! Tu voudrais pas en plus que les quamarades te vouvoient !

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    4. Faut pas pousser! On est tout de même revenus! Aujourd'hui, les enfants réapprennent les tables, les règles d'orthographe et de grammaire! Du moins, ils sont supposés le faire.
      Le problème viendrait plutôt de la surabondance de matières à traiter, qui rendent les choix nécessaires. C'est là que tout se complique, car tous les enseignants ne feront pas les mêmes.
      Au cycle 3 (CE2-CM1-CM2), les élèves doivent bénéficier de 8h de français. C'est bien trop peu pour étudier sérieusement ce que le programme impose. Alors, on bricole en rognant sur le sport ou sur les pratiques artistiques (respectivement 3h et 2h hebdomadaires).
      Ou pas...

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    5. Quant au tutoiement, je nuancerais.
      En primaire, il me parait normal de tutoyer les élèves et de les appeler par leur prénom.
      A l'inverse, en maternelle, je ne suis pas sûre que les enfants soient encore capables de faire la différence entre les deux niveaux de langue. "Tu" leur est familier, "vous" beaucoup moins et ce serait difficile de leur faire utiliser un vouvoiement qui pour eux, n'a pas de sens.
      En primaire, le changement de registre se fait tout naturellement, si rien n'est imposé.
      En CM2, les élèves vouvoient tous leur enseignant.
      Certains collègues, qui enseignent dans des écoles difficiles, imposent le vouvoiement dès le CP, pour apprendre aux enfants à marquer la distance et mieux leur inculquer le respect envers les adultes.

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    6. Et bien s'ils retournent aux règles de grammaire et aux tables tant mieux, il y a quelques années, ce n'était plus à l'ordre du jour dans ma banlieue, on s'adonnait à la citoyenneté et cela a été une telle catastrophe que les profs de collège qui recevaient les sixièmes ont déclenché un mouvement de protestation véhément auprès du rectorat qui a fini par dépêché une sorte de Texas Ranger de l'enseignement afin de remonter le niveau "pathétique" de cette école. Bien sûr, les deux institutrices qui n'en foutaient pas une mais à qui on avait confié respectivement le CM1 et le CM2 ont été considérablement gênées par cette "emmerdeuse" qui les poursuivait jusqu'aux chiottes pour leur demander des comptes. Cela a beaucoup fait rire les mômes, pour une fois que ce n'était pas leur tour. En attendant une fois Texas Ranger partie, la compagnie des feignasses a repris son train train sans être autrement inquiétée par l'Inspection. On leur a confié le CE1 et le CE2.

      Quant au tutoiement, il était de mise des élèves vers les enseignants qui se faisaient appeler par leur prénom, dont l'un qui arrivait régulièrement en classe avec un chapeau de clown et un nez rouge. Comme on peut se l'imaginer, l'année a été également très productive en concours de ping-pong et en sorties de tout genre !

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  6. Quand je lis ça, j'affectionne vraiment mon poste de petite secrétaire médicale ;o)

    Mon pauvre Pierre-Yves, si t'avais su !...

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    1. Il faut ramener la situation à ce qu'elle est cette année Minijupe: un premier cru classé hors concours :)
      Avec un peu de chance l'an prochain, on boira de la piquette.

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  7. un vrai petit "livre rouge" ce manuel de moral,la chair à canon de 14/18 était prête.

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    1. C'est vrai que c'était ignoble :

      LA RESPONSABILITÉ

      Sommaire. — Nous sommes responsables de nos actes c’est-à-dire que nous devons en supporter les conséquences. Il y a des degrés dans la responsabilité, selon qu’on est plus, ou moins responsable. Mais à part quelques exceptions, toute faute est une lâcheté. On doit désirer atteindre le plus haut degré de responsabilité.

      La conscience nous révèle le devoir, et nous sentons clairement, d’autre part, que nous sommes maîtres de notre volonté ; par suite, nous sommes responsables des actes que nous accomplissons librement et en pleine connaissance de cause, et il est juste que nous en supportions les conséquences.

      Il y a des degrés dans la responsabilité ; elle varie avec ses conditions mêmes : la connaissance du bien et du mal, et la liberté.

      Les idiots, les fous, les malades en délire, tous ceux chez qui la raison s’est éteinte ou momentanément obscurcie sont irresponsables. On ne peut demander compte aux enfants de leurs actions qu’autant qu’ils en comprennent la portée ; ce sont leurs parents et leurs maîtres qui répondent pour eux et qui, par conséquent, ont le droit de leur donner des ordres et de leur dicter leur conduite. La responsabilité est également amoindrie chez les vieillards, dont l’âge affaiblit la raison, au point de les rendre quelquefois semblables à des enfants.

      L’ignorance et l’erreur involontaire, les préjugés même et les superstitions peuvent aussi, dans une certaine mesure, excuser les fautes ; on ne saurait m’en vouloir d’avoir désobéi à une loi que je ne connaissais pas. Encore faut-il remarquer que dans la plupart des cas nous voyons au moins confusément où est notre devoir. Par exemple ma conscience suffit à me prévenir qu’il est mal de voler, d’être brutal, querelleur, menteur, de laisser souffrir mon prochain alors que je pourrais le secourir : je n’ai pas besoin pour le savoir d’avoir lu le Code ou étudié la morale.

      De même tout ce qui entrave ma liberté d’action diminue d’autant ma responsabilité. On ne peut me reprocher de ne pas travailler si je suis paralysé, ou de travailler peu si je suis souffrant.

      Les causes qui influent sur notre libre arbitre et restreignent notre liberté morale sont encore des circonstances atténuantes de nos fautes, comme l’entraînement d’un mauvais exemple, la pression d’un mauvais conseil ou d’un ordre inique, l’influence d’une mauvaise passion. Mais si ces circonstances atténuent la faute, elles ne la suppriment pas complètement ; nous pouvions résister, faire effort en sens contraire ; toute faute est à coup sûr une lâcheté.

      Plus on est responsable de ses actes, plus on est élevé dans l’échelle des êtres ; travaillons donc à développer chez nous et chez les autres le sentiment de la responsabilité.

      Pensées et maximes :

      Un homme sage, ni ne se laisse gouverner, ni ne cherche à gouverner les autres ; il veut que la raison gouverne seule et toujours. (La Bruyère)

      A l’impossible nul n’est tenu. (Proverbe)

      Qui s’égare est responsable de ses égarements. (Bourdaloue)

      Un animal déraisonnable ne pratique aucune vertu. (Kant)

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    2. C'est vrai Bourdon que ce qu'on y lit n'est plus ni dans l'air du temps, ni rédigé dans un français simplifié.
      Mais je trouve intéressant de se pencher sur le niveau de langue et sur les idées, assez complexes tout de même, supposées être réfléchies et discutées. Car aujourd'hui, ça serait impossible.
      La plupart des enfants n'y comprendraient rien et au collège, ça sentirait le coktail Mototov.
      En primaire, on peut encore débattre, mais au collège... il n'y a qu'à voir comme certaines parties du programme sont éludées, par peur d'un allumage incontrôlable. Je pense en particulier au chapitre "religion" du programme de cinquième.
      C'est pour revenir à un peu plus de sérénité, je pense, que Peillon a imaginé ses cours de morale laïque. Sauf qu'il rêve en imaginant qu'en matière d'idées, l'institution pourrait avoir le dessus sur la famille (et puis ça sent un peu le totalitarisme, aussi) .
      Et puis à mon avis, l'école a d'autres urgences.
      Il n'en reste pas moins que ce qui était proposé au début du siècle, si anachronique que cela paraisse, valait sans doute mieux que le magma contradictoire où baignent les gosses aujourd'hui.
      Tu ne crois pas?

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    3. L'air du temps, c'est à dire une marotte, une mode passagère qui sera supplantée par d'autres sujets tous aussi débiles. Qu'on le veuille ou pas, on ne peut éduquer sainement qu'en recourant à ce qui relève de la permanence et qui d'une manière générale relève de la transcendance, même si c'est une transcendance sécularisée pour faire plaisir aux cons.

      Le niveau de français n'est peut être pas halal selon les critères actuels, il n'empêche qu'un J.M Le Pen lorsqu'il s'adresse à ses électeurs use d'un français aussi, voire plus, complexe et qu'il est compris de ses auditeurs et même des folliculaires qui en redemandent, nonobstant le caractère soi-disant nauséabond du contenu. Ce qui prouve bien qu'il n'y a pas de fatalité, sauf lorsque l'auditoire, scolaire ou électoral, est plus divers et coloré que FdS. Ce qui explique d'ailleurs très largement les remous lorsqu'une classe aborde le chapitre des religions. Les seuls à foutre le boxon sont les muzz, toujours pas intégrés, j'ai abandonné l'idée d'assimilation, arrivés à la 3ème génération. Et après on vient nous dire qu'ils sont français de plein droit au même titre que moi et ma descendance qui ne comptent aucun étranger dans notre généalogie à compter de 1644, date sur laquelle je bute pour l’instant.

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    4. Il faudra enfin qu'on m'explique pourquoi nos mômes, aujourd'hui, sont dans l'obligation de se farcir des heures de religions en "Histoire" dans une République laïque !

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    5. Parce que les crétins aux commandes espèrent ouvrir l'esprit des allogènes à l'esprit de tolérance et d'ouverture. Il serait judicieux de leur offrir un petit stage d'immersion dans les banlieues ethniques histoire de les confronter au réel.

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    6. Tiens, pourquoi pas une émission du genre" En banlieue inconnue". Ca distrairait les adorateurs du fenestron infernal.

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  8. @lo: et ben ma chère, je te souhaite bien du courage. Enseignant, quel " drôle " de métier. Tout donner et ne pas recevoir grand chose en retour. En tout cas , certainement pas la reconnaissance de l'institution, peut-être même pas celle des parents

    Tout tiens parait-il en deux mots: sacerdoce et abnégation
    bisous à toi

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    1. Merci corto, les encouragements font toujours du bien.

      Mais détrompe-toi. On reçoit.
      Les gosses savent apprécier le boulot et dans une certaine mesure, les parents aussi. Ils commencent à se rendre compte de ce qui se passe dans les coulisses.

      Abnégation et sacerdoce, non! Quand même pas!
      Pas encore :)

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  9. Exactement ce que j'allais dire : c vraiment une vocation moi je n'aurais jamais pu, même si les longues vacances d'été me font complètement baver. Mais il faut faire son travail pour les bonnes raisons et j'aurais été un piètre professeur je crois.
    Bon courage pour cette nlle année !

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    1. Ça Copine, je n'en suis pas si sûre!
      Je crois au contraire que tu aurais été une prof géniale.

      Merci!
      Bisous!

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    2. Rhooo, merci :)
      Je cherche toujours à me recycler, qui sait, un jour, hihihi :)
      Des bises à toi du p'tit Junior et de moi <3

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  10. Vu les comportements actuels des blondinets en classe et en cour de récré, des cours de maniement d,armes légères ne seraient sans doute pas superflus.

    Pour les instits aussi, du reste.

    Je crois me souvenir que ce grand acteur qu,est Jean Piat commit une pièce sur le sujet il y a une dizaine d'années.

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  11. @Koltchak je l'ai vu sur votre site.Bon visiblement nous n'avons pas eu les mêmes "fournitures".
    C'est pas grave,ceci étant je conseillerai la lecture du Siné-Mensuel de ce mois. Il s'y trouve un interview de Christian LAVAL et Guy DREUX sous le titre "L'école au service des entreprises".Un article signé Nicolas MILLIE sur le business des cours particuliers,le tout dans le même journal c'est suffisamment instructif pour un non-initié aux méandres pédagogiques comme moi.

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    1. Siné-Mensuel !

      Vous avez de ces lectures... Pour paraphraser le regretté Desproges (il parlait de Minute mais c'est aussi valable pour cette feuille de chou), c'est un journal avantageux, vous n'avez pas besoin de lire Sartre. Pour moins de 10 balles, vous avez la nausée et les mains sales.

      Quant à moi, je mets un point d'honneur à n'acheter le torche-c.. qu'en rouleaux.

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    2. Koltchak, et pourquoi cet article ne serait donc pas intéressant?
      C'est vrai que les cours particuliers se sont engouffrés dans les failles du système officiel. C'est vrai que c'est un business juteux, que tout le monde accepte alors que c'est aberrant à cette échelle.
      L'éducation nationale est complice de cette situation en persistant à accueillir des élèves incapables de suivre et en imposant aux autres un train d'études infernal. Ma fille, qui est en terminale S, a trente-neuf heures et demi de cours hebdomadaires, sans compter le travail à la maison. C'est trop. Dans ces conditions, si l'un de ses camarades décroche, il est quasi sûr que ses parents vont se saigner pour qu'il se reprenne... à coup de cours particuliers.

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    3. A côté de Siné-Mensuel, l'Humanité fait figure de journal impartial. Bon, ceci dit, je le confesse, pour moi un bon gauchiste est un gauchiste mort.

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    4. Moi, je suis de l'avis de bourdon masqué, j'aime bien Siné-Mensuel même si je ne le lis pas tous les mois, je n'aurais pas l'idée de traiter de torche-c. les feuilles que je désapprouve complètement (la critique est un peu sommaire,et de plus j'ai assez de respect de ma personne pour ne pas me souiller inconsidérément), enfin je préfère le style de Siné aux verdeurs lepénistes. C'est mon droit, mais je suppose que me voilà désormais bonne pour la liquidation.
      Cela dit, totalement d'accord avec le billet de Frou Frou, qui lui était intéressant et malheureusement instructif..

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    5. Mais c'est tout à fait votre droit, je ne le contexte pas, pas plus qu'à Bourdon d'ailleurs. Pour le reste, j'ai pour habitude de ne pas cacher ce que je pense et d'user de périphrases ampoulées pour exprimer le fond de ma pensée. Quant aux verdeurs que vous évoquez, ce n'est pas non plus ma tasse de thé. Après tout, le FN n'est qu'un parti de plus qui essaie d'avoir sa place autour de la table de la gueuse.

      Quant à ma dernière sortie, sincère je tiens à le préciser, je ne vois pas pourquoi je devrais avoir des pudeurs, moi qui me suis cogné les rêves humides de "grand soir" de pas mal de cocos de mes relations.

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  12. à l'ère ou tout est pognon,du brevet du vivant(ogm) de l'inerte (nano technologies) faut-il s'étonner que sous le pressions de lobbies les écoles privées aient le vent en poupe ?
    Acadomia 100 millions € (mon fils y a bossé à 12 €/h)
    Complétude 20 millions €
    Legendre 17 millions €
    Anacours 5 (ridicules) millions €

    "y a du gras à faire"

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    1. Que voulez-vous, cela montre que les gens ne sont pas dupes et cherchent comme ils le peuvent à compenser la nullité de l'éducrassouille nationale. Ce qui est rassurant quant à l'intérêt que les parents portent à leurs enfants.

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    2. "Et le gras, c'est la vie !" disait Caradoc.

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  13. Bon courage pour cette nouvelle année de travail. Comme Copine Débile, jamais je n'aurai pu travailler dans l'enseignement.

    Des personnes comme toi sont précieuses, tiens je cherche, pour le social, une personne qui donnerait des cours de français à des enfants dont les parents n'ont pas de papiers, le réseau officiel est plus que complet et les mômes sont dans la rue a traîner et faire des bêtises.

    Bisous à toi chère Io :):):)

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    1. Merci Nadezda,
      Tu devrais t'adresser aux écoles pour savoir si des collègues retraités accepteraient de venir t'aider. En passant par le réseau "collègues", tu as des chances de trouver assez vite ce que tu cherches.
      Tu peux peut-être aussi t'adresser au dioscèse.

      Sinon, il ne faut pas croire. Etre prof n'est pas si difficile.

      je t'envoie plein de soleil d'ici et des bisous aussi.

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  14. Je veux bien faire prof, mais uniquement si on me permet la dérogation "Class of 1984" :
    http://image.toutlecine.com/photos/c/l/a/classe-1984-1982-02-g.jpg
    http://analogmedium.com/blog/2009/05/class-of-1984-1.jpg

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  15. Ceci dit, afin de garder le ton sérieux qu'il convient, je vous conseille de lire "C'est la culture qu'on assassine" de Pierre Jourde. C'est édifiant !

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Vos commentaires sont les étoiles scintillantes de ma galaxie. Si toutefois des météorites menaçaient de fracasser ce modeste espace de parole, je me réserve le droit de les renvoyer dans les étendues glacées de la blogosphère. Moi, Io, ne saurait être tenue pour responsable de leur composition ni de leur destin